תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְכׇל הַמִּנְחָה אֲשֶׁר תֵּאָפֶה בַּתַּנּוּר לְכׇל בְּנֵי אַהֲרֹן תִּהְיֶה אִישׁ כְּאָחִיו״.
Le verset déclare : « Et toute offrande de grain cuite au four… sera pour tous les fils d’Aaron, chacun à part égale » (Lévitique 7:9–10). Ce verset souligne que les fils d’Aaron doivent se partager l’offrande de grain également entre eux, sans l’échanger contre une part d’une autre offrande.
יָכוֹל לֹא יַחְלְקוּ מְנָחוֹת כְּנֶגֶד זְבָחִים, שֶׁלֹּא קָמוּ תַּחְתֵּיהֶן בְּדַלּוּת, אֲבָל יַחְלְקוּ מְנָחוֹת כְּנֶגֶד עוֹפוֹת, שֶׁהֲרֵי קָמוּ תַּחְתֵּיהֶן בְּדַלּוּת – תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְכׇל נַעֲשָׂה בַּמַּרְחֶשֶׁת לְכׇל בְּנֵי אַהֲרֹן תִּהְיֶה״.
La baraita continue : On aurait pu penser qu’ils ne peuvent pas recevoir une part des offrandes de farine en échange de portions d’offrandes animales, puisqu’elles ne les remplacent pas en cas de pauvreté. Celui qui est trop pauvre pour apporter une offrande animale, par exemple dans le cas d’une offrande expiatoire déterminée selon une échelle variable, n’apporte pas d’offrande de farine à sa place. Puisque les offrandes de farine ne sont pas apportées à la place des offrandes animales, il n’y a manifestement aucun lien entre elles. Mais peut-être peuvent-ils recevoir une part des offrandes de farine en échange de portions d’offrandes d’oiseaux, puisqu’elles les remplacent bien en cas de pauvreté. Si quelqu’un est si démuni qu’il ne peut pas se permettre d’apporter une offrande d’oiseau, il apporte une offrande de farine. Par conséquent, le même verset déclare : “Et tout ce qui est préparé dans la poêle profonde… tous les fils d’Aaron l’auront,” soulignant de nouveau que tous doivent avoir une part égale dans cette offrande de farine.
יָכוֹל לֹא יַחְלְקוּ מְנָחוֹת כְּנֶגֶד עוֹפוֹת, שֶׁהַלָּלוּ מִינֵי דָמִים וְהַלָּלוּ מִינֵי קְמָחִים, יַחְלְקוּ עוֹפוֹת כְּנֶגֶד זְבָחִים, שֶׁהַלָּלוּ וְהַלָּלוּ מִינֵי דָמִים – תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְעַל מַחֲבַת לְכׇל בְּנֵי אַהֲרֹן תִּהְיֶה״.
La baraita continue : On aurait pu penser qu’ils ne peuvent pas recevoir une part des offrandes de farine en échange de portions d’offrandes d’oiseaux, car celles-ci, c’est-à-dire les offrandes d’oiseaux, sont des types d’offrandes qui comportent du sang aspergé sur l’autel, et celles-là, c’est-à-dire les offrandes de farine, sont des types d’offrandes faites de farine. Mais peut-être peuvent-ils recevoir une part de portions d’offrandes d’oiseaux en échange de portions d’offrandes animales, puisque les deux catégories sont des types d’offrandes qui comportent du sang aspergé sur l’autel. C’est pourquoi le même verset déclare : « Et sur une poêle… tous les fils d’Aaron auront », une expression apparemment superflue, qui enseigne qu’on ne peut pas recevoir une part, même d’offrandes d’oiseaux, en échange de portions d’offrandes animales.
יָכוֹל לֹא יַחְלְקוּ עוֹפוֹת כְּנֶגֶד זְבָחִים, שֶׁהַלָּלוּ עֲשִׂיָּיתָן בַּיָּד, וְהַלָּלוּ עֲשִׂיָּיתָן בִּכְלִי, אֲבָל יַחְלְקוּ מְנָחוֹת כְּנֶגֶד מְנָחוֹת, שֶׁאֵלּוּ וָאֵלּוּ עֲשִׂיָּיתָן בַּיָּד – תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְכׇל מִנְחָה בְלוּלָה בַשֶּׁמֶן ... לְכׇל בְּנֵי אַהֲרֹן תִּהְיֶה״.
La baraita continue : On aurait pu penser qu’ils ne peuvent pas recevoir une part des offrandes d’oiseaux en échange de portions d’offrandes animales, parce que pour celles-ci, c’est-à-dire les oiseaux, leur préparation, c’est-à-dire la mise à mort, est effectuée à la main, par pincement de la nuque, tandis que pour celles-là, c’est-à-dire les animaux, leur préparation, c’est-à-dire la mise à mort, est effectuée avec un ustensile, par abattage au couteau. Mais peut-être peuvent-ils recevoir une part des offrandes de farine en échange de portions d’autres offrandes de farine, puisque la préparation de tant celles-ci que celles-là est effectuée à la main. C’est pourquoi le verset suivant déclare : « Et toute offrande de farine mêlée d’huile… tous les fils d’Aaron l’auront » (Lévitique 7:10).
יָכוֹל לֹא יַחְלְקוּ מַחֲבַת כְּנֶגֶד מַרְחֶשֶׁת, וּמַרְחֶשֶׁת כְּנֶגֶד מַחֲבַת, שֶׁזּוֹ מַעֲשֶׂיהָ קָשִׁין וְזוֹ מַעֲשֶׂיהָ רַכִּין, אֲבָל יַחְלְקוּ מַחֲבַת כְּנֶגֶד מַחֲבַת וּמַרְחֶשֶׁת כְּנֶגֶד מַרְחֶשֶׁת – תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וַחֲרֵבָה לְכׇל בְּנֵי אַהֲרֹן תִּהְיֶה״.
La baraita continue : On aurait pu penser qu’ils ne peuvent pas recevoir une part d’une offrande de farine préparée dans une poêle en échange de portions d’une offrande de farine préparée dans une casserole profonde, ou portions d’une offrande de farine préparée dans une casserole profonde en échange de portions d’une offrande de farine préparée dans une poêle, puisque les actions avec cette poêle produisent un produit dur, et les actions avec cette casserole profonde produisent un produit mou. Mais peut-être peuvent-ils recevoir une part d’une offrande de farine préparée dans une poêle en échange de portions d’une autre offrande de farine préparée dans une poêle, ou une part d’une offrande de farine préparée dans une casserole profonde en échange de portions d’une autre offrande de farine préparée dans une casserole profonde. Par conséquent, le même verset déclare : « Ou sèche, tous les fils d’Aaron l’auront » (Lévitique 7:10).
יָכוֹל לֹא יַחְלְקוּ בְּקׇדְשֵׁי קָדָשִׁים, אֲבָל יַחְלְקוּ בְּקָדָשִׁים קַלִּים – תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אִישׁ כְּאָחִיו״, ״וְאִם עַל תּוֹדָה״ – כְּשֵׁם שֶׁאֵין חוֹלְקִין בְּקׇדְשֵׁי קָדָשִׁים, כָּךְ אֵין חוֹלְקִים בְּקָדָשִׁים קַלִּים.
La baraita continue : On aurait pu penser qu’ils ne peuvent pas recevoir une part des offrandes du degré de sainteté le plus élevé, par exemple les offrandes de farine, en échange d’une part d’une autre offrande semblable, mais qu’ils peuvent recevoir une part des offrandes de moindre sainteté en échange d’une part d’une autre offrande semblable. Par conséquent, le même verset déclare au sujet des offrandes de farine : « Tous les fils d’Aaron l’auront, l’un comme l’autre” (Lévitique 7:10), et près de lui apparaît le verset : « Si il l’offre comme offrande de reconnaissance” (Lévitique 7:12), d’où l’on déduit : De même qu’on ne peut pas recevoir une part d’une offrande en échange d’une part d’une autre offrande semblable dans le cas des offrandes du degré de sainteté le plus élevé, de même on ne peut pas recevoir une part d’une offrande en échange d’une part d’une autre offrande semblable dans le cas des offrandes de moindre sainteté, par exemple une offrande de reconnaissance.
״אִישׁ״ – אִישׁ חוֹלֵק, וַאֲפִילּוּ בַּעַל מוּם, וְאֵין קָטָן חוֹלֵק, וַאֲפִילּוּ תָּם.
La baraita développe encore ce verset : Il est dit : « L’un aussi bien que l’autre [ishke’aḥiv], » ce qui enseigne qu’en ce qui concerne les prêtres, un homme [ish] qui est adulte reçoit une part même s’il est affligé d’un défaut, mais un prêtre qui est mineur ne peut pas recevoir une part même s’il est sans défaut. Cette baraita interprète manifestement le verset : « Et toute offrande de farine, mêlée d’huile, ou sèche, appartiendra à tous les fils d’Aaron, à l’un comme à l’autre » (Lévitique 7:10), comme se rapportant à l’interdiction faite aux prêtres d’échanger les parts des offrandes. Si tel est le cas, comment Ḥizkiyya affirme-t-il que ce verset se rapporte au fait que les prêtres mangent le reste de l’offrande du omer et l’offrande de farine d’une sota ?
הָהוּא מִ״כׇּל״ נָפְקָא, וְהָא אַפֵּיקְתֵּיהּ לְכִדְרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה? אֶלָּא, הָהוּא מִ״וְכׇל״.
La Guemara répond : En ce qui concerne l’interdiction d’échanger les parts sacerdotales, cela est dérivé de l’expression : « Toute offrande de farine. » En revanche, Ḥizkiyya dérive son principe concernant ces deux offrandes de farine du reste du verset. La Guemara demande : Mais n’as-tu pas déjà dérivé du mot « toute » ce qu’enseigne Rabbi Yossei, fils de Rabbi Yehouda, à savoir que lorsqu’une personne fait le vœu d’offrir une offrande de farine cuite au four, tous les produits cuits doivent être d’un type uniforme, soit des pains, soit des galettes (voir 63b) ? La Guemara répond : Plutôt, cettehalakha concernant l’échange des parts des offrandes est dérivée de l’ajout du mot « et », dans l’expression : « Et toute [vekhol] offrande de farine. »
רָבִינָא אָמַר: אָתְיָא מִדְּתָנֵי לֵוִי, דְּתָנֵי לֵוִי: ״לְכׇל קׇרְבָּנָם וּלְכׇל מִנְחָתָם וּלְכׇל חַטָּאתָם וּלְכׇל אֲשָׁמָם״.
§ Ravina a dit : Selon l’opinion de Rabbi Shimon, la source de la halakha selon laquelle l’offrande du omer et l’offrande de farine d’une sota sont mangées provient de la baraitaqu’enseigne Lévi, comme Lévi l’enseigne : Le verset déclare au sujet des dons sacerdotaux : « Ceci sera à toi parmi les choses très saintes, préservées du feu : Toute offrande d’eux, et toute offrande de farine d’eux, et toute offrande expiatoire d’eux, et toute offrande de culpabilité d’eux, qu’ils Me restitueront, sera très sainte pour toi et pour tes fils » (Nombres 18:9). Le mot « toute » dans chaque proposition inclut un certain nombre d’offrandes supplémentaires qui sont mangées par les prêtres.
״כׇּל קׇרְבָּנָם״ – לְרַבּוֹת לוֹג שֶׁמֶן שֶׁל מְצוֹרָע, סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: ״מִן הָאֵשׁ״ כְּתַב רַחֲמָנָא, קָא מַשְׁמַע לַן.
La Torah déclare : « Toute leur offrande », pour inclure le log d’huile qui accompagne l’offrande de culpabilité du lépreux guéri, enseignant qu’il est lui aussi mangé par les prêtres. Car il pourrait te venir à l’esprit de dire que, puisque le Miséricordieux écrit dans ce verset : « Du feu », cela exclurait cette huile, qui n’est pas apportée sur l’autel. Par conséquent, le verset nous enseigne : « Toute leur offrande », pour inclure l’huile du lépreux.
״לְכׇל מִנְחָתָם״ – לְרַבּוֹת מִנְחַת הָעוֹמֶר וּמִנְחַת קְנָאוֹת, סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: ״וְאָכְלוּ אֹתָם אֲשֶׁר כֻּפַּר בָּהֶם״ אָמַר רַחֲמָנָא, וְהַאי לְהַתִּיר קָא אָתְיָא, וְאִידַּךְ נָמֵי לְבָרֵר קָא אָתְיָא – קָא מַשְׁמַע לַן.
La baraita continue d’exposer le verset : « Et toute leur offrande de farine, » servant à inclure l’offrande de farine du omer et l’offrande de farine de jalousie apportée par une sota, enseignant qu’elles sont elles aussi mangées par les prêtres. Car il pourrait vous venir à l’esprit de dire que, puisque le Miséricordieux déclare : « Et ils mangeront celles par lesquelles l’expiation a été faite » (Exode 29:33), le verset indique ainsi que les prêtres ne peuvent manger que les offrandes qui aident le propriétaire à obtenir l’expiation. Et celle-ci, l’offrande du omer, vient permettre de manger du grain nouveau (voir Lévitique 23:9–14), et non d’obtenir l’expiation ; et quant à l’autre offrande, c’est-à-dire l’offrande de farine d’une sota, elle aussi, elle vient clarifier si la femme accusée est coupable d’adultère ou non, mais non d’obtenir l’expiation. Par conséquent, le verset nous enseigne : « Toute offrande de farine », pour enseigner que ces deux offrandes de farine sont incluses.
״לְכׇל חַטֹּאתָם״ – לְרַבּוֹת חַטַּאת הָעוֹף, סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: נְבֵילָה הִיא, קָא מַשְׁמַע לַן.
La baraita continue d’exposer le verset. Le verset déclare : « Et toute leur offrande expiatoire », pour inclure une offrande expiatoire d’oiseau, enseignant qu’elle aussi est mangée par les prêtres. Car on pourrait penser : les prêtres ne peuvent pas la manger parce que c’est une carcasse d’animal non abattu rituellement, puisqu’elle est mise à mort par pincement de la nuque (voir Lévitique 5:8), et non par abattage conventionnel. Par conséquent, le verset nous enseigne : « Toute offrande expiatoire », enseignant que les offrandes expiatoires d’oiseau sont incluses.
״לְכׇל אֲשָׁמָם״ – לְרַבּוֹת אֲשַׁם נָזִיר וַאֲשַׁם מְצוֹרָע. אֲשַׁם מְצוֹרָע – בְּהֶדְיָא כְּתִיב בֵּיהּ: ״כִּי כַּחַטָּאת הָאָשָׁם הוּא לַכֹּהֵן״!
La baraita continue d’exposer le verset. La Torah déclare : « Et toute leur offrande de culpabilité », pour inclure l’offrande de culpabilité du nazir qui est devenu rituellement impur (voir Nombres 6:12) et l’offrande de culpabilité du lépreux, enseignant qu’elles sont elles aussi consommées par les prêtres. La Guemara objecte : En ce qui concerne l’offrande de culpabilité du lépreux, il est explicitement écrit à son sujet : « Car, comme l’offrande expiatoire appartient au prêtre, ainsi en est-il de l’offrande de culpabilité » (Lévitique 14:13), ce qui enseigne déjà qu’elle est consommée par les prêtres.
אֶלָּא, לְרַבּוֹת אֲשַׁם נָזִיר כַּאֲשַׁם מְצוֹרָע. סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: לְהַכְשִׁיר קָא אָתֵי, קָא מַשְׁמַע לַן.
La Guemara répond : Au contraire, le verset vient inclure le sacrifice de culpabilité du nazir, en déclarant que son statut est comme le sacrifice de culpabilité du lépreux. Car on pourrait penser : le sacrifice de culpabilité du nazir n’est pas offert pour l’expiation, mais il vient préparer le nazir à recommencer sa période de naziréat, et par conséquent sa viande ne serait pas mangée par les prêtres. C’est pourquoi le verset nous enseigne : « Tout sacrifice de culpabilité », enseignant que le sacrifice de culpabilité du nazir est inclus.
״אֲשֶׁר יָשִׁיבוּ״ – זֶה גֶּזֶל הַגֵּר, ״לְךָ הִיא וּלְבָנֶיךָ״ – שֶׁלְּךָ הִיא וּלְבָנֶיךָ, אֲפִילּוּ לְקַדֵּשׁ בּוֹ אֶת הָאִשָּׁה.
La baraita conclut : « Ceci sera à toi parmi les choses les plus sacrées…qu’ils pourront restituer » ; cela fait référence à un objet volé à un converti qui n’a pas d’héritiers et qui meurt ensuite. Dans ce cas, l’objet volé est donné aux prêtres avec un cinquième supplémentaire de sa valeur. L’expression « pour toi et pour tes fils » signifie que c’est ta propriété et celle de tes fils à titre personnel, et il peut être utilisé même pour fiancer une femme avec, et il n’appartient pas au trésor du Temple.
אָמַר רַב הוּנָא:
§ Rav Huna a dit :