וְיָלֵיף ״יָמִים״ ״יָמִים״ מִבָּתֵּי עָרֵי חוֹמָה. מָה הָתָם שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ — אַף כָּאן שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ.
Et Rabbi Yehuda HaNasi déduit le sens du terme yamim mentionné au sujet d’Absalom à partir d’une analogie verbale avec le mot yamim qui apparaît dans le contexte des maisons des villes entourées de murailles, où il est dit : « Pendant une année entière [yamim], il aura le droit de rachat » (Lévitique 25:29). De même que là-bas, dans le cas des villes entourées de murailles, le terme yamim signifie douze mois, comme le verset l’énonce immédiatement après : « Dans l’espace d’une année entière » (Lévitique 25:30), de même ici, dans le cas d’Absalom, le terme yamim signifie douze mois.
רַבִּי נְהוֹרַאי אוֹמֵר: מְגַלֵּחַ אַחַת לִשְׁלשִׁים יוֹם. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: מְגַלֵּחַ מֵעֶרֶב שַׁבָּת לְעֶרֶב שַׁבָּת, שֶׁכֵּן מָצִינוּ בִּבְנֵי מְלָכִים שֶׁמְּגַלְּחִים מֵעֶרֶב שַׁבָּת לְעֶרֶב שַׁבָּת.
Rabbi Nehorai dit : Absalom se coupait les cheveux une fois tous les trente jours. Rabbi Yossei dit : Il se coupait les cheveux d’une veille de Chabbat à une autre veille de Chabbat, comme nous constatons que les fils des rois se coupent les cheveux d’une veille de Chabbat à une autre veille de Chabbat.
מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי — יָלֵיף מִבָּתֵּי עָרֵי חוֹמָה. וְהָא רַבִּי הוּא דְּאָמַר: אֵין ״יָמִים״ פְּחוּתִין מִשְּׁנַיִם!
La Guemara demande : Quel est le raisonnement de Rabbi Yehouda HaNassi ? Il dérive le sens du verset concernant Absalom du verset concernant les maisons des villes fortifiées. Mais n’est-ce pas Rabbi Yehouda HaNassi lui-même qui a dit qu’on ne peut pas racheter sa maison avant qu’elle n’ait été en la possession de l’acheteur pendant au moins deux jours, puisque le mot yamim ne désigne pas moins de deux jours ? Cela démontre que Rabbi Yehouda HaNassi comprend le mot yamim, dans le cas des maisons des villes fortifiées, comme se référant à une période de deux jours et non à une année. Comment peut-il alors employer une analogie verbale à partir des maisons des villes fortifiées pour déduire que le mot yamim, dans le cas d’Absalom, indique une période de douze mois ?
הַאי גְּזֵירָה שָׁוָה מִשּׁוּם כּוֹבֶד גְּמִיר, וּבִשְׁנֵי יָמִים לֵיכָּא כּוֹבֶד.
La Guemara répond : Il a appris cette analogie verbale parce que le verset déclare qu’Absalom se faisait couper les cheveux en raison de leur poids (II Samuel 14:26), et en deux jours il n’y a pas d’augmentation significative de poids des cheveux. Par conséquent, le terme yamim ne peut pas être compris comme signifiant deux jours dans le cas d’Absalom.
וְאֵימָא שְׁתֵּי שָׁנִים, דִּכְתִיב: ״וַיְהִי מִקֵּץ שְׁנָתַיִם יָמִים״?! דָּנִין ״יָמִים״ שֶׁאֵין עִמָּהֶן שָׁנִים מִ״יָּמִים״ שֶׁאֵין עִמָּהֶן שָׁנִים, וְאַל יוֹכִיחַ זֶה שֶׁיֵּשׁ עִמּוֹ שָׁנִים.
La Guemara demande : Mais dis que yamim signifie deux ans, comme il est écrit : « Et il arriva à la fin de deux années de jours [yamim] » (Genèse 41:1). La Guemara rejette cela : Nous déduisons le sens du terme yamim dans un cas où le terme années n’est pas mentionné avec lui, comme dans le cas d’Absalom, à partir d’un autre emploi du terme yamim où le terme années n’est pas mentionné avec lui, c’est-à-dire le verset au sujet des maisons des villes fortifiées. Et cet emploi du terme yamimoù le terme années est mentionné avec lui ne prouvera pas le contraire.
וְאֵימָא שְׁלֹשִׁים יוֹם, דִּכְתִיב: ״עַד חֹדֶשׁ יָמִים״! דָּנִין ״יָמִים״ שֶׁאֵין עִמָּהֶם חֳדָשִׁים מִ״יָּמִים״ שֶׁאֵין עִמָּהֶם חֳדָשִׁים, וְאַל יוֹכִיחַ זֶה שֶׁיֵּשׁ עִמּוֹ חֳדָשִׁים.
La Guemara demande : Mais dis que yamim signifie trente jours, comme il est écrit : « Mais un mois de jours [yamim] » (Nombres 11:20). La Guemara rejette cela : Nous déduisons le sens du terme yamim dans un cas où le terme mois n’est pas mentionné avec lui à partir de un autre usage du terme yamim où le terme mois n’est pas mentionné avec lui. Et cet usage du terme yamimoù le terme mois est mentionné avec lui ne prouvera pas le contraire.
וְאֵימָא מֵהָכָא: ״מִיָּמִים יָמִימָה וְגוֹ׳״, דָּנִין ״יָמִים״ מִ״יָּמִים״, וְאֵין דָּנִין ״יָמִים״ מִ״יָּמִימָה״.
La Guemara demande : Mais dis que Rabbi Yehuda HaNasi aurait dû déduire le sens du terme yamim d’ici : « Les filles d’Israël allaient d’une période à l’autre [yamim yamima] se lamenter sur la fille de Jephté le Galaadite quatre jours par an » (Juges 11:40). Cela enseigne que les filles d’Israël y allaient quatre fois par an, chaque fois pendant un jour, pour la lamenter, auquel cas yamim yamima signifie une fois tous les trois mois. La Guemara rejette cela : Nous déduisons le sens du terme yamim d’un autre emploi du terme yamim, et nous ne déduisons pas le sens du terme yamim d’un cas où le mot yamim est employé conjointement avec le terme yamima.
וּמַאי נָפְקָא מִינַּהּ, וְהָא תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: ״וְשָׁב הַכֹּהֵן״ ״וּבָא הַכֹּהֵן״, — זוֹ הִיא שִׁיבָה זוֹ הִיא בִּיאָה!
La Guemara soulève une difficulté : Et quelle est la différence entre yamim et yamima ? L’école de Rabbi Yishmael n’a-t-elle pas enseigné une analogie verbale au sujet de la lèpre des maisons entre les mots « et le prêtre reviendra [veshav] » (Lévitique 14:39) et les mots « et le prêtre viendra [uva] » (Lévitique 14:44) ? On en déduit que, de même que telle est la halakha concernant le retour, c’est-à-dire que le prêtre revient après sept jours, telle est la halakha concernant la venue, qui est elle aussi après sept jours. De même que les mots hébreux veshav et uva peuvent être utilisés dans une analogie verbale, à plus forte raison deux mots présentant une variation moins marquée, à savoir yamim et yamima, peuvent être utilisés pour enseigner une analogie verbale.
הָנֵי מִילֵּי הֵיכָא דְּלֵיכָּא דְּדָמֵי לֵיהּ, אֲבָל הֵיכָא דְּאִיכָּא דְּדָמֵי לֵיהּ — מִדְּדָמֵי לֵיהּ יָלְפִינַן.
La Guemara répond : Cela s'applique seulement lorsqu'il n'y a pas de termes identiques à lui. Cependant, lorsqu'il y a des termes identiques à lui, nous déduisons le sens d'un terme de l'usage de termes identiques à lui plutôt que de l'usage de termes simplement similaires.
אִיכָּא דְּאָמְרִי: מְנָא יָדְעִינַן דְּכֹל תְּלָתָא יַרְחִין חַד זִימְנָא? דִּילְמָא אַרְבְּעָה זִימְנֵי בְּשַׁתָּא, (אִי נָמֵי) אַרְבְּעָה יַרְחִין חַד זִימְנָא, תְּרֵין יַרְחִין בְּחַד זִימְנָא!
Certains disent que la raison pour laquelle la halakha n’est pas dérivée de yamim yamima est que la période de temps à laquelle cela se réfère n’est pas claire : D’où savons-nous que elles pleuraient la fille de Jephté une fois tous les trois mois, à intervalles fixes ? Peut-être la pleuraient-elles quatre fois par an, à des intervalles irréguliers. Alternativement, cela a pu avoir lieu à des intervalles réguliers mais inégaux ; par exemple, après quatre mois elles lui rendaient visite une fois, puis après deux mois elles lui rendaient visite une fois, puis elles lui rendaient de nouveau visite après un intervalle de quatre mois et de nouveau après un intervalle de deux mois.
רַבִּי נְהוֹרַאי אוֹמֵר: מְגַלֵּחַ אַחַת לִשְׁלֹשִׁים יוֹם. מַאי טַעְמָא? גַּבֵּי כֹהֲנִים מִשּׁוּם דְּאִיכָּא כּוֹבֶד, הָכָא נָמֵי אִיכָּא כּוֹבֶד.
Il a été enseigné dans la baraita que Rabbi Nehorai dit qu’Absalom se coupait les cheveux une fois tous les trente jours. La Guemara explique le fondement de cette opinion : Quelle est la raison pour laquelle, en ce qui concerne les prêtres, la halakha est qu’ils doivent se couper les cheveux tous les trente jours ? C’est parce que passé cet intervalle, il y a une lourdeur perceptible des cheveux. Ici aussi, dans le cas d’Absalom, il y a une lourdeur perceptible après que cette période s’est écoulée, et il est clair qu’Absalom se coupait les cheveux à cause de leur poids, comme il est dit : « Parce que ses cheveux lui étaient lourds, c’est pourquoi il les coupait » (II Samuel 14:26).
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: מְגַלֵּחַ מֵעֶרֶב שַׁבָּת לְעֶרֶב שַׁבָּת. מַאי אִיכָּא בֵּינֵיהּ לִשְׁאָר אֲחוֹהִי!
Il a été enseigné dans la baraita que Rabbi Yossei dit : Absalom se coupait les cheveux d’une veille de Chabbat à une autre veille de Chabbat, comme les fils des rois se coupaient les cheveux chaque veille de Chabbat. La Guemara demande : Si tel est le cas, quelle différence y a-t-il entre Absalom, qui était nazir, et le reste de ses frères, les fils du roi David, qui eux aussi se coupaient les cheveux une fois par semaine ?
יוֹם טוֹב שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּאֶמְצַע שַׁבָּת, דַּאֲחוֹהִי מְגַלְּחִין, הוּא לָא מְגַלַּח. אִי נָמֵי: לְגַלּוֹחֵי מִן צַפְרָא דְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא, אֲחוֹהִי מְגַלְּחִין, אִיהוּ לָא מְגַלַּח עַד פַּנְיָא.
La Guemara répond : Il y a une différence entre eux concernant une fête qui tombe au milieu de la semaine, car ses frères se coupaient les cheveux en l’honneur de la fête, tandis que lui ne se les coupait pas. Autrement, la différence entre eux concerne le fait de se couper les cheveux le matin de la veille de Chabbat. Ses frères se coupaient les cheveux à ce moment-là, tandis que lui ne se les coupait pas avant le soir, peu avant Chabbat.
הָנֵי אַרְבָּעִים שָׁנָה, מַאי עֲבִידְתַּיְיהוּ? רַבִּי נְהוֹרַאי אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: לְקֵץ אַרְבָּעִים שָׁנָה שֶׁשָּׁאֲלוּ לָהֶן מֶלֶךְ. תָּנָא: אוֹתָהּ שָׁנָה שֶׁשָּׁאֲלוּ לָהֶן מֶלֶךְ הִיא שְׁנַת עֶשֶׂר לִשְׁמוּאֵל הָרָמָתִי.
Ayant mentionné en 4b le verset « et il arriva, au bout de quarante ans, qu’Absalom dit au roi » (II Samuel 15:7), la Guemara demande : En ce qui concerne ces quarante années, quel est leur but dans cette discussion, c’est-à-dire à quelle période se réfèrent-elles ? La Guemara répond : Rabbi Nehorai dit au nom de Rabbi Yehoshua : Cela fait référence à la fin de quarante ans, depuis que le peuple juif a demandé pour lui-même un roi aux jours de Samuel (voir I Samuel, chapitre 8). Il a été enseigné : Cette année-là, lorsqu’ils ont demandé pour eux-mêmes un roi, était la dixième année de la direction de Samuel de Rama.
מַתְנִי׳ סְתַם נְזִירוּת שְׁלֹשִׁים יוֹם.
MICHNA : Dans le cas d’un naziréat non précisé, lorsqu’une personne n’indique pas combien de temps elle souhaite être nazir, la période dure trente jours.
גְּמָ׳ מְנָהָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַב מַתְנָא, אָמַר קְרָא: ״קָדוֹשׁ יִהְיֶה״ — ״יִהְיֶה״ בְּגִמַטְרִיָּא תְּלָתִין הָווּ.
GUEMARA : La Guemara demande : D’où ces éléments sont-ils dérivés, à savoir qu’un naziréat non précisé est de trente jours ? En réponse à cette question, Rav Mattana a dit : Le verset déclare au sujet d’un nazir : « Il sera [yihye] saint » (Nombres 6:5), et la valeur numérique [guématria] des lettres du mot yihye est de trente.
בַּר פְּדָא אָמַר: כְּנֶגֶד ״נָזִיר״ ״נִזְרוֹ״ הָאֲמוּרִים בַּתּוֹרָה, שְׁלֹשִׁים חָסֵר אַחַת.
Bar Padda dit : Le nombre de jours d’un naziréat non spécifié correspond au nombre d’occurrences des mots « nazir », « son naziréat » et de termes similaires qui sont énoncés dans la Torah dans le chapitre du naziréat (Nombres, chapitre 6) : trente moins un fois. Ainsi aussi, une durée non spécifiée de naziréat est de vingt-neuf jours.
וְרַב מַתְנָא נָמֵי, נֵילַף מִ״נָּזִיר״ ״נִזְרוֹ״!
La Guemara demande : Et Rav Mattana devrait également déduire du nombre de fois où les mots « naziréen » et « son naziréat » apparaissent, pour conclure, comme bar Padda, qu’un naziréat non spécifié dure vingt-neuf jours.
אָמַר לָךְ, הַהוּא לִדְרָשָׁה: ״מִיַּיִן וְשֵׁכָר יַזִּיר״ — לֶאֱסוֹר יֵין מִצְוָה כְּיֵין רְשׁוּת, ״כִּי יַפְלִא לִנְדֹּר נֶדֶר נָזִיר לְהַזִּיר״ — מְלַמֵּד שֶׁהַנְּזִירוּת חָלָה עַל נְזִירוּת.
La Guemara répond : Rav Mattana aurait pu te dire : Ce mot est nécessaire pour une interprétation particulière. Les mots : « Il s’abstiendra [yazir] de vin et de boisson forte » (Nombres 6:3), viennent interdire à un nazir de boire du vin consommé pour une mitzva tout comme il lui est interdit de boire du vin dont la consommation est facultative. De même, les mots : « Lorsqu’un homme ou une femme formulera clairement un vœu, le vœu de nazir, pour se consacrer” (Nombres 6:2), enseignent qu’un vœu de naziréat prend effet là où un autre vœu de naziréat existe déjà. Par exemple, si quelqu’un fait un vœu en disant : Je serai nazir aujourd’hui, puis répète le vœu, il doit observer deux périodes de naziréat. Par conséquent, puisque parfois le mot nazir, sous ses différentes formes, apparaît afin de servir de source à une interprétation particulière, le nombre de fois où il apparaît n’indique pas la durée d’une période non spécifiée de naziréat.