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אִין, דַּאֲפִילּוּ לְרַבִּי אֶלְעָזָר הַקַּפָּר דְּאָמַר: נָזִיר חוֹטֵא, הָנֵי מִילֵּי גַּבֵּי נָזִיר טָמֵא, דְּאַיְּידֵי דְּבָעֵי מִיסְתַּר, דְּאָמַר רַחֲמָנָא: ״וְהַיָּמִים הָרִאשֹׁנִים יִפְּלוּ כִּי טָמֵא נִזְרוֹ״, הָתָם הוּא, דִּלְמָא אָתֵי לְמִיעְבַּר עַל נְזִירוּתֵיהּ, אֲבָל נָזִיר טָהוֹר — לָאו חוֹטֵא קָרֵי בֵּיהּ.
La Guemara répond : Oui, car même selon Rabbi Elazar HaKappar, qui a dit qu’un nazir est un pécheur, cela ne s’applique qu’à un nazir rituellement impur. Cela est ainsi parce qu’il est nécessaire pour lui d’annuler les jours de son vœu déjà observés et de recommencer sa période depuis le début, comme le Miséricordieux le déclare dans la Torah : « Mais les premiers jours seront annulés, car sa consécration a été souillée » (Nombres 6:12). C’est là que Rabbi Elazar HaKappar a qualifié le nazir de pécheur, parce que peut-être il en viendra à transgresser son naziréat maintenant qu’il est nazir pour une période plus longue que celle qu’il avait initialement envisagée. Cependant, en ce qui concerne un nazir rituellement pur, Rabbi Elazar HaKappar ne le qualifie pas de pécheur.
״הֲרֵינִי כָּזֶה״ — נְהִי נָמֵי דְּתָפוּס בִּשְׂעָרוֹ, ״הֲרֵינִי כָּזֶה״ — לָא אָמַר! אָמַר שְׁמוּאֵל: כְּגוֹן שֶׁהָיָה נָזִיר עוֹבֵר לְפָנָיו.
§ La michna a enseigné que celui qui dit : Me voici comme ceci, est nazir. La Guemara demande : Bien que ce soit effectivement un cas où il tient ses cheveux à ce moment-là, puisque il n’a pas dit : Me voici comme ceci, comment cette déclaration peut-elle constituer une acceptation du naziréat ? Shmuel a dit : Il s’agit d’un cas où un nazir passait devant lui lorsqu’il a fait sa déclaration. Son intention était de se déclarer nazir comme l’individu qui passait devant lui, et sa déclaration constitue donc un vœu de naziréat.
״הֲרֵינִי מְסַלְסֵל״ — מִמַּאי דְּהָדֵין סִלְסוּל שַׂעְרָא? כְּדַאֲמַרָה לֵיהּ הָהִיא אַמְּתָא דְבֵי רַבִּי לְהָהוּא גַּבְרָא: עַד מָתַי אַתָּה מְסַלְסֵל בִּשְׂעָרְךָ?
La michna statue que celui qui dit : Je suis par la présente un boucleur de cheveux est un nazir. La Guemara demande : D'où sait-on que ce terme fait référence au bouclage [silsul] des cheveux en les laissant pousser ? La Guemara répond : Comme cette servante de la maison de Rabbi Yehouda HaNassi a dit à un certain homme qui avait laissé pousser ses cheveux : Jusqu'à quand vas-tu boucler [mesalsel] tes cheveux ? Cela montre que mesalsel signifie laisser pousser les cheveux.
אֵימָא תּוֹרָה, דִּכְתִיב ״סַלְסְלֶהָ וּתְרוֹמְמֶךָּ״? אָמַר שְׁמוּאֵל: הָכָא נָמֵי שֶׁתָּפוּס בִּשְׂעָרוֹ.
La Guemara suggère : Dis que le mot mesalsel fait référence à l’étude de la Torah, comme il est écrit au sujet de la Torah : « Exalte-la [salseleha] et elle t’élèvera » (Proverbes 4:8). La Guemara répond que Shmuel a dit : Ici aussi, il s’agit du cas où il tenait ses cheveux au moment de sa déclaration.
״הֲרֵינִי מְכַלְכֵּל״ — מִמַּאי דְּהָדֵין כִּילְכּוּל שְׂעָרוֹ הוּא? כְּדִתְנַן: סִיד, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כְּדֵי לָסוּד כִּילְכּוּל. וְאָמַר רַב: בַּת צִידְעָא.
La michna statue que celui qui dit : Je suis par la présente en train de laisser pousser mes cheveux est nazir. La Guemara demande : D'où sait-on que ce terme est une référence au fait de laisser pousser [kilkul] ses cheveux ? La Guemara répond : Comme nous l'avons appris dans une michna (Chabbat 78b) : En ce qui concerne la mesure qui détermine la responsabilité pour le transport de chaux pendant Chabbat d'un domaine privé à un domaine public, Rabbi Yehouda dit : La mesure est équivalente à celle utilisée pour étaler sur son kilkul. Et Rav a dit : Cela fait référence aux cheveux qui poussent dans les zones sous la tempe.
אֵימָא מֵיזַן עַנְיֵי, כְּדִכְתִיב: ״וַיְכַלְכֵּל יוֹסֵף אֶת אָבִיו וְאֶת אֶחָיו״. אָמַר שְׁמוּאֵל: הָכָא נָמֵי שֶׁתָּפוּס בִּשְׂעָרוֹ.
La Guemara suggère : Dis qu’il a fait le vœu de soutenir les pauvres, comme il est écrit : « Et Joseph soutint [vaykhalkel] son père et ses frères » (Genèse 47:12). La Guemara répond que Shmuel a dit : Ici aussi, dans la michna, il s’agit d’un cas où l’individu tenait ses cheveux lorsqu’il a fait sa déclaration, de sorte qu’il était clair qu’il faisait référence au fait de laisser pousser ses cheveux.
״הֲרֵי עָלַי לְשַׁלֵּחַ פֶּרַע״ — הֲרֵי זֶה נָזִיר. מִמַּאי דְּהָדֵין שִׁלּוּחַ רִיבּוּיָא הוּא, דִּכְתִיב: ״שְׁלָחַיִךְ פַּרְדֵּס רִמּוֹנִים״.
La michna statue que, concernant celui qui dit : Il m’incombe de laisser pousser [leshale’aḥ] de longs cheveux, il est nazir. La Guemara demande : D’où sait-on que ce terme shilu’aḥ, qui est une forme différente du mot leshale’aḥ, est une expression d’augmentation et de croissance ? La Guemara répond : Comme il est écrit : « Tes tresses [shelaḥayikh] sont un verger de grenadiers » (Cantique des Cantiques 4:13).
אֵימָא מִידֵּי דְעַבּוֹרֵי, כְּדִכְתִיב: ״וְשֹׁלֵחַ מַיִם עַל פְּנֵי חוּצוֹת״!
La Guemara suggère : Dis qu’il s’agit d’une question impliquant un transfert, comme il est écrit : « Et envoie [shole’aḥ] de l’eau sur la terre » (Job 5:10), où le mot shole’aḥ renvoie au transport de l’eau d’un endroit à un autre. Ici aussi, la personne qui fait le vœu pourrait vouloir dire qu’elle a l’intention de transférer, c’est-à-dire d’enlever, ses cheveux.
תַּנָּא ״פֶּרַע״ ״פֶּרַע״ יָלֵיף. כְּתִיב הָכָא ״קָדֹשׁ יִהְיֶה גַּדֵּל פֶּרַע״, וּכְתִיב הָתָם גַּבֵּי כֹּהֵן הֶדְיוֹט ״וּפֶרַע לֹא יְשַׁלֵּחוּ״.
La Guemara répond : le tanna déduit le sens de ce terme sur la base d’une analogie verbale du terme longues mèches [pera] écrit au sujet d’un nazir et du terme longues mèches [pera] écrit au sujet d’un prêtre. Il est écrit ici, au sujet d’un nazir : « Il sera saint, il laissera pousser les cheveux de sa tête en longues mèches [gadel] [pera] » (Nombres 6:5). Et il est écrit là-bas, au sujet d’un prêtre ordinaire servant dans le Temple : « Et ils ne laisseront pas pousser leurs mèches [pera lo yeshaleḥu] » (Ézéchiel 44:20). De même que le mot pera, au sujet d’un nazir, indique le fait de laisser pousser de longs cheveux, de même, dans le cas d’un prêtre, il renvoie au fait de laisser pousser de longs cheveux. Cela prouve que le terme shilu’aḥ signifie laisser pousser ses cheveux.
וְאִיבָּעֵית אֵימָא הַאי ״שׁוֹלֵחַ מַיִם״ נָמֵי רִיבּוּי הוּא, (כְּדִמְתַרְגֵּם רַב יוֹסֵף:) דְּכַד מַשְׁקִין לֵיהּ מַיָּא לְפֵירָא וְרָבֵי.
La Guemara propose une réponse alternative : Et si tu veux, dis que le sens du mot shole’aḥ dans cette expression : Envoie [shole’aḥ] de l’eau, est aussi augmentation et croissance, comme Rav Yosef a traduit ce verset en araméen de la manière suivante : Quand on arrose la production, elle pousse. Par conséquent, le verset fait référence à la croissance au moyen de l’eau.
״הֲרֵי עָלַי צִיפֳּרִין״ — רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: נָזִיר. מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי מֵאִיר? אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: צִיפֳּרִין סְמוּכִין לְשֵׂיעָר קִיבֵּל עָלָיו, דִּכְתִיב ״עַד דִּי שַׂעְרֵיהּ כְּנִשְׁרִין רְבָה וְטִפְרוֹהִי כְצִפְּרִין״.
§ La mishna a enseigné que si quelqu’un dit : Une obligation est par les présentes imposée sur moi concernant des oiseaux, Rabbi Meir dit : Il est nazir, et les Sages disent : Il n’est pas nazir. La Guemara demande : Quelle est la raison de l’opinion de Rabbi Meir ? Reish Lakish a dit : Il a accepté sur lui-même une obligation concernant les oiseaux qui sont juxtaposés dans un verset aux cheveux, comme il est écrit : « Jusqu’à ce que ses cheveux poussent comme les plumes des aigles, et ses ongles comme les griffes des oiseaux » (Daniel 4:30). Puisque le verset juxtapose les oiseaux à la pousse des cheveux, on comprend que, lorsque cet individu a accepté une obligation concernant des oiseaux, il faisait référence au fait de laisser pousser ses cheveux comme un nazir.
רַבִּי מֵאִיר סָבַר: מַתְפֵּיס אִינִישׁ בְּמִידֵּי דִּסְמִיךְ לֵיהּ.
La Guemara explique le fondement du différend : Rabbi Meir soutient qu’une personne associe l’objet de son vœu à quelque chose qui lui est juxtaposé dans un verset, de sorte que, lorsqu’elle dit qu’il lui incombe d’apporter des oiseaux, elle veut dire qu’il lui incombe de laisser pousser ses cheveux.

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