שֶׁבִּיטּוּלָהּ שֶׁל תּוֹרָה זֶהוּ יִסּוּדָהּ, דִּכְתִיב: ״אֲשֶׁר שִׁבַּרְתָּ״, אָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְמֹשֶׁה: יִישַׁר כֹּחֲךָ שֶׁשִּׁבַּרְתָּ.
L’apparente abandon de l’étude de la Torah en est le fondement, par exemple, si l’on interrompt son étude afin de participer à des funérailles ou à un cortège nuptial. Cela est tiré d’un verset, comme il est écrit : « Et le Seigneur dit à Moïse : Taille pour toi deux tables de pierre comme les premières, et J’écrirai sur les tables les paroles qui étaient sur les premières tables, que [asher] tu as brisées » (Exode 34:1). Le mot « asher » fait allusion au fait que le Saint, béni soit-Il, dit à Moïse : Ta force est juste [yishar koḥakha] en les ayant brisées, car le bris des premières tables a conduit au fondement de la Torah par le don des secondes tables.
וְאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: תַּלְמִיד חָכָם שֶׁסָּרַח, אֵין מְבַזִּין אוֹתוֹ בְּפַרְהֶסְיָא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְכָשַׁלְתָּ הַיּוֹם וְכָשַׁל גַּם נָבִיא עִמְּךָ לָיְלָה״ – כַּסֵּהוּ כַּלַּיְלָה.
Et Reish Lakish dit : En ce qui concerne un érudit de la Torah qui a péché, on ne le déshonore pas en public, comme il est dit : « C’est pourquoi tu trébucheras de jour, et le prophète aussi trébuchera avec toi de nuit » (Osée 4:5). On peut déduire du verset que si un prophète ou tout autre érudit de la Torah trébuche et pèche, il faut dissimuler sa faute comme la nuit et ne pas le punir en public.
וְאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: כׇּל הַמְשַׁכֵּחַ דָּבָר אֶחָד מִתַּלְמוּדוֹ עוֹבֵר בְּלָאו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הִשָּׁמֶר לְךָ וּשְׁמֹר נַפְשְׁךָ מְאֹד פֶּן תִּשְׁכַּח אֶת הַדְּבָרִים״, וְכִדְרַבִּי אָבִין אָמַר רַבִּי אִילְעָא, דְּאָמַר רַבִּי אָבִין אָמַר רַבִּי אִילְעָא: כׇּל מָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר ״הִשָּׁמֶר״, ״פֶּן״, וְ״אַל״ – אֵינוֹ אֶלָּא לֹא תַעֲשֶׂה.
Et Reish Lakish dit : Quiconque se fait oublier ne serait-ce que d’une seule chose de son étude transgresse une interdiction, comme il est dit au sujet de la réception de la Torah au mont Sinaï : « Seulement prends garde à toi-même et garde soigneusement ton âme, de peur que tu n’oublies les choses que tes yeux ont vues, et de peur qu’elles ne s’éloignent de ton cœur tous les jours de ta vie ; mais tu les feras connaître à tes enfants et aux enfants de tes enfants » (Deutéronome 4:9). Et cela est conforme à le principe selon lequel Rabbi Avin dit que Rabbi Ile’a dit, comme Rabbi Avin dit que Rabbi Ile’a dit : Partout où il est dit : Prends garde, ou : De peur que, ou : Ne… pas, ce n’est rien d’autre qu’une interdiction.
רָבִינָא אָמַר: ״הִשָּׁמֶר״ וּ״פֶן״ שְׁנֵי לָאוִין נִינְהוּ. רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר: בִּשְׁלֹשָׁה לָאוִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הִשָּׁמֶר לְךָ וּשְׁמֹר נַפְשְׁךָ מְאֹד פֶּן תִּשְׁכַּח אֶת הַדְּבָרִים״.
Ravina dit : Celui qui oublie son étude transgresse deux interdictions, car le verset emploie à la fois le terme « prends garde » et le terme « de peur que », et ce sont deux interdictions. Rav Naḥman bar Yitzḥak dit : Il transgresse trois interdictions, comme il est dit : « Seulement prends garde à toi-même et garde soigneusement ton âme, de peur que tu n’oublies les choses que tes yeux ont vues. » L’expression « garde ton âme » dérive de la même racine que « prends garde » et est considérée comme une interdiction supplémentaire.
יָכוֹל אֲפִילּוּ מֵחֲמַת אוֹנְסוֹ? תַּלְמוּד לוֹמַר ״וּפֶן יָסוּרוּ מִלְּבָבְךָ״ – בִּמְסִירָם מִלִּבּוֹ הַכָּתוּב מְדַבֵּר. רַבִּי דּוֹסְתַּאי בְּרַבִּי יַנַּאי אָמַר: יָכוֹל אֲפִילּוּ תָּקְפָה עָלָיו מִשְׁנָתוֹ? תַּלְמוּד לוֹמַר ״רַק״.
La Guemara nuance cette déclaration : On aurait pu penser que cela s’applique même à celui qui a oublié sa connaissance de la Torah en raison de circonstances indépendantes de sa volonté. Par conséquent, le verset déclare : « De peur qu’elles ne s’éloignent de ton cœur. » Cela indique que le verset parle de celui qui les fait volontairement s’éloigner de son cœur. Rabbi Dostaï, fils de Rabbi Yannai, dit : On aurait pu penser que cela s’applique même si ses études étaient trop difficiles pour lui à retenir. Par conséquent, le verset déclare : « Seulement, » ce qui exclut celui qui est incapable de se rappeler ses études.
רַבִּי יוֹחָנָן וְרַבִּי אֶלְעָזָר דְאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: תּוֹרָה נִיתְּנָה בְּאַרְבָּעִים, וּנְשָׁמָה נוֹצְרָה בְּאַרְבָּעִים. כׇּל הַמְשַׁמֵּר תּוֹרָתוֹ – נִשְׁמָתוֹ מִשְׁתַּמֶּרֶת, וְכֹל שֶׁאֵינוֹ מְשַׁמֵּר אֶת הַתּוֹרָה – אֵין נִשְׁמָתוֹ מִשְׁתַּמֶּרֶת.
Rabbi Yoḥanan et Rabbi Elazar disent tous deux : La Torah a été donnée en quarante jours, lorsque Moïse monta au mont Sinaï pour la recevoir, et, de même, l’âme de l’homme est formée en quarante jours, car la formation du fœtus dans le ventre prend quarante jours à partir du moment de la conception. Cela enseigne que quiconque préserve sa Torah d’étude, son âme est également préservée, et quiconque ne préserve pas sa Torah d’étude, son âme n’est pas préservée non plus.
תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: מָשָׁל לְאָדָם שֶׁמָּסַר צִפּוֹר דְּרוֹר לְעַבְדּוֹ, אָמַר: כִּמְדוּמֶּה אַתָּה שֶׁאִם אַתָּה מְאַבְּדָהּ שֶׁאֲנִי נוֹטֵל מִמְּךָ אִיסָּר בְּדָמֶיהָ? נִשְׁמָתְךָ אֲנִי נוֹטֵל מִמְּךָ!
L’école de Rabbi Yishmael enseigna : Cela peut être illustré par une parabole, car cela est comparable à une personne qui remit un moineau à son esclave pour qu’il le garde, et lui dit : Penses-tu que, si tu le perds, je prendrai de toi un issar, une petite pièce, qui est la valeur de l’oiseau ? Il n’en est pas ainsi ; je prendrai ton âme en punition, c’est-à-dire que je te tuerai. De même, celui qui ne préserve pas la Torah qui lui a été confiée sera sévèrement puni.
מַתְנִי׳ שְׁנֵי שׁוּלְחָנוֹת הָיוּ בָּאוּלָם מִבִּפְנִים, עַל פֶּתַח הַבַּיִת, אֶחָד שֶׁל שַׁיִישׁ וְאֶחָד שֶׁל זָהָב. עַל שֶׁל שַׁיִישׁ נוֹתְנִים לֶחֶם הַפָּנִים בִּכְנִיסָתוֹ, וְעַל שֶׁל זָהָב בִּיצִיאָתוֹ.
MICHNA :Il y avait deux tables dans le Hall d’entrée, à l’intérieur du Hall d’entrée, près de l’entrée du Temple, c’est-à-dire près de l’entrée du Sanctuaire. L’une était en marbre et l’autre était en or. Sur la table de marbre, les prêtres placent le nouveau pain de proposition qui a été cuit, avant son entrée dans le Sanctuaire, afin que les pains refroidissent un peu de la chaleur du four et ne s’abîment pas. Et lorsque l’ancien pain de proposition est retiré de la Table du pain de proposition, il est placé sur la table d’or à sa sortie du Sanctuaire, où il reste jusqu’à ce que l’encens soit brûlé sur l’autel.
שֶׁמַּעֲלִין בַּקּוֹדֶשׁ וְלֹא מוֹרִידִין. וְאֶחָד שֶׁל זָהָב מִבִּפְנִים, שֶׁעָלָיו לֶחֶם הַפָּנִים תָּמִיד.
La raison pour laquelle les pains de proposition sont placés sur une table d’or lorsqu’on les retire, plutôt que sur une table de marbre ou d’argent, est qu’on s’élève à un niveau supérieur en matière de sainteté et qu’on ne rabaisse pas. Puisqu’ils sont posés sur la Table d’or des pains de proposition toute la semaine, ils ne peuvent pas être rabaissés sur une table de marbre ou d’argent lorsqu’on les retire. Et il y avait une Table d’or à l’intérieur du Sanctuaire, sur laquelle les pains de proposition se trouvent toujours.
וְאַרְבָּעָה כֹּהֲנִים נִכְנָסִין, שְׁנַיִם בְּיָדָם שְׁנֵי סְדָרִים, וּשְׁנַיִם בְּיָדָם שְׁנֵי בָּזִיכִין, וְאַרְבָּעָה מַקְדִּימִין לִפְנֵיהֶם, שְׁנַיִם לִיטּוֹל שְׁנֵי סְדָרִים, וּשְׁנַיִם לִיטּוֹל שְׁנֵי בָּזִיכִין.
La michna décrit la manière dont on s’assure que le pain de proposition se trouve constamment sur la Table : Et quatre prêtres entrent, deux avec les deux rangées du nouveau pain de proposition dans leurs mains et deux avec les deux bols d’encens dans leurs mains. Et quatre prêtres les précèdent, entrant dans le Sanctuaire avant eux, deux pour prendre les deux rangées de l’ancien pain de proposition de la Table, et deux pour prendre les deux bols d’encens.
הַמַּכְנִיסִים עוֹמְדִים בַּצָּפוֹן, וּפְנֵיהֶם לַדָּרוֹם, וְהַמּוֹצִיאִין עוֹמְדִים בַּדָּרוֹם, וּפְנֵיהֶם בַּצָּפוֹן. אֵלּוּ מוֹשְׁכִין, וְאֵלּוּ מַנִּיחִין, וְטִפְחוֹ שֶׁל זֶה כְּנֶגֶד טִפְחוֹ שֶׁל זֶה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לְפָנַי תָּמִיד״.
Ceux qui apportent les nouveaux pains de proposition dans le Sanctuaire se tiennent au nord, le visage tourné vers le sud, et ceux qui retirent les anciens pains de proposition se tiennent au sud, le visage tourné vers le nord. Ces prêtres retirent les anciens pains de proposition de la Table et ces prêtres placent les nouveaux pains de proposition sur la Table, et pour chaque palme de ce pain de proposition ancien retiré de la Table, une palme de ce nouveau pain de proposition est placée sur la Table, afin que la Table ne soit jamais sans pains dessus, comme il est dit : « Tu placeras sur la Table le pain de proposition devant Moi continuellement” (Exode 25:30).
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: אֲפִילּוּ אֵלּוּ נוֹטְלִין וְאֵלּוּ מַנִּיחִין, אַף הִיא הָיְתָה ״תָּמִיד״.
Rabbi Yosei dit : Même si ces prêtres retiraient entièrement le pain de proposition de la Table, et seulement après ces prêtres plaçaient le nouveau pain de proposition sur la Table, cela aussi satisferait à l’exigence selon laquelle le pain de proposition doit toujours être sur la Table. Il n’est pas nécessaire d’assurer une présence ininterrompue du pain de proposition sur la Table, tant qu’elle ne reste pas une seule nuit sans pain de proposition dessus.
יָצְאוּ וּנְתָנוּם עַל שֻׁלְחָן הַזָּהָב שֶׁהָיָה בָּאוּלָם, הִקְטִירוּ הַבָּזִיכִין, וְהַחַלּוֹת מִתְחַלְּקוֹת לַכֹּהֲנִים.
La michna décrit la manière dont les pains de proposition sont distribués : les prêtres qui portaient les anciens pains de proposition sortaient du Sanctuaire et les plaçaient sur la table d’or qui se trouvait dans le Vestibule. Les prêtres brûlaient ensuite sur l’autel l’encens qui se trouvait dans les coupes. Et les pains étaient ensuite distribués aux prêtres. Cela se produisait pendant le Chabbat, le jour où la garde sacerdotale qui avait servi dans le Temple pendant la semaine précédente était remplacée par la garde sacerdotale qui servirait pendant la semaine suivante. Les pains de proposition étaient distribués aux prêtres des deux gardes.
חָל יוֹם כִּיפּוּרִים לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת, הַחַלּוֹת מִתְחַלְּקוֹת לָעֶרֶב. חָל לִהְיוֹת בְּעֶרֶב שַׁבָּת, שָׂעִיר שֶׁל יוֹם הַכִּפּוּרִים נֶאֱכָל לָעֶרֶב, וְהַבַּבְלִיִּים אוֹכְלִין אוֹתוֹ כְּשֶׁהוּא חַי, מִפְּנֵי שֶׁדַּעְתָּן יָפָה.
Si Yom Kippour tombe pendant le Chabbat, les pains sont distribués la nuit, à la fin du jeûne, puisqu’ils ne peuvent pas être mangés pendant la journée. Si Yom Kippour tombe un vendredi, c’est-à-dire lorsque le jour saint commence le jeudi soir, le bouc de l’offrande expiatoire de Yom Kippour est mangé par les prêtres la nuit, c’est-à-dire le vendredi soir, car il ne peut être mangé que le jour où il est sacrifié ou pendant la nuit suivante, jusqu’à minuit. Et, puisqu’il n’y a aucune possibilité de cuire la viande, car on ne peut cuisiner ni à Yom Kippour ni pendant le Chabbat, les Babyloniens, c’est-à-dire des prêtres qui avaient émigré de Babylonie, la mangent crue, en raison du fait qu’ils sont ouverts d’esprit en ce qui concerne leur nourriture, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas difficiles et mangeront de la viande même lorsqu’elle n’est pas cuite.
גְּמָ׳ תַּנְיָא: רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר, אֲפִילּוּ סִילֵּק אֶת הַיְּשָׁנָה שַׁחֲרִית וְסִידֵּר אֶת הַחֲדָשָׁה עַרְבִית – אֵין בְּכָךְ כְּלוּם, אֶלָּא מָה אֲנִי מְקַיֵּים ״לְפָנַי תָּמִיד״? שֶׁלֹּא יָלִין שֻׁלְחָן בְּלֹא לֶחֶם.
GUEMARA : La michna enseigne que, selon Rabbi Yossei, même si le prêtre retire d’abord entièrement l’ancien pain de proposition, et ne place qu’ensuite le nouveau pain de proposition sur la Table, cela satisfait à l’exigence selon laquelle le pain de proposition doit toujours être sur la Table. De plus, il est enseigné dans une baraita que Rabbi Yossei dit : Même si le prêtre a retiré l’ancien pain de proposition le matin de Chabbat, et a disposé le nouveau pain de proposition vers le soir, il n’y a rien de problématique à cela. Plutôt, comment dois-je comprendre le sens du verset : « Tu placeras sur la Table le pain de proposition devant Moi continuellement » (Exode 25:30) ? Cela signifie que la Table ne doit pas rester toute la nuit sans pain dessus.
אָמַר רַבִּי אַמֵּי: מִדְּבָרָיו שֶׁל רַבִּי יוֹסֵי נִלְמוֹד, אֲפִילּוּ לֹא שָׁנָה אָדָם אֶלָּא פֶּרֶק אֶחָד שַׁחֲרִית וּפֶרֶק אֶחָד עַרְבִית – קִיֵּים מִצְוַת ״לֹא יָמוּשׁ (אֵת) סֵפֶר הַתּוֹרָה הַזֶּה מִפִּיךָ״.
La baraita enseigne que, selon Rabbi Yosei, même si l’ancien pain de proposition est resté sur la Table pendant un court moment le matin, et que le nouveau pain de proposition a été placé sur la Table vers le soir, et bien qu’il n’y soit pas demeuré constamment, cela remplit l’exigence selon laquelle le pain de proposition doit toujours être sur la Table. Rabbi Ami dit : De la déclaration de Rabbi Yosei, nous pouvons apprendre que même si une personne n’a étudié qu’un seul chapitre de la Michna le matin et un chapitre de la Michna le soir, elle a ainsi accompli la mitsva de : « Ce rouleau de la Torah ne quittera pas ta bouche, et tu le méditeras jour et nuit, afin de veiller à agir conformément à tout ce qui y est écrit ; car alors tu rendras tes voies prospères, et alors tu réussiras » (Josué 1:8).
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי: אֲפִילּוּ לֹא קָרָא אָדָם אֶלָּא קְרִיַּת שְׁמַע שַׁחֲרִית וְעַרְבִית – קִיֵּים ״לֹא יָמוּשׁ״, וְדָבָר זֶה אָסוּר לְאוֹמְרוֹ בִּפְנֵי עַמֵּי הָאָרֶץ, וְרָבָא אָמַר: מִצְוָה לְאוֹמְרוֹ בִּפְנֵי עַמֵּי הָאָרֶץ.
Rabbi Yoḥanan dit au nom de Rabbi Shimon ben Yoḥai : Même si une personne n’a récité que la récitation du Shema le matin et le soir, elle a accompli la mitsva de : « Ce rouleau de la Torah ne quittera pas ta bouche. » Et il est interdit d’énoncer cette idée en présence d’ignorants [amei ha’aretz], car ils risquent d’en conclure qu’il n’est pas nécessaire d’étudier la Torah au-delà de cela. Et Rava dit : Au contraire, c’est une mitsva d’énoncer cette idée en présence d’ignorants, car ils comprendront que si le simple fait de réciter le Shema mène à une si grande récompense, à plus forte raison combien grande est la récompense de ceux qui étudient la Torah jour et nuit.
שָׁאַל בֶּן דָּמָה, בֶּן אֲחוֹתוֹ שֶׁל רַבִּי יִשְׁמָעֵאל, אֶת רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: כְּגוֹן אֲנִי, שֶׁלָּמַדְתִּי כׇּל הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ, מַהוּ לִלְמוֹד חׇכְמַת יְוָנִית? קָרָא עָלָיו הַמִּקְרָא הַזֶּה: ״לֹא יָמוּשׁ סֵפֶר הַתּוֹרָה הַזֶּה מִפִּיךָ וְהָגִיתָ בּוֹ יוֹמָם וָלַיְלָה״. צֵא וּבְדוֹק שָׁעָה שֶׁאֵינָהּ לֹא מִן הַיּוֹם וְלֹא מִן הַלַּיְלָה, וּלְמוֹד בָּהּ חׇכְמַת יְוָנִית.
Ben Dama, fils de la sœur de Rabbi Yishmael, demanda à Rabbi Yishmael : Dans le cas de quelqu’un comme moi, qui a appris toute la Torah, quelle est la halakha concernant l’étude de la sagesse grecque ? Rabbi Yishmael cita à son sujet ce verset : « Ce rouleau de la Torah ne quittera pas ta bouche, et tu le méditeras jour et nuit. » Va et cherche une heure qui ne soit ni une partie du jour ni une partie de la nuit, et étudie-y la sagesse grecque.
וּפְלִיגָא דְּרַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי, דְּאָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: פָּסוּק זֶה אֵינוֹ לֹא חוֹבָה וְלֹא מִצְוָה, אֶלָּא בְּרָכָה. רָאָה הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אֶת יְהוֹשֻׁעַ שֶׁדִּבְרֵי תוֹרָה חֲבִיבִים עָלָיו בְּיוֹתֵר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּמְשָׁרְתוֹ יְהוֹשֻׁעַ בִּן נוּן נַעַר לֹא יָמִישׁ מִתּוֹךְ הָאֹהֶל״. אָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: יְהוֹשֻׁעַ, כׇּל כָּךְ חֲבִיבִין עָלֶיךָ דִּבְרֵי תוֹרָה? ״לֹא יָמוּשׁ סֵפֶר הַתּוֹרָה הַזֶּה מִפִּיךָ״.
La Guemara note : Et cette déclaration de Rabbi Yishmaël est en désaccord avec l’opinion de Rabbi Shmuel bar Naḥmani, car Rabbi Shmuel bar Naḥmani dit que Rabbi Yonatan dit : Ce verset n’est ni une obligation ni une mitsva, mais une bénédiction. Rabbi Yonatan explique : Le Saint, béni soit-Il, vit Josué et observa que les paroles de la Torah lui étaient très précieuses, comme il est dit : « Et le Seigneur parlait à Moïse face à face…et son serviteur Josué, fils de Noun, un jeune homme, ne quittait pas la Tente » (Exode 33:11). Le Saint, béni soit-Il, dit à Josué : Josué, les paroles de la Torah te sont-elles si précieuses ? Je te bénis afin que « ce rouleau de la Torah ne quitte pas ta bouche ».
תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: דִּבְרֵי תוֹרָה לֹא יְהוּ עָלֶיךָ חוֹבָה, וְאִי אַתָּה רַשַּׁאי לִפְטוֹר עַצְמְךָ מֵהֶן.
Le tanna de l’école de Rabbi Yishmael enseigne : Les paroles de la Torah ne doivent pas être considérées comme une obligation pesant sur toi, c’est-à-dire qu’on ne doit pas traiter l’étude de la Torah comme un fardeau, mais, en même temps, il ne t’est pas permis de t’en exempter.
אָמַר חִזְקִיָּה: מַאי דִּכְתִיב ״וְאַף הֲסִיתְךָ מִפִּי צָר רַחַב לֹא מוּצָק תַּחְתֶּיהָ״? בּוֹא וּרְאֵה שֶׁלֹּא כְּמִדַּת הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מִדַּת בָּשָׂר וְדָם. מִדַּת בָּשָׂר וָדָם אָדָם מֵסִית אֶת חֲבֵירוֹ מִדַּרְכֵי חַיִּים לְדַרְכֵי מִיתָה, וְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מֵסִית אֶת הָאָדָם מִדַּרְכֵי מִיתָה לְדַרְכֵי חַיִּים, שֶׁנֶּאֱמַר ״וְאַף הֲסִיתְךָ מִפִּי צָר״ מִגֵּיהִנָּם, שֶׁפִּיהָ צָר, שֶׁעֲשָׁנָהּ צָבוּר
Ḥizkiyya dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Il délivre l’affligé par son affliction, et ouvre leur oreille par la tribulation ; et aussi Il t’a attiré hors d’une ouverture étroite vers un lieu spacieux sans limites au-dessous, et ce qui est placé sur ta table est plein de graisse » (Job 36:15–16) ? Viens et vois que l’attribut de la chair et du sang n’est pas comme l’attribut du Saint, béni soit-Il. L’attribut de la chair et du sang est qu’une personne attire une autre des chemins de la vie vers les chemins de la mort, mais le Saint, béni soit-Il, attire la personne des chemins de la mort vers les chemins de la vie, comme il est dit : « Et aussi Il t’a attiré hors d’une ouverture étroite, » c’est-à-dire de la Géhenne, dont l’ouverture est étroite de sorte que sa fumée s’accumule