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תָּנוּ רַבָּנַן: כִּבְשֵׂי עֲצֶרֶת אֵין מְקַדְּשִׁין אֶת הַלֶּחֶם אֶלָּא בִּשְׁחִיטָה.
§ La Guemara cite une discussion supplémentaire au sujet des deux agneaux et des deux pains de Shavouot : Les Sages ont enseigné dans une baraita : Les deux agneaux de Shavouot consacrent les deux pains qui les accompagnent uniquement par leur abattage.
כֵּיצַד? שְׁחָטָן לִשְׁמָן, וְזָרַק דָּמָן לִשְׁמָן – קָדַשׁ הַלֶּחֶם. שְׁחָטָן שֶׁלֹּא לִשְׁמָן, וְזָרַק דָּמָן שֶׁלֹּא לִשְׁמָן – לֹא קָדַשׁ הַלֶּחֶם. שְׁחָטָן לִשְׁמָן, וְזָרַק דָּמָן שֶׁלֹּא לִשְׁמָן – הַלֶּחֶם קָדוֹשׁ וְאֵינוֹ קָדוֹשׁ, דִּבְרֵי רַבִּי. רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: לְעוֹלָם אֵינוֹ קָדוֹשׁ עַד שֶׁיִּשְׁחוֹט לִשְׁמָן וְיִזְרוֹק דָּמָן לִשְׁמָן.
Comment cela ? Si quelqu’un a abattu les brebis pour leur propre intention, comme les offrandes de paix qui doivent être sacrifiées à Shavouot, et ensuite le prêtre a aspergé leur sang sur l’autel pour leur propre intention, alors les pains sont consacrés. Mais si quelqu’un les a abattues non pour leur propre intention, et le prêtre a aspergé leur sang non pour leur propre intention, les pains ne sont pas consacrés. Si quelqu’un les a abattues pour leur propre intention et a aspergé leur sang non pour leur propre intention, les pains sont partiellement consacrés, mais ils ne sont pas pleinement consacrés. C’est l’affirmation de Rabbi Yehouda HaNassi. Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, dit : Les pains ne sont jamais consacrés du tout jusqu’à ce que quelqu’un abatte les offrandes pour leur propre intention et asperge leur sang pour leur propre intention.
מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי?
La Guemara demande : Quel est le raisonnement de Rabbi Yehouda HaNassi, qui soutient que l’abattage des brebis consacre partiellement les pains même sans l’aspersion du sang ?
דִּכְתִיב ״וְאֶת הָאַיִל יַעֲשֶׂה זֶבַח שְׁלָמִים לַה׳ עַל סַל הַמַּצּוֹת״, לְמֵימְרָא דִּשְׁחִיטָה מְקַדְּשָׁא.
La Guemara répond : Cela repose sur le fait qu’il est écrit au sujet du bélier apporté par le nazir lorsqu’il achève son naziréat : « Il offrira le bélier en sacrifice [zevaḥ] d’offrandes de paix à l’Éternel, avec la corbeille de pains sans levain » (Nombres 6:17). Puisque le verset emploie le mot zevaḥ, qui signifie aussi abattage rituel, et que le verset fait ensuite référence aux pains, c’est-à-dire que c’est précisément l’abattage qui consacre les pains qui accompagnent l’offrande. De même, l’abattage des brebis apportées comme offrandes de paix à Shavuot consacre les deux pains qui les accompagnent, car la halakha des pains de Shavuot est dérivée de celle des pains du nazir.
וְרַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן: ״יַעֲשֶׂה״ – עַד שֶׁיַּעֲשֶׂה כָּל עֲשִׂיּוֹתָיו.
La Guemara demande : Et quel est le raisonnement de Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, qui soutient que l’abattage et l’aspersion du sang consacrent ensemble les pains ? La Guemara répond : Il l’apprend du terme : « Il offrira », qu’il comprend comme signifiant que les pains ne sont pas consacrés tant que le prêtre n’a pas accompli toutes les actions comprises dans les rites sacrificiels de cette offrande, y compris l’aspersion du sang.
וְרַבִּי נָמֵי הָכְתִיב ״יַעֲשֶׂה״? אִי כְּתִיב ״זֶבַח יַעֲשֶׂה״ – כִּדְקָאָמְרַתְּ, הַשְׁתָּא דִּכְתִיב ״יַעֲשֶׂה זֶבַח״ – בְּמָה יַעֲשֶׂה? בִּזְבִיחָה.
La Guemara demande : Et selon Rabbi Yehouda HaNassi aussi, n’est-il pas écrit : « Il offrira », ce qui indique que les pains ne sont consacrés qu’une fois que le sang a été aspergé sur l’autel ? La Guemara répond : Si c’était écrit : Un sacrifice [zevaḥ] il offrira, ce serait comme tu le dis, qu’il devrait l’abattre puis accomplir une action supplémentaire, à savoir l’aspersion du sang, afin de consacrer les pains. Maintenant qu’il est écrit : « Il offrira le bélier comme un sacrifice [zevaḥ], » il faut comprendre ainsi : Par quel moyen doit-il offrir le bélier afin de consacrer les pains ? Par le abattage [zeviḥa].
וְרַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן, הָכְתִיב ״זֶבַח״? הָהוּא מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְרַבִּי יוֹחָנָן, דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הַכֹּל מוֹדִים שֶׁצָּרִיךְ שֶׁיְּהֵא לֶחֶם בִּשְׁעַת שְׁחִיטָה.
La Guemara demande : Et selon Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, n’est-il pas écrit : « Un sacrifice [zevaḥ] », ce qui indique que l’abattage seul consacre les pains ? La Guemara répond : Il a besoin de cette expression pour ce que dit Rabbi Yoḥanan, car Rabbi Yoḥanan dit que tous, y compris Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, conviennent que les pains doivent être présents au moment de l’abattage.
מַאי ״קָדוֹשׁ וְאֵינוֹ קָדוֹשׁ״? אַבָּיֵי אָמַר: קָדוֹשׁ וְאֵינוֹ גָּמוּר. רָבָא אָמַר: קָדוֹשׁ וְאֵינוֹ נִיתָּר.
§ La Guemara demande : Que signifie la déclaration de Rabbi Yehouda HaNassi dans la baraita selon laquelle, si l’on a abattu les brebis pour elles-mêmes et aspergé leur sang non pour elles-mêmes, alors les pains sont partiellement consacrés, mais ils ne sont pas pleinement consacrés ? Abaye dit : Les pains sont consacrés au moyen de l’abattage, mais leur consécration n’est pas complète. Rava dit : Les pains sont pleinement consacrés au moyen de l’abattage, mais ils ne sont pas pour autant autorisés à être consommés.
מַאי בֵּינַיְיהוּ? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ לְמִיתְפַּס פִּדְיוֹנוֹ: לְאַבָּיֵי – לָא תָּפֵיס פִּדְיוֹנוֹ, לְרָבָא – תָּפֵיס פִּדְיוֹנוֹ.
La Guemara demande : Quelle est la différence pratique entre eux ? Tous conviennent que les pains ne peuvent pas être consommés à la suite de cet abattage rituel. La Guemara répond : La différence pratique entre eux est la capacité de transférer la sainteté à l’argent de leur rachat. Selon Abaye, qui soutient que les pains ne sont pas complètement consacrés, ils ne transfèrent pas la sainteté à l’argent de leur rachat si l’on essaie de les racheter avec de l’argent. Selon Rava, qui soutient que les pains sont complètement consacrés, ils transfèrent la sainteté à l’argent de leur rachat.
בִּשְׁלָמָא לְרָבָא, הַיְינוּ דְּאִיכָּא בֵּין רַבִּי לְרַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן. אֶלָּא לְאַבָּיֵי, מַאי אִיכָּא בֵּין רַבִּי לְרַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן?
La Guemara demande : Soit, selon Rava, qui soutient que selon Rabbi Yehouda HaNassi les pains sont entièrement sanctifiés, telle est la différence entre les avis de Rabbi Yehouda HaNassi et de Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon. Mais selon Abaye, quelle différence y a-t-il entre les avis de Rabbi Yehouda HaNassi et de Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon ?
אִיכָּא [בֵּינַיְיהוּ] לְאִיפְּסוֹלֵי בְּיוֹצֵא.
La Guemara répond : La différence pratique entre eux est en ce qui concerne la question de savoir si les pains sont rendus impropres par le fait de quitter la cour du Temple après l’abattage de l’offrande. Selon Rabbi Yehouda HaNassi, les pains sont rendus impropres s’ils quittent la cour. Selon Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, qui soutient que les pains ne sont pas consacrés, ils ne sont pas rendus impropres s’ils quittent la cour.
בְּעָא מִינֵּיהּ רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק מֵרַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא: כִּבְשֵׂי עֲצֶרֶת שֶׁשְּׁחָטָן לִשְׁמָן, וְזָרַק דָּמָן שֶׁלֹּא לִשְׁמָן – אוֹתוֹ הַלֶּחֶם מַהוּ בַּאֲכִילָה?
§ La Guemara poursuit la discussion du différend entre Rabbi Yehouda HaNassi et Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, concernant la consécration des deux pains au moyen de l’abattage et de l’aspersion du sang des brebis de Chavouot. Rabbi Shmuel bar Rav Yitzḥak a soulevé un dilemme devant Rabbi Ḥiyya bar Abba : Dans le cas d’un sacrifice communautaire de paix de deux brebis qui accompagnent les deux pains à Chavouot, que l’on a abattues pour eux mais le prêtre a aspergé leur sang non pour eux, concernant ces pains accompagnateurs, quelle est la halakha quant au fait de les manger ?
אַלִּיבָּא דְּמַאן? אִי אַלִּיבָּא דְּרַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן – הָאָמַר זְרִיקָה הִיא דִּמְקַדְּשָׁא! אִי אַלִּיבָּא דְּרַבִּי – בֵּין לְאַבָּיֵי בֵּין לְרָבָא, קָדוֹשׁ וְאֵינוֹ נִיתָּר הוּא!
La Guemara demande : Conformément à l’opinion de qui ce dilemme a-t-il été soulevé ? Si cela a été soulevé conformément à l’opinion de Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon, ne dit-il pas que c’est l’aspersion du sang qui consacre les pains ? Par conséquent, si le sang n’a pas été aspergé correctement, il est clair que les pains sont impropres et ne peuvent pas être mangés. Et si cela a été soulevé conformément à l’opinion de Rabbi Yehouda HaNassi, aussi bien selon l’opinion d’Abaye que selon celle de Rava, Rabbi Yehouda HaNassi soutient que les pains sont consacrés mais ne sont pas permis à la consommation.
אֶלָּא, אַלִּיבָּא דְּהַאי תַּנָּא, דְּתָנֵי אֲבוּהּ דְּרַבִּי יִרְמְיָה בַּר אַבָּא: שְׁתֵּי הַלֶּחֶם שֶׁיָּצְאוּ בֵּין שְׁחִיטָה לִזְרִיקָה, וְזָרַק דָּמָן שֶׁל כְּבָשִׂים חוּץ לִזְמַנָּן – רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אֵין בַּלֶּחֶם מִשּׁוּם פִּיגּוּל, רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: יֵשׁ בַּלֶּחֶם מִשּׁוּם פִּיגּוּל.
La Guemara répond : Au contraire, il faut dire que la question a été posée conformément à l’opinion de ce tanna suivant. Comme le père de Rabbi Yirmeya bar Abba enseigne dans une baraita : Dans un cas où les deux pains sont sortis de la cour du Temple entre l’abattage de l’offrande et l’aspersion de son sang, puis le prêtre a aspergé le sang des brebis avec l’intention que leur viande soit mangée au-delà du temps qui leur était assigné, les brebis deviennent piggul. En ce qui concerne les pains, Rabbi Eliezer dit : Les pains ne deviennent pas interdits en raison de l’interdit de piggul. Rabbi Akiva dit : Les pains deviennent interdits en raison de l’interdit de piggul.
אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: הָנֵי תַּנָּאֵי כְּרַבִּי סְבִירָא לְהוּ, דְּאָמַר: שְׁחִיטָה מְקַדְּשָׁא.
Rav Sheshet a dit : Ces tanna’im, Rabbi Eliezer et Rabbi Akiva, sont tous deux d’accord avec l’opinion de Rabbi Yehouda HaNassi, qui a dit : L’abattage consacre les pains à lui seul. Par conséquent, si les pains sont sortis de la cour du Temple après que les brebis ont été abattues, les pains deviennent disqualifiés.
מִיהוּ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר אֵין זְרִיקָה מוֹעֶלֶת לַיּוֹצֵא, וְרַבִּי עֲקִיבָא לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר זְרִיקָה מוֹעֶלֶת לַיּוֹצֵא.
Mais ils sont en désaccord sur le point suivant : Rabbi Eliezer est conforme à sa ligne de raisonnement, car Rabbi Eliezer dit que l’aspersion du sang n’est pas efficace en ce qui concerne les offrandes qui sont sorties de la cour du Temple. Puisque les pains sont sortis de la cour avant l’aspersion du sang, l’intention du prêtre, au moment de l’aspersion du sang, que l’offrande soit mangée en dehors du temps qui lui est assigné ne rend pas les pains piggul. Et Rabbi Akiva est conforme à sa ligne de raisonnement, car Rabbi Akiva dit que l’aspersion du sang est efficace en ce qui concerne les offrandes qui sont sorties de la cour du Temple. Par conséquent, l’intention du prêtre, au moment de l’aspersion du sang, que l’offrande soit mangée en dehors du temps qui lui est assigné rend les pains piggul, même s’ils sont sortis de la cour.

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