אֶלָּא פְּשִׁיטָא דְּלֵית לֵיהּ! וְאִי דְּיוֹמֵיהּ, אַמַּאי? תָּדִיר וּמְקוּדָּשׁ – תָּדִיר עָדִיף!
Au contraire, il est évident que la michna fait référence à un cas où il n’a pas un nombre suffisant d’animaux pour les deux offrandes. Et si elle fait référence aux offrandes de ce jour-là, pourquoi la michna dit-elle que le fait de ne pas sacrifier l’une n’empêche pas le sacrifice de l’autre ? Puisque l’offrande quotidienne est plus fréquente et qu’elle est sanctifiée, tandis que les offrandes additionnelles sont sanctifiées mais moins fréquentes que l’offrande quotidienne, l’offrande fréquente a priorité. Par conséquent, le fait de ne pas sacrifier l’offrande quotidienne devrait empêcher le sacrifice des offrandes additionnelles.
אֶלָּא לָאו דְּלִמְחַר, וְקָתָנֵי אֵין מְעַכְּבִין זֶה אֶת זֶה, אַלְמָא כִּי הֲדָדֵי נִינְהוּ.
Ne s’agit-il pas plutôt d’un cas où le trésor du Temple ne dispose pas d’assez d’animaux à la fois pour les offrandes additionnelles d’aujourd’hui et pour l’offrande quotidienne de demain, et pourtant la michna enseigne que le fait de ne pas sacrifier l’une n’empêche pas de sacrifier l’autre ? Il est donc évident qu’elles sont équivalentes, et il peut sacrifier l’offrande de son choix. Cela résoudrait le dilemme de Rabbi Ḥiyya bar Avin.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: לְעוֹלָם דְּאִית לְהוּ, וּלְקַדֵּם. וּדְקָא קַשְׁיָא לָךְ שֶׁלֹּא יְהֵא דָּבָר קוֹדֵם – מִצְוָה בְּעָלְמָא הוּא.
Abaye dit à Rav Ḥisda : Ce n’est pas une résolution valable du dilemme, car on peut soutenir que en réalité, la michna traite d’un cas où ils ont suffisamment d’animaux pour toutes les offrandes, et la michna traite de la question de sacrifier l’une avant l’autre. Et en ce qui concerne ce qui pose une difficulté pour toi sur la base de la baraita qui affirme qu’aucun sacrifice ne doit précéder le sacrifice de l’offrande quotidienne du matin, cette baraitane fait que formuler la mitsva ab initio.
תָּא שְׁמַע: אֵין פּוֹחֲתִין מִשִּׁשָּׁה טְלָאִים הַמְבוּקָּרִין בְּלִשְׁכַּת הַטְּלָאִים, כְּדֵי לַשַּׁבָּת וְלִשְׁנֵי יָמִים טוֹבִים שֶׁל רֹאשׁ הַשָּׁנָה.
La Guemara suggère : Viens et écoute une résolution au dilemme de Rabbi Ḥiyya bar Avin sur la base d’une michna (Arakhin 13a) : Selon un avis, on garde au moins six agneaux qui ont été inspectés et jugés sans défaut dans la Chambre des Agneaux, suffisants pour le Chabbat et pour les deux jours de fête de Roch Hachana qui, certaines années, lui sont adjacents.
הֵיכִי דָמֵי? אִילֵּימָא דְּאִית לֵיהּ תְּמִידִין וּמוּסָפִין – טוּבָא הֲווֹ!
La Guemara précise : Quelles sont les circonstances de ce cas ? Si nous disons que cela fait référence à un cas où le trésor du Temple a suffisamment d’animaux pour toutes les offrandes qui doivent être apportées, six agneaux ne suffisent pas, car il y a beaucoup d’agneaux sacrifiés pour les offrandes quotidiennes et les offrandes additionnelles pendant ces trois jours. Au total, vingt-deux agneaux sont nécessaires : deux chaque jour pour les offrandes quotidiennes, deux pour l’offrande additionnelle de Chabbat, sept pour l’offrande additionnelle de Roch HaChana et sept pour l’offrande additionnelle de la nouvelle lune.
אֶלָּא לָאו דְּלֵית לֵיהּ, וּשְׁמַע מִינַּהּ תְּמִידִין עֲדִיפִי!
Ne s’agit-il pas plutôt du cas où la trésorerie du Temple n’a pas assez d’animaux pour toutes les offrandes, et où la michna enseigne que les animaux dont elle dispose sont utilisés pour les offrandes quotidiennes des trois jours plutôt que pour l’offrande additionnelle de Chabbat le premier de ces trois jours ? Par conséquent, on peut en conclure que les offrandes quotidiennes de demain ont priorité sur les offrandes additionnelles d’aujourd’hui.
לָא, לְעוֹלָם דְּאִית לֵיהּ, וְהָכִי קָא אָמַר: אֵין פּוֹחֲתִין מִשִּׁשָּׁה טְלָאִים הַמְבוּקָּרִין בְּלִשְׁכַּת הַטְּלָאִים אַרְבָּעָה יָמִים קוֹדֶם שְׁחִיטָה, וּמַנִּי? בֶּן בַּג בַּג הִיא.
La Guemara répond : Non, ce n’est pas une preuve valable, car on peut soutenir que en réalité, la michna traite d’un cas où le trésor du Temple a suffisamment d’animaux pour toutes les offrandes des trois jours, et c’est ce que la michna veut dire lorsqu’elle mentionne six agneaux : On garde pour les offrandes quotidiennes au moins six agneaux qui ont été inspectés et jugés sans défaut dans la Chambre des Agneaux quatre jours avant leur abattage. Les agneaux sacrifiés comme autres offrandes n’ont pas besoin d’être inspectés quatre jours avant leur abattage. Et selon l’opinion de qui est cette michna ? C’est conformément à l’opinion de ben Bag Bag.
דְּתַנְיָא, בֶּן בַּג בַּג אוֹמֵר: מִנַּיִן לְתָמִיד שֶׁטָּעוּן בִּיקּוּר אַרְבָּעָה יָמִים קוֹדֶם שְׁחִיטָה? תַּלְמוּד לוֹמַר ״תִּשְׁמְרוּ לְהַקְרִיב לִי בְּמוֹעֲדוֹ״, וּלְהַלָּן הוּא אוֹמֵר: ״וְהָיָה לָכֶם לְמִשְׁמֶרֶת עַד אַרְבָּעָה עָשָׂר יוֹם״.
Comme il est enseigné dans une baraita que ben Bag Bag dit : D’où est-il dérivé que l’offrande quotidienne nécessite une inspection quatre jours avant son abattage ? Le verset déclare au sujet de l’offrande quotidienne : « Vous observerez [tishmeru] afin de Me l’offrir en son temps fixé » (Nombres 28:2), et ailleurs, au sujet de l’offrande pascale, le verset déclare : « Le dixième jour de ce mois, ils prendront pour eux, chacun, un agneau…et vous le garderez [mishmeret] jusqu’au quatorzième jour de ce mois » (Exode 12:3–6).
מָה לְהַלָּן טָעוּן בִּיקּוּר אַרְבָּעָה יָמִים קוֹדֶם שְׁחִיטָה, אַף כָּאן טָעוּן בִּיקּוּר אַרְבָּעָה יָמִים קוֹדֶם שְׁחִיטָה.
Par conséquent, il est déduit au moyen d’une analogie verbale que de même que dans le verset là-bas, l’offrande pascale requiert une inspection quatre jours avant son abattage, du dixième jour du mois au quatorzième, de même ici, l’offrande quotidienne requiert une inspection quatre jours avant son abattage. Ce n’est pas une exigence qui s’applique à toutes les offrandes ; elle est énoncée spécifiquement au sujet de l’offrande pascale et étendue au moyen d’une analogie verbale à l’offrande quotidienne.
אֲמַר לֵיהּ רָבִינָא לְרַב אָשֵׁי: הָנֵי שִׁשָּׁה? שִׁבְעָה הָווּ, דְּהָא אִיכָּא דְּצַפְרָא דִּתְלָתָא בְּשַׁבְּתָא!
§ La Guemara cite une discussion relative à la michna citée plus tôt. Ravina dit à Rav Ashi : En ce qui concerne ces six agneaux inspectés qui doivent toujours être gardés dans la Chambre des Agneaux, il devrait y en avoir sept, car il y a besoin d’un autre agneau pour l’offrande quotidienne du matin du troisième jour de la semaine, puisqu’il ne peut pas être inspecté pendant le Chabbat ni durant les jours de fête suivants de Roch Hachana, et doit donc être inspecté et gardé à l’avance.
וּלְטַעְמָיךְ, תְּמָנְיָא הָווּ, דְּהָאִיכָּא דְּפַנְיָא דְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא!
Rav Ashi répondit à Ravina : Selon ton raisonnement, le nombre correct n’est pas sept, mais il est huit ; car il y a aussi l’offrande quotidienne de l’après-midi de la veille de Chabbat qui doit également être comptée.
הָא לָא קַשְׁיָא, דִּלְבָתַר דְּאַקְרֵיב קָאָמַר.
Ravina répondit : Cela n’est pas difficile, parce que la michna dit qu’après qu’il a sacrifié l’offrande quotidienne de l’après-midi, il doit y avoir six agneaux inspectés.