אֲבָל חֲמָרָא דְרִיחְיָא — לָא.
Cependant, en ce qui concerne les sabots d’un âne qui fait tourner les meules, non, ils ne peuvent pas être taillés. Cela est inutile pendant les jours intermédiaires d’une Fête, car on ne peut moudre que le grain dont on a besoin pour l’utiliser pendant la Fête elle-même, et l’âne peut accomplir cette tâche même si ses sabots ne sont pas taillés.
רַב יְהוּדָה שְׁרֵי לְמִישְׁקַל טוּפְרֵיהּ לַחֲמָרָא דְרִיחְיָא, וּלְאוֹקוֹמֵי רִיחְיָא, וּלְמִיבְנֵי רִיחְיָא, וּלְמִיבְנֵי אַמַּת רִיחְיָא, וּלְמִיבְנֵי אוּרְיָא. רָבָא שְׁרָא לְסָרוֹקֵי סוּסְיָא, וּלְמִיבְנֵי אַקְרָפִיטָא, וּלְמִיבְנֵי אִיצְטְבָא.
Rav Yehuda permet de tailler les sabots de l’âne qui fait tourner un moulin, de remettre en place les pierres du moulin, de construire la base du moulin, d’aménager un canal pour acheminer l’eau qui fait fonctionner un moulin, et de construire une écurie pour les chevaux pendant les jours intermédiaires d’une fête. Rava a permis de panser un cheval, de construire une mangeoire et de construire un banc pendant les jours intermédiaires d’une fête.
רָבָא שְׁרָא לְמִישְׁקַל דְּמָא לִבְהֵמָה בְּחוּלָּא דְּמוֹעֲדָא. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי, תַּנְיָא דִּמְסַיַּיע לָךְ: מַקִּיזִין דָּם לַבְּהֵמָה, וְאֵין מוֹנְעִין רְפוּאָה לַבְּהֵמָה בְּחוּלּוֹ שֶׁל מוֹעֵד.
Rava a également permis de saigner un animal à des fins médicales pendant les jours intermédiaires d’une fête. Abaye lui dit : Une baraita enseigne un soutien à ton avis : On peut saigner un animal, et on ne refuse aucun traitement médical à un animal pendant les jours intermédiaires d’une fête.
רָבָא שְׁרָא לְכַסְכּוֹסֵי קִירְמֵי. מַאי טַעְמָא — מַעֲשֵׂה הֶדְיוֹט הוּא. אָמַר רַב יִצְחָק בַּר אַמֵּי אֲמַר רַב חִסְדָּא: קִיטּוּרֵי בֵירֵי — אֲסִיר. מַאי טַעְמָא — מַעֲשֵׂה אוּמָּן הוּא.
Rava a en outre permis de frotter les vêtements dans le cadre du processus de lessive. Quelle en est la raison ? C’est un travail de profane et non un travail d’artisan, lequel est interdit pendant les jours intermédiaires d’une fête. Rav Yitzḥak bar Ami a dit que Rav Ḥisda a dit : Attacher les manches pour créer des plis est interdit. Quelle en est la raison ? C’est un travail d’artisan et est par conséquent interdit pendant les jours intermédiaires d’une fête.
אָמַר רָבָא: מַאן דִּמְתַקֵּיל אַרְעָא אַדַּעְתָּא דְּבֵי דָרֵי — שְׁרֵי, אַדַּעְתָּא דְאַרְעָא — אֲסִיר.
§ Rava a dit : En ce qui concerne celui qui dégage le sol pendant les jours intermédiaires d’une fête, la distinction suivante s’applique : si son intention est de préparer une aire de battage, cela est permis, mais si son intention est de préparer le sol pour les semailles, cela est interdit.
הֵיכִי דָּמֵי? — מוּלְיָא בְּמוּלְיָא וְנַצָּא בְּנַצָּא — אַדַּעְתָּא דְבֵי דָרֵי, שְׁקַל מוּלְיָא וּשְׁדָא בְּנַצָּא — אַדַּעְתָּא דְאַרְעָא.
La Guemara demande : Quelles sont les circonstances de chaque cas ? La Guemara explique : S’il jette de la terre d’un monticule [mulya] sur un autre monticule, ou d’un sillon dans un autre sillon [natza], il est clair qu’il fait cela dans l’intention de préparer une aire de battage, car son seul intérêt est la zone plane au milieu et non le sol qui l’entoure. Cependant, si il prend de la terre d’un monticule et la jette dans un sillon, il le fait vraisemblablement dans l’intention de préparer le sol pour les semailles, ce qui est interdit pendant les jours intermédiaires d’une Fête en raison de sa ressemblance avec le travail interdit du labour.
וְאָמַר רָבָא: הַאי מַאן דְּזָכֵי זִיכֵי, אַדַּעְתָּא דְצִיבֵי — שְׁרֵי, אַדַּעְתָּא דְאַרְעָא — אֲסִיר. הֵיכִי דָּמֵי? שָׁקֵיל רַבְרְבֵי וְשָׁבֵיק זוּטְרֵי — אַדַּעְתָּא דְצִיבֵי, שְׁקַל רַבְרְבֵי וְזוּטְרֵי — אַדַּעְתָּא דְאַרְעָא.
Et Rava dit : En ce qui concerne celui qui débarrasse son champ de brindilles pendant les jours intermédiaires d’une fête, la distinction suivante s’applique : si son intention est d’utiliser les brindilles, cela est permis, mais si son intention est de préparer le sol pour les semailles, cela est interdit. La Guemara demande : Quelles sont les circonstances de chaque cas ? La Guemara explique : s’il prend les grandes brindilles et laisse les petites, il est clair qu’il fait cela dans l’intention d’utiliser les brindilles. Mais s’il prend à la fois les grandes brindilles et les petites, il semble alors qu’il le fasse dans l’intention de préparer le sol, et cela est interdit.
וְאָמַר רָבָא: הַאי מַאן דְּפָתַח מַיָּא לְאַרְעֵיהּ, אַדַּעְתָּא דִכְווֹרֵי — שְׁרֵי, אַדַּעְתָּא דְאַרְעָא — אֲסִיר.
Et Rava a en outre dit : En ce qui concerne celui qui ouvre les portes d’un canal d’eau passant à travers sa terre pendant les jours intermédiaires d’une fête, la distinction suivante s’applique : Si son intention est d’attraper les poissons qui viennent avec l’eau, cela est permis, mais si son intention est d’arroser la terre, cela est interdit.
הֵיכִי דָּמֵי? פָּתַח תְּרֵי בָבֵי, חַד מֵעִילַּאי וְחַד מִתַּתַּאי — אַדַּעְתָּא דִכְווֹרֵי, פְּתַח חַד בָּבָא — אַדַּעְתָּא דְאַרְעָא.
La Guemara demande : Quelles sont les circonstances de chaque cas ? La Guemara explique : S’il ouvre deux portes dans le canal d’eau, une au-dessus de son champ et une au-dessous, de sorte que l’eau qui entre ressorte aussi, il est clair qu’il fait cela dans l’intention de capturer des poissons, car l’eau s’écoulera et seuls les poissons resteront dans les creux de son champ. Mais s’il ouvre seulement une porte, on présume qu’il fait cela dans l’intention de irriguer la terre, car il est évident qu’il veut que le canal se remplisse et que l’eau déborde dans le champ.
וְאָמַר רָבָא: הַאי מַאן דְּפָשַׁח דִּיקְלָא, אַדַּעְתָּא דְחֵיוָתָא — שְׁרֵי, אַדַּעְתָּא דְּדִיקְלָא — אֲסִיר. הֵיכִי דָּמֵי? שָׁקֵיל כּוּלֵּיהּ מֵחַד גִּיסָא — אַדַּעְתָּא דְחֵיוָתָא, מֵהַאי גִּיסָא וּמֵהַאי גִּיסָא — אַדַּעְתָּא דְּדִיקְלָא וַאֲסִיר.
Et Rava a aussi dit : En ce qui concerne celui qui coupe les branches de son palmier-dattier pendant les jours intermédiaires d’une fête, la distinction suivante s’applique : s’il fait cela dans l’intention de nourrir ses animaux, cela est permis, mais s’il le fait dans l’intention de favoriser la croissance de son palmier-dattier, cela est interdit. La Guemara demande : Quelles sont les circonstances de chaque cas ? La Guemara explique : S’il prend toutes les branches d’un côté de l’arbre, il fait cela dans l’intention de donner les branches à manger à ses animaux, car il est évident qu’il ne se soucie pas du dommage causé au palmier-dattier. Cependant, s’il prend les branches de ce côté-ci de l’arbre et aussi de l’autre côté, il semble alors qu’il le fasse dans l’intention de favoriser la croissance du palmier-dattier, et cela est interdit.
וְאָמַר רָבָא: הָנֵי תַּמְרֵי תוּחְלָנִי, מִיגְזְרִינְהוּ — שְׁרֵי, מַיְיצִינְהוּ — אֲסִיר. רַב פָּפָּא אָמַר: כֵּיוָן דְּמַתְלְעִי — כִּפְרַקְמַטְיָא הָאָבֵד דָּמֵי, וְשָׁרֵי.
Et Rava dit encore : En ce qui concerne ces dattes non mûres, les couper en morceaux afin de les rendre propres à la consommation est permis pendant les jours intermédiaires d’une fête, mais les conserver est interdit, car elles ne seront prêtes à l’usage qu’après la fête. Rav Pappa dit : Puisqu’elles risquent d’être infestées de vers si l’on n’en prend pas soin correctement, elles sont considérées comme une marchandise qui sera perdue, et il est permis de les conserver pendant les jours intermédiaires d’une fête.
וְאָמַר רָבָא: פְּרַקְמַטְיָא כָּל שֶׁהוּא, אָסוּר. אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בַּר אָבִין: וּבַדָּבָר הָאָבֵד — מוּתָּר. רָבִינָא הֲוָה לֵיהּ הָהוּא עִיסְקָא דַּהֲוָה מִזְדַּבַּן בְּשִׁיתָּא אַלְפֵי, שַׁהֲיֵיהּ לְזַבּוֹנֵיהּ בָּתַר חוּלָּא דְמוֹעֲדָא וְזַבְּנֵיהּ בִּתְרֵיסַר אַלְפֵי.
§ Et Rava a également dit : Tout commerce est interdit pendant les jours intermédiaires d’une fête. Rabbi Yosei bar Avin a dit : Mais, en ce qui concerne une affaire qui, si elle est laissée sans surveillance, entraînera une perte importante, cela est permis. La Guemara raconte que Ravina avait un jour une entreprise commerciale commune qui aurait pu être vendue pour six mille dinars, mais il a retardé sa vente jusqu’après les jours intermédiaires d’une fête, et il l’a vendue alors pour douze mille dinars.
רָבִינָא הֲוָה מַסֵּיק זוּזֵי בִּבְנֵי אַקְרָא דְשַׁנְוָאתָא, אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַב אָשֵׁי, אֲמַר לֵיהּ: מַהוּ לְמֵיזַל הָאִידָּנָא עֲלַיְיהוּ? אֲמַר לֵיהּ: כֵּיוָן דְּהָאִידָּנָא הוּא דְּמַשְׁכַּחַתְּ לְהוּ, בְּיוֹמֵי אַחֲרִינֵי לָא מַשְׁכַּחַתְּ לְהוּ — כִּפְרַקְמַטְיָא הָאָבֵד דָּמֵי, וְשָׁרֵי.
Il est en outre rapporté que Ravina avait prêté de l’argent aux habitants de la forteresse de Shanvata. Il se présenta devant Rav Ashi et lui dit : Quelle est la halakha concernant le fait d’aller les voir maintenant, pendant les jours intermédiaires de la fête, pour recouvrer ma dette ? Rav Ashi lui dit : Puisque c’est maintenant que tu les trouveras, tandis que les autres jours tu ne les trouveras pas, car au cours de l’année ces gens voyageaient d’un endroit à l’autre pour gagner leur vie, cela est considéré comme une marchandise qui serait perdue, et c’est donc permis.
תַּנְיָא נָמֵי גַּבֵּי עֲבוֹדָה זָרָה כִּי הַאי גַוְונָא: הוֹלְכִין
La Guemara ajoute : De même, il est enseigné dans une baraita au sujet de l’idolâtrie comme dans ce cas : On peut aller