מוּתָּרִין לִישָּׂא עֶרֶב הָרֶגֶל, קַשְׁיָא לְכוּלְּהוּ.
il est permis de se marier à la veille de la Fête de pèlerinage. Cela pose une difficulté pour toutes les opinions, car une célébration de mariage dure normalement sept jours, et la majeure partie de la célébration coïncidera avec la Fête.
לָא קַשְׁיָא לְמַאן דְּאָמַר מִשּׁוּם שִׂמְחָה — עִיקַּר שִׂמְחָה חַד יוֹמָא הוּא.
La Guemara répond : Cela n’est pas difficile, car cette baraita peut être conciliée avec toutes les opinions. Selon celui qui a dit qu’on ne peut pas se marier pendant les jours intermédiaires d’une fête à cause de la joie, c’est-à-dire parce qu’il ne faut pas mêler une joie à une autre, ou parce qu’on ne peut pas mettre de côté la joie de la fête pour s’occuper de se réjouir avec son épouse, cela n’est pas difficile, car la joie principale d’un mariage est seulement d’un jour, et après cela, la joie du mariage n’affectera pas la joie de la fête.
לְמַאן דְּאָמַר מִשּׁוּם טִירְחָא — עִיקַּר טִירְחָא חַד יוֹמָא הוּא. לְמַאן דְּאָמַר מִשּׁוּם בִּיטּוּל פְּרִיָּה וּרְבִיָּה, לְחַד יוֹמָא לָא מַשְׁהֵי אִינִישׁ נַפְשֵׁיהּ.
Et selon celui qui a dit qu’on ne peut pas se marier pendant les jours intermédiaires d’une Fête en raison de l’effort excessif qu’exigent les préparatifs du mariage, cela ne pose pas de difficulté, car l’effort principal est seulement d’un jour. Après le mariage, un effort excessif n’est pas nécessaire. Et selon celui qui a dit que la raison est due à la négligence de la mitsva de croître et multiplier, il n’y a pas lieu de s’inquiéter : puisqu’il n’y a qu’un jour, la veille de la Fête, où il peut se marier et économiser sur le repas festif, un homme ne retardera pas son mariage pour se marier alors, de peur qu’une circonstance imprévue ne survienne et l’empêche de se marier ce jour-là. Par conséquent, selon toutes les raisons avancées, il n’est pas nécessaire d’interdire les mariages la veille d’une Fête.
וּדְאֵין מְעָרְבִין שִׂמְחָה בְּשִׂמְחָה מְנָלַן? דִּכְתִיב: ״וַיַּעַשׂ שְׁלֹמֹה בָעֵת הַהִיא אֶת הֶחָג וְכׇל יִשְׂרָאֵל עִמּוֹ קָהָל גָּדוֹל מִלְּבוֹא חֲמָת עַד נַחַל מִצְרַיִם [לִפְנֵי ה׳ אֱלֹהֵינוּ] שִׁבְעַת יָמִים וְשִׁבְעַת יָמִים אַרְבָּעָה עָשָׂר יוֹם״. וְאִם אִיתָא דִּמְעָרְבִין שִׂמְחָה בְּשִׂמְחָה — אִיבְּעִי לֵיהּ לְמִינְטַר עַד הֶחָג, וּמִיעְבַּד שִׁבְעָה לְהָכָא וּלְהָכָא.
§ La Guemara demande : En ce qui concerne le principe selon lequel on ne peut pas mêler une joie à une autre joie, d’où l’apprenons-nous ? La Guemara explique que la source est comme il est écrit au sujet de la dédicace du Temple : « Ainsi Salomon célébra la fête en ce temps-là, et tout Israël avec lui, une grande assemblée, depuis l’entrée de Hamath jusqu’au Torrent d’Égypte, devant le Seigneur notre Dieu, sept jours et sept jours, quatorze jours » (I Rois 8:65). Et s’il en est ainsi que l’on peut en effet mêler une joie à une autre joie, il aurait dû attendre la fête de Souccot, qui constituait le second groupe de sept jours, et faire une fête de sept jours pour celle-ci et pour celle-là, c’est-à-dire pour la dédicace du Temple et pour la fête de Souccot ensemble. Le fait qu’il ne l’ait pas fait indique qu’on ne doit pas mêler une joie à une autre.
וְדִלְמָא מִינְטָר לָא נָטְרִינַן, וְהֵיכָא דְּאִתְרְמִי — עָבְדִינַן! אִיבְּעִי לֵיהּ לְשַׁיּוֹרֵי פּוּרְתָּא.
La Guemara soulève une question : Peut-être, cependant, ne peut-on déduire d’ici que le fait qu’il ne faut pas retarder un mariage pour qu’il ait lieu pendant une Fête, tout comme le roi Salomon n’a pas retardé la dédicace du Temple pour qu’elle ait lieu pendant la Fête ; mais néanmoins, lorsqu’il arrive que cela se produise ainsi, nous pouvons effectivement préparer un festin pour célébrer les deux occasions ensemble. La Guemara répond : Si cela avait été permis, Salomon aurait dû laisser une petite partie du Temple inachevée jusqu’à la Fête, et organiser ainsi une célébration conjointe de la dédicace du Temple et de la fête de Souccot.
שַׁיּוֹרֵי בִּנְיַן בֵּית הַמִּקְדָּשׁ לָא מְשַׁיְּירִינַן. אִיבְּעִי לֵיהּ לְשַׁיּוֹרֵי בְּאַמָּה כָּלְיָא עוֹרֵב.
La Guemara répond : On ne peut pas laisser une quelconque partie de la construction du Temple inachevée, car une mitsva doit être accomplie aussi rapidement que possible. La Guemara modifie son avis précédent : Salomon aurait dû laisser les plaques d’une coudée de large munies de pointes, qui étaient conçues pour éliminer les corbeaux, inachevées. Le toit du Temple était équipé de pointes métalliques acérées pour dissuader les corbeaux, attirés par l’odeur de la viande des sacrifices, de s’y poser. Bien que cela ne fût pas considéré comme une partie du bâtiment lui-même, retarder leur installation aurait permis à Salomon de retarder la célébration de la dédicace du Temple.
אַמָּה כָּלְיָא עוֹרֵב צוֹרֶךְ בִּנְיַן הַבַּיִת הוּא. אֶלָּא מִדִּמְיַיתַּר קְרָא, מִכְּדֵי כְּתִיב ״אַרְבְּעָה עָשָׂר יוֹם״, ״שִׁבְעַת יָמִים וְשִׁבְעַת יָמִים״ לְמָה לִי? שְׁמַע מִינַּהּ הָנֵי לְחוֹד וְהָנֵי לְחוֹד.
La Guemara rejette également cette opinion : les plaques d’une coudée de large munies de pointes pour éloigner les corbeaux constituaient un élément nécessaire dans la construction du Temple, et, par conséquent, Salomon ne pouvait pas non plus en retarder la construction. Au contraire, la preuve vient de la redondance dans le verset. Puisqu’il est écrit « quatorze jours », pourquoi ai-je besoin que le verset précise « sept jours et sept jours » ? Apprends-en que ces sept jours de célébration de la dédicace du Temple doivent être distincts, et de même, ces sept jours de célébration de la Fête doivent être distincts, en raison du principe selon lequel on ne doit pas mêler une joie à une autre.
אָמַר רַבִּי פַּרְנָךְ אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אוֹתָהּ שָׁנָה לֹא עָשׂוּ יִשְׂרָאֵל אֶת יוֹם הַכִּפּוּרִים. וְהָיוּ דּוֹאֲגִים וְאוֹמְרִים: שֶׁמָּא נִתְחַיְּיבוּ שׂוֹנְאֵיהֶן שֶׁל יִשְׂרָאֵל כְּלָיָיה, יָצְתָה בַּת קוֹל וְאָמְרָה לָהֶם: כּוּלְּכֶם מְזוּמָּנִין לְחַיֵּי הָעוֹלָם הַבָּא.
§ À propos de la discussion sur la célébration lors de la dédicace du Temple de Salomon, la Guemara rapporte que Rabbi Parnakh a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Cette année-là, le peuple juif n’a pas observé Yom Kippour, car la célébration de sept jours de la dédicace du Temple coïncidait avec Yom Kippour, et les sept jours furent célébrés par des festins. Et le peuple était inquiet et disait : Peut-être que les ennemis du peuple juif, euphémisme désignant le peuple juif lui-même, sont devenus passibles de destruction pour la transgression consistant à manger à Yom Kippour, punie de karet. Une Voix divine se fit entendre et leur dit : Vous êtes tous destinés à la vie dans le Monde à venir.
מַאי דְּרוּשׁ? אָמְרוּ, קַל וָחוֹמֶר: וּמָה מִשְׁכָּן, שֶׁאֵין קְדוּשָּׁתוֹ קְדוּשַּׁת עוֹלָם — וְקׇרְבַּן יָחִיד דּוֹחֶה שַׁבָּת דְּאִיסּוּר סְקִילָה, מִקְדָּשׁ, דִּקְדוּשָּׁתוֹ קְדוּשַּׁת עוֹלָם, וְקׇרְבַּן צִבּוּר, וְיוֹם הַכִּפּוּרִים דְּעָנוּשׁ כָּרֵת — לֹא כׇּל שֶׁכֵּן?!
La Guemara demande : Quelle dérivation les a conduits à conclure qu’il leur était permis de manger à Yom Kippour ? La Guemara explique qu’ils ont fondé leur décision sur une inférence a fortiori : Si lors de la dédicace du Tabernacle, dont la sainteté n’est pas permanente, une offrande individuelle, c’est-à-dire l’offrande de l’un des princes tribaux, l’emporte sur l’interdiction du Chabbat, puisque les offrandes des princes étaient apportées chaque jour, y compris le Chabbat, malgré la transgression impliquée d’une interdiction passible de lapidation ; alors, en ce qui concerne la dédicace du Temple, dont la sainteté est permanente et où les offrandes apportées étaient des offrandes communautaires, n’est-il pas d’autant plus clair que la dédicace du Temple l’emporte sur l’interdiction de Yom Kippour, dont la violation est punissable de la peine moins sévère de karet ?
אֶלָּא, אַמַּאי הָיוּ דּוֹאֲגִים? הָתָם צוֹרֶךְ גָּבוֹהַּ, הָכָא צוֹרֶךְ הֶדְיוֹט. הָכָא נָמֵי: מֶיעְבָּד לִיעְבְּדוּ, מֵיכָל לָא נֵיכְלוּ וְלָא לִישְׁתּוֹ! אֵין שִׂמְחָה בְּלֹא אֲכִילָה וּשְׁתִיָּה.
La Guemara demande : Mais s’ils avaient une base solide pour leur comportement, pourquoi étaient-ils inquiets ? La Guemara répond qu’on peut réfuter cette inférence a fortiori comme suit : Là-bas, lors de la dédicace du Tabernacle, le Chabbat n’a été profané que pour les nécessités du service du Temple envers Dieu d’en Haut, c’est-à-dire par l’offrande de sacrifices. Ici, lors de la dédicace du Temple, ils ont profané Yom Kippour en mangeant et en buvant, ce qui était pour le besoin de simples mortels. Sur la base de cette distinction, la Guemara suggère : Ici aussi, lors de la dédicace du Temple, ils auraient dû accomplir les rites des offrandes sacrificielles et ils n’auraient pas dû manger ni boire. La Guemara répond : Il n’y a pas de joie complète sans manger et boire.
וּמִשְׁכָּן דְּדָחֵי שַׁבָּת מְנָלַן? אִילֵּימָא מִדִּכְתִיב: ״בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן, וּבַיּוֹם הַשְּׁבִיעִי״, דִּלְמָא שְׁבִיעִי לְקׇרְבָּנוֹת! אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק, אָמַר קְרָא: ״בְּיוֹם עַשְׁתֵּי עָשָׂר יוֹם״. מָה יוֹם כּוּלּוֹ רָצוּף, אַף עַשְׁתֵּי עָשָׂר כּוּלָּן רְצוּפִין.
En ce qui concerne la preuve elle-même, la Guemara demande : Et d’où déduisons-nous que les offrandes apportées lors de la dédicace du Tabernacle ont prévalu sur le Chabbat ? Si l’on dit que c’est comme il est écrit au sujet des offrandes apportées par les princes tribaux : « Le premier jour » (Nombres 7:12) et « le septième jour » (Nombres 7:48), ce n’est pas une preuve concluante, car peut-être cela ne renvoie pas au septième jour de la semaine, mais au septième jour des offrandes sacrificielles. Peut-être ont-ils sauté le Chabbat et n’ont-ils pas offert ce jour-là les offrandes liées à la dédicace du Tabernacle. Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Le verset déclare aussi : « Au jour du onzième jour » (Nombres 7:72). La répétition du mot jour indique que, de même qu’un jour est une période continue, de même les onze jours formaient tous une période continue, sans interruption au milieu, même pour le Chabbat.
וְדִלְמָא יָמִים הָרְאוּיִין? כְּתִיב קְרָא אַחֲרִינָא: ״בְּיוֹם שְׁנֵים עָשָׂר יוֹם״. מָה יוֹם כּוּלּוֹ רָצוּף, אַף שְׁנֵים עָשָׂר יוֹם כּוּלָּן רְצוּפִין.
La Guemara demande : Mais peut-être cela ne se réfère-t-il qu’à des jours qui conviennent aux offrandes d’un particulier, c’est-à-dire que les offrandes furent sacrifiées pendant onze jours consécutifs qui convenaient au sacrifice des offrandes d’un particulier, mais non pendant Chabbat. La Guemara répond : Dans un autre verset, il est écrit : « Le jour du douzième jour » (Nombres 7:78), ce qui indique que, de même qu’un jour est entièrement une période continue de temps, de même les douze jours furent tous une période continue de temps.
וְדִלְמָא הָכָא נָמֵי יָמִים הָרְאוּיִין! אִם כֵּן, תְּרֵי קְרָאֵי לְמָה לִי?
La Guemara demande de nouveau : Mais peut-être ici aussi cela fait-il référence à des jours qui sont aptes au sacrifice des offrandes d’un particulier ? La Guemara rejette cette opinion : Si c’est le cas, pourquoi ai-je besoin de deux versets, le verset concernant le onzième jour et le verset concernant le douzième jour, pour enseigner le même principe ? Le fait que la Torah emploie une formulation répétitive dans les deux versets indique que tous les jours se suivaient, sans interruption pour le Chabbat.
וּמִקְדָּשׁ דְּדוֹחֶה יוֹם הַכִּפּוּרִים, מְנָלַן? אִילֵּימָא מִדִּכְתִיב: ״אַרְבָּעָה עָשָׂר יוֹם״, וְדִלְמָא יָמִים הָרְאוּיִין! גָּמַר ״יוֹם״ ״יוֹם״ מֵהָתָם.
La Guemara demande : Et d’où déduisons-nous que le festin au moment de la dédicace du Temple l’emporte sur Yom Kippour, de sorte que le peuple n’avait pas besoin de jeûner ? Si nous disons que cela est dérivé de ce qui est écrit : Quatorze jours, peut-être que cela fait référence à des jours appropriés au festin, à l’exclusion de Yom Kippour. La Guemara répond : Cela est dérivé au moyen d’une analogie verbale entre le mot « jour » mentionné dans ce contexte et le mot « jour » mentionné là-bas, au sujet de la dédicace du Tabernacle. De même que là-bas les jours étaient consécutifs, sans interruption pour le Chabbat, de même ici les jours étaient consécutifs, sans interruption pour Yom Kippour.
יָצְתָה בַּת קוֹל וְאָמְרָה לָהֶם: כּוּלְּכֶם מְזוּמָּנִין לְחַיֵּי הָעוֹלָם הַבָּא. וּמְנָלַן דְּאַחֵיל לְהוּ? דְּתָנֵי תַּחְלִיפָא: ״בַּיּוֹם הַשְּׁמִינִי שִׁלַּח אֶת הָעָם וַיְבָרְכוּ אֶת הַמֶּלֶךְ וַיֵּלְכוּ לְאׇהֳלֵיהֶם שְׂמֵחִים וְטוֹבֵי לֵב עַל כׇּל הַטּוֹבָה אֲשֶׁר עָשָׂה ה׳ לְדָוִד עַבְדּוֹ וּלְיִשְׂרָאֵל עַמּוֹ״.
Il a été déclaré ci-dessus qu’une Voix divine se fit entendre et leur dit : Vous êtes tous destinés à la vie dans le Monde à venir. La Guemara demande : Et d’où déduisons-nous que Dieu leur a pardonné ce péché ? La Guemara répond : Le Sage Taḥlifa a enseigné dans une baraita que le verset déclare : « Le huitième jour, il renvoya le peuple, et ils bénirent le roi, et allèrent à leurs tentes, joyeux et le cœur content pour tout le bien que le Seigneur avait fait à David, Son serviteur, et à Israël, Son peuple » (I Rois 8:66).
״לְאׇהֳלֵיהֶם״ — שֶׁהָלְכוּ וּמָצְאוּ נָשֵׁיהֶם בְּטָהֳרָה, ״שְׂמֵחִים״ — שֶׁנֶּהֱנוּ מִזִּיו הַשְּׁכִינָה, ״וְטוֹבֵי לֵב״ — שֶׁכׇּל אֶחָד וְאֶחָד נִתְעַבְּרָה אִשְׁתּוֹ בְּבֵן זָכָר, ״עַל כׇּל הַטּוֹבָה״ — שֶׁיָּצְתָה בַּת קוֹל וְאָמְרָה לָהֶם: כּוּלְּכֶם מְזוּמָּנִין לְחַיֵּי הָעוֹלָם הַבָּא.
Ce verset peut être expliqué comme suit : Les mots « vers leurs tentes » indiquent qu’ils allèrent et trouvèrent leurs femmes dans un état de pureté, car les termes tente et maison désignent souvent l’épouse d’une personne. Le terme « joyeux » renvoie au fait qu’ils avaient joui de la splendeur de la Présence divine, car il y eut une révélation de la Présence divine lorsque les offrandes furent sacrifiées dans le Temple. L’expression « et le cœur joyeux » renvoie au fait que chacune de leurs femmes conçut un enfant mâle. Les mots « pour toute la bonté » indiquent qu’une Voix divine se fit entendre et leur dit : Vous êtes tous destinés à la vie dans le Monde à venir, qui est le bien ultime.
״לְדָוִד עַבְדּוֹ וּלְיִשְׂרָאֵל עַמּוֹ״. בִּשְׁלָמָא ״לְיִשְׂרָאֵל עַמּוֹ״ — דְּאַחֵיל לְהוּ עֲוֹן יוֹם הַכִּפּוּרִים, אֶלָּא ״לְדָוִד עַבְדּוֹ״ מַאי הִיא?
Le verset susmentionné déclarait : « Pour toute la bonté que le Seigneur avait faite pour David Son serviteur et pour Israël Son peuple. » La Guemara demande : Soit, lorsque le verset mentionne la bonté que Dieu a faite pour Israël Son peuple, cela fait référence au fait qu’Il leur a pardonné le péché d’avoir mangé à Yom Kippour cette année-là ; mais quelle est la bonté que Dieu a accomplie pour David Son serviteur ?
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: בְּשָׁעָה שֶׁבִּיקֵּשׁ שְׁלֹמֹה לְהַכְנִיס אָרוֹן לַמִּקְדָּשׁ דָּבְקוּ שְׁעָרִים זֶה לָזֶה. אָמַר שְׁלֹמֹה עֶשְׂרִים וְאַרְבַּע רְנָנוֹת וְלֹא נַעֲנָה, פָּתַח וְאָמַר ״שְׂאוּ שְׁעָרִים רָאשֵׁיכֶם וְגוֹ׳״ וְלֹא נַעֲנָה,
Rav Yehuda a dit que Rav a dit : Lorsque Salomon chercha à faire entrer l’Arche dans le Temple, les portes se collèrent l’une à l’autre et ne purent pas être ouvertes. Salomon prononça vingt-quatre chants de louange, et sa prière ne fut pas exaucée. Il commença et dit : « Élevez vos têtes, ô portes, et élevez-vous, portes éternelles ; et le Roi de gloire entrera » (Psaumes 24:7), mais une fois encore sa prière ne fut pas exaucée, et les portes du Temple restèrent fermées.
כֵּיוָן שֶׁאָמַר ״ה׳ אֱלֹהִים אַל תָּשֵׁב פְּנֵי מְשִׁיחֶךָ זׇכְרָה לְחַסְדֵי דָּוִד עַבְדֶּךָ״ — מִיָּד נַעֲנָה. בְּאוֹתָהּ שָׁעָה נֶהְפְּכוּ פְּנֵי שׂוֹנְאֵי דָוִד כְּשׁוּלֵי קְדֵירָה, וְיָדְעוּ הַכֹּל שֶׁמָּחַל לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא עַל אוֹתוֹ עָוֹן.
Alors il dit : « Maintenant donc, lève-toi, ô Seigneur Dieu, vers ton lieu de repos, toi et l’Arche de ta force ; que tes prêtres, ô Seigneur Dieu, soient revêtus de victoire, et que tes pieux se réjouissent dans la bonté. Ô Seigneur Dieu, ne détourne pas la face de ton oint ; souviens-toi de l’amour fidèle de David, ton serviteur » (II Chroniques 6:41–42), et il fut immédiatement exaucé. À cet instant, les visages des ennemis de David devinrent sombres comme le fond calciné d’un pot, et tous surent que le Saint, Béni soit-Il, lui avait pardonné ce péché impliquant Bethsabée, car ils virent que ce n’était que par son mérite que les portes du Temple s’ouvrirent.
רַבִּי יוֹנָתָן בֶּן עַסְמַיי וְרַבִּי יְהוּדָה בֶּן גֵּרִים תָּנוּ פָּרָשַׁת נְדָרִים בֵּי רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי, אִיפְּטוּר מִינֵּיהּ בְּאוּרְתָּא. לְצַפְרָא הֲדוּר וְקָא מִפַּטְרִי מִינֵּיהּ. אֲמַר לְהוּ: וְלָאו אִיפַּטְרִיתוּ מִינַּי בְּאוּרְתָּא?
La Guemara raconte que Rabbi Yonatan ben Asmai et Rabbi Yehouda, fils de convertis, étudièrent la section traitant des serments dans la maison d’étude de Rabbi Shimon ben Yoḥai. Après avoir terminé leurs études, les disciples prirent congé de leur maître dans la soirée, mais ne quittèrent pas encore la ville. Le matin, ils revinrent et prirent congé de lui une seconde fois. Il leur dit : Ne vous êtes-vous pas déjà séparés de moi hier dans la soirée ?
אֲמַרוּ לֵיהּ: לִמַּדְתָּנוּ רַבֵּינוּ תַּלְמִיד שֶׁנִּפְטָר מֵרַבּוֹ וְלָן בְּאוֹתָהּ הָעִיר, צָרִיךְ לִיפָּטֵר מִמֶּנּוּ פַּעַם אַחֶרֶת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בַּיּוֹם הַשְּׁמִינִי שִׁלַּח אֶת הָעָם וַיְבָרֲכוּ אֶת הַמֶּלֶךְ״, וּכְתִיב: ״וּבְיוֹם עֶשְׂרִים וּשְׁלֹשָׁה לַחֹדֶשׁ הַשְּׁבִיעִי שִׁלַּח אֶת הָעָם״!
Ils lui dirent : Tu nous as enseigné, notre maître, qu’un disciple qui prend congé de son maître et puis passe la nuit dans la même ville doit prendre congé de lui une fois supplémentaire, comme il est dit à la conclusion de la dédicace du Temple : « Le huitième jour, il renvoya le peuple, et ils bénirent le roi » (I Rois 8:66), et ailleurs il est écrit : « Et le vingt-troisième jour du septième mois, il renvoya le peuple » (II Chroniques 7:10). Le huitième jour dans le verset fait référence à Chemini Atséret, le vingt-deuxième jour du mois de Tishri, et pourtant il est dit qu’il renvoya le peuple le lendemain, le vingt-troisième du mois.
אֶלָּא, מִכָּאן לְתַלְמִיד הַנִּפְטָר מֵרַבּוֹ וְלָן בְּאוֹתָהּ הָעִיר, צָרִיךְ לִיפָּטֵר מִמֶּנּוּ פַּעַם אַחֶרֶת.
Au contraire, on peut déduire d’ici qu’un disciple qui prend congé de son maître et ensuite passe la nuit dans la même ville doit prendre congé de lui une fois de plus, tout comme le peuple juif prit congé de Salomon une fois de plus le lendemain de la Fête, le vingt-trois Tichri.
אֲמַר לֵיהּ לִבְרֵיהּ: בְּנֵי אָדָם הַלָּלוּ אֲנָשִׁים שֶׁל צוּרָה הֵם, זִיל גַּבֵּיהוֹן דְּלִיבָרְכוּךְ. אֲזַל, אַשְׁכְּחִינְהוּ דְּקָא רָמוּ קְרָאֵי אַהֲדָדֵי. כְּתִיב: ״פַּלֵּס מַעְגַּל רַגְלֶךָ וְכׇל דְּרָכֶיךָ יִכּוֹנוּ״, וּכְתִיב: ״אוֹרַח חַיִּים פֶּן תְּפַלֵּס״.
Rabbi Shimon ben Yoḥai dit à son fils : Ces deux hommes, Rabbi Yonatan ben Asmai et Rabbi Yehouda, fils de convertis, sont des hommes de noble forme [tzura], c’est-à-dire des individus sages et érudits ; va vers eux afin qu’ils te bénissent. Il y alla et les trouva plongés dans une discussion approfondie, soulevant d’apparentes contradictions entre des versets comme suit : Il est écrit : « Aplanis le sentier de tes pieds, et que toutes tes voies soient affermies » (Proverbes 4:26), ce qui indique que, lorsqu’une personne a l’occasion d’accomplir plus d’une mitsva, elle doit évaluer laquelle est la plus importante. Et ailleurs il est écrit : « De peur que tu n’aplanisses le sentier de la vie, » (Proverbes 5:6), ce qui indique qu’il faut accomplir chaque mitsva à mesure que l’occasion se présente, sans considérer son importance relative.
לָא קַשְׁיָא: כָּאן בְּמִצְוָה שֶׁאֶפְשָׁר לַעֲשׂוֹתָהּ עַל יְדֵי אֲחֵרִים,
Ils ont expliqué que ce n’est pas difficile : ici, dans le premier verset cité ci-dessus, il est question de une mitsva qui peut être accomplie par d’autres, et par conséquent, une personne doit considérer ce qu’il est le plus utile qu’elle accomplisse elle-même et ce qu’elle laissera aux autres.