וְכִי מַהְדַּר לֵיהּ לְקוֹמֶץ לְדוּכְתֵּיהּ, (תִּקְדּוֹשׁ) [לִקְדּוֹשׁ] וְלִפְסוֹל.
lorsqu’il remet la poignée à sa place antérieure dans le récipient de service qui contient l’offrande de farine, elle doit devenir sanctifiée, puisqu’elle est maintenant placée à l’intérieur d’un récipient de service, et elle doit donc devenir disqualifiée. Peu importe que la poignée ait été placée dans le récipient qui lui était destiné, ou remise dans le même récipient dont elle a été prise.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן, זֹאת אוֹמֶרֶת: כְּלֵי שָׁרֵת אֵין מְקַדְּשִׁין אֶלָּא מִדַּעַת.
Concernant cette difficulté, Rabbi Yoḥanan a dit : Cela veut dire que les ustensiles de service sanctifient les éléments qui y sont placés seulement lorsqu’ils y sont placés avec l’intention précise qu’ils soient sanctifiés par cet ustensile. Puisque le prêtre ne remet pas la poignée dans l’ustensile contenant l’offrande de farine avec une telle intention, la poignée n’est pas disqualifiée, car le rite n’a pas été achevé.
הָא מִדַּעַת מְקַדְּשִׁין? וְהָא בְּעָא מִינֵּיהּ רֵישׁ לָקִישׁ מֵרַבִּי יוֹחָנָן: כְּלֵי שָׁרֵת מַהוּ שֶׁיְּקַדְּשׁוּ פְּסוּלִין לְכַתְּחִילָּה לִיקְרַב? וַאֲמַר לֵיהּ: אֵין מְקַדְּשִׁין! אֲמַר לֵיהּ: אֵין מְקַדְּשִׁין לִיקְרַב, אֲבָל מִקַּדְּשִׁין לִיפָּסֵל.
La Guemara demande : On peut déduire de cette déclaration que, si des éléments sont placés dans des ustensiles de service avec intention, les ustensiles de service les sanctifient. Mais Reish Lakish n’a-t-il pas soulevé un dilemme devant Rabbi Yoḥanan : Quelle est la halakha concernant les ustensiles de service, c’est-à-dire sanctifient-ils des éléments disqualifiés au point qu’ils puissent être offerts en sacrifice sur l’autel ab initio ? Et Rabbi Yoḥanan lui a dit qu’ils ne sanctifient pas les éléments. La Guemara répond : Voici ce que Rabbi Yoḥanan lui a dit : Ils ne sanctifient pas les éléments disqualifiés placés en eux au point qu’ils puissent être offerts en sacrifice, mais ils les sanctifient bien au point qu’ils deviennent disqualifiés.
רַב עַמְרָם אָמַר: כְּגוֹן שֶׁהֶחְזִירוֹ לְבִיסָא גְּדוּשָׁה.
Rav Amram dit : Même si les ustensiles de service sanctifient des éléments sans intention particulière, il est possible de remettre la poignée dans l’offrande de farine sans que l’ustensile sanctifie la poignée, comme dans un cas où il l’a remise dans un bol rempli à ras bord [levisa], c’est-à-dire qu’il a placé la poignée sur le tas de farine de telle sorte que la poignée n’est pas entrée dans l’espace intérieur de l’ustensile contenant l’offrande de farine. Par conséquent, la poignée n’est pas sanctifiée par l’ustensile.
וּמִקְמָץ הֵיכִי קְמַץ? אֶלָּא, כְּגוֹן שֶׁהֶחְזִירוֹ לְבִיסָא טְפוּפָה.
La Guemara demande : Mais si l’offrande de farine était en tas, comment pouvait-il au départ en prélever une poignée ? La poignée doit d’abord être prélevée de l’intérieur d’un récipient. Plutôt, il est possible de remettre la poignée sans la sanctifier dans un cas où il l’a remise dans un bol plein [tefufa], c’est-à-dire rempli jusqu’au bord mais non en tas. Lorsque le prêtre prélève d’abord une poignée d’un tel récipient, il la prélève de l’intérieur du récipient, mais lorsqu’elle y est remise, elle n’entre pas dans l’espace aérien du récipient.
וְכֵיוָן דִּקְמַץ לֵיהּ עֲבַד לֵיהּ גּוּמָּא, כִּי מַהְדַּר לְגַוֵּויהּ דְּמָנָא קָא מַהְדַּר לֵיהּ! מִכִּי מַהְדַּר לֵיהּ, מַנַּח לֵיהּ אַדֻּפְנָא דְּמָנָא, וּמְנִיד לֵיהּ וְנָפֵל מִמֵּילָא, דְּנַעֲשָׂה כְּמִי שֶׁהֶחְזִירוֹ הַקּוֹף.
La Guemara demande : Mais une fois qu’il a retiré une poignée, il a formé un sillon à la surface de l’offrande de farine, et par conséquent lorsqu’il la remet à sa place précédente dans le récipient, il est en fait en train de la remettre dans un endroit à l’intérieur du récipient, c’est-à-dire le sillon. Si tel est le cas, la poignée devrait être sanctifiée au point que le récipient la disqualifie. La Guemara répond : Lorsqu’il la remet dans le récipient contenant l’offrande de farine, il ne la place pas directement dans le sillon. Au contraire, il la pose sur la paroi du récipient et déplace le récipient, et la poignée tombe d’elle-même dans le sillon. De cette manière, c’est comme si un singe, et non une personne, avait remis la poignée dans le sillon, et la poignée n’est donc pas sanctifiée.
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יִרְמְיָה לְרַבִּי זֵירָא: וְלוֹקְמַהּ כְּגוֹן שֶׁהֶחְזִירוֹ לִכְלִי הַמּוּנָּח עַל גַּבֵּי קַרְקַע! אֶלָּא, שְׁמַע מִינַּהּ קוֹמְצִין מִכְּלִי שֶׁעַל גַּבֵּי קַרְקַע? אֲמַר לֵיהּ: קָא נָגְעַתְּ בְּבַעְיָא דְּאִיבַּעְיָא לַן, דְּרַבִּי אֲבִימִי תָּנֵי מְנָחוֹת בֵּי רַב חִסְדָּא.
§ La Guemara revient à sa discussion de l’opinion de ben Beteira. Rabbi Yirmeya dit à Rabbi Zeira : Et que l’on interprète la décision de ben Beteira comme portant sur un cas où la poignée n’est pas sanctifiée par le récipient contenant l’offrande de farine, par exemple lorsqu’il l’a remise dans un récipient posé sur le sol. Au contraire, le fait que cela n’ait pas été suggéré indique que les ustensiles de service sanctifient les éléments placés en eux même lorsqu’ils reposent sur le sol. Est-il correct de conclure d’ici que l’on peut retirer une poignée d’une offrande de farine d’un ustensile de service qui repose sur le sol ? Rabbi Zeira lui dit : Tu as touché à un dilemme qui avait déjà été soulevé devant nous, lorsque Rabbi Avimi étudiait le traité de Menaḥot dans la maison d’étude de Rav Ḥisda.
וַאֲבִימִי בֵּי רַב חִסְדָּא תָּנֵי? וְהָאָמַר רַב חִסְדָּא: קוּלְפֵי טָאבֵי בְּלַעִי מֵאֲבִימִי עֲלַהּ דְּהָא שְׁמַעְתָּא, בָּא לְהַכְרִיז רְצוּפִין – שְׁלֹשִׁים יוֹם, שֵׁנִי וַחֲמִישִׁי וְשֵׁנִי – שִׁשִּׁים יוֹם.
La Guemara interrompt cette déclaration par une question : Et Rabbi Avimi a-t-il vraiment étudié dans la maison d’étude de Rav Ḥisda ? Mais Rav Ḥisda n’a-t-il pas dit : J’ai reçu bien des coups [kulfei] d’Avimi à cause de cette halakha, c’est-à-dire qu’Avimi se moquait de moi lorsque je mettais en question ses propos au sujet de la vente par les tribunaux des biens des orphelins, qui contredisaient la décision d’une certaine baraita. Avimi m’a expliqué que si le tribunal vient annoncer une telle vente à des jours consécutifs, alors elle est annoncée pendant trente jours, conformément à cette baraita. Mais si elle n’est annoncée que le lundi, jeudi et lundi, alors elle est annoncée sur une période de soixante jours. Si tel est le cas, Rav Ḥisda était en réalité l’élève, tandis que Rabbi Avimi était son maître.
אֲבִימִי מַסֶּכְתָּא אִיתְעֲקַרָא (אִיתְעֲקַר) לֵיהּ, וַאֲתָא קַמֵּיהּ דְּרַב חִסְדָּא לְאִדְּכוֹרֵי גְּמָרֵיהּ. וְלִישְׁלַח לֵיהּ וְלֵיתֵי לְגַבֵּיהּ? סְבַר: הָכִי מִסְתַּיְּיעָא מִילְּתָא טְפֵי.
La Guemara répond : Avimi était en réalité le maître, mais le traitéMenaḥotlui fut arraché, c’est-à-dire qu’il l’oublia, et Avimi se rendit auprès de son élève Rav Ḥisda pour l’aider à se rappeler son étude. La Guemara demande : Si Rav Ḥisda était en réalité l’élève d’Avimi, qu’Avimi envoie le chercher et que Rav Ḥisda vienne auprès d’Avimi. La Guemara répond : Avimi pensait que cela serait plus utile dans cette affaire, c’est-à-dire qu’en faisant l’effort de se rendre auprès de son élève pour apprendre de lui, il retiendrait mieux son étude.
פְּגַע בֵּיהּ רַב נַחְמָן, אֲמַר לֵיהּ: כֵּיצַד קוֹמְצִין? אֲמַר לֵיהּ: מִכְּלִי זֶה. אֲמַר לֵיהּ: וְכִי קוֹמְצִין מִכְּלִי שֶׁעַל גַּבֵּי קַרְקַע? אֲמַר לֵיהּ: דְּמַגְבַּה לֵיהּ כֹּהֵן.
La Guemara revient à la déclaration de Rabbi Zeira : Rav Naḥman rencontra Avimi à son retour de la maison d’étude de Rav Ḥisda. Rav Naḥman lui dit : Comment faut-il correctement prélever une poignée d’une offrande de farine ? Avimi montra un récipient posé à terre et lui dit : De ce récipient on peut correctement prélever une poignée. Rav Naḥman lui dit : Mais peut-on prélever une poignée d’un récipient qui est posé sur le sol ? Avimi lui dit : Quand j’ai dit qu’un tel récipient pouvait être utilisé, je voulais dire qu’un prêtre le soulèverait d’abord du sol, puis un autre prêtre y prélèverait une poignée.
כֵּיצַד מְקַדְּשִׁין אֶת הַמְּנָחוֹת? אֲמַר לֵיהּ: נוֹתְנָהּ לִכְלִי זֶה. וְכִי מְקַדְּשִׁין בִּכְלִי שֶׁעַל גַּבֵּי קַרְקַע? אֲמַר לֵיהּ: דְּמַגְבַּה לֵיהּ כֹּהֵן.
Rav Naḥman continua à poser à Avimi une autre question : Comment sanctifie-t-on correctement les offrandes de farine ? Avimi montra un récipient qui reposait sur le sol et lui dit : Le prêtre la place dans ce récipient. Rav Naḥman lui dit de nouveau : Mais peut-on sanctifier une offrande de farine dans un récipient qui repose sur le sol ? Avimi lui dit : Quand j’ai dit qu’un tel récipient pouvait être utilisé, je voulais dire qu’un autre prêtre le soulèverait d’abord du sol, et ce n’est qu’ensuite que l’offrande de farine y serait placée.
אֲמַר לֵיהּ: אִם כֵּן, הוּצְרַכְתָּה שְׁלֹשָׁה כֹּהֲנִים! אֲמַר לֵיהּ: וּתְהֵא צְרִיכָה שְׁלֹשָׁה עָשָׂר, כַּתָּמִיד.
Rav Naḥman dit à Avimi : Si c’est le cas, alors tu exiges l’intervention de trois prêtres, c’est-à-dire un pour soulever le récipient, un pour sanctifier l’offrande de farine, et un pour retirer la poignée de l’offrande de farine. Avimi lui dit : Qu’il en faille même treize prêtres, tout comme le service de l’holocauste quotidien exigeait l’intervention de treize prêtres. La nécessité de plusieurs prêtres ne présente aucune difficulté.
אֵיתִיבֵיהּ: זֶה הַכְּלָל, כׇּל הַקּוֹמֵץ וְנוֹתֵן בִּכְלִי, הַמּוֹלִיךְ וְהַמַּקְטִיר, לֶאֱכוֹל דָּבָר שֶׁדַּרְכּוֹ לֶאֱכוֹל וְכוּ׳.
Rav Naḥman a soulevé une autre objection à la déclaration d’Avimi à partir d’une michna (12a) qui traite de la halakha selon laquelle des intentions inappropriées pendant le service d’une offrande de farine la disqualifient. Voici le principe : Dans le cas de quiconque prélève la poignée, ou place la poignée dans le récipient, ou transporte le récipient contenant la poignée jusqu’à l’autel, ou brûle la poignée sur l’autel, avec l’intention de consommer un élément dont la manière typique est qu’on le consomme, ou de brûler un élément dont la manière typique est qu’on le brûle sur l’autel, par exemple la poignée ou l’encens, en dehors de l’endroit qui lui est désigné, l’offrande de farine est invalide, mais il n’y a pas de responsabilité de retranchement du Monde à venir [karet].
וְאִילּוּ מַגְבִּיהַּ לָא קָתָנֵי? תַּנָּא סֵדֶר עֲבוֹדוֹת נָקֵיט, וְלָא סֵדֶר כֹּהֲנִים.
Rav Naḥman expliqua son objection : Tous les rites d’une offrande de farine sont enseignés dans la michna, et pourtant le fait de soulever le récipient du sol n’est pas enseigné. Cela indique qu’il n’existe aucune exigence de soulever un récipient du sol afin de l’utiliser pour le service d’une offrande de farine. Avimi répondit : Le tanna a cité l’ordre des rites sacrificiels , c’est-à-dire les rites au sujet desquels des intentions inappropriées invalident une offrande de farine, mais il n’a pas cité l’ordre des prêtres, c’est-à-dire qu’il n’a pas cité le nombre total de prêtres impliqués dans le service.
בְּעוֹ מִינֵּיהּ מִדְּרַב שֵׁשֶׁת: מַהוּ לִקְמוֹץ מִכְּלִי שֶׁעַל גַּבֵּי קַרְקַע? אֲמַר לֵיהּ: פּוֹק חֲזִי מָה עָבְדִין לְגָאו. אַרְבָּעָה כֹּהֲנִים נִכְנָסִין, שְׁנַיִם בְּיָדָם שְׁנֵי סְדָרִים, וּשְׁנַיִם בְּיָדָם שְׁנֵי בָּזִיכִין, וְאַרְבָּעָה מְקַדְּמִין לִפְנֵיהֶם, שְׁנַיִם לִיטּוֹל שְׁנֵי סְדָרִים, וּשְׁנַיִם לִיטּוֹל שְׁנֵי בָּזִיכִין.
Sur le même sujet, les Sages soulevèrent un dilemme devant Rav Sheshet : Quelle est la halakha concernant la permission de prélever une poignée d’un récipient qui repose sur le sol ? Ce prélèvement est-il valide ? Rav Sheshet dit à l’un des Sages qui avait soulevé le dilemme : Sors et vois ce qu’ils font dans le Sanctuaire lorsqu’ils retirent les bols contenant l’encens qui avaient été placés sur la Table des pains de proposition afin de brûler l’encens sur l’autel. La michna (99b) déclare : Lorsque les prêtres remplaçaient les pains de proposition chaque Chabbat, quatre prêtres entraient dans le Sanctuaire, deux avec les deux rangées des nouveaux pains de proposition dans leurs mains et deux avec les deux bols d’encens dans leurs mains. Et quatre prêtres les précédaient et entraient dans le Sanctuaire avant eux, deux pour retirer les deux rangées des anciens pains de proposition et deux pour retirer les deux bols d’encens.