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מַתְנִי׳ הַנּוֹדֵר מִן הַדָּגָן — אָסוּר בְּפוֹל הַמִּצְרִי יָבֵשׁ, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵינוֹ אָסוּר אֶלָּא בַּחֲמֵשֶׁת הַמִּינִין. רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: הַנּוֹדֵר מִן הַתְּבוּאָה — אֵינוֹ אָסוּר אֶלָּא מֵחֲמֵשֶׁת הַמִּינִין. אֲבָל הַנּוֹדֵר מִן הַדָּגָן — אָסוּר בַּכֹּל, וּמוּתָּר בְּפֵירוֹת הָאִילָן וּבַיָּרָק.
MICHNA : Pour celui qui fait le vœu que le grain [dagan] lui est interdit à lui, il est interdit de manger le niébé sec, car, comme le grain, son stade final de production implique d’être mis en tas ; telle est la déclaration de Rabbi Meïr. Et les Sages disent : Il lui est interdit de consommer seulement les cinq espèces de grain : le blé, l’orge, l’avoine, l’épeautre et le seigle, car telle est la connotation du terme dagan dans la Torah. Rabbi Meïr dit : Pour celui qui fait le vœu que le grain lui est interdit, et qu’il s’abstiendra donc de manger la récolte [tevua], il lui est interdit de manger parmi seulement les cinq espèces de grain. Cependant, pour celui qui fait le vœu que le grain lui est interdit, et qu’il s’abstiendra donc de manger le grain [dagan], il est interdit de manger tous les produits dont le stade final de production implique d’être mis en tas, par exemple le niébé sec, et il lui est permis de manger les fruits de l’arbre et les légumes.
גְּמָ׳ לְמֵימְרָא דְּ״דָגָן״ — כֹּל דְּמִידְּגַן מַשְׁמַע. מֵתִיב רַב יוֹסֵף: ״וְכִפְרֹץ הַדָּבָר הִרְבּוּ בְנֵי יִשְׂרָאֵל [רֵאשִׁית] דָּגָן תִּירוֹשׁ וְיִצְהָר וְכֹל תְּבוּאַת שָׂדֶה לָרֹב וְגוֹ׳״, וְאִי אָמְרַתְּ דָּגָן — כֹּל דְּמִידְּגַן מַשְׁמַע, מַאי ״כִּפְרֹץ הַדָּבָר הִרְבּוּ״? אָמַר אַבָּיֵי: לְאֵתוֹיֵי פֵּירוֹת הָאִילָן וְיָרָק.
GUEMARA : La Guemara demande : Faut-il dire que, selon Rabbi Meïr, le terme dagan signifie toute production qui est récoltée en une seule fois et mise en tas [midgan] ? Rav Yossef souleva une objection : Après que le roi Ézéchias eut appelé le peuple à donner correctement la teruma et les dîmes, le verset déclare : « Et dès que l’affaire fut rendue publique, les enfants d’Israël donnèrent en abondance les prémices de dagan, de vin et d’huile, et de miel, et de toute la tevua du champ ; et la dîme de tout, ils l’apportèrent en abondance » (II Chroniques 31:5). Et si vous dites que dagan signifie toute production qui est mise en tas, quel est le sens des mots « Dès que l’affaire fut rendue publique, les enfants d’Israël donnèrent en abondance les prémices de dagan… et de toute la tevua du champ » ? Il n’est pas nécessaire d’énumérer à la fois dagan et toute la tevua du champ. Abaye dit : Tevua vient inclure les fruits des arbres et les légumes, dont ils prélevaient la dîme bien qu’ils ne soient pas inclus dans dagan, car ils ne sont pas récoltés en une seule fois ni mis en tas.
רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: הַנּוֹדֵר מִן הַתְּבוּאָה וְכוּ׳. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הַכֹּל מוֹדִים בְּנוֹדֵר מִן הַתְּבוּאָה שֶׁאֵין אָסוּר אֶלָּא מֵחֲמֵשֶׁת הַמִּינִין. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: שָׁוִין בַּנּוֹדֵר מִן הַתְּבוּאָה שֶׁאֵין אָסוּר אֶלָּא מֵחֲמֵשֶׁת הַמִּינִין. פְּשִׁיטָא! מַהוּ דְּתֵימָא: ״תְּבוּאָה״ — כׇּל מִלֵּי מַשְׁמַע, קָמַשְׁמַע לַן דְּלָא מַשְׁמַע כׇּל מִלִּי.
§ Nous avons appris dans la michna que Rabbi Meir dit : Pour celui qui fait le vœu que le grain [tevua] lui est interdit, il lui est interdit de manger uniquement des cinq espèces de céréales. Rabbi Yoḥanan a dit : Tous conviennent au sujet de celui qui fait le vœu que tevua lui est interdite qu’il lui est interdit de manger uniquement des cinq espèces de céréales. Les Sages ne sont pas en désaccord avec Rabbi Meir à cet égard. Cela est également enseigné dans une baraita : Et ils conviennent au sujet de celui qui fait le vœu que tevua lui est interdite qu’il lui est interdit de manger uniquement des cinq espèces de céréales. La Guemara demande : N’est-ce pas évident, puisque seules ces espèces sont appelées tevua. La Guemara répond : Cela est nécessaire ; de peur que tu ne dises que tevua signifie tous les éléments qui poussent de la terre, c’est pourquoi le tanna nous enseigne que cette expression ne signifie pas tous les éléments qui poussent de la terre.
מֵתִיב רַב יוֹסֵף: ״וְכִפְרֹץ הַדָּבָר הִרְבּוּ בְנֵי יִשְׂרָאֵל כּוּ׳״, אָמַר רָבָא: ״תְּבוּאָה״ לְחוּד, ״תְּבוּאַת שָׂדֶה״ לְחוּד.
Rav Yosef souleva une objection : En ce qui concerne le verset « Dès que la chose fut rendue publique, les enfants d’Israël donnèrent en abondance…et de toute la tevua du champ », l’expression « et de toute la tevua du champ » vient inclure toutes les cultures qui poussent dans le champ. Rava dit : Tevua est un terme spécifique et se réfère uniquement aux cinq espèces de céréales, et la tevua du champ est un terme spécifique et se réfère à toutes les cultures qui poussent dans le champ.
בַּר מָר שְׁמוּאֵל פַּקֵּיד דְּלִיתְּנוּן תְּלֵיסַר אַלְפֵי זוּזִי לְרָבָא מִן עֲלַלְתָּא דִּנְהַר פַּנְיָא. שַׁלְחַהּ רָבָא לְקַמֵּיהּ דְּרַב יוֹסֵף: ״עֲלַלְתָּא״ הֵיכִי מִיקַּרְיָא? אָמַר רַב יוֹסֵף, מַתְנִיתִין הִיא: וְשָׁוִין בַּנּוֹדֵר מִן הַתְּבוּאָה שֶׁאֵין אָסוּר אֶלָּא מֵחֲמֵשֶׁת הַמִּינִין. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: מִי דָּמֵי? ״תְּבוּאָה״ — לָא מַשְׁמַע אֶלָּא מֵחֲמֵשֶׁת הַמִּינִין, ״עֲלַלְתָּא״ — כׇּל מִילֵּי מַשְׁמַע.
§ La Guemara rapporte : Le fils de Maître Shmuel ordonna à ses ouvriers de donner treize mille dinars à Rava provenant de la récolte [alalta] produite dans ses champs sur les rives de la rivière Panya. Rava envoya cette question à Rav Yosef : Qu'appelle-t-on alalta ; quelles récoltes sont incluses dans la catégorie de alalta ? Rav Yosef dit : C'est comme cela est enseigné dans la baraita citée plus haut : Et ils sont d'accord au sujet de celui qui fait le vœu que tevua lui est interdite qu'il lui est interdit de manger uniquement des cinq espèces de céréales ; de même que tevua n'inclut que les cinq espèces, de même alalta n'inclut que les cinq espèces. Abaye lui dit : Les deux cas sont-ils comparables ? Bien que tevua signifie grain et n'inclue que les cinq espèces, alalta signifie récolte et inclut toutes les choses qui poussent.
אַהְדְּרוּהוּ לְקַמֵּיהּ דְּרָבָא. אֲמַר: הָא לָא קָא מִיבַּעְיָא לִי דַּ״עֲלַלְתָּא״ כׇּל מִילֵּי מַשְׁמַע. הָדָא הוּא דְּאִיבַּעְיָא לִי: שְׂכַר בָּתִּים וּשְׂכַר סְפִינוֹת מַאי? מִי אָמְרִינַן: כֵּיוָן דְּפָחֲתָן, לָאו עֲלַלְתָּא הִיא. אוֹ דִילְמָא: כֵּיוָן דְּלָא יְדִיעַ פְּחָתַיְיהוּ — עֲלַלְתָּא הִיא. אַמְרוּהָ רַבָּנַן קַמֵּיהּ דְּרַב יוֹסֵף, אָמַר: וְכִי מֵאַחַר דְּלָא צְרִיךְ לַן, אַמַּאי שְׁלַח לַן? אִיקְּפַד רַב יוֹסֵף.
Les messagers revinrent avec la réponse à sa question et vinrent devant Rava. Il dit : Cela n’était pas un dilemme pour moi, c’est-à-dire le fait que alalta signifie tous les éléments qui poussent. Voici la question qui me pose un dilemme : Quel est le statut juridique des profits tirés de la location de maisons et de la location de bateaux ? Disons-nous : Puisqu’ils se déprécient, leur statut juridique n’est pas comparable à celui d’une récolte ? Seuls les éléments qui sont constamment rentables sont semblables à une récolte. Les maisons et les bateaux se détériorent à l’usage, et leur dépréciation diminue les profits. Ou peut-être, puisque leur dépréciation n’est pas visible, leur statut juridique est comparable à celui d’une récolte. Les Sages rapportèrent la réaction de Rava devant Rav Yosef. Rav Yosef dit : Et puisqu’il n’a pas besoin de nous, et qu’il croit connaître lui-même la réponse, pourquoi nous a-t-il envoyé la question ? Rav Yosef se mit en colère contre Rava.
שְׁמַע רָבָא, וַאֲתָא לְקַמֵּיהּ בְּמַעֲלֵי יוֹמָא דְכִפּוּרֵי. אַשְׁכְּחֵיהּ לְשַׁמָּעֵיהּ דַּהֲוָה קָא מָזֵיג קַמֵּיהּ כָּסָא דְחַמְרָא. אֲמַר לֵיהּ: הַב לִי דְּאֶמְזִיג לֵיהּ אֲנָא. יְהַב לֵיהּ, וְקָא מָזֵיג אִיהוּ כָּסָא דְחַמְרָא. כִּי קָא שָׁתֵי אֲמַר: הָדֵין מִיזְגָּא דָּמֵי לְמִיזְגָּא דְּרָבָא בְּרֵיהּ דְּרַב יוֹסֵף בַּר חָמָא. אֲמַר לֵיהּ: הוּא נִיהוּ.
Rava apprit que Rav Yosef était en colère et vint devant lui la veille de Yom Kippour pour l’apaiser. Il trouva le serviteur de Rav Yosef, qui diluait une coupe de vin avec de l’eau devant lui. Rava dit au serviteur : Donne-moi la coupe afin que je dilue le vin pour lui. Le serviteur la lui donna et Rava dilua la coupe de vin. Pendant que Rav Yosef, qui était aveugle, buvait le vin, il dit : Cette dilution ressemble à la dilution de Rava, fils de Rav Yosef bar Ḥama, qui diluait le vin avec plus que la quantité d’eau habituelle. Rava lui dit : Exact, c’est lui.
אֲמַר לֵיהּ: לָא תִּיתֵּיב אַכַּרְעָךְ עַד דְּאָמְרַתְּ לִי פֵּירוּשָׁא דְּהָדֵין מִילְּתָא: מַאי דִּכְתִיב: ״וּמִמִּדְבָּר מַתָּנָה וּמִמַּתָּנָה נַחֲלִיאֵל וּמִנַּחֲלִיאֵל בָּמוֹת״?
Rav Yosef dit à Rava : Ne t’assieds pas sur tes pieds avant de me dire l’explication de cette question : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Et du désert Mattana, et de Mattana Nahaliel, et de Nahaliel Bamot » (Nombres 21:18–19) ?
אֲמַר לֵיהּ: כֵּיוָן שֶׁעוֹשֶׂה אָדָם אֶת עַצְמוֹ כַּמִּדְבָּר, שֶׁהוּא מוּפְקָר לַכֹּל — תּוֹרָה נִיתְּנָה לוֹ בְּמַתָּנָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּמִמִּדְבָּר מַתָּנָה״. וְכֵיוָן שֶׁנִּיתְּנָה לוֹ בְּמַתָּנָה — נְחָלוֹ אֵל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּמִמַּתָּנָה נַחֲלִיאֵל״. וְכֵיוָן שֶׁנְּחָלוֹ אֵל — עוֹלֶה לִגְדוּלָּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּמִנַּחֲלִיאֵל בָּמוֹת״. וְאִם הִגְבִּיהַּ עַצְמוֹ — הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מַשְׁפִּילוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּמִבָּמוֹת הַגַּיְא״, וְלֹא עוֹד אֶלָּא שֶׁשּׁוֹקְעִין אוֹתוֹ בַּקַּרְקַע, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְנִשְׁקָפָה עַל פְּנֵי הַיְשִׁימוֹן״. וְאִם חוֹזֵר בּוֹ — הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מַגְבִּיהוֹ
Rava lui dit que cela signifie : Lorsqu’une personne se rend semblable à un désert, abandonné devant tous, la Torah lui est donnée en cadeau [mattana], comme il est dit : « Et du désert, Mattana. » Et une fois qu’elle lui est donnée en cadeau, Dieu la lui lègue [naḥalo], comme il est dit : « Et de Mattana, Nahaliel. » Et une fois que Dieu la lui lègue, il s’élève à la grandeur, comme il est dit : Et de Nahaliel, Bamot, qui sont des lieux élevés. Et s’il s’élève lui-même et devient arrogant au sujet de sa Torah, le Saint, béni soit-Il, l’abaisse, comme il est dit : « Et de Bamot, la vallée » (Nombres 21:20). Et non seulement est-il abaissé, mais on le fait descendre jusqu’au sol, comme il est dit : « Et regardant [nishkafa] la face de la désolation » (Nombres 21:20), comme un seuil [iskopa] enfoncé dans le sol. Et s’il renverse son arrogance et devient humble, le Saint, béni soit-Il, l’élève,

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