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כֵּיצַד עוֹשֶׂה? מַנִּיחַ אֵימוּרִין עַל פִּיסַּת הַיָּד, וְחָזֶה וָשׁוֹק עֲלֵיהֶן, וּבְכׇל מָקוֹם שֶׁיֵּשׁ לֶחֶם – הַלֶּחֶם מִלְּמַעְלָה.
La Guemara demande : Comment accomplit-on le rite du balancement ? D’abord, il place les portions sacrificielles sur la paume de la main, et met dessus la poitrine et la cuisse. Et en tout endroit, c’est-à-dire pour toute offrande où il y a des pains apportés avec l’animal, les pains sont placés au-dessus.
הֵיכָא אָמַר רַב פָּפָּא: בְּמִלּוּאִים.
La Guemara demande : est-il indiqué que les pains doivent être placés au-dessus ? Rav Pappa dit : Cela est indiqué explicitement au sujet du bélier offert lors de l’inauguration des prêtres, comme le dit le verset : « Il prit la graisse, et la queue, et toute la graisse qui était sur les entrailles, et le lobe du foie, et les deux rognons, et leur graisse, et la cuisse droite. Et du panier de matzot qui était devant le Seigneur, il prit une matza, et un gâteau de pain huilé, et une galette, et les plaça sur la graisse et sur la cuisse droite. Et il mit le tout sur les mains d’Aaron et sur les mains de ses fils, et les balança en offrande balancée devant le Seigneur » (Lévitique 8:25–27).
מַאי טַעְמָא? אִילֵּימָא מִשּׁוּם דִּכְתִיב: ״שׁוֹק הַתְּרוּמָה וַחֲזֵה הַתְּנוּפָה עַל אִשֵּׁי הַחֲלָבִים יָבִיאוּ לְהָנִיף תְּנוּפָה״, וְהָכְתִיב: ״אֶת הַחֵלֶב עַל הֶחָזֶה יְבִיאֶנּוּ״!
La Guemara demande : Quelle en est la raison, c’est-à-dire d’où apprend-on que les portions sacrificielles doivent être placées en bas, et la poitrine et la cuisse au-dessus d’elles ? Si l’on dit que c’est parce qu’il est écrit : « La cuisse de prélèvement et la poitrine de balancement, ils les apporteront sur les offrandes de graisse consumées par le feu, afin de les balancer comme offrande balancée devant le Seigneur » (Lévitique 10:15), ce qui indique que la poitrine et la cuisse sont placées au-dessus des graisses, cela ne suffit pas : Mais n’est-il pas écrit ailleurs : « La graisse sur la poitrine il l’apportera, afin que la poitrine soit balancée comme offrande balancée devant le Seigneur » (Lévitique 7:30) ? Ce verset mène à la conclusion opposée, car il indique que les graisses doivent être placées au-dessus de la poitrine.
אָמַר אַבָּיֵי: הָהוּא דְּמַיְיתֵי לֵיהּ כֹּהֵן מִבֵּית הַמִּטְבָּחַיִים, וְרָמֵי לֵיהּ.
Abaye dit : Ce deuxième verset ne fait pas référence au placement des portions pour le balancement. Il décrit plutôt leur placement lorsque le prêtre apporte les parties de l’offrande depuis la zone d’abattage afin qu’elles soient balancées. Ce prêtre porte la poitrine et la cuisse sous les graisses, et par conséquent, lorsqu’il retourne ces parties sur la main du prêtre qui les balancera, la graisse se trouvera sous la poitrine et la cuisse.
וְהָכְתִיב ״וַיָּשִׂימוּ אֶת הַחֲלָבִים עַל הֶחָזוֹת״? הָהוּא דְּיָהֵיב לֵיהּ לְכֹהֵן אַחֲרִינָא, וְאָזֵיל וּמַקְטַר לֵיהּ.
La Guemara demande : Mais n’est-il pas écrit : « Et ils mirent la graisse sur les poitrines » (Lévitique 9:20), ce qui indique également que la graisse doit être au-dessus, et non au-dessous, de la poitrine et de la cuisse ? La Guemara répond : Ce verset fait référence à l’étape le prêtre qui les a balancés les remet à un autre prêtre, qui apporte les portions sacrificielles à l’autel. Une fois encore, les parties sont retournées lors de cet échange, de sorte que les graisses sacrificielles se trouvent au-dessus de la poitrine. Et ce troisième prêtre ensuite va et brûle les portions sacrificielles sur l’autel.
וְהָא קָא מַשְׁמַע לַן, דְּבָעֵינַן שְׁלֹשָׁה כֹּהֲנִים, מִשּׁוּם דִּכְתִיב: ״בְּרׇב עָם הַדְרַת מֶלֶךְ״.
La Guemara ajoute : Et cela nous enseigne que nous avons besoin de trois prêtres pour accomplir ce service : un pour apporter les parties depuis la zone d’abattage, un pour les balancer, et un troisième pour les brûler sur l’autel. La raison pour laquelle ces trois actes ne peuvent pas être accomplis par un seul prêtre est car il est écrit : « Dans la multitude du peuple est la gloire du Roi » (Proverbes 14:28). Si un plus grand nombre de prêtres participe au service du Temple, cela représente une plus grande gloire pour Dieu. Il est donc préférable que le service soit accompli par trois prêtres plutôt que par un seul.
וּשְׁתֵּי הַלֶּחֶם וּשְׁנֵי כִּבְשֵׂי עֲצֶרֶת [וְכוּ׳]. תָּנוּ רַבָּנַן: ״וְהֵנִיף הַכֹּהֵן אֹתָם עַל לֶחֶם הַבִּיכּוּרִים״,
§ La michna enseigne : Et les deux pains et l’offrande de paix accompagnatrice de deux agneaux apportée à Chavouot nécessitent également un balancement rituel. À propos de ce balancement, les Sages ont enseigné dans une baraita : Le verset déclare : "Et le prêtre les balancera sur le pain des prémices comme offrande balancée devant le Seigneur, sur les deux agneaux ; ils seront saints pour le Seigneur, pour le prêtre" (Lévitique 23:20).
יָכוֹל יַנִּיחַ כְּבָשִׂים עַל גַּבֵּי הַלֶּחֶם? תַּלְמוּד לוֹמַר ״עַל שְׁנֵי כְּבָשִׂים״. אִי ״עַל שְׁנֵי כְּבָשִׂים״ יָכוֹל לֶחֶם עַל גַּבֵּי כְּבָשִׂים? תַּלְמוּד לוֹמַר ״עַל לֶחֶם הַבִּיכּוּרִים״.
On aurait pu penser que le prêtre qui effectue le balancement doit placer les agneaux sur le pain pour le balancement. C’est pourquoi le verset déclare : « Une offrande balancée devant le Seigneur sur les deux agneaux, » ce qui indique que les deux pains doivent être au-dessus des agneaux. Si le verset avait dit seulement : « Sur les deux agneaux, » on aurait pu penser que le prêtre doit placer le pain sur les agneaux. C’est pourquoi le verset déclare : « Sur le pain des prémices, » ce qui indique que les pains doivent être placés sous les agneaux pour le balancement.
נִישְׁתַּקֵּל הַכָּתוּב, וְאֵינִי יוֹדֵעַ אִם לֶחֶם עַל גַּבֵּי כְּבָשִׂים, וְאִם כְּבָשִׂים עַל גַּבֵּי לֶחֶם. מָה מָצִינוּ בְּכׇל מָקוֹם – לֶחֶם לְמַעְלָה, אַף כָּאן לֶחֶם לְמַעְלָה. הֵיכָא? אָמַר רַב פָּפָּא: בְּמִילּוּאִים.
Par conséquent, le verset est également équilibré, car on peut en tirer deux conclusions contradictoires, et je ne sais pas si le pain doit être au-dessus des agneaux, ou si les agneaux doivent être au-dessus du pain. La baraita résout la contradiction : De même que nous trouvons partout que le balancement rituel est effectué de sorte que le pain soit placé au-dessus des autres portions, de même, dans le cas des deux pains et des deux agneaux, le pain est placé au-dessus des agneaux. La Guemara interrompt sa citation de la baraita pour demander : est-il dit que les pains doivent être placés au-dessus ? Rav Pappa dit : Cela est dit explicitement au sujet du bélier offert lors de l’inauguration des prêtres.
רַבִּי יוֹסֵי בֶּן הַמְשׁוּלָּם אוֹמֵר: כְּבָשִׂים לְמַעְלָה, וּמָה אֲנִי מְקַיֵּים ״עַל שְׁנֵי כְּבָשִׂים״ – לְהוֹצִיא שִׁבְעָה.
La Guemara reprend sa citation de la baraita. Rabbi Yosei ben HaMeshullam n’est pas d’accord avec la décision précédente et dit : ce sont les agneaux qui sont placés au-dessus, et les deux pains en dessous d’eux. Et comment comprendre le sens de l’expression : « Sur les deux agneaux », qui semble indiquer que les deux pains doivent être placés au-dessus des agneaux et non en dessous d’eux ? Rabbi Yosei ben HaMeshullam explique : Ce verset enseigne que l’exigence d’agiter les agneaux avec les pains ne s’applique qu’aux deux agneaux sacrifiés comme offrandes communautaires de paix à Shavouot, à l’exclusion des sept autres agneaux, apportés comme holocaustes, qui ne doivent pas être agités avec les pains.
חֲנִינָא בֶּן חֲכִינַאי אוֹמֵר: מַנִּיחַ שְׁתֵּי הַלֶּחֶם בֵּין יַרְכוֹתֵיהֶן שֶׁל כְּבָשִׂים וּמֵנִיף, וְנִמְצָא מְקַיֵּים שְׁנֵי מִקְרָאוֹת הַלָּלוּ: לֶחֶם עַל גַּבֵּי כְּבָשִׂים, וּכְבָשִׂים עַל גַּבֵּי הַלֶּחֶם. אָמַר רַבִּי: לִפְנֵי מֶלֶךְ בָּשָׂר וְדָם אֵין עוֹשִׂין כֵּן, לִפְנֵי מֶלֶךְ מַלְכֵי הַמְּלָכִים הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא עוֹשִׂין כֵּן?! אֶלָּא מַנִּיחַ זֶה בְּצַד זֶה וּמֵנִיף.
Ḥanina ben Ḥakhinai dit qu’il y a une autre réponse : Le prêtre place les deux pains entre les cuisses des deux agneaux et les balance. Et de cette manière, il se trouve qu’il réalise le sens de ces deux versets, car le pain est au-dessus des agneaux et les agneaux sont aussi au-dessus du pain. Rabbi Yehuda HaNasi dit, pour s’opposer à cet avis : On ne ferait pas ainsi, c’est-à-dire placer du pain qui a été mis entre les cuisses d’agneaux devant un roi de chair et de sang ; ferait-on ainsi devant le Roi des rois, le Saint, béni soit-Il ? Au contraire, il place les deux pains et les deux agneaux côte à côte, et les balance ensemble, accomplissant ainsi les exigences des versets d’une manière respectueuse.
וְהָא בָּעֵינַן ״עַל״, אֲמַר לֵיהּ רַב חִסְדָּא לְרַב הַמְנוּנָא, וְאָמְרִי לַהּ רַב הַמְנוּנָא לְרַב חִסְדָּא: רַבִּי לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר ״עַל״ בְּסָמוּךְ.
La Guemara soulève une objection à l’opinion de Rabbi Yehuda HaNasi : Mais nous exigeons l’accomplissement du terme « sur [al] » dans le verset, soit en plaçant le pain sur les agneaux, soit les agneaux sur le pain. En réponse, Rav Ḥisda dit à Rav Hamnuna, et certains disent que Rav Hamnuna dit à Rav Ḥisda : Avec cette opinion, Rabbi Yehuda HaNasi est conforme à sa ligne habituelle de raisonnement, car il dit que le mot al peut signifier à côté de.
דְּתַנְיָא, ״וְנָתַתָּ עַל הַמַּעֲרֶכֶת לְבֹנָה זַכָּה״, רַבִּי אוֹמֵר: ״עַל״ בְּסָמוּךְ, אַתָּה אוֹמֵר ״עַל״ בְּסָמוּךְ, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא ״עַל״ מַמָּשׁ? כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״וְסַכֹּתָ עַל הָאָרֹן אֶת הַפָּרֹכֶת״, הֱוֵי אוֹמֵר ״עַל״ בְּסָמוּךְ.
C’est comme il est enseigné dans une baraita : En ce qui concerne les pains de proposition, le verset déclare : « Tu mettras de l’encens pur sur [al] chaque rangée » (Lévitique 24:7). Rabbi Yehuda HaNasi dit : Al dans ce cas signifie : À côté de. La baraita demande : Dis-tu que al signifie : À côté de ? Ou peut-être que cela signifie seulement réellement sur ? La baraita explique : Lorsqu’il est dit : « Tu y placeras l’Arche du Témoignage, et tu mettras un rideau sur [al] l’Arche » (Exode 40:3), le mot al ne peut pas signifier sur, car le rideau qui séparait le Sanctuaire du Saint des Saints était suspendu près de l’Arche, et non placé dessus. Par conséquent, tu dois dire que al signifie à côté de.
מוֹלִיךְ וּמֵבִיא, מַעֲלֶה וּמוֹרִיד [וְכוּ׳]. אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מוֹלִיךְ וּמֵבִיא – לְמִי שֶׁהָרוּחוֹת שֶׁלּוֹ, מַעֲלֶה וּמוֹרִיד – לְמִי שֶׁהַשָּׁמַיִם וְהָאָרֶץ שֶׁלּוֹ.
§ La michna enseigne que les deux pains et les deux agneaux sont balancés de la manière suivante : le prêtre place ses deux mains sous les agneaux, les étend vers chacune des quatre directions et les ramène en arrière, puis les élève et les abaisse. Rabbi Ḥiyya bar Abba dit que Rabbi Yoḥanan dit : Il étend les agneaux et les ramène en arrière afin de les consacrer à Celui à qui appartiennent les quatre directions. Il les élève et les abaisse afin de les consacrer à Celui à qui appartiennent les cieux et la terre.
בְּמַעְרְבָא מַתְנוּ הָכִי: אָמַר רַב חָמָא בַּר עוּקְבָא, אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בַּר רַבִּי חֲנִינָא: מוֹלִיךְ וּמֵבִיא – כְּדֵי לַעֲצוֹר רוּחוֹת רָעוֹת, מַעֲלֶה וּמוֹרִיד – כְּדֵי לַעֲצוֹר טְלָלִים רָעִים.
En Occident, Eretz Yisrael, ils ont enseigné l’idée ainsi : Rabbi Ḥama bar Ukva dit que Rabbi Yosei bar Rabbi Ḥanina dit : Il étend les agneaux et les ramène afin de demander un arrêt des vents nuisibles et des tempêtes venant de toutes les directions. De même, il les élève et les abaisse afin d’arrêter des rosées nuisibles et des pluies venant d’en haut.
אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בַּר רַב אָבִין: זֹאת אוֹמֶרֶת שְׁיָרֵי מִצְוָה מְעַכְּבִים אֶת הַפּוּרְעָנוּת, דְּהָא תְּנוּפָה שְׁיָרֵי מִצְוָה הִיא, וְעוֹצֶרֶת רוּחוֹת רָעוֹת וּטְלָלִים רָעִים. אָמַר רַבָּה: וְכֵן לוּלָב.
Rabbi Yossei bar Rav Avin dit : Cela veut dire, c’est-à-dire qu’on peut déduire d’ici qu’une mitsva non essentielle aide à prévenir le malheur, car le balancement est une mitsva non essentielle ; même s’il n’a pas balancé les pains, il s’est acquitté de son obligation, et néanmoins le balancement arrête les vents et les rosées nuisibles. Rava dit : Et il faut agir de manière similaire avec un loulav pendant la fête de Souccot, c’est-à-dire qu’il faut tendre et ramener, lever et abaisser le loulav, pour les mêmes raisons.
רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב מַמְטֵי לֵיהּ וּמַיְיתֵי לֵיהּ, וּמַחְוֵי הָכִי, וְאָמַר: ״גִּירָא בְּעֵינָא דְשִׂטְנָא״. וְלָאו מִילְּתָא הִיא, מִשּׁוּם דְּאָתֵי לְאִתְגָּרוֹיֵי בֵּיהּ.
La Guemara rapporte : Rav Aḥa bar Ya’akov étendait et ramenait le loulav de cette manière, et disait : Par la présente, je décoche une flèche dans l’œil de Satan, car malgré tous les efforts de Satan, le peuple juif continue d’accomplir les mitsvot dans la joie. La Guemara commente : Il n’est pas correct de dire cela, parce que cela amènera Satan à venir inciter le peuple juif à fauter. Se glorifier de sa victoire sur le mauvais penchant conduira Satan à redoubler d’efforts pour les corrompre.
תָּנוּ רַבָּנַן: זִבְחֵי שַׁלְמֵי צִבּוּר טְעוּנִין תְּנוּפָה לְאַחַר שְׁחִיטָה, וּתְנוּפָתָן כְּמוֹת שֶׁהֵן – דִּבְרֵי רַבִּי, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: בְּחָזֶה וָשׁוֹק.
§ La Guemara continue de discuter des halakhot concernant le balancement des offrandes : Les Sages ont enseigné dans une baraita : Les offrandes de paix communautaires, qui étaient apportées lors de la fête de Shavouot et qui doivent être balancées alors que les animaux sont encore vivants, requièrent également un balancement après leur abattage, et leur balancement après l’abattage doit être effectué telles qu’elles sont, c’est-à-dire que l’animal entier doit être balancé, comme cela se faisait lorsqu’il était vivant ; telle est la déclaration de Rabbi Yehouda HaNassi. Et les Rabbins disent : On ne balance pas l’animal entier ; au contraire, le balancement est effectué seulement avec la poitrine et la cuisse.
בְּמַאי קָא מִיפַּלְגִי? אֲמַר לֵיהּ רַב חִסְדָּא לְרַב הַמְנוּנָא, וְאָמְרִי לַהּ רַב הַמְנוּנָא לְרַב חִסְדָּא: בְּדוּן מִינַּהּ וּמִינַּהּ, בְּדוּן מִינַּהּ וְאוֹקֵי בְאַתְרַהּ – קָא מִיפַּלְגִי.
La Guemara demande : À propos de quel principe sont en désaccord Rabbi Yehuda HaNasi et les Sages ? Rav Ḥisda dit à Rav Hamnuna, et certains disent que Rav Hamnuna dit à Rav Ḥisda : Ils sont en désaccord au sujet d'un principe concernant l’application des analogies verbales. L’un adopte le principe exégétique : Déduis-en et tire les détails de cela, ce qui signifie que, lorsqu’un cas est dérivé d’un autre au moyen d’une analogie verbale, tous les détails du cas source sont appliqués au second cas. L’autre Sage accepte le principe : Déduis-en, mais interprète la halakha selon son propre contexte, ce qui signifie que l’on ne déduit que le détail spécifique visé par l’analogie verbale, et que tous les autres aspects du cas source ne sont pas appliqués à l’autre cas.
רַבָּנַן סָבְרִי: דּוּן מִינַּהּ וּמִינַּהּ – מָה זִבְחֵי שַׁלְמֵי יָחִיד טְעוּנִין תְּנוּפָה לְאַחַר שְׁחִיטָה, אַף זִבְחֵי שַׁלְמֵי צִבּוּר טְעוּנִין תְּנוּפָה לְאַחַר שְׁחִיטָה, וּמִינַּהּ – מָה הָתָם בְּחָזֶה וָשׁוֹק, אַף הָכָא נָמֵי בְּחָזֶה וָשׁוֹק.
La Guemara développe : le balancement des offrandes de paix communautaires est dérivé du balancement des offrandes de paix individuelles au moyen d’une analogie verbale. Les Sages soutiennent : Déduire de cela et tirer les détails de cela, ce qui mène à la conclusion : De même que les offrandes de paix individuelles exigent un balancement après l’abattage, de même les offrandes de paix communautaires exigent un balancement après l’abattage. Et tirer les détails de cela : De même que là-bas, dans le cas des offrandes de paix individuelles, le balancement est effectué avec la poitrine et la cuisse בלבד, de même ici, en ce qui concerne les offrandes de paix communautaires aussi, le balancement est effectué avec la poitrine et la cuisse seulement.
וְרַבִּי סָבַר: דּוּן מִינַּהּ וְאוֹקֵי בְאַתְרַהּ – מָה זִבְחֵי שַׁלְמֵי יָחִיד טְעוּנִין תְּנוּפָה לְאַחַר שְׁחִיטָה, אַף זִבְחֵי שַׁלְמֵי צִבּוּר טְעוּנִין תְּנוּפָה לְאַחַר שְׁחִיטָה, וְאוֹקֵי בְּאַתְרַהּ – הָתָם הוּא דְּחָזֶה וָשׁוֹק, אֲבָל הָכָא כְּמוֹת שֶׁהֵן, כְּמוֹת שֶׁהֵן בַּחַיִּים.
Et Rabbi Yehuda HaNasi soutient : On en déduit, mais on interprète la halakha selon son propre contexte, c’est-à-dire que la halakha fondamentale de l’analogie verbale est acceptée : De même que les sacrifices de paix individuels exigent un balancement après l’abattage, de même les sacrifices de paix communautaires exigent un balancement après l’abattage. Mais on interprète la halakha selon son propre contexte : C’est seulement là, dans le cas des sacrifices de paix individuels, que le balancement est effectué avec la poitrine et la cuisse בלבד. Mais ici, dans le cas des sacrifices de paix communautaires, le balancement se fait tels qu’ils sont, c’est-à-dire que les animaux sont balancés entiers, comme ils l’étaient lorsqu’ils étaient vivants.

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