אֶלָּא לְרַבִּי יוֹחָנָן, קַשְׁיָא?
Après avoir concilié toutes les contradictions apparentes entre les deux baraitot selon l’opinion de Reish Lakish, la Guemara demande : Mais selon Rabbi Yoḥanan, qui soutient que des produits de qualité inférieure ne peuvent pas être consacrés comme prémices, la première baraita pose une difficulté, car elle affirme que des produits de qualité inférieure peuvent être consacrés.
תַּנָּאֵי הִיא, דְּתַנְיָא: שֶׁבְּגַג וְשֶׁבְּחוּרְבָּה – מֵבִיא וְקוֹרֵא, שֶׁבְּעָצִיץ וְשֶׁבִּסְפִינָה – אֵינוֹ מֵבִיא כׇּל עִיקָּר.
La Guemara répond : Les baraitot citées ci-dessus contredisent l’opinion de Rabbi Yoḥanan. Mais il y a une divergence entre les tanna’im à ce sujet, comme cela est enseigné dans une baraita : En ce qui concerne les produits qui ont poussé sur un toit, ou qui ont poussé dans une ruine, le propriétaire les apporte et récite le passage correspondant. En ce qui concerne les produits qui ont poussé dans un pot de fleurs, ou qui ont poussé sur un bateau, le propriétaire ne les apporte pas du tout. Rabbi Yoḥanan est d’avis conformément à cette baraita.
וְכוּלָּן אֵינָן בָּאוֹת אֶלָּא מִן הַמּוּבְחָר כּוּ׳. אָמְרִי לֵיהּ יוֹחָנָא וּמַמְרֵא לְמֹשֶׁה: תֶּבֶן אַתָּה מַכְנִיס לְעֶפְרַיִים! אֲמַר לְהוּ: אָמְרִי אִינָשֵׁי ״לְמָתָא יַרְקָא – יַרְקָא שְׁקוֹל״.
§ La michna déclare : Et toutes les offrandes de farine ne proviennent que du meilleur produit. L’un des endroits que la michna mentionne comme ayant une production de bonne qualité est Aforayim. La qualité supérieure de sa production était si bien connue qu’Aforayim servait d’exemple dans des aphorismes populaires. Lors de la première rencontre de Moïse et d’Aaron avec Pharaon, Aaron jeta son bâton à terre, où il se transforma en serpent. Les magiciens de Pharaon reproduisirent alors l’exploit à l’aide de leurs incantations, avant d’être déconcertés lorsque le bâton d’Aaron engloutit tous les leurs (voir Torah, Exode 7:10–12). La Guemara rapporte la conversation qui eut lieu : les deux principaux magiciens de Pharaon, Yoḥana et Mamre, dirent à Moïse : Apportes-tu de la paille à Afarayim ? Pratiquer la magie en Égypte, chef de file mondial de la sorcellerie, c’est comme apporter de la paille à Afarayim, riche des meilleurs grains. Moïse leur dit : C’est comme disent les gens : À une ville riche en herbes, apporte des herbes. Si tu veux garantir que les gens apprécieront ta marchandise, apporte-la dans un endroit où ils la connaissent.
מַתְנִי׳ אֵין מְבִיאִין לֹא מִבֵּית הַזְּבָלִים, וְלֹא מִבֵּית הַשְּׁלָחִים, וְלֹא מִבֵּית הָאִילָן, וְאִם הֵבִיא – כָּשֵׁר.
MICHNA : Même lorsqu’on sélectionne du grain pour les offrandes de farine provenant des endroits mentionnés dans la michna précédente, on ne peut pas apporter comme offrande de farine du grain d’un champ fertilisé, ni d’un champ irrigué, ni d’un champ d’arbres, car de tels champs ne produisent pas un grain de qualité optimale. Mais si quelqu’un a apporté une offrande de farine provenant de tels champs, elle est valide.
כֵּיצַד הוּא עוֹשֶׂה? נָרָהּ שָׁנָה רִאשׁוֹנָה, וּבְשָׁנָה שְׁנִיָּה זוֹרְעָהּ קוֹדֶם לַפֶּסַח שִׁבְעִים יוֹם, וְהִוא עוֹשָׂה סוֹלֶת מְרוּבָּה.
Comment produit-on un grain de qualité optimale ? Il laboure le champ pendant la première année, mais ne l’ensemence pas, et la deuxième année, il le sème soixante-dix jours avant Pessa'h, et de cette manière il produit un grain qui fournira une abondance de farine fine, de haute qualité .
כֵּיצַד בּוֹדֵק הַגִּזְבָּר? מַכְנִיס יָדוֹ לְתוֹכָהּ. עָלָה בָּהּ אָבָק – פְּסוּלָה, עַד שֶׁיְּנַפֶּנָּה.
Comment le trésorier du Temple inspecte-t-il la farine pour déterminer si elle est d’une qualité suffisamment élevée ? Le trésorier plonge sa main dans la farine. Si, lorsqu’il retire sa main, de la poudre de farine la recouvre, la farine est impropre, jusqu’à ce qu’on la tamise avec un tamis fin, afin qu’il ne reste plus de poudre.
וְאִם הִתְלִיעָה – פְּסוּלָה.
Et si la farine est devenue véreuse, elle est impropre à l’usage dans une offrande de grain.
גְּמָ׳ כֵּיצַד עוֹשֶׂה? נָרָהּ שָׁנָה רִאשׁוֹנָה. אִיבַּעְיָא לְהוּ: הֵיכִי קָאָמַר? נָרָהּ שָׁנָה רִאשׁוֹנָה וּשְׁנִיָּה נָרָהּ וְזוֹרְעָהּ, אוֹ דִלְמָא נָרָהּ שָׁנָה רִאשׁוֹנָה וּשְׁנִיָּה זוֹרְעָהּ בְּלֹא נָרָהּ?
GUEMARA : La michna déclare : Comment produit-on un grain de qualité optimale ? Il laboure le champ pendant la première année, et la deuxième année il le sème. La Guemara précise ce qu’il faut faire la deuxième année : Un dilemme fut soulevé devant les Sages : Que le tanna dit-il ? Dit-il que il laboure le champ pendant la première année, et la deuxième année il le laboure et le sème ? Ou peut-être dit-il que il laboure le champ pendant la première année, et la deuxième année il le sème sans le labourer.
תָּא שְׁמַע, דְּתַנְיָא: אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: אַף חִיטֵּי כָּרָזִיִּים וּכְפַר אַחִים, אִלְמָלֵא סְמוּכוֹת לִירוּשָׁלַיִם – הָיוּ מְבִיאִין מֵהֶן, לְפִי שֶׁאֵין מְבִיאִין אֶת הָעוֹמֶר אֶלָּא מִן הַשָּׂדוֹת הַמּוּדְרָמוֹת וְהַמְנוֹנָרוֹת לְכָךְ, שֶׁבָּהֶן חַמָּה זוֹרַחַת, וּמֵהֶן חַמָּה שׁוֹקַעַת.
La Guemara suggère : Viens et écoute une résolution, comme cela est enseigné dans une baraita : Rabbi Yosei dit : Aussi concernant le grain cultivé à Kerazayim et Kefar Aḥim, si seulement ces endroits avaient été proches de Jérusalem, ils auraient apporté de l’orge de là-bas pour le omer. Car la halakha est qu’on n’apporte le omer que des champs du sud et de ceux qui avaient été labourés à cette fin, car sur de tels champs, le soleil se lève et brille, et sur ces champs, le soleil aussi se couche. En d’autres termes, ces champs sont exposés à beaucoup de soleil, et produisent donc une récolte de qualité supérieure. Kerazayim et Kefar Aḥim étaient de tels champs, mais ils étaient trop éloignés de Jérusalem pour que leur orge soit utilisée pour l’offrande du omer.
כֵּיצַד עוֹשֶׂה? נָרָהּ שָׁנָה רִאשׁוֹנָה, וּשְׁנִיָּה חוֹרֵשׁ וְשׁוֹנֶה, וְזוֹרְעָהּ קוֹדֶם לַפֶּסַח שִׁבְעִים יוֹם, כְּדֵי שֶׁתְּהֵא סְמוּכָה לַחַמָּה, וְעוֹשָׂה קָנֶה זֶרֶת וְשִׁיבּוֹלֶת זִרְתַּיִים.
La baraita continue : Comment produit-on un grain de qualité optimale ? Il laboure le champ pendant la première année, et la deuxième année, il le laboure une fois puis répète le labour une seconde fois, et il le sème soixante-dix jours avant Pessa'h. On procède ainsi afin que les semailles soient effectuées près du moment où la force du soleil atteint son apogée, et qu'elles produisent ainsi une récolte de grande qualité dans laquelle la longueur d'une tige est d'un empan et l'épi lui-même est de deux empans.
וְקוֹצֵר וּמְעַמֵּר, וְדָשׁ, וְזוֹרֶה, וּבוֹרֵר, וְטוֹחֵן, וּמְרַקֵּד, וּמֵבִיא אֵצֶל גִּזְבָּר, וְגִזְבָּר מַכְנִיס יָדוֹ לְתוֹכָהּ. אִם עָלְתָה בָּהּ אָבָק – אוֹמֵר לוֹ: ״חֲזוֹר וְנַפֵּה אוֹתָהּ שְׁנִיָּה״. מִשּׁוּם רַבִּי נָתָן אָמְרוּ: גִּזְבָּר סָךְ יָדוֹ שֶׁמֶן, וּמַכְנִיס לְתוֹכָהּ עַד שֶׁמַּעֲלֶה כׇּל אֲבָקָהּ.
Et ensuite quelqu’un moissonne le grain et le rassemble en un tas, et ensuite il bat le grain et le vanne, et ensuite il trie le mélange non comestible du grain comestible, et ensuite il moud le grain et le tamise et apporte la farine produite au trésorier du Temple. Et le trésorier y introduit sa main afin d’en vérifier la qualité. Si en retirant sa main la poudre la recouvre, le trésorier dit au propriétaire : Retourne et tamise-la une seconde fois. Les Sages disent au nom de Rabbi Natan que le trésorier procédait à un examen plus approfondi de la qualité de la farine. Il enduit sa main d’huile et ensuite l’introduit dans la farine jusqu’à ce que toute sa poudre remonte.
קָתָנֵי מִיהַת חוֹרֵשׁ וְשׁוֹנֶה.
La Guemara explique que la baraita apporte une résolution au dilemme : Quoi qu’il en soit, labaraitaenseigne que pendant la deuxième année, le propriétaire du champ laboure celui-ci une fois puis répète le labour. Il est donc explicite que pendant la deuxième année, le champ doit être labouré.
וּלְטַעְמָיךְ, מַתְנִיתִין לָא קָתָנֵי ״שׁוֹנֶה״,
La Guemara rejette cette preuve : Mais même selon ton raisonnement, en fin de compte la michna n’enseigne pas qu’il laboure le champ puis répète le labour ;