וְאִם מִשֶּׁנִּגְנְבָה בְּהֶמְתּוֹ נָזַר — אֵינוֹ נָזִיר. וְזוֹ טָעוּת טָעָה נַחוּם הַמָּדִי: כְּשֶׁעָלוּ נְזִירִים מִן הַגּוֹלָה וּמָצְאוּ בֵּית הַמִּקְדָּשׁ חָרֵב, אָמַר לָהֶם נַחוּם הַמָּדִי: אִילּוּ הֱיִיתֶם יוֹדְעִין שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ חָרֵב, הֱיִיתֶם נוֹזְרִים? אָמְרוּ לוֹ: לֹא. וְהִתִּירָן נַחוּם הַמָּדִי.
Mais s’il a fait un vœu de naziréat après que son animal a été volé, il n’est pas nazir, car il est établi rétroactivement que son vœu a été prononcé par erreur dès le départ, puisqu’il s’appuyait sur un animal qu’il ne possédait pas. Et telle fut l’erreur dans laquelle Naḥum le Mède s’est trompé lorsqu’il n’a pas distingué entre un événement survenu avant que le vœu ne soit prononcé et un événement survenu après. L’incident en question fut le suivant : Lorsque des nazirs montaient de l’exil pour offrir leurs sacrifices, et qu’ils trouvèrent le Temple détruit, Naḥum le Mède leur dit : Si vous aviez su que le Temple serait détruit, auriez-vous fait un vœu de naziréat ? Ils lui dirent : Certainement non, car il n’y a pas de remède au naziréat dans ce cas. Et Naḥum le Mède annula le vœu pour eux.
וּכְשֶׁבָּא הַדָּבָר אֵצֶל חֲכָמִים אָמְרוּ: כׇּל שֶׁנָּזַר עַד שֶׁלֹּא חָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ — נָזִיר. וּמִשֶּׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ — אֵינוֹ נָזִיר.
Et lorsque l'affaire fut portée devant les rabbins, ils dirent : Sa décision est incorrecte. Au contraire, quiconque a fait un vœu de naziréat avant que le Temple ne soit détruit, comme ces nazirs de l'exil, est nazir, car il n'a commis aucune erreur au moment de son vœu, et on ne peut pas dissoudre des vœux sur la base d'une situation nouvelle. Cependant, celui qui a formulé son vœu après que le Temple a été détruit n'est pas nazir, car il a fait son vœu sur la base d'une supposition erronée.
גְּמָ׳ אָמַר רַבָּה: שַׁטְפוּהוּ רַבָּנַן לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְאוֹקְמֻיהּ בְּשִׁיטְתַיְיהוּ. דִּתְנַן: פּוֹתְחִין בְּנוֹלָד, דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר, וַחֲכָמִים אוֹסְרִין.
GUEMARA : En ce qui concerne la déclaration de la michna au sujet de l’annulation d’un vœu de naziréat en raison d’une nouvelle situation, la Guemara cite une déclaration selon laquelle Rabba a dit : Les Sages ont prévalu sur Rabbi Eliezer jusqu’à ce qu’il se rétracte de sa décision et établisse la halakha conformément à leur opinion. À quoi cela fait-il référence ? Comme nous l’avons appris dans une michna de Nedarim (64a) : On peut ouvrir l’annulation en interrogeant sur une nouvelle situation, c’est-à-dire qu’une autorité halakhique peut annuler un vœu en raison d’une nouvelle situation que celui qui a fait le vœu n’avait pas anticipée au moment où il l’a fait. Telle est la déclaration de Rabbi Eliezer ; mais les Sages l’interdisent. Puisque Rabbi Eliezer n’est pas en désaccord dans le cas du naziréat dans cette michna, il doit avoir accepté l’opinion des Sages.
וְאָמַר רָבָא: אַף עַל גַּב דַּאֲמוּר רַבָּנַן אֵין פּוֹתְחִין בְּנוֹלָד, אֲבָל פּוֹתְחִין בִּתְנַאי נוֹלָד. הֵיכִי דָּמֵי? אָמְרִי לְהוֹן: אִילּוּ אֲתָא אִינִישׁ וַאֲמַר לְכוֹן דְּחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ, מִי הֲוָה נָדְרִיתוּן?
Et Rava dit, au sujet de la même question : Bien que les Sages aient dit qu’ils ne peuvent pas ouvrir la dissolution en posant une question sur une nouvelle situation, cependant, ils peuvent ouvrir la dissolution en posant une question sur les conditions d’une nouvelle situation, c’est-à-dire des situations semblables à une nouvelle situation. Quelles sont les circonstances de ce type d’ouverture à la dissolution ? Les autorités halakhiques disent aux naziréens qui ont prononcé leurs vœux avant la destruction du Temple : Si quelqu’un était venu vous dire avant que vous ne prononciez votre vœu que le Temple serait détruit, auriez-vous prononcé votre vœu ? Bien que la destruction du Temple elle-même soit une nouvelle situation, sa possibilité existait lorsqu’ils ont prononcé leurs vœux, et par conséquent, s’ils ont répondu qu’ils n’auraient pas prononcé leur vœu s’ils l’avaient su, leurs vœux sont dissous.
אָמַר רַב יוֹסֵף: אִי הֲוַאי הָתָם, הֲוָה אָמֵינָא לְהוֹן: הָכְתִיב ״הֵיכַל ה׳ הֵיכַל ה׳ הֵיכַל ה׳ הֵמָּה״ — זֶה מִקְדָּשׁ רִאשׁוֹן וּמִקְדָּשׁ שֵׁנִי.
Rav Yosef a dit : Si j’avais été là, lorsque ces naziréens sont arrivés, je leur aurais dit ce qui suit à eux, afin d’annuler leurs vœux : N’est-il pas écrit : « Le Sanctuaire du Seigneur, le Sanctuaire du Seigneur, le Sanctuaire du Seigneur, ce sont eux » (Jérémie 7:4). Cette triple répétition de « Sanctuaire du Seigneur » fait référence au Premier Temple et au Second Temple, qui sont destinés à être détruits, menant à un Troisième Temple. Ces naziréens auraient dû envisager la possibilité de la destruction du Temple, et cela peut servir de moyen pour amorcer l’annulation de leurs vœux.
נְהִי דְּיָדְעִין לְהוֹן דְּיִחְרוּב, מִי יוֹדְעִין לְאִימַּתִּי?! אָמַר אַבָּיֵי: וְלָא יָדְעִין לְאִימַּת? וְהָכְתִיב: ״שָׁבוּעִים שִׁבְעִים נֶחְתַּךְ עַל עַמְּךָ וְעַל עִיר קׇדְשֶׁךָ״! וְאַכַּתִּי מִי יָדְעִינַן בְּהֵי יוֹמָא?!
La Guemara répond : Bien qu’ils aient pu savoir que le Second Temple serait détruit, puisque le verset parle de trois Temples, savaient-ils quand il serait détruit ? Auraient-ils envisagé que cela puisse arriver de leur vivant, les empêchant d’offrir leurs sacrifices ? Abaye dit : Et ne savaient-ils pas quand ? N’est-il pas écrit : « Soixante-dix semaines sont décrétées sur ton peuple et sur ta ville sainte » (Daniel 9:24), ce qui indique que le Second Temple serait détruit soixante-dix cycles sabbatiques de sept ans après la destruction du Premier Temple, soit 490 ans. La Guemara répond : Et malgré cela, savions-nous quel jour il serait détruit ? Il était donc impossible d’utiliser ce facteur comme moyen d’aborder la dissolution de leurs vœux.
מַתְנִי׳ הָיוּ מְהַלְּכִין בַּדֶּרֶךְ, וְאֶחָד בָּא כְּנֶגְדָּן, אָמַר אֶחָד מֵהֶן: ״הֲרֵינִי נָזִיר שֶׁזֶּה פְּלוֹנִי״, וְאֶחָד אָמַר: ״הֲרֵינִי נָזִיר שֶׁאֵין זֶה פְּלוֹנִי״, ״הֲרֵינִי נָזִיר שֶׁאֶחָד מִכֶּם נָזִיר״, ״שֶׁאֵין אֶחָד מִכֶּם נָזִיר״, ״שֶׁשְּׁנֵיכֶם נְזִירִים״, ״שֶׁכּוּלְּכֶם נְזִירִים״.
MICHNA : S’il y avait des personnes qui marchaient en chemin, et qu’une autre personne s’approchait d’elles, et que l’une de celles qui marchaient dit : Je suis par les présentes nazir si cette personne qui s’approche de nous est untel. Et une autre d’entre elles dit : Je suis par les présentes nazir si ce n’est pas untel, tandis qu’un troisième membre du groupe dit : Je suis par les présentes nazir si l’un de vous deux est nazir, et un quatrième dit : Je suis par les présentes nazir si aucun de vous n’est nazir, et un autre ajouta : Je suis par les présentes nazir si vous êtes tous les deux nazirim. Enfin, la dernière personne dit : Je suis par les présentes nazir si vous êtes tous ceux qui avez parlé avant moi nazirim.
בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: כּוּלָּן נְזִירִין. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: אֵינוֹ נָזִיר אֶלָּא מִי שֶׁלֹּא נִתְקַיְּימוּ דְּבָרָיו. וְרַבִּי טַרְפוֹן אוֹמֵר: אֵין אֶחָד מֵהֶם נָזִיר.
Beit Shammai disent que tous sont nazirs, car en disant : Me voici nazir, ils ont accepté sur eux le naziréat, même si leurs déclarations s’avèrent incorrectes. Beit Shammai soutiennent qu’un vœu de naziréat prononcé par erreur est considéré comme un vœu valide de naziréat. Et Beit Hillel disent : Seul celui dont la déclaration ne s’est pas réalisée est nazir. Et Rabbi Tarfon dit : Pas un seul d’entre eux n’est nazir, y compris ceux dont les déclarations étaient correctes. Rabbi Tarfon soutient qu’un vœu de naziréat doit être prononcé de manière explicite, sans aucun indice d’incertitude. Dans ce cas, aucun d’eux ne connaissait avec certitude l’identité de la personne qui s’approchait d’eux, et ils ne pouvaient donc pas être certains d’être nazirs au moment de leurs vœux.
הִרְתִּיעַ לַאֲחוֹרָיו — אֵינוֹ נָזִיר. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: יֹאמַר ״אִם הָיָה כִדְבָרַי — הֲרֵינִי נְזִיר חוֹבָה, וְאִם לָאו — הֲרֵינִי נְזִיר נְדָבָה״.
Si la personne qui s’est approchée d’eux a fait demi-tour de sorte que son identité n’a jamais été découverte, pas un d’entre eux n’est naziréen. L’affaire n’a jamais été clarifiée, et la halakha est indulgente dans les cas de naziréat incertain. Rabbi Shimon dit que la halakha est rigoureuse à l’égard d’une incertitude de ce genre, et ils doivent donc procéder comme suit afin d’éviter toute incertitude : Chacun de ceux qui ont fait un vœu doit dire : Si cela était conforme à ma déclaration, je suis par les présentes un naziréen obligatoire, puisque ma condition a été remplie, et sinon, je suis par les présentes un naziréen volontaire, et de cette manière ils sont tous naziréens dans tous les cas.
גְּמָ׳ מִי שֶׁלֹּא נִתְקַיְּימוּ דְּבָרָיו, אַמַּאי הָוֵי נָזִיר? אָמַר רַב יְהוּדָה, אֵימָא: מִי שֶׁנִּתְקַיְּימוּ דְּבָרָיו.
GUEMARA : La Guemara remet en question l’opinion de Beit Hillel : Pourquoi celui dont la déclaration ne s’est pas réalisée est-il nazir ? Rav Yehuda a dit : Il faut corriger la formulation de la michna afin qu’elle énonce : Seul celui dont la déclaration s’est réalisée devient nazir.