מַתְנִיתִין בִּזְבִינָא מִיצְעָא, וְדִשְׁמוּאֵל בִּזְבִינָא חֲרִיפָא.
il doit donc être que la michna traite d’une vente moyenne, qui n’est ni d’une qualité particulièrement basse et difficile à vendre, ni d’une qualité particulièrement élevée et très demandée. Par conséquent, lorsqu’elle est vendue au prix fixe, on ne peut pas dire que ni l’acheteur ni le vendeur en tire profit. En conséquence, celui qui fait le vœu doit baisser le prix lorsqu’il vend à ceux qui lui sont interdits par le vœu et augmenter le prix lorsqu’il achète d’eux. Et, par contraste, le cas de Shmuel se réfère à une vente avantageuse, dans laquelle une vente au prix fixe est considérée comme profitant principalement à l’acheteur.
תַּנְיָא כְּוָתֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל: הַלּוֹקֵחַ כֵּלִים מִן הַתַּגָּר לְשַׁגְּרָן לְבֵית חָמִיו, וְאָמַר לוֹ: אִם מְקַבְּלִין אוֹתָן מִמֶּנִּי — אֲנִי נוֹתֵן לְךָ דְּמֵיהֶם, וְאִם לָאו — אֲנִי נוֹתֵן לְךָ לְפִי טוֹבַת הֲנָאָה שֶׁבָּהֶן. נֶאֶנְסוּ בַּהֲלִיכָה — חַיָּיב.
La Guemara commente : Il est enseigné dans une baraitaconformément à l’opinion de Shmuel que prendre un objet au vendeur pour l’examiner avant l’achat est considéré comme le prendre à emprunt. Dans le cas de quelqu’un qui prend des ustensiles chez un marchand afin de les envoyer à la maison de son beau-père comme cadeau et dit au marchand : S’ils les acceptent de moi, je te donnerai leur valeur, et si ils ne les veulent pas, je te donnerai une somme d’argent selon la valeur de l’avantage financier que j’ai reçu d’eux, c’est-à-dire que je paierai quelque chose pour l’avantage que j’ai reçu en montrant à mon beau-père que je veux l’honorer, alors, si un accident arrive aux ustensiles en chemin vers la maison du beau-père et qu’ils se brisent, l’acheteur est responsable de payer parce qu’il a le statut d’un emprunteur.
בַּחֲזָרָה — פָּטוּר, מִפְּנֵי שֶׁהוּא כְּנוֹשֵׂא שָׂכָר.
Mais si le beau-père n’en a pas voulu et les a rendus au vendeur, et qu’un accident s’est produit pendant le trajet de retour, l’acheteur est exempté car il est comme un dépositaire rémunéré. Puisque le beau-père a décidé de ne pas les accepter, et que l’acheteur potentiel n’en tire plus aucun bénéfice, il n’est pas considéré comme un emprunteur, mais plutôt comme un dépositaire rémunéré de ces ustensiles, et un dépositaire rémunéré est exempté en cas d’accident.
הָהוּא סַפְסִירָא דִּשְׁקַל חֲמָרָא לְזַבּוֹנֵי וְלָא אִיזַּבַּן. בַּהֲדֵי דַּהֲדַר, אִיתְּנִיס חַמְרָא, חַיְּיבֵיהּ רַב נַחְמָן לְשַׁלּוֹמֵי. אֵיתִיבֵיהּ רָבָא לְרַב נַחְמָן: נֶאֶנְסוּ בַּהֲלִיכָה חַיָּיב, בַּחֲזָרָה פָּטוּר.
La Guemara raconte : Il y avait un certain intermédiaire [safseira] qui prit un âne pour le vendre, mais il ne fut pas vendu, c’est-à-dire qu’il ne réussit pas à trouver d’acheteur. Alors qu’il était en train de ramener l’âne à son propriétaire, un accident survint à l’âne. Rav Naḥman l’obligea alors à payer pour lui. Rava souleva une objection à Rav Naḥman à partir de cette baraita : Si un accident survient en chemin, il est tenu de payer ; si cela s’est produit sur le trajet du retour, il est exempté. Puisque le cas impliquant Rav Naḥman s’est produit sur le trajet du retour, pourquoi Rav Naḥman l’a-t-il obligé à payer ?
אֲמַר לֵיהּ: חֲזָרָה דְסַפְסִירָא — הוֹלָכָה הִיא. דְּאִילּוּ מַשְׁכַּח לְזַבּוֹנֵי — אֲפִילּוּ אַבָּבָא דְבֵיתֵיהּ מִי לָא מְזַבֵּין לֵיהּ?
Rav Naḥman lui dit : Le trajet de retour d’un intermédiaire est comme le trajet aller, et un objet n’est pas considéré comme rendu tant qu’il ne l’a pas effectivement remis à son propriétaire. Cela est ainsi car, s’il trouvait quelqu’un à qui vendre l’âne même à la porte de sa maison, ne le vendrait-il pas ? Par conséquent, il conserve le statut d’emprunteur. Cependant, dans le cas d’apporter un cadeau à une personne précise qui ne l’accepte pas, la vente est annulée, et l’acheteur potentiel n’a qu’à prendre soin de l’objet jusqu’à ce qu’il soit rendu à son propriétaire, ce qui lui confère le statut de dépositaire rémunéré.
מַתְנִי׳ ״קֻוֽנָּם שֶׁאֲנִי נֶהֱנֶה לָעֲרֵלִים״ — מוּתָּר בְּעַרְלֵי יִשְׂרָאֵל, וְאָסוּר בְּמוּלֵי אוּמּוֹת הָעוֹלָם.
MICHNA : Si quelqu’un dit : Tirer profit de ceux qui sont incirconcis m’est konam, il lui est permis de tirer profit de Juifs incirconcis, car ils ne sont pas considérés comme incirconcis, mais il lui est interdit de tirer profit des circoncis des nations du monde.
״שֶׁאֲנִי נֶהֱנֶה לַמּוּלִים״ — אָסוּר בְּעַרְלֵי יִשְׂרָאֵל, וּמוּתָּר בְּמוּלֵי אוּמּוֹת הָעוֹלָם. שֶׁאֵין הָעׇרְלָה קְרוּיָה אֶלָּא לְשֵׁם אוּמּוֹת הָעוֹלָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי כׇל הַגּוֹיִם עֲרֵלִים וְכׇל בֵּית יִשְׂרָאֵל עַרְלֵי לֵב״. וְאוֹמֵר: ״וְהָיָה הַפְּלִשְׁתִּי הֶעָרֵל הַזֶּה״. וְאוֹמֵר: ״פֶּן תִּשְׂמַחְנָה בְּנוֹת פְּלִשְׁתִּים פֶּן תַּעֲלֹזְנָה בְּנוֹת הָעֲרֵלִים״.
À l’inverse, s’il a dit : Tirer profit de ceux qui sont circoncis m’est konam, il lui est interdit de tirer profit même de Juifs incirconcis et il lui est permis de tirer profit des circoncis des nations du monde, car le terme incirconcis n’est employé que pour désigner les nations du monde, comme il est dit : “Car toutes les nations sont incirconcises, mais toute la maison d’Israël est incirconcise de cœur” (Jérémie 9:25), et il est dit : “Et ce Philistin incirconcis sera” (I Samuel 17:36), et il est dit : “De peur que les filles des Philistins ne se réjouissent, de peur que les filles des incirconcis ne triomphent” (II Samuel 1:20). Ces versets indiquent que les gentils ordinaires sont appelés incirconcis, qu’ils soient réellement circoncis ou non.
רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה אוֹמֵר: מְאוּסָה הִיא הָעׇרְלָה, שֶׁנִּתְגַּנּוּ בָּהּ רְשָׁעִים שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי כׇל הַגּוֹיִם עֲרֵלִים״. רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר: גְּדוֹלָה מִילָה, שֶׁנִּכְרְתוּ עָלֶיהָ שְׁלֹשׁ עֶשְׂרֵה בְּרִיתוֹת.
Rabbi Elazar ben Azarya dit : Le prépuce est répugnant, comme le montre le fait que les méchants sont déshonorés par lui, comme il est dit : « Voici, les jours viennent, dit le Seigneur, où Je châtierai tous ceux qui sont circoncis dans leur incirconcision : l’Égypte, Juda, Édom, les enfants d’Ammon, Moab et tous ceux qui se coupent les coins des cheveux, qui habitent dans le désert ; car toutes les nations sont incirconcises, mais toute la maison d’Israël a le cœur incirconcis » (Jérémie 9:25), ce qui indique qu’il y a un élément de déshonneur associé au prépuce. Rabbi Yishmaël dit : Si grande est la mitsva de la circoncision que treize alliances furent conclues à son sujet, car le mot alliance apparaît treize fois dans le passage de la Torah qui traite de la circoncision (Genèse, chapitre 17).
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: גְּדוֹלָה מִילָה שֶׁדּוֹחָה אֶת הַשַּׁבָּת חֲמוּרָה.
Rabbi Yossei dit : Grande est la mitsva de la circoncision, car elle l’emporte sur les stricteshalakhot du Chabbat, puisque la circoncision est pratiquée même si le huitième jour suivant la naissance d’un fils tombe un Chabbat, malgré le fait que la circoncision enfreint l’interdiction de travailler le Chabbat.
רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה אוֹמֵר: גְּדוֹלָה מִילָה — שֶׁלֹּא נִתְלָה לוֹ לְמֹשֶׁה הַצַּדִּיק עָלֶיהָ מְלֹא שָׁעָה.
Rabbi Yehoshua ben Korḥa dit : Grande est la mitsva de la circoncision, comme cela ressort du fait que la punition de Moïse le juste pour ne pas avoir circoncis son fils alors qu’il était en mesure de le faire ne fut pas différée même d’une heure entière (voir Exode 4:24–26).
רַבִּי נְחֶמְיָה אוֹמֵר: גְּדוֹלָה מִילָה — שֶׁדּוֹחָה אֶת הַנְּגָעִים. רַבִּי אוֹמֵר: גְּדוֹלָה מִילָה, שֶׁכׇּל הַמִּצְוֹת שֶׁעָשָׂה אַבְרָהָם אָבִינוּ לֹא נִקְרָא שָׁלֵם עַד שֶׁמָּל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הִתְהַלֵּךְ לְפָנַי וֶהְיֵה תָמִים״.
Rabbi Neḥemya dit : Si grande est la mitsva de la circoncision qu’elle l’emporte sur les interdictions liées à la lèpre. Si la lèpre se trouve sur le prépuce d’un nourrisson, bien qu’il soit généralement interdit de couper la zone atteinte, il est permis de le faire afin d’accomplir la mitsva de la circoncision. Rabbi Yehuda HaNasi dit : Si grande est la mitsva de la circoncision que, malgré toutes les mitsvot qu’Abraham notre Patriarche a accomplies, il ne fut pas appelé intègre avant de s’être circoncis lui-même, comme il est dit au moment où la mitsva lui fut donnée : « Marche devant Moi et sois intègre » (Genèse 17:1).
דָּבָר אַחֵר: גְּדוֹלָה מִילָה — שֶׁאִלְמָלֵא הִיא, לֹא בָּרָא הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אֶת עוֹלָמוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כֹּה אָמַר ה׳ אִם לֹא בְרִיתִי יוֹמָם וָלָיְלָה חֻקּוֹת שָׁמַיִם וָאָרֶץ לֹא שָׂמְתִּי״.
Autrement, si grande est la mitsva de la circoncision que, sans elle, le Saint, béni soit-Il, n’aurait pas créé Son monde, comme il est dit : « Ainsi parle le Seigneur : Si Mon alliance n’était pas avec le jour et la nuit, Je n’aurais pas établi les lois du ciel et de la terre » (Jérémie 33:25), et l’alliance qui existe jour et nuit est l’alliance de la circoncision, car elle se trouve toujours sur le corps de la personne.
גְּמָ׳ תַּנְיָא, רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה אוֹמֵר: גְּדוֹלָה מִילָה, שֶׁכׇּל זְכִיּוֹת שֶׁעָשָׂה מֹשֶׁה רַבֵּינוּ לֹא עָמְדוּ לוֹ כְּשֶׁנִּתְרַשֵּׁל מִן הַמִּילָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּפְגְּשֵׁהוּ ה׳ וַיְבַקֵּשׁ הֲמִיתוֹ״.
GUEMARA : Il est enseigné dans une baraita que Rabbi Yehoshua ben Korḥa dit : Si grande est la mitsva de la circoncision que tous les mérites que Moïse, notre maître, a accumulés lorsqu’il accomplissait des mitsvot ne l’ont pas protégé lorsqu’il a été négligent au sujet de l’accomplissement de la mitsva de la circoncision, comme il est dit : « Le Seigneur le rencontra et chercha à le faire mourir » (Exode 4:24).
אָמַר רַבִּי: חַס וְשָׁלוֹם שֶׁמּשֶׁה רַבֵּינוּ נִתְרַשֵּׁל מִן הַמִּילָה, אֶלָּא כָּךְ אָמַר: אָמוּל וְאֵצֵא — סַכָּנָה הִיא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיְהִי בַיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי בִּהְיוֹתָם כֹּאֲבִים וְגוֹ׳״. אָמוּל וְאֶשְׁהֶא שְׁלֹשָׁה יָמִים, הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אָמַר לִי ״לֵךְ שֻׁב מִצְרָיִם״. אֶלָּא מִפְּנֵי מָה נֶעֱנַשׁ מֹשֶׁה —
Rabbi Yehouda HaNassi a dit : À Dieu ne plaise que Moïse, notre maître, ait été négligent à l’égard de la mitsva de la circoncision. Au contraire, voici ce qu’il a dit : Si je circoncis l’enfant maintenant et pars pour commencer mon voyage, c’est un danger pour l’enfant, comme il est dit : « Et il arriva le troisième jour, lorsqu’ils étaient dans la douleur » (Genèse 34:25), ce qui indique que la douleur de la circoncision dure plusieurs jours et que l’enfant peut être en danger pendant qu’il souffre. Si je circoncis l’enfant immédiatement et attends trois jours, puis seulement ensuite me mets en route, cela aussi est problématique, car le Saint, béni soit-Il, m’a dit : « Va, retourne en Égypte » (Exode 4:19), c’est-à-dire, va immédiatement. Pour ces raisons, Moïse n’a pas circoncis l’enfant immédiatement, mais il n’y eut aucune négligence de sa part. Mais, selon cette explication, pour quelle raison Moïse fut-il puni ?