לָא עָבְרִינַן יַרְדְּנָא.
nous n’avions pas encore traversé le fleuve Jourdain, et nous étions encore en dehors d’Eretz Yisrael. Par conséquent, la malédiction d’un cœur de colère était pertinente.
אָמַר רַבָּה בַּר רַב הוּנָא: כׇּל הַכּוֹעֵס, אֲפִילּוּ שְׁכִינָה אֵינָהּ חֲשׁוּבָה כְּנֶגְדּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״רָשָׁע כְּגֹבַהּ אַפּוֹ בַּל יִדְרֹשׁ אֵין אֱלֹהִים כׇּל מְזִמּוֹתָיו״. רַבִּי יִרְמְיָה מִדִּיפְתִּי אָמַר: מְשַׁכֵּחַ תַּלְמוּדוֹ וּמוֹסִיף טִיפְּשׁוּת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי כַעַס בְּחֵיק כְּסִילִים יָנוּחַ״, וּכְתִיב: ״וּכְסִיל יִפְרֹשׂ אִוֶּלֶת״. רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר: בְּיָדוּעַ שֶׁעֲוֹנוֹתָיו מְרוּבִּין מִזְּכִיּוֹתָיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבַעַל חֵמָה רַב פָּשַׁע״.
Rabba bar Rav Huna a dit : Quiconque se met en colère, à ce moment-là même la Présence divine n’a aucune importance à ses yeux, comme il est dit : « Le méchant, dans la hauteur de sa colère, dit : Il ne demandera pas de comptes ; toutes ses pensées sont : Il n’y a pas de Dieu » (Psaumes 10:4). Rabbi Yirmeya de Difti a dit : Quiconque se met en colère oublie son étude et accroît la folie, comme il est dit : « Car la colère repose dans le sein des insensés » (Ecclésiaste 7:9), et il est écrit : « Mais l’insensé étale la folie » (Proverbes 13:16). Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : En ce qui concerne celui qui se met en colère, il est reconnu que ses fautes sont plus nombreuses que ses mérites, comme il est dit : « Et l’homme coléreux abonde en transgression » (Proverbes 29:22).
אָמַר רַב אַדָּא בְּרַבִּי חֲנִינָא: אִלְמָלֵא (לֹא) חָטְאוּ יִשְׂרָאֵל לֹא נִיתַּן לָהֶם אֶלָּא חֲמִשָּׁה חוּמְשֵׁי תוֹרָה וְסֵפֶר יְהוֹשֻׁעַ בִּלְבַד, שֶׁעֶרְכָּהּ שֶׁל אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל הוּא. מַאי טַעְמָא: ״כִּי בְּרֹב חׇכְמָה רׇב כָּעַס״.
Rav Adda, fils de Rabbi Ḥanina, a dit : Si Israël n’avait pas péché autrefois, ils n’auraient reçu que les cinq livres de la Torah et le livre de Josué. Ils avaient besoin du livre de Josué parce qu’il comprend l’organisation d’Eretz Yisrael. Puisqu’il contient le partage d’Eretz Yisrael entre les tribus, il était nécessaire pour toutes les générations, mais les autres livres des prophètes détaillent principalement l’histoire de la manière dont Israël a irrité Dieu et Il a envoyé des prophètes pour les admonester. Quelle en est la raison, c’est-à-dire quelle est l’allusion à cette idée ? Il est dit : « Car avec beaucoup de sagesse vient beaucoup de chagrin » (Ecclésiaste 1:18). Toute la sagesse que les Juifs possèdent des livres de la Torah est le résultat du fait qu’ils ont irrité Dieu.
אָמַר רַבִּי אַסִּי: אֵין נִזְקָקִין לֶ״אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל״, חוּץ מִ״קּוּנָּם אִשְׁתִּי נֶהֱנֵית לִי שֶׁגָּנְבָה אֶת כִּיסִי וְשֶׁהִכְּתָה אֶת בְּנִי״, וְנוֹדַע שֶׁלֹּא גָּנְבָה וְשֶׁלֹּא הִכַּתּוּ.
§ Rabbi Asi a dit : On ne donne pas suite à une demande d’annulation d’un vœu dans lequel le nom du Dieu d’Israël est invoqué, car une telle déclaration est particulièrement rigoureuse, sauf dans le cas où quelqu’un jure par le Dieu d’Israël et ajoute : Tirer profit de moi est konam pour ma femme parce qu’elle a volé ma bourse ou frappé mon fils, et ensuite il s’est avéré qu’elle n’avait pas volé ou n’avait pas frappé son fils. Dans un tel cas, le vœu peut être annulé, parce qu’il a été fait par erreur, mais dans les autres cas un tel vœu n’est pas annulé.
הָהִיא דַּאֲתַאי לְקַמֵּיהּ דְּרַב אַסִּי, אָמַר לַהּ: בְּמַאי נְדַרְתְּ? בֵּ״אלֹהֵי יִשְׂרָאֵל״. אֲמַר לַהּ: אִי נְדַרְתְּ בְּ״מוֹהִי״ שֶׁהִיא כִּינּוּי בְּעָלְמָא — מִזְדְּקִיקְנָא לִךְ, הַשְׁתָּא דְּלָא נְדַרְתְּ בְּ״מוֹהִי אֶלָּא בֵּ״אלֹהֵי יִשְׂרָאֵל״, לָא מִזְדְּקִיקְנָא לִךְ.
La Guemara raconte : Il y avait une certaine femme qui se présenta devant Rav Asi. Il lui dit : Dans quelle langue as-tu fait le vœu ? Elle lui dit : Par le Dieu d’Israël. Il lui dit : Si tu avais fait le vœu et dit : Par mohi, qui n’est qu’un nom de substitution, j’aurais examiné ta demande et dissous le vœu, mais maintenant que tu n’as pas fait le vœu par mohi mais plutôt, par le Dieu d’Israël, je n’examinerai pas ta demande et ne dissoudrai pas le vœu.
רַב כָּהֲנָא אִיקְּלַע לְבֵי רַב יוֹסֵף, אֲמַר לֵיהּ: לִטְעוֹם מָר מִידֵּי. אֲמַר לֵיהּ: לָא מָרֵי כּוֹלָּא, לָא טָעֵימְנָא לֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ: לָא מָרֵי כּוֹלָּא, לָא טָעֲימַתְּ לֵיהּ. הָנִיחָא לְרַב כָּהֲנָא, דְּאָמַר: ״לָא מָרֵי כּוֹלָּא״. אֶלָּא לְרַב יוֹסֵף, אַמַּאי אֲמַר ״לָא מָרֵי כּוֹלָּא״? הָכִי הוּא דְּקָאָמַר לֵיהּ: ״לָא מָרֵי כּוֹלָּא״ הוּא דְּקָאָמְרַתְּ, הִלְכָּךְ לָא טָעֲימַתְּ לֵיהּ.
La Guemara rapporte un autre incident : Rav Kahana se trouva venir chez Rav Yosef. Rav Yosef lui dit : Que le Maître mange quelque chose. Il lui dit : Non, par le Maître de tout je n’en mangerai pas. Rav Yosef lui dit : Non, par le Maître de tout tu n’en mangeras pas. La Guemara commente : la déclaration de Rav Kahana : Non, par le Maître de tout je n’en mangerai pas, est bien comprise. Mais pour Rav Yosef, pourquoi a-t-il dit : Non, par le Maître de tout tu n’en mangeras pas ? Quel était le but de son vœu ? La Guemara répond : Voici ce qu’il lui a dit : Non, par le Maître de tout tu n’en mangeras pas, c’est ce que tu as dit ; par conséquent, tu ne peux pas en manger, puisqu’un vœu formulé d’une manière aussi solennelle ne peut pas être annulé.
אָמַר רָבָא אָמַר רַב נַחְמָן: הִלְכְתָא, פּוֹתְחִין בַּחֲרָטָה, וְנִזְקָקִין לֵ״אלֹהֵי יִשְׂרָאֵל״.
Rava a dit que Rav Naḥman a dit : La halakha est qu’il est permis à une autorité halakhique d’entamer la dissolution sur la base du regret, et que l’on examine aussi une demande visant à dissoudre un vœu dans lequel le nom du Dieu d’Israël est invoqué.
מִשְׁתַּבַּח לֵיהּ רָבָא לְרַב נַחְמָן בְּרַב סְחוֹרָה דְּאָדָם גָּדוֹל הוּא. אָמַר לוֹ: כְּשֶׁיָּבֹא לְיָדְךָ, הֲבִיאֵהוּ לְיָדִי. הֲוָה לֵיהּ נִדְרָא לְמִישְׁרֵא. אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַב נַחְמָן.
§ Rava fit l’éloge de son élève Rav Seḥora auprès de Rav Naḥman en disant que c’est un grand homme. Rav Naḥman lui dit : Quand Rav Seḥora viendra chez toi, amène-le-moi. Rav Seḥora avait un vœu qu’il voulait dissoudre, alors Rava envoya Rav Seḥora à Rav Naḥman. Il se présenta devant Rav Naḥman.
אֲמַר לֵיהּ: נְדַרְתְּ אַדַּעְתָּא דְּהָכִי? אֲמַר לֵיהּ: אִין. אַדַּעְתָּא דְּהָכִי? אִין. כַּמָּה זִימְנִין. אִיקְּפַד רַב נַחְמָן. אֲמַר לֵיהּ: זִיל לְקִילְעָךְ.
Rav Naḥman, qui voulait dissoudre le vœu, lui dit : As-tu fait ce vœu avec une telle chose à l’esprit ? Il lui dit : Oui, et ainsi Rav Naḥman ne dissout pas le vœu. Il demanda ensuite de nouveau : As-tu fait ce vœu avec une telle chose à l’esprit, et il suggéra une autre possibilité. Il lui dit : Oui. Cela se produisit plusieurs fois, et chaque fois que Rav Naḥman tentait de proposer une ouverture, Rav Seḥora répondait qu’il avait cela à l’esprit lorsqu’il avait fait le vœu. Rav Naḥman se mit en colère contre lui, car il semblait que Rav Seḥora lui rendait inutilement difficile la dissolution du vœu. Rav Naḥman lui dit : Va dans ta tente [kilakh] car je ne veux pas te parler.
נְפַק רַב סְחוֹרָה וּפְתַח פִּיתְחָא לְנַפְשֵׁיהּ. רַבִּי אוֹמֵר: אֵיזֶה הִיא דֶּרֶךְ יְשָׁרָה שֶׁיָּבוֹר לוֹ הָאָדָם. כֹּל שֶׁהִיא תִּפְאֶרֶת לְעוֹשֶׂיהָ וְתִפְאֶרֶת לוֹ מִן הָאָדָם. וְהַשְׁתָּא דְּאִיקְּפַד רַב נַחְמָן — אַדַּעְתָּא דְּהָכִי לָא נְדַרִי. וּשְׁרָא לְנַפְשֵׁיהּ.
Rav Seḥora sortit et fit la ouverture suivante pour lui-même qui permettrait la dissolution de son vœu, sur la base d'une michna du traité Avot (2:1) : Rabbi Yehouda HaNasi dit : Quel est le bon chemin qu'une personne doit choisir ? Elle doit choisir tout chemin qui est considéré comme une gloire pour celui qui l'emprunte et une gloire de la part de ses semblables. Rav Seḥora raisonna alors que maintenant que Rav Naḥman s'était mis en colère contre lui, il n'aurait pas fait le vœu s'il avait eu connaissance de ce fait, puisqu'il ne recevrait pas de gloire de ses semblables, et sur cette base il dissout le vœu pour lui-même.
רַבִּי שִׁמְעוֹן בְּרַבִּי הֲוָה לֵיהּ נִדְרָא לְמִישְׁרֵא. אֲתָא לְקַמַּיְיהוּ דְּרַבָּנַן, אָמְרִי לֵיהּ: נְדַרְתְּ אַדַּעְתָּא דְּהָכִי? אָמַר: אִין. אַדַּעְתָּא דְּהָכִי? אִין. כַּמָּה זִימְנִין,
La Guemara rapporte un incident similaire : Rabbi Shimon, fils de Rabbi Yehouda HaNassi, avait un vœu à dissoudre. Il se présenta devant les Sages pour sa dissolution. Ils lui dirent : As-tu fait ce vœu en ayant connaissance de ce fait particulier ? Il dit : Oui. Ils proposèrent une autre possibilité : As-tu fait ce vœu en ayant connaissance de cet autre fait particulier ? Il leur dit : Oui. Cela se produisit plusieurs fois,