מַתְנִי׳ ״הֲרֵינִי נָזִיר כִּשְׂעַר רֹאשִׁי״, וְ״כַעֲפַר הָאָרֶץ״, וּ״כְחוֹל הַיָּם״ — הֲרֵי זֶה נְזִיר עוֹלָם, וּמְגַלֵּחַ אַחַת לִשְׁלשִׁים יוֹם.
MICHNA : Si quelqu’un dit : Par la présente, je suis nazir comme les cheveux de ma tête, ou : comme la poussière de la terre, ou : comme le sable de la mer, il est nazir pour toujours. Il a accepté une période distincte de naziréat pour chaque cheveu ou particule de poussière ou de sable, ce qui, en pratique, signifie qu’il sera nazir pour toujours. Et il se rase les cheveux une fois tous les trente jours.
רַבִּי אוֹמֵר: אֵין זֶה מְגַלֵּחַ אַחַת לִשְׁלשִׁים יוֹם. וְאֵיזֶהוּ מְגַלֵּחַ אַחַת לִשְׁלשִׁים? הָאוֹמֵר: ״הֲרֵי עָלַי נְזִירוּת כִּשְׂעַר רֹאשִׁי״, וְ״כַעֲפַר הָאָרֶץ״, וּ״כְחוֹל הַיָּם״.
Rabbi Yehouda HaNassi dit : Ce nazir ne se rase pas les cheveux une fois tous les trente jours, car il a accepté sur lui une seule longue période de naziréat durant autant de jours qu’il y a de cheveux ou de particules de poussière ou de sable. Et qui est le nazir qui se rase les cheveux une fois tous les trente jours ? Celui qui dit : Il est ainsi sur moi d’observer des naziréats comme les cheveux de ma tête, ou : comme la poussière de la terre, ou : comme le sable de la mer. Puisqu’il a employé le terme pluriel naziréats, il est clair qu’il accepte des périodes distinctes de naziréat.
״הֲרֵינִי נָזִיר מְלֹא הַבַּיִת״, אוֹ ״מְלֹא הַקּוּפָּה״ — בּוֹדְקִין אוֹתוֹ, אִם אָמַר: אַחַת גְּדוֹלָה נָזַרְתִּי — נָזִיר שְׁלֹשִׁים יוֹם. וְאִם אָמַר: סְתָם נָזַרְתִּי — רוֹאִין אֶת הַקּוּפָּה כְּאִילּוּ הִיא מְלֵאָה חַרְדָּל, וְנָזִיר כׇּל יָמָיו.
Si quelqu’un dit : Je suis par la présente nazir conformément à la capacité de la maison, ou : La capacité du panier, on vérifie avec lui ce qu’il avait à l’esprit. S’il a dit : Mon intention était de faire un vœu de nazir pour une seule longue période de naziréat, il est nazir pour seulement trente jours, conformément à la décision de la michna selon laquelle les mots long ou court sont sans effet lorsqu’ils sont employés dans un vœu de nazir (7a). Et s’il a dit : J’ai fait un vœu de nazir sans précision, on suppose qu’il voulait accepter sur lui des périodes de naziréat correspondant au nombre d’objets qui tiennent dans le panier, et les plus petits objets normalement placés dans des paniers sont utilisés pour cette évaluation. Par conséquent, on considère le panier comme s’il était plein de moutarde, dont les graines sont extrêmement petites, et il est nazir pour toute sa vie.
״הֲרֵינִי נָזִיר מִכָּאן עַד מָקוֹם פְּלוֹנִי״ — אוֹמְדִין כַּמָּה יָמִים מִכָּאן עַד מָקוֹם פְּלוֹנִי, אִם פָּחוֹת מִשְּׁלֹשִׁים יוֹם — נָזִיר שְׁלֹשִׁים יוֹם. וְאִם לָאו — נָזִיר כְּמִנְיַן הַיָּמִים.
Si quelqu’un dit : Je suis par les présentes nazir depuis ici jusqu’à tel et tel endroit, on estime combien de jours il faut pour marcher d’ici jusqu’à tel et tel endroit. Si c’est moins de trente jours, il est nazir pendant trente jours, puisque c’est la durée minimale du naziréat. Et sinon, c’est-à-dire s’il faut plus de trente jours pour parcourir cette distance, il est nazir selon le nombre de jours nécessaires pour marcher jusqu’à cet endroit.
״הֲרֵינִי נָזִיר כְּמִנְיַן יְמוֹת הַחַמָּה״ — מוֹנֶה נְזִירוֹת כְּמִנְיַן יְמוֹת הַחַמָּה. אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: מַעֲשֶׂה הָיָה, כֵּיוָן שֶׁהִשְׁלִים — מֵת.
Si quelqu’un dit : Je suis par les présentes nazir conformément au nombre de jours dans une année solaire, il compte 365 naziréats consécutifs, conformément au nombre de jours dans une année solaire. Rabbi Yehouda a dit : Il y eut un incident où quelqu’un fit ce vœu et observa 365 périodes consécutives de naziréat. Une fois qu’il eut achevé toutes ces périodes de naziréat, il mourut.
גְּמָ׳ רוֹאִין אֶת הַקּוּפָּה כְּאִילּוּ מְלֵאָה חַרְדָּל וְנָזִיר כׇּל יָמָיו. וְאַמַּאי? וְלִיחְזְיַיהּ כְּאִילּוּ מְלֵאָה קִישּׁוּאִין וְדִלּוּעִין, וְתִיהְוֵי לֵיהּ תַּקַּנְתָּא!
GUEMARA : La michna a enseigné que si quelqu’un a dit : Me voici nazir conformément à la capacité du panier, et qu’il n’avait pas spécifiquement l’intention d’accepter une seule période de naziréat, on considère le panier comme s’il était plein de graines de moutarde, et il est nazir pour toute sa vie. La Guemara demande : Mais pourquoi considère-t-on le panier comme s’il était plein de graines de moutarde ? Considérons-le comme s’il était plein de concombres ou de courges, qui sont bien plus gros. Le panier en contiendrait donc moins, et il y aurait un remède pour lui, c’est-à-dire qu’il pourrait achever ses périodes de naziréat et reprendre une vie de non-nazir.
אָמַר חִזְקִיָּה: בְּמַחֲלוֹקֶת שְׁנוּיָה. וְרַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא, דְּאָמַר: אָדָם מַכְנִיס אֶת עַצְמוֹ לְדָבָר שֶׁסְּפֵיקוֹ חָמוּר מִוַּדַּאי.
En réponse à cette question, Ḥizkiyya a dit : Cette question est enseignée comme un différend entre des tanna’im, et la michna est conforme à l’opinion de Rabbi Shimon, qui a dit : Une personne se place dans une situation où l’incertitude qui en résulte est plus rigoureuse que s’il y avait certitude, c’est-à-dire qu’un individu accepte volontairement des conditions ambiguës, bien que cela puisse l’amener à devoir observer des halakhot plus rigoureuses si l’incertitude n’est pas clarifiée.
דְּתַנְיָא: ״הֲרֵינִי נָזִיר עַל מְנָת שֶׁיְּהֵא בִּכְרִי זֶה מֵאָה כּוֹר״, וְהָלַךְ וּמְצָאוֹ שֶׁנִּגְנַב אוֹ שֶׁאָבַד — רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹסֵר, שֶׁסְּפֵק נְזִירוּת לְהַחְמִיר.
C’est comme cela qu’il est enseigné dans une baraita : En ce qui concerne celui qui dit : Je suis par les présentes nazir à condition que ce tas de grain se révèle contenir au moins cent kor, et il est allé mesurer le tas et a découvert qu’il avait été volé ou perdu, rendant impossible de déterminer s’il contenait cent kor, Rabbi Shimon lui interdit de boire du vin ou de se couper les cheveux, car il soutient que, dans un cas de naziréat incertain, il faut agir avec rigueur. De même, dans le cas de la michna, puisqu’on ne sait pas si l’on avait l’intention d’accepter le naziréat selon le nombre de graines de moutarde dans le panier ou selon le nombre de courges qui s’y trouvaient, il faut agir avec rigueur.
רַבִּי יְהוּדָה מַתִּיר, שֶׁסְּפֵק נְזִירוּת לְהָקֵל.
À l’inverse, Rabbi Yehuda lui permet de boire du vin ou de se couper les cheveux, car il soutient que dans un cas de naziréat incertain, il est permis d’agir avec indulgence. Le naziréat ne prend pas effet, puisque le tas pouvait contenir moins de cent kor.
רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבִּי יְהוּדָה, הָתָם לָא נָחֵית לֵיהּ לִנְזִירוּת. הָכָא נָחֵית לֵיהּ לִנְזִירוּת, בְּמַאי לְסַלּוֹקֵיהּ מִינֵּיהּ?
Rabbi Yoḥanan a dit : Vous pouvez même dire que la michna est conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda, parce que les cas dans la michna et dans la baraita ne sont pas comparables. Là-bas, dans le cas discuté dans la baraita, il n’entre pas nécessairement même dans un état de naziréat, car il n’est pas clair si le tas contenait un kor de grain. Par conséquent, il conserve son statut antérieur et n’est pas considéré comme nazir. En revanche, dans le cas discuté ici dans la michna, il entre certainement dans un état de naziréat, puisqu’il a sans aucun doute fait le vœu d’être nazir pour une certaine période. Par conséquent, comment est-il possible de lui retirer l’état de naziréat de lui lorsqu’il est incertain de savoir quand ses périodes prennent fin ? Par conséquent, même Rabbi Yehouda conviendrait qu’il reste nazir indéfiniment.
אַמַּאי לָא? לִיחְזְיַהּ לְקוּפָּה כְּאִילּוּ מְלֵאָה קִישּׁוּאִין וְדִלּוּעִין, וְתִיהְוֵי לֵיהּ תַּקַּנְתָּא. הָא סָלְקָא דַּעְתִּין, נְזִירוּת הוּא דְּקַבֵּיל עִילָּוֵיהּ!
La Guemara demande : Pourquoi n’est-il pas possible de lui retirer le statut de naziréat ? Considérons le panier comme s’il était plein de concombres ou de courges, puisqu’il a accepté sur lui au moins autant de périodes de naziréat que le nombre de concombres ou de courges pouvant tenir dans le panier, et de cette manière il y aura un remède pour lui. Il nous est venu à l’esprit de dire qu’il s’agit de naziréats distincts qu’il a acceptés sur lui-même, et ainsi, une fois qu’il aura achevé le nombre minimal de naziréats, il ne devra plus être considéré comme nazir, à moins qu’il puisse être établi qu’il a accepté plus que ce nombre de périodes de naziréat.