תָּנוּ רַבָּנַן: אֵיזֶהוּ מֵת שֶׁיֵּשׁ לוֹ רָקָב? מֵת שֶׁנִּקְבַּר עָרוֹם בְּאָרוֹן שֶׁל שַׁיִשׁ אוֹ עַל גַּבֵּי רִצְפָּה שֶׁל אֲבָנִים — זֶהוּ מֵת שֶׁיֵּשׁ לוֹ רָקָב. נִקְבַּר בִּכְסוּתוֹ, בְּאָרוֹן שֶׁל עֵץ, אוֹ עַל גַּבֵּי רִצְפָּה שֶׁל לְבֵנִים — זֶהוּ מֵת שֶׁאֵין לוֹ רָקָב.
§ La michna a enseigné que l’une des sources d’impureté rituelle pour lesquelles un nazir doit se raser est une pleine louche de poussière provenant d’un cadavre. Les Sages ont enseigné (Tosefta, Oholot 2:3) : Quel est le cadavre qui a la halakha de poussière, c’est-à-dire dont la poussière transmet l’impureté ? Un cadavre qui a été enterré nu dans un cercueil de marbre ou sur un sol de pierre ; c’est un cadavre qui a la halakha de poussière qui transmet l’impureté. Toute poussière trouvée là doit provenir du cadavre. Cependant, s’il a été enterré dans son manteau, ou dans un cercueil en bois, ou sur un sol de briques, c’est un cadavre qui n’a pas la halakha de poussière qui transmet l’impureté. Dans ces derniers cas, on suppose que la poussière du cadavre comprend aussi des particules des vêtements, du bois ou des briques qui se sont désintégrés, et il existe une tradition selon laquelle l’impureté de la poussière ne s’applique qu’à la poussière provenant uniquement du cadavre, et non à un mélange de différentes sources.
אָמַר עוּלָּא: אֵין רָקָב, אֶלָּא הַבָּא מִן הַבָּשָׂר וּמִן הַגִּידִים וּמִן הָעֲצָמוֹת. אֵיתִיבֵיהּ רָבָא לְעוּלָּא: רָקָב הַבָּא מִן הַבָּשָׂר טָהוֹר. הָא מִן הָעֶצֶם — טָמֵא, וְאַף עַל גַּב דְּלֵיכָּא בָּשָׂר! אֵימָא הָכִי: רָקָב הַבָּא מִן הַבָּשָׂר — טָהוֹר, עַד שֶׁיֵּשׁ עֶצֶם בַּבָּשָׂר.
À propos de la même question, Ulla a dit : La poussière n’est que ce qui provient de la chair, des tendons et des os du cadavre ensemble, mais non si elle provient de l’un d’eux seulement. Rava a soulevé une objection contre Ulla à partir de la baraita suivante : La poussière qui provient de la chair est pure. On peut en déduire que, si elle provient de l’os, elle est impure, bien qu’il n’y ait pas de poussière de chair mêlée à elle. Ulla a répondu : Il faut dire et déduire ainsi : La poussière qui provient de la chair est pure, à moins qu’il n’y ait de l’os dans la chair.
הָא לֵיכָּא גִּידִים! אִי אֶפְשָׁר לְבָשָׂר וְלַעֲצָמוֹת בְּלֹא גִּידִים.
Rava continua de remettre en question l’opinion de Ulla : Même si l’on interprète la baraita de cette manière, il n’y a ici aucune mention de tendons, et Ulla soutient que les tendons doivent eux aussi contribuer à la composition d’une partie de la poussière. Ulla répondit qu’il n’est pas nécessaire de mentionner explicitement les tendons, car il est impossible qu’il y ait de la chair et des os sans tendons. Une fois établi que la poussière provient des os et de la chair, elle inclut nécessairement aussi les tendons.
אָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שְׁנֵי מֵתִים שֶׁקְּבָרָן זֶה עִם זֶה — נַעֲשׂוּ גַּלְגַּלִּין זֶה לָזֶה. מֵתִיב רַב נָתָן: רָקָב הַבָּא מִשְּׁנֵי מֵתִים — טָמֵא!
§ La Guemara continue de discuter de la poussière d’un cadavre. Rav Shmuel bar Abba a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Deux cadavres qui ont été enterrés l’un avec l’autre deviennent un mélange [galgallin] l’un avec l’autre. Leur poussière est considérée comme mélangée et ne transmet pas l’impureté de la poussière provenant d’un seul cadavre. Rav Natan soulève une objection à cette opinion : Mais il est enseigné que la poussière provenant de deux cadavres est impure.
אָמַר רָבָא: שֶׁקָּבְרוּ זֶה בִּפְנֵי עַצְמוֹ וְזֶה בִּפְנֵי עַצְמוֹ, וְהִרְקִיבוּ, וְעָמְדוּ עַל מְלֹא תַּרְווֹד רָקָב.
Rava a dit : Cette baraita fait référence à un cas où ils ont enterré ce cadavre seul et cet autre cadavre seul, et ils se sont décomposés séparément, et ils ont tous deux donné, c’est-à-dire produit la quantité d’une pleine louche de poussière. Dans cette situation, la poussière transmet l’impureté malgré le fait qu’elle ne provienne pas d’un seul cadavre, car le statut de poussière provenant d’un cadavre s’est initialement appliqué à chaque cadavre. Cependant, si les cadavres se sont décomposés ensemble, ils sont considérés comme mélangés l’un à l’autre, ce qui signifie que leur poussière ne transmet pas l’impureté.
אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: גָּזַז שְׂעָרוֹ וּקְבָרוֹ עִמּוֹ — נַעֲשָׂה לוֹ גַּלְגַּלִּין. תְּנַן הָתָם: כׇּל שֶׁבַּמֵּת טָמֵא, חוּץ מִן הַשִּׁינַּיִם וְהַשֵּׂעָר וְהַצִּפּוֹרֶן. וּבִשְׁעַת חִיבּוּרָן — כּוּלָּן טְמֵאִין.
La Guemara cite une autre déclaration au sujet de la poussière d’un cadavre. Rabba bar bar Ḥana a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Si quelqu’un a coupé les cheveux d’un cadavre et a enterré les cheveux avec lui, les cheveux deviennent une partie du mélange pour la poussière, et ils ne transmettent pas l’impureté. En lien avec ce qui précède, la Guemara déclare : Nous avons appris dans une michna là-bas (Oholot 3:3) : Tout ce qui se trouve dans un cadavre est impur, sauf les dents, les cheveux et les ongles, qui ne transmettent pas l’impureté comme partie du corps. Mais lorsqu’ils sont attachés au cadavre, ils sont tous impurs.
בָּעֵי חִזְקִיָּה: שְׂעָרוֹ הָעוֹמֵד לְגַלֵּחַ, צִפּוֹרֶן הָעוֹמֵד לִיגָּזֵז, מַאי? מִי אָמְרִינַן: כׇּל הָעוֹמֵד לִיגָּזֵז כְּגָזוּז דָּמֵי, אוֹ דִלְמָא הַשְׁתָּא מִיהָא הָא מְחוּבָּרִין?
Concernant cette halakha, Ḥizkiyya a soulevé un dilemme : Si les cheveux d’un cadavre sont prêts à être rasés, ou si son ongle est prêt à être coupé, quelle est la halakha ? Disons-nous que tout ce qui est prêt à être coupé est considéré comme coupé, et que, par conséquent, ceux-ci sont considérés comme détachés du corps et ne transmettent pas l’impureté ? Ou peut-être qu’à présent, en tout état de cause, ils sont attachés, et qu’ils devraient donc transmettre l’impureté ?
וְנִיפְשׁוֹט לֵיהּ מִדְּרַבָּה בַּר בַּר חָנָה: טַעְמָא מִשּׁוּם דְּגָזַז, הָא לֹא גָּזַז — לָא! הָכִי קָאָמַר: גָּזַז — הֲרֵי זֶה גַּלְגַּלִּים. לֹא גָּזַז — מִיבְּעֵי לֵיהּ.
La Guemara demande : Et que Ḥizkiyya résolve ce dilemme à partir de la déclaration susmentionnée de Rabba bar bar Ḥana, selon laquelle des cheveux enterrés avec un cadavre forment un mélange avec le cadavre. L’inférence est la suivante : La raison pour laquelle cela forme un mélange est qu’il a coupé les cheveux, d’où l’on peut déduire que s’il n’a pas coupé les cheveux, cela ne formerait pas de mélange, même s’ils étaient prêts à être coupés. La Guemara rejette cet argument : On peut répondre que voici ce que Rabba bar bar Ḥana dit : S’il les a coupés, cela forme certainement un mélange ; s’il ne les a pas coupés, Rabba bar bar Ḥana a un doute quant à la halakha et soulève ce cas comme un dilemme.
בָּעֵי רַבִּי יִרְמְיָה: רָקָב הַבָּא מִן הֶעָקֵב מַהוּ? כִּי גָּמְרִינַן רָקָב הַבָּא מִכּוּלֵּיהּ מֵת, אֲבָל דְּאָתֵי מִן עָקֵב — לָא, אוֹ דִלְמָא לָא שְׁנָא?
§ Rabbi Yirmeya a soulevé un autre dilemme concernant la poussière d’un cadavre : En ce qui concerne la poussière qui provient du talon, quelle est la halakha ? La Guemara explique les deux aspects du dilemme : Disons-nous que, lorsque nous apprenons cette halakha par tradition, ce n’est qu’en référence à la poussière qui provient de l’ensemble d’un cadavre, mais en ce qui concerne la poussière qui provient de son talon, non, cette halakha ne s’applique pas ; ou peut-être n’y a-t-il aucune différence ?
תָּא שְׁמַע, דְּתָנֵי רַבִּי נָתָן בְּרַבִּי אוֹשַׁעְיָא: רָקָב הַבָּא מִשְּׁנֵי מֵתִים — טָמֵא. וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ הַבָּא מִן הֶעָקֵב לָא, זִיל הָכָא — דִּלְמָא דֶּרֶךְ עָקֵב קָאָתֵי, וְהָכָא — דִּלְמָא דֶּרֶךְ עָקֵב קָאָתֵי?
La Guemara propose une résolution à ce dilemme : Viens et écoute, car Rabbi Natan, fils de Rabbi Oshaya, a enseigné : La poussière provenant de deux cadavres est impure. Et s’il te vient à l’esprit que la poussière provenant du talon ne transmet pas l’impureté, va ici et considère que peut-être la poussière provenait du talon, et va ici aussi et considère que peut-être elle provenait du talon. Le fait que la poussière soit considérée comme définitivement impure montre que la poussière du talon transmet également l’impureté.
אִי דְּאִירְקִיב כּוּלֵּיהּ מֵת וְקָאָתֵי דֶּרֶךְ עָקֵב — הָכִי נָמֵי. אֶלָּא הָכָא כְּגוֹן דְּאִירְקִיב חַד אֵבֶר, וְקָאָתֵי דֶּרֶךְ עָקֵב. מַאי? תֵּיקוּ.
La Guemara rejette cet argument : Si le cadavre entier s’est décomposé et la poussière provenait du talon, alors aussi, tout est impur, car la poussière du talon n’est pas considérée comme une substance étrangère. Au contraire, ici Rabbi Natan parle d’un cas où un membre s’est décomposé et la poussière provenait du talon. C’est à propos de cette situation que Rabbi Yirmeya a demandé : Quelle est sa halakha ? Cette poussière transmet-elle l’impureté ou non ? Aucune réponse n’a été trouvée, et par conséquent la Guemara déclare que le dilemme restera sans résolution.
בָּעֵי רַבִּי יִרְמְיָה: עוּבָּר בִּמְעֵי אִשָּׁה, הָוֵי גַּלְגַּלִּים, אוֹ לָא? כֵּיוָן דְּאָמַר מָר עוּבָּר יֶרֶךְ אִמּוֹ — הִלְכָּךְ גּוּפַהּ הוּא, וְלָא הָוֵי גַּלְגַּלִּין, אוֹ דִלְמָא כֵּיוָן דְּסוֹפוֹ לָצֵאת — מִיפְרָשׁ פָּרֵישׁ מִינַּהּ. וְאִם תִּמְצֵי לוֹמַר עוּבָּר דְּסוֹפוֹ לָצֵאת מִיפְרָשׁ פָּרֵישׁ מִינַּהּ,
§ Rabbi Yirmeya a soulevé encore un dilemme : Un fœtus mort dans le ventre de sa mère morte forme-t-il un mélange à son égard, de sorte que les corps soient considérés comme deux cadavres enterrés ensemble, ou non ? La Guemara explique les deux aspects du dilemme : Dirons-nous que, puisque le Maître a dit qu’un fœtus est considéré comme la cuisse de sa mère, il est donc comme son corps et il ne forme pas un mélange avec elle ? Ou peut-être faut-il soutenir : Puisque, dans la plupart des cas, un fœtus finira par sortir du ventre à la naissance, il est déjà considéré comme séparé d’elle, et il est comme tout autre cadavre enterré avec la femme. Et si vous dites qu’un fœtus, qui finira par sortir, est considéré comme séparé d’elle et ne fait pas partie de son corps, il faut encore poser cette question