מִשָּׁלֹשׁ וְעָמְדוּ מֵאַרְבַּע – מְסַפֵּק מֵאַרְבַּע, שֶׁיַּד הֶקְדֵּשׁ עַל הָעֶלְיוֹנָה.
Si quelqu’un s’était engagé à fournir de la fleur de farine à troisséa pour un sela, et que son prix du marché baissait jusqu’à être de quatreséa pour un sela, il doit fournir de la fleur de farine à quatreséa pour un sela. La raison de cette halakha est que le trésor du Temple est avantagé. Dans ce dernier cas, le marchand finit par fournir au Temple une quantité de farine plus grande que celle initialement prévue. Par conséquent, le Temple a plus de farine qu’il n’en a besoin. La quantité supplémentaire est appelée libations excédentaires, et elle est vendue afin d’acheter des offrandes supplémentaires.
תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דְּרַבִּי חִיָּיא בַּר יוֹסֵף, תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן.
La Guemara commente : Il est enseigné dans une baraita conformément à l’opinion de Rabbi Ḥiyya bar Yosef, et il est enseigné dans une autre baraita conformément à l’opinion de Rabbi Yoḥanan.
תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דְּרַבִּי חִיָּיא בַּר יוֹסֵף: בֵּירוּצֵי מִידּוֹת הַלָּלוּ מָה הָיוּ עוֹשִׂין בָּהֶן? אִם יֵשׁ זֶבַח אַחֵר – יַקְרִיבוּ עִמּוֹ, וְאִם לָנוּ – יִפָּסְלוּ בְּלִינָה, וְאִם לָאו – מְקַיְּצִין בָּהֶן אֶת הַמִּזְבֵּחַ, וְקַיִץ זֶה מַהוּ? עוֹלוֹת – הַבָּשָׂר לַשֵּׁם, וְעוֹרוֹת לַכֹּהֲנִים.
La Guemara développe : Il est enseigné dans une baraitaconformément à l’opinion de Rabbi Ḥiyya bar Yosef : Ces surplus des récipients de mesure, qu’en faisait-on ? Ils sont recueillis et, s’il y a une autre offrande à sacrifier ce jour-là, les prêtres sacrifient ce liquide avec elle dans le cadre de ses libations. Et si il n’y a pas d’autre offrande ce jour-là, et qu’au contraire les surplus ont été laissés toute la nuit sans être sacrifiés, ils sont disqualifiés pour avoir été laissés toute la nuit. Et si les surplus n’ont pas été sacrifiés avec une autre offrande et n’ont pas été disqualifiés pour avoir été laissés toute la nuit, ils sont vendus, et le produit de leur vente sert à acheter des animaux afin de compléter les offrandes de l’autel. Et ces offrandes complémentaires, quelle forme prennent-elles ? Ce sont des holocaustes ; leur chair est entièrement brûlée sur l’autel pour Dieu, et les peaux sont données aux prêtres.
תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן: הַמְקַבֵּל עָלָיו לְסַפֵּק סְלָתוֹת מֵאַרְבַּע, וְעָמְדוּ מִשָּׁלֹשׁ – מְסַפֵּק מֵאַרְבַּע. מִשָּׁלֹשׁ וְעָמְדוּ מֵאַרְבַּע – מְסַפֵּק מֵאַרְבַּע, שֶׁיַּד הֶקְדֵּשׁ עַל הָעֶלְיוֹנָה. וְזֶהוּ שֶׁשָּׁנִינוּ: מוֹתַר נְסָכִים לְקֵיץ הַמִּזְבֵּחַ.
Il est enseigné dans une baraitaconformément à l’opinion de Rabbi Yoḥanan : Dans le cas de quelqu’un qui accepte de fournir de la fleur de farine à raison de quatre se’a pour un sela, et que son prix du marché était de trois se’a pour un sela, il est tenu de respecter son engagement et de fournir de la fleur de farine à quatre se’a pour un sela. Si quelqu’un s’est engagé à fournir de la fleur de farine à trois se’a pour un sela, et que son prix du marché a baissé jusqu’à être de quatre se’a pour un sela, il doit fournir de la fleur de farine à quatre se’a pour un sela. La raison de cette halakha est que le trésor du Temple est avantagé. Et c’est à ce dernier cas que nous faisions référence lorsque nous avons appris dans la michna : Les libations excédentaires étaient vendues et le produit servait à acheter des offrandes supplémentaires pour l’autel.
מַתְנִי׳ כׇּל קׇרְבְּנוֹת הַצִּיבּוּר וְהַיָּחִיד טְעוּנִין נְסָכִים, חוּץ מִן הַבְּכוֹר, וְהַמַּעֲשֵׂר, וְהַפֶּסַח, וְהַחַטָּאת, וְהָאָשָׁם. אֶלָּא שֶׁחַטָּאתוֹ שֶׁל מְצוֹרָע וַאֲשָׁמוֹ טְעוּנִין נְסָכִים.
MICHNA :Toutes les offrandes, qu’elles soient communautaires ou individuelles, nécessitent des libations, c’est-à-dire une offrande de farine et une libation de vin, sauf l’offrande du premier-né, l’offrande de la dîme animale, l’offrande de Pessa'h, l’offrande expiatoire et l’offrande de culpabilité, pour lesquelles on n’apporte pas de libations. Mais l’exception à cette exception est que l’offrande expiatoire d’un lépreux et son offrande de culpabilité nécessitent des libations.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן:
GUEMARA :Les Sages ont enseigné une baraita qui déduit chacune des décisions de la michna des versets qui énoncent l’exigence d’accompagner les offrandes animales du sacrifice des libations. La Torah déclare : « Vous offrirez un sacrifice consumé par le feu à l’Éternel, un holocauste ou un sacrifice, pour l’accomplissement d’un vœu explicitement formulé, ou comme offrande volontaire, ou lors de vos Fêtes, afin de produire une odeur agréable à l’Éternel, provenant du gros ou du petit bétail. Et celui qui apporte son offrande à l’Éternel offrira une offrande de farine, un dixième d’épha de fleur de farine mêlée à un quart de hin d’huile ; et du vin pour la libation, un quart de hin, vous l’offrirez avec l’holocauste ou avec le sacrifice, pour l’agneau » (Nombres 15:2–5). La Torah poursuit ensuite en détaillant les quantités de farine, d’huile et de vin pour un bélier et un taureau.
״וַעֲשִׂיתֶם אִשֶּׁה לַה׳״ – יָכוֹל כׇּל הָעוֹלֶה לָאִישִּׁים יְהֵא טָעוּן נְסָכִים, אֲפִילּוּ מִנְחָה? תַּלְמוּד לוֹמַר ״עֹלָה״. שְׁלָמִים מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר ״זֶבַח״. תּוֹדָה מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר ״אוֹ זֶבַח״.
Le verset déclare : « Et vous ferez une offrande consumée par le feu au Seigneur. » En conséquence, on aurait pu penser que toute offrande qui est élevée sur l’autel comme offrande consumée par le feu exigerait que des libations soient apportées avec elle, même une offrande de farine. Le verset déclare ensuite : « Un holocauste, » ce qui enseigne que l’exigence des libations ne s’applique qu’aux holocaustes d’animaux, non aux offrandes de farine. Si tel est le cas, d’où dérive-t-on que une offrande de paix requiert des libations ? Le verset déclare : « Un sacrifice. » D’où dérive-t-on que une offrande de remerciement requiert des libations ? Le verset déclare : « Ou un sacrifice. » Le mot superflu « ou » sert à inclure les offrandes de remerciement.
יָכוֹל שֶׁאֲנִי מְרַבֶּה אַף בְּכוֹר, וּמַעֲשֵׂר, וָפֶסַח, וְחַטָּאת, וְאָשָׁם? תַּלְמוּד לוֹמַר ״לְפַלֵּא נֶדֶר אוֹ בִנְדָבָה״ – בָּא בְּנֶדֶר וּנְדָבָה טָעוּן נְסָכִים, שֶׁאֵינוֹ בָּא בְּנֶדֶר וּנְדָבָה אֵין טָעוּן נְסָכִים.
On aurait pu penser que je devrais inclure même l’offrande du premier-né, l’offrande de la dîme animale, l’offrande pascale, l’offrande expiatoire et l’offrande de culpabilité. Pour réfuter cela, le verset déclare : « En accomplissement d’un vœu clairement énoncé, ou comme don. » Cela enseigne qu’une offrande qui vient en accomplissement d’un vœu ou comme un don requiert des libations, tandis que chacune de ces offrandes, qui ne viennent pas en accomplissement d’un vœu ou comme un don, mais seulement comme offrandes obligatoires, ne requièrent pas de libations.
מַשְׁמַע לְהוֹצִיא אֶת אֵלּוּ, אוֹצִיא אֶת חוֹבוֹת הַבָּאוֹת מֵחֲמַת הָרֶגֶל בָּרֶגֶל, וּמַאי נִינְהוּ? עוֹלוֹת רְאִיָּיה וְשַׁלְמֵי חֲגִיגָה. תַּלְמוּד לוֹמַר ״אוֹ בְּמוֹעֲדֵיכֶם״ – כׇּל הַבָּא בְּמוֹעֲדֵיכֶם טָעוּן נְסָכִים.
La baraita continue : Il a donc été déduit qu’il faut exclure ces offrandes de l’exigence des libations, puisqu’elles sont obligatoires. Peut-être alors vais-je également exclure les offrandes obligatoires qui viennent en raison de la fête de pèlerinage, qui sont sacrifiées pendant la fête de pèlerinage, et quelles sont-elles ? Les holocaustes de comparution au Temple et les offrandes de paix festives, toutes deux apportées lors des trois fêtes de pèlerinage. Pour répondre à cela, le verset déclare : « Ou lors de vos fêtes, » ce qui indique que toute offrande qui vient lors de vos fêtes, même si elle est obligatoire, requiert des libations.
מַשְׁמַע לְהָבִיא אֶת אֵלּוּ, אָבִיא שְׂעִירֵי חַטָּאת, הוֹאִיל וּבָאִין חוֹבָה בָּרֶגֶל? תַּלְמוּד לוֹמַר ״וְכִי תַעֲשֶׂה בֶן בָּקָר״.
Il a donc été déduit qu’il faut inclure même ces offrandes de fête, malgré le fait qu’elles soient obligatoires. Peut-être alors inclurai-je également les offrandes expiatoires de bouc apportées dans le cadre des offrandes additionnelles des fêtes, puisqu’elles viennent comme offrandes obligatoires lors de la fête de pèlerinage. Pour réfuter cela, le verset déclare dans la suite de ce passage : « Et lorsque tu offriras un jeune taureau » en holocauste (Nombres 15:8), puis énonce l’exigence d’apporter avec lui des libations.
בֶּן בָּקָר בַּכְּלָל הָיָה, וְלָמָּה יָצָא? לְהַקִּישׁ אֵלָיו: מָה בֶּן בָּקָר מְיוּחָד בָּא בְּנֶדֶר וּנְדָבָה, אַף כֹּל בָּא בְּנֶדֶר וּנְדָבָה.
Or, l’exigence d’apporter des libations avec un jeune taureau était déjà incluse dans l’exigence générale d’apporter des libations avec toute offrande consumée par le feu, comme cela est indiqué au début de ce passage ; et pourquoi, alors, a-t-elle été mise en avant et mentionnée explicitement ? C’est afin d’assimiler toutes les autres offrandes à lui, enseignant que l’exigence des libations ne s’applique qu’aux offrandes semblables à un jeune taureau : De même qu’un jeune taureau se distingue en ce qu’il peut être apporté en accomplissement d’un vœu ou comme offrande volontaire, de même, toute offrande qui est apportée en accomplissement d’un vœu ou comme offrande volontaire requiert des libations.
״לַעֲשׂוֹת רֵיחַ נִיחֹחַ לַה׳ מִן הַבָּקָר אוֹ מִן הַצֹּאן״, מָה תַּלְמוּד לוֹמַר? לְפִי שֶׁנֶּאֱמַר ״עֹלָה״, שׁוֹמֵעַ אֲנִי אֲפִילּוּ עוֹלַת הָעוֹף בְּמַשְׁמַע, תַּלְמוּד לוֹמַר ״מִן הַבָּקָר אוֹ מִן הַצֹּאן״, דִּבְרֵי רַבִּי יֹאשִׁיָּה.
La baraita continue : Les versets au début du passage déclarent : « Pour produire une odeur agréable au Seigneur, du gros ou du petit bétail. » Que signifie cela lorsque le verset déclare cela ? Puisque dans le verset précédent il est déclaré : « Holocauste », je pourrais déduire que tous les types d’holocaustes nécessitent des libations, et même un oiseau sacrifié en holocauste est inclus. Par conséquent, le verset déclare : « Du gros ou du petit bétail, » ce qui limite l’exigence aux offrandes d’animaux comme les moutons ou le gros bétail, mais non aux offrandes d’oiseaux ; telle est la déclaration de Rabbi Yoshiya.
רַבִּי יוֹנָתָן אוֹמֵר: אֵינוֹ צָרִיךְ, הֲרֵי הוּא אוֹמֵר ״זֶבַח״, וְעוֹף אֵינוֹ זֶבַח. אִם כֵּן, מָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״מִן הַבָּקָר אוֹ מִן הַצֹּאן״? לְפִי שֶׁנֶּאֱמַר ״אָדָם כִּי יַקְרִיב מִכֶּם קׇרְבָּן לַה׳ מִן הַבְּהֵמָה מִן הַבָּקָר וּמִן הַצֹּאן״, יָכוֹל הָאוֹמֵר ״הֲרֵי עָלַי עוֹלָה״ יָבִיא מִשְּׁנֵיהֶם? תַּלְמוּד לוֹמַר ״מִן הַבָּקָר אוֹ מִן הַצֹּאן״ – רָצָה אֶחָד מֵבִיא, רָצָה שְׁנַיִם מֵבִיא.
Rabbi Yonatan dit : Ce verset est superflu, car le verset déclare : « Un sacrifice », et une offrande d’oiseau n’est pas appelée sacrifice. Si tel est le cas, quel est le sens lorsque le verset déclare : « Du gros bétail ou du petit bétail » ? Puisqu’il est dit au sujet d’un holocauste : « Lorsqu’une personne parmi vous apportera à l’Éternel une offrande tirée des animaux : du gros bétail et du petit bétail, vous apporterez votre offrande » (Lévitique 1:2), on aurait pu penser que celui qui fait un vœu en disant : Il m’incombe à moi d’apporter un holocauste, sans préciser quel type d’animal il apportera, doit apporter des animaux de ces deux types, c’est-à-dire du gros bétail et du petit bétail. Pour exclure cela, le verset déclare : « Du gros bétail ou du petit bétail », séparant les deux types par le mot « ou », indiquant ainsi que s’il voulait en apporter un, il peut apporter seulement un, et que s’il voulait en apporter deux, il peut apporter deux. Cela conclut la baraita.
וְרַבִּי יוֹנָתָן, לְמָה לִי קְרָא? הָאָמַר: עַד שֶׁיִּפְרוֹט לְךָ הַכָּתוּב ״יַחְדָּו״!
La Guemara demande : Et selon l’opinion de Rabbi Yonatan, pourquoi ai-je besoin d’un verset distinct pour enseigner que celui qui fait le vœu d’apporter un holocauste n’a pas à apporter les deux types ? Rabbi Yonatan n’a-t-il pas lui-même énoncé un principe exégétique selon lequel, chaque fois que la Torah mentionne deux détails ensemble au sujet d’une halakha, on présume que la halakha est accomplie même lorsqu’un seul des détails est réalisé, à moins que le verset ne précise que les deux détails sont requis en écrivant le mot : Ensemble, dans le verset ? En conséquence, lorsque le verset dit : « Du gros bétail ou du petit bétail », l’intention est que l’un ou l’autre suffit, et il ne devrait pas être nécessaire d’avoir un verset distinct pour enseigner cela.
אִיצְטְרִיךְ, סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא:
La Guemara répond : Malgré son principe, un verset indépendant était nécessaire pour enseigner cela, car on pourrait penser et dire :