וְאֵימָא שָׁנָה? מִי מָנֵינַן לְיוֹמֵי?! וְהָא רַבָּנַן דְּקֵיסָרִי אָמְרִי: מִנַּיִן שֶׁאֵין מוֹנִין יָמִים לְשָׁנִים — שֶׁנֶּאֱמַר: ״לְחׇדְשֵׁי הַשָּׁנָה״, חֳדָשִׁים מְחַשְּׁבִין לְשָׁנִים, וְלֹא יָמִים לְשָׁנִים.
La Guemara demande encore : Mais disons qu’il s’agit d’une année, qui peut elle aussi être pleine ou déficiente. La Guemara répond : Compte-t-on les années par jours ? Les Sages de Césarée n’ont-ils pas dit : D’où est-il dérivé qu’on ne compte pas les jours pour les années, mais que les années sont calculées selon les mois ? Comme il est dit : « Des mois de l’année » (Exode 12:2). Cela enseigne que les mois sont comptés pour constituer des années, mais les jours ne sont pas comptés pour les années. Par conséquent, seul un mois peut être décrit comme étant achevé à un jour particulier.
מַתְנִי׳ אָמַר: ״הֲרֵינִי נָזִיר אַחַת גְּדוֹלָה״, ״הֲרֵינִי נָזִיר אַחַת קְטַנָּה״, אֲפִילּוּ: ״מִכָּאן וְעַד סוֹף הָעוֹלָם״ — נָזִיר שְׁלֹשִׁים יוֹם.
MICHNA : Si quelqu’un a dit : Me voici nazir pour une longue période, ou : Me voici nazir pour une courte période, ou même si quelqu’un a dit : Me voici nazir à partir de maintenant jusqu’à la fin du monde, dans tous ces cas, il est nazir pour trente jours.
גְּמָ׳ אַמַּאי? וְהָא ״מִכָּאן וְעַד סוֹף הָעוֹלָם״ קָאָמַר! הָכִי קָאָמַר: אֲרִיכָא לִי הָדָא מִילְּתָא כְּמִכָּאן וְעַד סוֹף הָעוֹלָם.
GUEMARA : La michna a enseigné que même celui qui a dit : Par la présente, je suis naziréen à partir de maintenant jusqu’à la fin du monde, devient naziréen pour trente jours. La Guemara demande : Pourquoi devient-il naziréen pour seulement trente jours ? N’a-t-il pas dit : À partir de maintenant jusqu’à la fin du monde ? La Guemara répond : Voici ce qu’il veut dire : En raison des difficultés que cela entraîne, c’est comme si cette question de naziréat était pour moi aussi longue que le temps à partir de maintenant jusqu’à la fin du monde.
תְּנַן: ״הֲרֵינִי נָזִיר מִכָּאן עַד מָקוֹם פְּלוֹנִי״ — אוֹמְדִים כַּמָּה יָמִים מִכָּאן וְעַד מָקוֹם פְּלוֹנִי, פָּחוֹת מִשְּׁלֹשִׁים יוֹם — נָזִיר שְׁלֹשִׁים יוֹם. וְאִם לָאו — נָזִיר כְּמִנְיַן הַיָּמִים. וְאֵימָא הָכָא נָמֵי: אֲרִיכָא לִי הָא מִילְּתָא כְּמִכָּאן וְעַד מָקוֹם פְּלוֹנִי!
La Guemara soulève une difficulté : Nous avons appris dans la michna (8a) : Si quelqu’un dit : Je suis par les présentes nazir d’ici jusqu’à tel et tel endroit, on estime combien de jours il faut pour marcher d’ici jusqu’à tel et tel endroit. Si c’est une distance de moins de trente jours, il est nazir pendant trente jours, puisque c’est la durée minimale du naziréat. Et sinon, c’est-à-dire s’il faut plus de trente jours pour parcourir cette distance, il est nazir selon le nombre de jours qu’il faut pour marcher jusqu’à cet endroit. Mais ici aussi, dans cette michna, dis que l’individu entend accepter seulement une période de trente jours de naziréat, et il veut dire : Cette affaire de naziréat est aussi longue pour moi que le temps qu’il me faudrait pour marcher d’ici jusqu’à tel et tel endroit.
אָמַר רָבָא: שֶׁהֶחְזִיק בַּדֶּרֶךְ. וְלִיהְוֵי כׇּל פַּרְסָה וּפַרְסָה! אָמַר רַב פָּפָּא: בְּאַתְרָא דְּלָא מָנֵי פַּרְסֵי.
Rava a dit : Cette michna fait référence à quelqu’un qui s’était déjà mis en route, de sorte qu’il est évident que son intention est d’être nazir jusqu’à ce qu’il atteigne sa destination. La Guemara demande : Pourquoi suppose-t-on qu’il entend accepter une seule période de naziréat dont la durée correspond au temps nécessaire pour voyager jusqu’à une certaine destination ? Et que chaque parasange [parsa] soit comprise comme se référant à une période distincte de naziréat, de sorte que l’on considère que l’individu a accepté une période distincte de naziréat pour chaque parasange qu’il doit parcourir. Rav Pappa a dit : La michna traite d’un endroit où les gens ne mesurent pas les distances en parasanges.
וְלִיהְוֵי כׇּל אַוּוֹנָא וְאַוּוֹנָא! מִי לָא תְּנַן: ״הֲרֵינִי נָזִיר כַּעֲפַר הָאָרֶץ״, וְ״כִשְׂעַר רֹאשִׁי״, וּ״כְחוֹל הַיָּם״ — הֲרֵי זֶה נְזִיר עוֹלָם, וּמְגַלֵּחַ אֶחָד לִשְׁלשִׁים יוֹם?!
La Guemara demande en outre : Et que chaque relais [avvana], où les voyageurs logent la nuit, soit compris comme se rapportant à une période distincte de naziréat, de sorte que l’on comprenne que l’individu a accepté sur lui une période distincte de naziréat pour chaque relais qu’il traverse en chemin. N’avons-nous pas appris dans une michna (8a) : Si quelqu’un dit : Je suis par la présente nazir comme la poussière de la terre, ou : Comme les cheveux de ma tête, ou : Comme le sable de la mer, il est nazir pour toujours, car on comprend qu’il a accepté sur lui des périodes de naziréat correspondant au nombre de ses cheveux, ou des grains de poussière, ou de sable, et il se rase une fois tous les trente jours ?
כׇּל מִילְּתָא דְּאִית בַּיהּ קִיצּוּתָא לָא קָתָנֵי.
La Guemara répond : Tout ce qui a une quantité fixe n’est pas enseigné dans cette clause, qui affirme qu’une personne est nazir à jamais. Lorsqu’une personne déclare qu’elle sera nazir pendant une durée correspondant à quelque chose que les gens considèrent comme infini, par exemple la poussière de la terre, son intention n’est pas de définir la durée d’une seule période de naziréat, car on ne sait pas combien il y a de grains de poussière. En revanche, lorsqu’elle mentionne quelque chose qui a un nombre fixe, par exemple le nombre de jours nécessaires pour marcher jusqu’à un certain endroit, son intention est de définir la durée d’une seule période de naziréat.
וְהָתַנְיָא: ״הֲרֵינִי נָזִיר כׇּל יְמֵי חַיַּי״, ״הֲרֵינִי נְזִיר עוֹלָם״ — הֲרֵי זֶה נְזִיר עוֹלָם. אֲפִילּוּ מֵאָה שָׁנָה, אֲפִילּוּ אֶלֶף שָׁנִים — אֵין זֶה נְזִיר עוֹלָם, אֶלָּא נָזִיר לְעוֹלָם.
Et, de manière similaire, il est enseigné dans une baraita : Si quelqu’un dit : Par la présente, je suis nazir tous les jours de ma vie, ou : Par la présente, je suis un nazir permanent, il est un nazir permanent. Cependant, s’il a dit qu’il est nazir pour une période fixe, même pour cent ans ou même pour mille ans, il n’est pas un nazir permanent. Au contraire, il est un nazir pour toujours ordinaire, puisqu’il ne vivra pas assez longtemps pour achever sa période de naziréat. Cela démontre qu’il existe une différence entre un naziréat qui dure un temps fixe et un naziréat qui est illimité.
רַבָּה אָמַר: שָׁאנֵי שְׂעָרוֹת, הוֹאִיל וּמוּבְדָּלוֹת זוֹ מִזּוֹ.
Rabba a dit une autre raison de la distinction entre celui qui accepte le naziréat en fonction de la distance entre des lieux et celui qui accepte le naziréat en fonction du nombre de cheveux sur sa tête ou de la poussière de la terre. Les cheveux sont différents, puisqu’ils sont séparés les uns des autres. Par conséquent, celui qui dit : Comme les cheveux de ma tête, fait référence à des périodes distinctes de naziréat.
גַּבֵּי יוֹמֵי נָמֵי, הָא כְּתִיב ״וַיְהִי עֶרֶב וַיְהִי בֹקֶר יוֹם אֶחָד״!
La Guemara demande : Également en ce qui concerne les jours, n’est-il pas écrit : « Il y eut un soir et il y eut un matin, un jour » (Genèse 1:5), ce qui indique que chaque jour est une unité distincte ? Par conséquent, celui qui fait le vœu d’être nazir : D’ici jusqu’à tel et tel endroit, doit être considéré comme ayant accepté sur lui des périodes distinctes de naziréat correspondant au nombre de jours nécessaires pour voyager jusqu’à la destination désignée.
הָתָם לָאו דְּמִפַּסְקִי מֵהֲדָדֵי הוּא. מַאי קָאָמַר — יְמָמָא וְלֵילְיָא חַד יוֹמָא הוּא, וּלְעוֹלָם לָא מִפַּסְקִי מֵהֲדָדֵי.
La Guemara répond : Le sens du verset est qu’il n’y a pas de jours séparés les uns des autres, car le temps est continu. Au contraire, ce qu’il dit, c’est que la période de jour et nuit constitue un seul jour calendaire, mais en réalité les jours ne sont pas séparés les uns des autres.
רָבָא אָמַר: לְמָה לָךְ אַקְשׁוֹיֵי כּוּלֵּי הַאי, שָׁאנֵי הָתָם, דְּהָא קָתָנֵי ״הֲרֵינִי נָזִיר אַחַת״.
La discussion ci-dessus provenait de la difficulté posée par le cas de la michna où quelqu’un a accepté le naziréat à partir de maintenant jusqu’à la fin du monde. Rava a dit : Pourquoi soulevez-vous toutes ces difficultés ? Là-bas, c’est différent, car on enseigne que la personne a dit : Par la présente, je suis nazir pour une longue période. Puisqu’il a précisé qu’il acceptait une seule période de naziréat, sa déclaration est interprétée en ce sens et n’est pas comprise comme renvoyant à plusieurs périodes de naziréat.
מַתְנִי׳ ״הֲרֵינִי נָזִיר וְיוֹם אֶחָד״, ״הֲרֵינִי נָזִיר וְשָׁעָה אַחַת״, ״הֲרֵינִי נָזִיר אַחַת וּמֶחֱצָה״ — הֲרֵי זֶה נָזִיר שְׁתַּיִם.
MICHNA : Si quelqu’un a dit : Je suis par les présentes naziréen pour un jour, ou : Je suis par les présentes naziréen pour une heure, ou : Je suis par les présentes naziréen pour un et demi, il devient naziréen pour deux périodes consécutives de naziréat. Lorsqu’il dit : Je suis par les présentes naziréen, il accepte sur lui-même une période de naziréat de trente jours. Lorsqu’ensuite il ajoute une durée supplémentaire, par exemple un jour de plus, il accepte ainsi sur lui-même une période supplémentaire de naziréat, et la durée minimale du naziréat est de trente jours.
גְּמָ׳ לְמָה לִי לְמִיתְנָא כׇּל הָנֵי? צְרִיכִי, דְּאִי תְּנָא ״הֲרֵינִי נָזִיר וְיוֹם אֶחָד״, הָכָא הוּא דְּאָמְרִינַן: אֵין נְזִירוּת לְיוֹם אֶחָד, אַמְּטוּ לְהָכִי קָמָנֵי תַּרְתֵּין. אֲבָל ״הֲרֵינִי נָזִיר וְשָׁעָה אַחַת״ — לִימְנֵי שְׁלֹשִׁים וְאֶחָד יוֹם, קָא מַשְׁמַע לַן.
GUEMARA : La Guemara demande : Pourquoi ai-je besoin que la michna enseigne tous ces cas, au lieu de ne donner qu’un seul exemple du principe de la michna ? La Guemara explique : Tous les cas sont nécessaires, car, si la michna avait enseigné seulement le cas où quelqu’un a dit : Me voici nazir et un jour, on aurait pu penser : C’est ici que nous disons qu’il n’y a pas de naziréat pour un seul jour, et qu’il doit donc compter deux périodes de naziréat. Cependant, s’il a dit : Me voici nazir et une heure, qu’il compte trente et un jours. La michna nous enseigne donc que même dans ce dernier cas, il doit observer deux périodes de naziréat.