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כָּאן בְּמִצְוָה שֶׁאִי אֶפְשָׁר לַעֲשׂוֹתָהּ עַל יְדֵי אֲחֵרִים.
Là-bas, dans l'autre verset, il s'agit d'une mitsva qui ne peut pas être accomplie par d'autres, et, par conséquent, il ne faut pas en considérer l'importance relative, mais plutôt l'accomplir immédiatement.
הֲדַר יָתְבִי וְקָא מִבְּעֵי לְהוּ, כְּתִיב: ״יְקָרָה הִיא מִפְּנִינִים וְכׇל חֲפָצֶיךָ לֹא יִשְׁווּ בָהּ״ — הָא חֶפְצֵי שָׁמַיִם יִשְׁווּ בָהּ, וּכְתִיב: ״כׇּל חֲפָצִים לֹא יִשְׁווּ בָהּ״ — דַּאֲפִילּוּ חֶפְצֵי שָׁמַיִם לֹא יִשְׁווּ בָהּ!
Les deux érudits, Rabbi Yonatan ben Asmai et Rabbi Yehuda, fils de convertis, s’assirent de nouveau et soulevèrent le dilemme suivant : À un endroit, il est écrit à la louange de la Torah : « Elle est plus précieuse que les rubis ; et tous tes désirs ne peuvent lui être comparés » (Proverbes 3:15). On peut en déduire que tous les désirs humains ne peuvent être comparés à la Torah, mais les désirs du Ciel, c’est-à-dire les mitsvot, peuvent en effet lui être comparés. Et ailleurs il est écrit : « Car la sagesse vaut mieux que les rubis ; et toutes les choses désirables ne peuvent lui être comparées » (Proverbes 8:11), ce qui indique que même les mitsvot ne peuvent être comparées à la Torah.
כָּאן בְּמִצְוָה שֶׁאֶפְשָׁר לַעֲשׂוֹתָהּ עַל יְדֵי אֲחֵרִים, כָּאן בְּמִצְוָה שֶׁאִי אֶפְשָׁר לַעֲשׂוֹתָהּ עַל יְדֵי אֲחֵרִים.
Ils ont résolu cette contradiction en affirmant que ici, dans le second verset, il s’agit d’une mitsva qui peut être accomplie par d’autres. Dans ce cas, même les mitsvot ne peuvent pas être comparées à la Torah et, par conséquent, celui qui est engagé dans l’étude de la Torah ne doit pas interrompre son étude afin d’accomplir une autre mitsva. Cependant, là-bas, dans le premier verset, il s’agit d’une mitsva qui ne peut pas être accomplie par d’autres. Dans ce cas, l’étude de la Torah n’est pas plus importante que la mitsva, et l’on doit interrompre son étude afin d’accomplir la mitsva.
אֲמַרוּ לֵיהּ: מַאי בָּעֵית הָכָא? אֲמַר לְהוּ, דַּאֲמַר לִי אַבָּא: זִיל גַּבַּיְיהוּ דְּלִיבָרְכוּךְ. אֲמַרוּ לֵיהּ: יְהֵא רַעֲוָא דְּתִזְרַע וְלָא תֶּחְצַד, תְּעַיֵּיל וְלָא תַּיפֵּוק, תַּיפֵּוק וְלָא תְּעַיֵּיל, לִיחְרוֹב בֵּיתָךְ וְלִיתּוֹב אוּשְׁפִּיזָךְ, לִבַּלְבַּל פָּתוּרָךְ, וְלָא תִּחְזֵי שַׁתָּא חַדְתָּא.
Lorsque le rabbin Yonatan ben Asmai et le rabbin Yehuda, fils de convertis, remarquèrent le fils du rabbin Shimon ben Yoḥai, ils lui dirent : Que veux-tu ici ? Il leur dit : Mon père m’a dit : Allez vers eux afin qu’ils vous bénissent. Ils lui dirent ce qui suit : Que ce soit la volonté de Dieu que tu sèmes sans récolter, que tu fasses entrer sans faire sortir, que tu fasses sortir sans faire entrer, que ta maison soit détruite et que ton lieu de séjour soit habité, que ta table devienne confuse et que tu ne voies pas une nouvelle année.
כִּי אֲתָא לְגַבֵּי אֲבוּהּ, אֲמַר לֵיהּ: לָא מִבַּעְיָא דְּבָרוֹכֵי לָא בָּירְכֻן אֲבָל צַעוֹרֵי צַעֲורֻן. אֲמַר לֵיהּ: מַאי אֲמַרוּ לָךְ? הָכִי וְהָכִי אֲמַרוּ לִי. אֲמַר לֵיהּ: הָנָךְ כּוּלְּהוּ בִּרְכָתָא נִינְהוּ. תִּזְרַע וְלָא תֶּחְצַד: תּוֹלִיד בָּנִים וְלָא יְמוּתוּ. תְּעַיֵּיל וְלָא תַּיפֵּוק: תְּעַיֵּיל כַּלְּתָא וְלָא לֵימוּתוּ בְּנָךְ דְּלִיפְּקוּן. תַּיפֵּוק וְלָא תְּעַיֵּיל: תּוֹלִיד בְּנָתָא וְלָא יְמוּתוּ גּוּבְרַיְיהוּ וְלִיהְדְּרוּ לְוָתָיךְ.
Lorsqu’il revint vers son père, il lui dit : Non seulement ils ne m’ont pas béni, mais ils m’ont même fait de la peine par leurs paroles négatives. Son père lui dit : Qu’est-ce qu’ils t’ont dit exactement ? Il répondit : Ils m’ont dit ceci et cela. Rabbi Shimon ben Yoḥai dit à son fils : Tout cela, ce sont des bénédictions, formulées de manière cryptique, et voici ce qu’ils voulaient dire : Lorsqu’ils ont dit que tu devrais semer sans moissonner, ils voulaient dire que tu devrais avoir des fils et qu’ils ne devraient pas mourir. Leur déclaration selon laquelle tu devrais faire entrer sans faire sortir signifie que tu devrais faire entrer des brus pour tes fils et que tes fils ne devraient pas mourir, ce qui ferait que leurs femmes partiraient. Lorsqu’ils ont dit que tu devrais faire sortir sans faire entrer, ils voulaient dire que tu devrais avoir des filles et que leurs maris ne devraient pas mourir, ce qui ferait que tes filles reviendraient vers toi.
לִיחְרוֹב בֵּיתָךְ וְלִיתּוֹב אוּשְׁפִּיזָךְ — דְּהַאי עָלְמָא אוּשְׁפִּיזָךְ, וְהָהֻיא עָלְמָא בֵּיתָא, דִּכְתִיב: ״קִרְבָּם בָּתֵּימוֹ לְעוֹלָם״. אַל תִּקְרֵי ״קִרְבָּם״, אֶלָּא ״קִבְרָם״.
Lorsqu’ils ont dit que ta maison devrait être détruite et ton lieu de séjour devrait être habité, cela doit être interprété allégoriquement. De même que ce monde est comparé à ton lieu de séjour, et le Monde à Venir est comparé à ta maison, comme il est écrit : « Leur pensée intérieure [kirbam] est que leurs maisons subsisteront à jamais » (Psaumes 49:12), et les Sages ont dit : Ne lis pas cela comme « leur pensée intérieure [kirbam] » ; plutôt lis-le comme leurs tombes [kivram]. Selon cette lecture, la tombe d’une personne est considérée comme sa maison permanente. Les Sages ont donné au fils de Rabbi Shimon ben Yoḥai une bénédiction afin qu’il demeure dans sa demeure temporaire plutôt que dans sa demeure permanente, c’est-à-dire qu’il vive une longue vie.
לִבַּלְבַּל פָּתוּרָךְ: בִּבְנֵי וּבְנָתָא. וְלָא תִּיחְזֵי שַׁתָּא חַדְתָּא: דְּלָא תְּמוּת אִתְּתָךְ וְלָא תִּנְסַב אִינְתְּתָא אַחֲרִיתִי.
Lorsqu’ils ont dit que ta table devrait devenir confuse, ils voulaient dire que tu devrais être béni de nombreux fils et filles, de sorte qu’il y ait du bruit et de la confusion à ta table. Lorsqu’ils ont dit que tu ne devrais pas voir une nouvelle année, ils voulaient dire que ta femme ne devrait pas mourir et que, par conséquent, tu ne devrais pas avoir à épouser une autre femme, à propos de quoi il est dit : « Lorsqu’un homme a pris une nouvelle femme, il n’ira pas à la guerre et ne sera chargé d’aucune affaire ; il sera libre chez lui pendant un an » (Deutéronome 24:5).
רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן חֲלַפְתָּא אִפְּטַר מִינֵּיהּ דְּרַב, אֲמַר לֵיהּ אֲבוּהּ: זִיל לְגַבֵּיהּ דְּלִיבָרְכָךְ. אֲמַר לֵיהּ: יְהֵא רַעֲוָא דְּלָא תְּבַיֵּישׁ וְלָא תִּתְבַּיַּישׁ. אֲתָא גַּבֵּי אֲבוּהּ. אָמַר לֵיהּ: מַאי אֲמַר לָךְ? אֲמַר לֵיהּ: מִילִּין בְּעָלְמָא הוּא דְּאָמַר לִי.
À propos d’une bénédiction au sens obscur, la Guemara raconte : Rabbi Shimon ben Ḥalafta prit congé de Rav. Son père lui dit : Va le voir afin qu’il te bénisse. Lorsque Rabbi Shimon ben Ḥalafta revint vers lui pour recevoir une bénédiction, Rav lui dit : Que ce soit la volonté de Dieu que tu ne fasses pas honte aux autres et que tu n’éprouves pas de honte. Il rentra chez lui auprès de son père, qui lui dit : Que t’a-t-il dit ? Il lui dit : Il ne m’a dit que de simples paroles, c’est-à-dire qu’il ne m’a rien dit de significatif.
אֲמַר לֵיהּ: בָּרְכָךְ בִּרְכְּתָא דְּבֵרְכָן קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לְיִשְׂרָאֵל וּתְנָא בַּהּ, דִּכְתִיב: ״וַאֲכַלְתֶּם אָכוֹל וְשָׂבוֹעַ וְהִלַּלְתֶּם וְגוֹ׳ וְלֹא יֵבוֹשׁוּ עַמִּי לְעוֹלָם. וִידַעְתֶּם כִּי בְקֶרֶב יִשְׂרָאֵל אֲנִי וְגוֹ׳ וְלֹא יֵבוֹשׁוּ עַמִּי לְעוֹלָם״.
Après que Rabbi Shimon ben Ḥalafta eut répété ce que Rav avait dit, son père lui dit : Il t’a béni de la bénédiction par laquelle le Saint, béni soit-Il, a béni Israël et puis a répété la bénédiction, indiquant qu’il s’agit d’une très grande bénédiction, comme il est écrit : « Vous mangerez abondamment, vous serez rassasiés, et vous louerez le Nom du Seigneur votre Dieu, qui a agi merveilleusement avec vous ; et Mon peuple ne sera jamais honteux. Et vous saurez que Je suis au milieu d’Israël, et que Je suis le Seigneur votre Dieu, et qu’il n’y en a pas d’autre ; et Mon peuple ne sera jamais honteux » (Joël 2:26–27).
וְעוֹשָׂה אִשָּׁה תַּכְשִׁיטֶיהָ. תָּנוּ רַבָּנַן, אֵלּוּ הֵן תַּכְשִׁיטֵי נָשִׁים: כּוֹחֶלֶת וּפוֹקֶסֶת וּמַעֲבִירָה סְרָק עַל פָּנֶיהָ. וְאִיכָּא דְּאָמְרִי מַעֲבֶרֶת סְרָק עַל פָּנֶיהָ שֶׁל מַטָּה.
§ Il a été enseigné dans la michna : Et une femme peut se livrer à tous ses soins cosmétiques habituels pendant les jours intermédiaires d’une fête. Les Sages ont enseigné dans une baraita : Voici les soins cosmétiques des femmes qui sont permis : Elle peut se farder les paupières, elle peut enlever les poils indésirables [pokeset] et elle peut mettre du rouge sur son visage. Et certains disent : Elle peut passer un peigne sur la partie inférieure de son visage, c’est-à-dire qu’elle peut enlever les poils de sa région pubienne.
דְּבֵיתְהוּ דְּרַב חִסְדָּא מִקַּשְּׁטָא בְּאַנְפֵּי כַּלְּתַהּ. יָתֵיב רַב הוּנָא בַּר חִינָּנָא קַמֵּיהּ דְּרַב חִסְדָּא וְיָתֵיב וְקָאָמַר: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא יַלְדָּה, אֲבָל זְקֵנָה — לֹא.
La Guemara rapporte que la femme de Rav Ḥisda se parait pendant les jours intermédiaires d’une fête en présence de sa belle-fille, c’est-à-dire alors qu’il avait déjà un fils marié. Rav Houna bar Ḥinnana était assis devant Rav Ḥisda, et il resta assis et dit : Ils ont enseigné seulement qu’une femme est autorisée à recourir à des soins cosmétiques pendant les jours intermédiaires d’une fête seulement en ce qui concerne une jeune femme, car de tels soins lui apportent de la joie, mais dans le cas d’une femme âgée, non, les soins ne sont pas permis, car elle n’en a pas besoin.
אֲמַר לֵיהּ: הָאֱלֹהִים! אֲפִילּוּ אִמָּךָ וַאֲפִילּוּ אִימָּא דְאִימָּךְ, וַאֲפִילּוּ עוֹמֶדֶת עַל קִבְרָהּ. דְּאָמְרִי אִינָשֵׁי: בַּת שִׁיתִּין כְּבַת שֵׁית, לְקָל טַבְלָא רָהֲטָא.
Rav Ḥisda lui dit : Par Dieu ! Même ta mère, et même la mère de ta mère, et même une femme si âgée qu’elle se tient au bord de sa tombe, ont toutes le droit de se parer. Comme on dit dans l’adage populaire : Une femme de soixante ans, comme une de six ans, court au son du tambourin [tavla], ce qui implique que les femmes de tous âges sont jeunes d’esprit ; puisqu’elles prennent toutes plaisir à leurs parures, il leur est permis de se parer, quel que soit leur âge.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: לֹא תָּסוּד. תַּנְיָא, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אִשָּׁה לֹא תָּסוּד מִפְּנֵי שֶׁנִּיוּוּל הוּא לָהּ. וּמוֹדֶה רַבִּי יְהוּדָה בְּסִיד שֶׁיְּכוֹלָה לְקַפְּלוֹ בַּמּוֹעֵד, שֶׁטּוֹפַלְתּוֹ בַּמּוֹעֵד. שֶׁאַף עַל פִּי שֶׁמְּצֵירָה הִיא עַכְשָׁיו — שְׂמֵחָה הִיא לְאַחַר זְמַן.
§ Il a été enseigné dans la michna que Rabbi Yehouda dit : Elle ne peut pas appliquer de chaux sur sa peau parce que cela la rend temporairement peu attirante et elle sera affligée pendant la fête. Il est enseigné dans une baraita : Rabbi Yehouda dit : Une femme ne peut pas appliquer de chaux sur sa peau pendant les jours intermédiaires d’une fête parce que cela constitue temporairement une disgrâce pour elle, car elle paraît peu attirante jusqu’à ce que cela soit retiré. Mais Rabbi Yehouda concède que, s’agissant de la chaux qu’elle peut retirer pendant la fête, elle peut l’appliquer pendant les jours intermédiaires de la fête, car même si elle est affligée maintenant, puisque la chaux rend son apparence peu attirante, elle sera heureuse ensuite, lorsque la chaux sera retirée et qu’elle verra les résultats.
וּמִי אִית לֵיהּ לְרַבִּי יְהוּדָה הַאי סְבָרָא? וְהָתְנַן:
La Guemara demande : Mais Rabbi Yehuda accepte-t-il ce raisonnement, selon lequel cela est permis, malgré le fait que cela cause de la détresse, parce que cela entraînera de la joie plus tard ? N’avons-nous pas appris ailleurs dans une michna (Avoda Zara 2a) : Pendant les trois jours précédant les fêtes des idolâtres, il est interdit de faire du commerce avec eux, afin de ne pas les amener à remercier leurs idoles pour leur réussite. De même, il est interdit ces jours-là de leur prêter, d’emprunter d’eux, de leur rembourser une dette, ou même de recouvrer auprès d’eux une dette.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: נִפְרָעִין מֵהֶן מִפְּנֵי שֶׁמֵּצֵר. אָמְרוּ לוֹ: אַף עַל פִּי שֶׁמֵּצֵר עַכְשָׁיו — שָׂמֵחַ הוּא לְאַחַר זְמַן!
Rabbi Yehouda dit : Il est permis de recouvrer une dette d’eux pendant cette période, car le non-Juif est affligé lorsqu’il effectue le paiement. Les Sages lui dirent : Bien qu’il soit affligé maintenant, il sera heureux ensuite, puisqu’il est libéré de la dette, et il est donc interdit de recouvrer une dette auprès de lui pendant les trois jours précédant sa fête. Dans cette michna, Rabbi Yehouda ne considère que l’affliction immédiate et ne tient pas compte de la joie qui sera ressentie plus tard.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: הַנַּח לְהִלְכוֹת מוֹעֵד, דְּכוּלְּהוּ מֵצֵר עַכְשָׁיו וְשָׂמֵחַ לְאַחַר זְמַן נִינְהוּ.
Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Laisse de côté les halakhot régissant une Fête, qui ne peuvent être comparées à d’autres domaines, car tous les travaux permis pendant une Fête le sont parce que, bien que l’on souffre à cause d’eux maintenant, on en sera heureux ensuite. Par exemple, cuisiner et cuire au four sont permis même si préparer la nourriture implique effort et peine, parce que manger la nourriture après sa préparation procure plaisir et satisfaction.
רָבִינָא אָמַר: גּוֹי לְעִנְיַן פֵּרָעוֹן לְעוֹלָם מֵצֵר.
Ravina dit une explication différente : Selon Rabbi Yehouda, en ce qui concerne le remboursement d’une dette, un gentil est toujours affligé, même après avoir remboursé une dette. Cependant, de manière générale, même Rabbi Yehouda accepte le principe de prendre en compte la joie qui sera ressentie plus tard.
אָמַר רַב יְהוּדָה: בְּנוֹת יִשְׂרָאֵל שֶׁהִגִּיעוּ לְפִירְקָן וְלֹא הִגִּיעוּ לְשָׁנִים, עֲנִיּוֹת טוֹפְלוֹת אוֹתָן בְּסִיד, עֲשִׁירוֹת טוֹפְלוֹת אוֹתָן בְּסוֹלֶת, בְּנוֹת מְלָכִים בְּשֶׁמֶן הַמּוֹר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שִׁשָּׁה חֳדָשִׁים בְּשֶׁמֶן הַמּוֹר״.
En ce qui concerne l’application de chaux sur le corps, Rav Yehuda a dit : Les filles d’Israël qui avaient atteint la maturité physique, mais n’avaient pas encore atteint l’âge de la majorité, c’est-à-dire des filles de moins de douze ans, et donc gênées par leur développement physique précoce, cherchaient à enlever l’excès de poils de leur corps. Les pauvres parmi elles enduisaient leur peau de chaux afin d’enlever les poils. Les riches s’enduisaient de farine fine à cette fin, et les filles des rois s’enduisaient de shemen hamor. Comme il est dit au sujet des femmes qui furent amenées au roi Assuérus : "Six mois avec shemen hamor" (Esther 2:12).
מַאי ״שֶׁמֶן הַמּוֹר״? רַב הוּנָא בַּר חִיָּיא אָמַר: סְטָכַת, רַב יִרְמְיָה בַּר אַמֵּי אָמַר: שֶׁמֶן זַיִת שֶׁלֹּא הֵבִיא שְׁלִישׁ.
La Guemara demande : Qu’est-ce que le shemen hamor ? Rav Houna bar Ḥiyya a dit : C’est le parfum appelé setaket. Rav Yirmeya bar Ami a dit : C’est de l’huile d’olive extraite d’une olive qui n’a pas encore atteint un tiers de sa croissance ; l’huile acide est efficace comme dépilatoire.
תַּנְיָא, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַנְפִּיקִינוּן — שֶׁמֶן זַיִת שֶׁלֹּא הֵבִיא שְׁלִישׁ. וְלָמָּה סָכִין אוֹתוֹ? שֶׁמַּשִּׁיר אֶת הַשֵּׂעָר וּמְעַדֵּן אֶת הַבָּשָׂר.
Il est enseigné dans une baraita que Rabbi Yehouda dit : Partout où la Michna mentionne anpikinon, il s’agit de l’huile d’olive provenant d’une olive qui n’a pas encore atteint un tiers de sa croissance. Et pourquoi les femmes l’étalent-elles sur le corps ? C’est parce qu’elle enlève les poils et adoucit la peau.
רַב בִּיבִי הֲוָה לֵיהּ בְּרַתָּא, טַפְלַהּ אֵבֶר אֵבֶר. שְׁקַל בַּהּ אַרְבַּע מֵאָה זוּזֵי. הֲוָה הָהוּא גּוֹי בְּשִׁבָבוּתֵיהּ דַּהֲוָה לֵיהּ בְּרַתָּא. טַפְלַהּ בְּחַד זִמְנָא וּמִתָה, אֲמַר: קַטְלַהּ בִּיבִי לִבְרַתִּי. אָמַר רַב נַחְמָן: רַב בִּיבִי דְּשָׁתֵי שִׁיכְרָא — בָּעֲיָין בְּנָתֵיהּ טִפְלָא, אֲנַן דְּלָא שָׁתֵינַן שִׁיכְרָא — לָא בָּעֲיָין בְּנָתִין טִפְלָא.
Il a été rapporté que Rav Beivai avait une fille, et il appliqua de la chaux sur chacun de ses membres, membre par membre, ce qui fit tomber ses poils et blanchit sa peau. Elle devint si belle que, lorsqu’il la maria, il reçut pour elle quatre cents dinars. Il y avait un certain gentil dans son voisinage qui avait lui aussi une fille et voulut faire de même. Il l’enduisit de chaux sur tout le corps en une seule fois, et elle mourut. Ce gentil dit : Beivai a tué ma fille. Rav Naḥman dit : Rav Beivai, qui boit habituellement de la bière, ses filles ont besoin d’être enduites de chaux, car la bière provoque la pousse des poils, mais nous, qui ne buvons pas de bière, nos filles n’ont pas besoin d’être enduites de chaux, car elles ont peu de poils même sans ce traitement.

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