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בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: אַף הַמִּקְפָּה שֶׁל גְּרִיסִין וְשֶׁל פּוֹל, מִפְּנֵי שֶׁהִיא סוֹלֶדֶת לַאֲחוֹרֶיהָ.
Beit Shammai disent : Même le filet d’un ragoût fait de haricots écrasés et brisés ou de haricots entiers relie aussi deux éléments parce qu’il revient en arrière. Lorsqu’on cesse de verser ce ragoût, une partie du plat retourne à son lieu d’origine, et par conséquent le filet est considéré comme une seule unité.
בָּעֵי רָמֵי בַּר חָמָא: יֵשׁ נִצּוֹק לָאוֹכָלִין, אוֹ אֵין נִצּוֹק לָאוֹכָלִין. מִי אָמְרִינַן מִשּׁוּם דְּאִית בְּהוּ רִירֵי, וְהָנֵי לֵית בְּהוּ רִירֵי. אוֹ דִּלְמָא מִשּׁוּם דִּסְמִיכִין הוּא, וְהָכָא הָא סְמִיכִין?
§ Rami bar Ḥama soulève un dilemme : Selon l’opinion des Sages selon laquelle, en général, un liquide versé ne sert pas de connexion, y a-t-il un jet continu pour les aliments, ou n’y a-t-il pas de jet continu pour les aliments ? Si quelqu’un verse un aliment fondu dans un récipient impur, l’aliment qu’il verse devient-il impur ? La Guemara explique les deux côtés du dilemme : Dirons-nous que le miel de zifim et la pâte relient différents éléments parce qu’ils ont un écoulement qui revient en arrière, alors que ces aliments ordinaires n’ont pas d’écoulement qui revient en arrière ? Ou peut-être que la raison pour laquelle le miel de zifim et la pâte relient est qu’ils sont visqueux, et ici les aliments fondus sont eux aussi visqueux.
אָמַר רָבָא, תָּא שְׁמַע: חֵלֶב הַמֵּת שֶׁהוּא שָׁלֵם וְהִתִּיכוֹ — טָמֵא, הָיָה מְפוֹרָד וְהִתִּיכוֹ — טָהוֹר. וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ אֵין נִצּוֹק לָאוֹכָלִין, שָׁלֵם וְהִתִּיכוֹ נָמֵי לִיטְהַר!
Rava a dit : Viens et entends une résolution tirée de la Tosefta (Oholot 4:3) : S’il y avait de la graisse d’un cadavre qui était entière et qui contenait le volume d’une olive, et qu’on l’a fait fondre, elle est rituellement impure. Si, dès le départ, la graisse était séparée en morceaux plus petits que le volume d’une olive, qui ne transmettent pas l’impureté, et qu’on l’a fait fondre, de sorte qu’elle s’est réunie en un volume d’une olive à l’état fondu, elle est pure. Et s’il te vient à l’esprit qu’il n’y a pas de jet continu pour les aliments, même si elle était entière et qu’on l’a fait fondre, elle aussi devrait être pure, puisqu’elle est devenue liquide et s’est répandue dans toute la poêle. Par conséquent, chaque partie devrait être considérée comme séparée, ce qui signifie que l’aliment n’a pas le volume d’une olive.
אָמַר רַבִּי זֵירָא: אֲנָא וּמָר בְּרֵיהּ דְּרָבִינָא תַּרְגֵּימְנָא: הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן — כְּגוֹן דְּבַהֲדֵי דְּמַרְתַּח לֵיהּ, סָלֵיק עַמּוּדָא דְנוּרָא לְפוּמֵּיהּ דְּמָנָא וְקָרֵשׁ, דְּאִיתֵיהּ כּוּלֵּא גַּבֵּי הֲדָדֵי.
Rabbi Zeira a dit : Mar, fils de Ravina, et moi, avons expliqué cela : De quoi s’agit-il ici ? D’un cas où, pendant qu’il le chauffait, la colonne de feu est montée de dessous la poêle jusqu’à l’ouverture du récipient, et la graisse s’est figée là, de sorte qu’elle était toute présente ensemble, c’est-à-dire qu’il n’y avait aucun écoulement.
אֲמַר לֵיהּ רָבִינָא לְרַב אָשֵׁי, תָּא שְׁמַע: בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: אַף הַמִּקְפָּה שֶׁל גְּרִיסִין וְשֶׁל פּוֹל — מִפְּנֵי שֶׁהֵן סוֹלְדִין לַאֲחוֹרֵיהֶן. מִידֵּי אִירְיָא? הָתָם, מִשּׁוּם דִּסְמִיכִין. הָכָא, מִשּׁוּם רִירֵי.
Ravina dit à Rav Ashi : Viens et écoute une résolution tirée de la michna à la question de savoir si la nourriture est considérée comme un flux. Beit Shammai disent : Même le flux d’un ragoût fait de fèves écrasées et brisées ou de fèves entières relie également deux éléments parce qu’il revient en arrière. Cela indique que le différend dans la michna porte sur la question de savoir si le ragoût répond ou non au critère du retour en arrière, et les Sages soutiennent que le miel et tout ce qui lui ressemble, qui revient en arrière, sont considérés comme un flux. Rav Ashi répondit : Les cas sont-ils comparables ? Là-bas, dans le cas du miel, on pourrait suggérer qu’il s’agit d’un flux parce qu’il est visqueux. Ici, en ce qui concerne le ragoût, la raison pour laquelle Beit Shammai statuent avec rigueur est due à l’écoulement, qui revient en arrière. Les Sages ne sont pas du tout d’accord pour dire que c’est un facteur.
וְעַל מְלֹא תַּרְווֹד רָקָב. וְכַמָּה שִׁיעוּרוֹ? חִזְקִיָּה אָמַר: מְלֹא פִּיסַּת הַיָּד, רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: מְלֹא חׇפְנָיו. תְּנַן: מְלֹא תַּרְווֹד רָקָב שֶׁאָמְרוּ, יֶשְׁנָן מֵעִיקַּר אֶצְבָּעוֹת וּלְמַעְלָה, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: מְלֹא חׇפְנָיו.
§ La michna a enseigné : Et pour l’impureté transmise par une pleine louche de poussière. La Guemara demande : Et quelle est cette mesure d’une pleine louche de poussière ? Ḥizkiyya a dit : Une paume pleine de la main. Rabbi Yoḥanan a dit : Ses poignées, c’est-à-dire la quantité que l’on peut tenir dans toute la main, y compris les doigts. La Guemara cite une source pertinente. Nous avons appris dans la Tosefta (Oholot 2:2) : La pleine louche de poussière dont les Sages ont parlé comprend tout ce qui peut être contenu à partir de la base des doigts et au-dessus ; c’est l’avis de Rabbi Meïr. Et les Sages disent : Ses poignées.
בִּשְׁלָמָא רַבִּי יוֹחָנָן הוּא דְּאָמַר כְּרַבָּנַן. אֶלָּא חִזְקִיָּה כְּמַאן? לָא כְּרַבִּי מֵאִיר וְלָא כְּרַבָּנַן! אָמְרִי: מְלֹא פִּיסַּת הַיָּד וּמְלֹא קִשְׁרֵי אֶצְבְּעוֹתָיו לְמַעְלָה — חַד שִׁיעוּרָא הוּא.
Certes, Rabbi Yoḥanan a parlé conformément à l’opinion des Sages. Mais, conformément à l’opinion de qui Ḥizkiyya a-t-il énoncé son avis ? Sa décision n’est ni conforme à l’opinion de Rabbi Meïr ni conforme à celle des Sages. Les Sages exigent ses pleines poignées, Rabbi Meïr ne se réfère qu’à la quantité contenue dans les doigts eux-mêmes, tandis que Ḥizkiyya statue qu’il s’agit de la quantité qui peut reposer sur la paume de la main. Les Sages disent en réponse que la mesure de Ḥizkiyya, une paume pleine de sa main, et la mesure de Rabbi Meïr, une pleine quantité de ses articulations des doigts à partir de la paume de la main et au-dessus, sont une seule et même mesure.
אֲמַר לֵיהּ רַב שִׁימִי בַּר אַדָּא לְרַב פָּפָּא: מִמַּאי דְּהַאי מִקִּשְׁרֵי אֶצְבְּעוֹתָיו וּלְמַעְלָה לְרֹאשׁ? דִּלְמָא לְמַטָּה מִדִּידֵיהּ, דְּהָוֵה לֵיהּ מְלֹא פִּיסַּת הַיָּד? תֵּיקוּ.
La Guemara soulève une difficulté quant au fondement de la question adressée à l’opinion de Ḥizkiyya. Rav Shimi bar Adda dit à Rav Pappa : D’où savons-nous que cette mesure précisée par Rabbi Meir : À partir des articulations de ses doigts et au-dessus, signifie vers les extrémités des doigts ? Peut-être cela fait-il référence à ce qui est en dessous, vers le bras, auquel cas ce serait exactement la même mesure que celle de Ḥizkiyya : Une pleine paume de la main. Si tel est le cas, cette baraita ne présente aucune difficulté pour Ḥizkiyya. Aucune réponse n’a été trouvée, et la Guemara dit que la question restera sans résolution.

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