בְּלָאו דְּ״לֹא תָסוּר״.
Il a déclaré cela au sujet de l’interdiction : « Tu ne t’écarteras pas ni à gauche ni à droite de ce qu’ils te diront » (Deutéronome 17:11). Une interdiction relevant de la loi rabbinique est écartée au nom de la dignité humaine, mais non une interdiction relevant de la loi de la Torah. Par conséquent, Mar bar Rav Ashi aurait retiré son vêtement s’il avait su qu’il était déchiré.
וְאִיכָּא דְּאָמְרִי מֵהָתָם אֲמַר לֵיהּ, וַאֲמַר לֵיהּ: מַאי דַּעְתָּיךְ לְמִישְׁדְּיֵיהּ? וְהָאָמַר מָר: גָּדוֹל כְּבוֹד הַבְרִיּוֹת שֶׁדּוֹחֶה אֶת לֹא תַעֲשֶׂה שֶׁבַּתּוֹרָה! וְהָא תַּרְגְּומַהּ רַב בַּר שְׁבָא קַמֵּיהּ דְּרַב כָּהֲנָא בְּלָאו דְּ״לֹא תָסוּר״, הָכָא נָמֵי כַּרְמְלִית דְּרַבָּנַן הִיא.
Et il y a ceux qui disent qu’il existe une version différente de cette discussion : C’est lorsqu’ils étaient là, à l’endroit où le pan du vêtement de Mar bar Rav Ashi s’est déchiré, que Ravina lui dit qu’il s’était déchiré, et Mar bar Rav Ashi lui dit en réponse : Quel est ton avis ? Penses-tu que je devrais jeter le vêtement ? Mais le Maître ne dit-il pas : Grande est la dignité humaine, car elle l’emporte sur une interdiction dans la Torah ? La Guemara soulève une difficulté : Mais Rav bar Shabba a interprété cette déclaration devant Rav Kahana : Il a dit cela au sujet de l’interdiction : « Tu ne t’écarteras pas », et non de l’interdiction de porter dans le domaine public, qui s’applique selon la loi de la Torah. La Guemara répond que ici aussi, il ne s’agit pas d’une interdiction de la Torah, car l’endroit où ils marchaient n’était pas un véritable domaine public mais un karmelit, dans lequel porter est interdit par la loi rabbinique.
הֲדַרַן עֲלָךְ הַקּוֹמֵץ.
מַתְנִי׳ הַתְּכֵלֶת אֵינָהּ מְעַכֶּבֶת אֶת הַלָּבָן, וְהַלָּבָן אֵינוֹ מְעַכֵּב אֶת הַתְּכֵלֶת. תְּפִלָּה שֶׁל יָד אֵינָהּ מְעַכֶּבֶת אֶת שֶׁל רֹאשׁ, וְשֶׁל רֹאשׁ אֵינָהּ מְעַכֶּבֶת אֶת שֶׁל יָד.
MICHNA : L’absence des fils bleu ciel [tekhelet] n’empêche pas l’accomplissement de la mitsva des franges rituelles avec les fils blancs, et l’absence des fils blancs n’empêche pas l’accomplissement de la mitsva avec les fils bleu ciel. Si l’on n’en a qu’un seul, on le porte sans l’autre. L’absence des phylactères du bras n’empêche pas l’accomplissement de la mitsva des phylactères de la tête, et l’absence des phylactères de la tête n’empêche pas l’accomplissement de la mitsva des phylactères du bras. Si l’on n’en a qu’un seul, on le met sans l’autre.
גְּמָ׳ לֵימָא מַתְנִיתִין דְּלָא כְּרַבִּי, דְּתַנְיָא: ״וּרְאִיתֶם אֹתוֹ״ – מְלַמֵּד שֶׁמְּעַכְּבִין זֶה אֶת זֶה, דִּבְרֵי רַבִּי, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵין מְעַכְּבִין.
GUEMARA : La Guemara suggère : Disons que la michna n'est pas conforme à l'opinion de Rabbi Yehouda HaNassi. Comme il est enseigné dans une baraita : Lorsque le verset exige de placer des fils blancs et bleu azur sur les coins de ses vêtements, puis déclare : « Afin que vous le regardiez » (Nombres 15:39), cela enseigne que l'absence de l'un empêche l'accomplissement de la mitsva avec l'autre ; telle est la déclaration de Rabbi Yehouda HaNassi. Mais les Sages disent : L'absence de l'un n'empêche pas l'accomplissement de la mitsva avec l'autre.
מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי? דִּכְתִיב ״הַכָּנָף״ – מִין כָּנָף, וּכְתִיב ״פְּתִיל תְּכֵלֶת״, וְאָמַר רַחֲמָנָא ״וּרְאִיתֶם אוֹתוֹ״ – עַד דְּאִיכָּא תַּרְוַיְיהוּ בְּחַד.
La Guemara demande : Quel est le raisonnement de Rabbi Yehouda HaNassi, c’est-à-dire comment déduit-il sa décision de ce verset ? La Guemara explique : Comme il est écrit : « Et ils mettront sur la frange du coin un fil bleu azur » (Nombres 15:38). « La frange du coin » fait référence à des fils du même type que le coin du vêtement. Puisque les vêtements sont généralement blancs, cette expression renvoie à des fils blancs. Et il est écrit dans ce même verset : « un fil bleu azur ». Et le Miséricordieux déclare dans le verset suivant, en référence aux deux types de fils : « Et cela sera pour vous une frange que vous le regardiez” (Nombres 15:39), au singulier. Cela enseigne qu’on ne s’acquitte pas de son obligation tant que les deux types ne sont pas présents ensemble.
וְרַבָּנַן, ״וּרְאִיתֶם אוֹתוֹ״ – כֹּל חַד לְחוֹדֵיהּ מַשְׁמַע.
La Guemara demande : Et comment les Sages, qui soutiennent que l’on peut s’acquitter d’une obligation sans l’autre, comprennent-ils ce verset ? La Guemara répond : Ils soutiennent que l’expression « afin que vous le regardiez » indique que l’on accomplit une mitsva avec chacun individuellement.
לֵימָא דְּלָא כְּרַבִּי? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבִּי, לֹא נִצְרְכָא אֶלָּא לְקַדֵּם.
La Guemara conclut sa suggestion initiale : Dirons-nous que la michna, qui affirme que l’on peut accomplir la mitsva avec des fils blancs ou bleu ciel même en l’absence de l’autre, n’est pas conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda HaNassi ? La Guemara répond : Rav Yehouda a dit que Rav a dit : On peut même dire que la michna est conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda HaNassi, et la décision de la michna n’est nécessaire qu’en ce qui concerne l’ordre de priorité. Les fils blancs doivent précéder les fils bleu ciel, mais si l’ordre est inversé, on accomplit malgré tout la mitsva.
דְּתַנְיָא: מִצְוָה לְהַקְדִּים לָבָן לַתְּכֵלֶת, וְאִם הִקְדִּים תְּכֵלֶת לַלָּבָן – יָצָא, אֶלָּא שֶׁחִיסֵּר מִצְוָה. מַאי חִיסֵּר מִצְוָה?
C’est comme cela qu’il est enseigné dans une baraita : C’est une mitsva de placer les fils blancs dans le vêtement avant d’y placer les fils bleu azur, mais si l’on a placé les fils bleu azur avant les blancs, on s’est acquitté de son obligation mais on a omis la mitsva. La Guemara demande : Que veut dire la baraita par l’expression : Omis la mitsva ?