יָכוֹל אַף מְצוֹרָע כֵּן — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״רֹאשׁוֹ״. וְתַנְיָא אִידַּךְ: ״רֹאשׁוֹ״, מָה תַּלְמוּד לוֹמַר? לְפִי שֶׁנֶּאֱמַר גַּבֵּי נָזִיר ״תַּעַר לֹא יַעֲבֹר עַל רֹאשׁוֹ״, יָכוֹל אַף נָזִיר מְצוֹרָע כֵּן — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״רֹאשׁוֹ״.
on aurait pu penser que même un lépreux devrait également être interdit de se raser en arrondissant sa tête. Le verset énonce donc spécifiquement « sa tête » pour enseigner que la mitsva imposant au lépreux d’enlever tous les cheveux de sa tête l’emporte sur l’interdiction d’arrondir la tête. Et il a été enseigné dans une autre baraita : Pourquoi le verset doit-il dire : « Sa tête », au sujet d’un lépreux ? Puisqu’il est dit, au sujet d’un naziréen : « Le rasoir ne passera pas sur sa tête » (Nombres 6:5), on aurait pu penser que même un naziréen lépreux devrait également être interdit de se raser lors de sa purification. C’est pourquoi le verset dit : « Sa tête », d’où l’on déduit qu’un naziréen qui a contracté la lèpre doit se raser la tête comme tout autre lépreux.
מַאי לָאו תַּנָּאֵי הִיא, לְמַאן דְּאָמַר מִנָּזִיר, קָסָבַר: הַקָּפַת כׇּל הָרֹאשׁ — לֹא שְׁמָהּ הַקָּפָה, וְכִי אֲתָא קְרָא — לְמִידְחֵי אֶת לֹא תַעֲשֶׂה וַעֲשֵׂה. וְאִידַּךְ סָבַר: הַקָּפַת כׇּל הָרֹאשׁ — שְׁמָהּ הַקָּפָה, וְכִי אֲתָא קְרָא — לְמִידְחֵי לָאו גְּרֵידָא?
La Guemara explique : N’est-il pas correct de dire qu’il s’agit d’un différend entre tannaïm ? Selon celui qui dit que le terme supplémentaire « sa tête » vient écarter une interdiction possible dérivée du cas d’un nazir, il soutient que raser toute la tête n’est pas appelé arrondir, et qu’il n’est donc pas nécessaire d’avoir un verset pour enseigner qu’un lépreux peut raser tous les cheveux de sa tête. Et lorsque le verset « Il rasera tous ses cheveux ; sa tête » vient, il vient pour écarter à la fois l’interdiction : « Le rasoir ne passera pas sur sa tête », et la mitzva positive énoncée au sujet d’un nazir : « Il sera saint, il laissera pousser les mèches des cheveux de sa tête » (Nombres 6:5). Et l’autre tanna soutient que raser toute la tête est appelé arrondir, et par conséquent, lorsque le verset vient, il sert à écarter seulement l’interdiction d’arrondir sa tête.
אָמַר רָבָא: דְּכוּלֵּי עָלְמָא הַקָּפַת כׇּל הָרֹאשׁ — לֹא שְׁמָהּ הַקָּפָה. וְכִי אֲתָא קְרָא, כְּגוֹן שֶׁהִקִּיף וּלְבַסּוֹף גִּילַּח. כֵּיוָן דְּאִילּוּ גַּלְּחֵיהּ בְּחַד זִימְנָא — לָא מִיחַיַּיב, כִּי הִקִּיף וּלְבַסּוֹף גִּילַּח — נָמֵי לָא מִיחַיַּיב.
Rava dit pour réfuter cette preuve : Non ; il est possible que tous soient d’accord pour dire que raser toute la tête n’est pas appelé arrondir, même le tanna qui soutient que le but du verset est de permettre à un lépreux d’arrondir sa tête. Et lorsque le verset intervient, il vient traiter un cas particulier, tel que celui où il a arrondi seulement les coins de la tête et a finalement rasé le reste de ses cheveux. Bien que le fait de raser seulement les coins de la tête soit interdit par la Torah, dans ce cas il est exempté. La raison en est que puisque, s’il rasait toute sa tête en une seule fois, il ne serait pas passible, alors s’il a arrondi sa tête et a finalement rasé, il n’est pas non plus passible. Puisqu’il est permis à un lépreux de raser toute sa tête, il peut le faire de la manière qu’il choisit.
וּמִי כְּתַב קְרָא הָכִי? וְהָאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: כׇּל מָקוֹם שֶׁאַתָּה מוֹצֵא עֲשֵׂה וְלֹא תַעֲשֶׂה, אִם אַתָּה יָכוֹל לְקַיֵּים אֶת שְׁנֵיהֶם — מוּטָב, וְאִם לָאו, יָבוֹא עֲשֵׂה וְיִדְחֶה אֶת לֹא תַעֲשֶׂה.
La Guemara soulève une difficulté à l’égard de cette explication : Et le verset écrit-il cela ? Est-il permis de transgresser inutilement une interdiction a priori ? Mais Reish Lakish n’a-t-il pas dit : En tout endroit où tu trouves des mitzvot positives et des interdictions qui entrent en conflit l’une avec l’autre, si tu peux trouver une manière d’accomplir les deux, cela est préférable ; et si cela n’est pas possible, la mitzva positive viendra et primera sur l’interdiction ? S’il n’est pas interdit de raser toute la tête, le lépreux peut se raser les cheveux d’une manière permise, et la Torah ne lui aurait pas permis de le faire d’une manière impliquant la violation d’une interdiction.
אֶלָּא: דְּכוּלֵּי עָלְמָא הַקָּפַת כׇּל הָרֹאשׁ — שְׁמָהּ הַקָּפָה. וּמַאן דְּמוֹקֵים לִקְרָא לְמִידְחֵי לֹא תַעֲשֶׂה וַעֲשֵׂה, לָאו גְּרֵידָא מְנָלֵיהּ?
Au contraire, la Guemara se rétracte de son explication précédente et affirme l’inverse. Tout le monde convient que raser toute la tête est appelé arrondir. Si tel est le cas, la baraita qui déclare que le verset : « Il rasera tous ses poils ; sa tête » (Lévitique 14:9), vient permettre l’arrondissement de toute la tête d’un lépreux est facilement comprise, car on en déduit ici qu’une mitzva positive l’emporte sur une interdiction. Mais, selon celui qui établit le verset « Il rasera tous ses poils ; sa tête » comme venant prévaloir sur l’interdiction et la mitzva positive du nazir, d’où tire-t-il qu’une mitzva positive l’emporte seulement sur une interdiction ?
יָלֵיף מִ״גְּדִילִים״. דְּאָמַר קְרָא: ״לֹא תִלְבַּשׁ שַׁעַטְנֵז״, וְתַנְיָא: ״לֹא תִלְבַּשׁ שַׁעַטְנֵז״, הָא ״גְּדִילִים תַּעֲשֶׂה לָךְ״ מֵהֶם.
La Guemara répond : Il l’apprend du cas des franges rituelles. Comment cela ? Comme le verset l’énonce : « Tu ne porteras pas un tissu mélangé, laine et lin ensemble » (Deutéronome 22:11), et il est enseigné dans une baraita que, bien que le commandement « Tu ne porteras pas un tissu mélangé » s’applique à la plupart des cas, le verset juxtaposé : « Tu te feras des franges » (Deutéronome 22:12), enseigne que l’on peut préparer des franges rituelles même à partir de laine et de lin mélangés. Cela enseigne que la mitsva positive des franges rituelles l’emporte sur l’interdiction des tissus mélangés.
וּמַאן דְּנָפְקָא לֵיהּ מֵ״רֹאשׁוֹ״, מַאי טַעְמָא לָא נָפְקָא לֵיהּ מִ״גְּדִילִים״? אָמַר לָךְ: לְכִדְרָבָא הוּא דַּאֲתָא.
La Guemara demande : Et le tanna qui dérive le principe selon lequel une mitsva positive l’emporte sur une interdiction de « sa tête », énoncé au sujet d’un lépreux, quelle est la raison pour laquelle il ne le dérive pas de le verset qui traite des franges rituelles ? Pourquoi a-t-il besoin d’une autre source ? La Guemara répond : Il aurait pu te dire que le verset concernant les franges rituelles n’enseigne pas ce principe, car il vient pour ce que Rava a dit.
דְּרָבָא רָמֵי: כְּתִיב ״וְנָתְנוּ עַל צִיצִת הַכָּנָף״ — מִין כָּנָף, ״פְּתִיל תְּכֵלֶת״. וּכְתִיב: ״צֶמֶר וּפִשְׁתִּים יַחְדָּו״.
Comme Rava soulève une contradiction : Il est écrit : « Et qu’ils mettent sur la frange de chaque coin un fil bleu azur » (Nombres 15:38). L’expression « la frange de chaque coin » indique que les franges rituelles doivent être du même type que le coin du vêtement lui-même, sur lequel ils doivent placer « un fil bleu azur ». Et pourtant il est écrit : « Tu ne porteras pas de tissus mélangés, laine et lin ensemble » (Deutéronome 22:11). La juxtaposition de ces deux versets enseigne que les franges rituelles doivent être faites de laine et de lin.
הָא כֵיצַד? צֶמֶר וּפִשְׁתִּים — פּוֹטְרִים בֵּין בְּמִינָן, בֵּין שֶׁלֹּא בְּמִינָן. שְׁאָר מִינִין — בְּמִינָן פּוֹטְרִין, שֶׁלֹּא בְּמִינָן אֵין פּוֹטְרִין.
Comment cela? Comment les franges rituelles peuvent-elles être faites du même matériau que le vêtement lui-même, et aussi de laine et de lin ? La réponse est que des franges rituelles de laine et de lin dispensent un vêtement et accomplissent l’obligation des franges rituelles que le vêtement soit de leur propre type, c’est-à-dire laine et lin, ou qu’il ne soit pas de leur propre type, c’est-à-dire de tous les autres matériaux. En revanche, en ce qui concerne les franges rituelles d’autres types de matériaux, elles dispensent un vêtement de leur propre type ; mais elles ne dispensent pas un vêtement qui n’est pas de leur type. Selon cela, le verset qui juxtapose les franges rituelles aux espèces diverses vient enseigner que des franges rituelles faites de laine et de lin dispensent n’importe quel vêtement, et non pas qu’une mitzva positive l’emporte sur une interdiction.
וְהַאי תַּנָּא דְּמַפֵּיק לְ״רֹאשׁוֹ״ לְלָאו גְּרֵידָא, דְּאָתֵי עֲשֵׂה וְדָחֵי אֶת לֹא תַעֲשֶׂה וַעֲשֵׂה, מְנָלַן? נָפְקָא לֵיהּ מִ״זְּקָנוֹ״.
La Guemara poursuit cette ligne d’analyse : Et, selon ce tanna, qui déduit du terme « sa tête » qu’une mitsva positive l’emporte seulement sur un interdit, d’où déduisons-nous la halakhaselon laquelle la mitsva positive du rasage du lépreux vient et l’emporte sur l’interdit et la mitsva positive du naziréat ? D’où ce tanna apprend-il qu’un naziréen qui a contracté la lèpre est tenu de se raser ? La Guemara répond : Il le déduit du verset : « Il rasera tous ses poils ; sa tête et sa barbe » (Lévitique 14:9).
דְּתַנְיָא: ״זְקָנוֹ״, מָה תַּלְמוּד לוֹמַר? לְפִי שֶׁנֶּאֱמַר ״וּפְאַת זְקָנָם לֹא יְגַלֵּחוּ״, יָכוֹל אַף כֹּהֵן מְצוֹרָע כֵּן — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״זְקָנוֹ״.
Comme il est enseigné dans une baraita : Pourquoi le verset doit-il dire : « Sa barbe » ? Après tout, la barbe est déjà incluse dans l’expression « tous ses poils ». La baraita répond : Puisqu’il est dit, au sujet des prêtres : « Ils ne raseront pas les coins de leur barbe » (Lévitique 21:5), on aurait pu penser que même un prêtre qui est lépreux est inclus dans cette interdiction de se raser la barbe. C’est pourquoi le verset dit : « Sa barbe » en lien avec un lépreux.
וּמַאן דְּמַפֵּיק לֵיהּ לְ״רֹאשׁוֹ״ לַעֲשֵׂה וְלֹא תַעֲשֶׂה, לֵילַף מִ״זְּקָנוֹ״! וְלִיטַעְמָיךְ, דְּקַיְימָא לַן בְּעָלְמָא
La Guemara demande : Et celui qui déduit de « sa tête » que la mitsva de se raser l’emporte à la fois sur la mitsva positive et l’interdiction d’un nazir, qu’il déduise ce principe de « sa barbe ». La Guemara réfute cette suggestion : Et selon ton raisonnement, que l’expression « sa barbe » enseigne qu’une mitsva positive l’emporte sur l’interdiction et la mitsva positive d’un nazir, alors ce que nous soutenons généralement,