רַבִּי יוֹסֵי הַחוֹרָם אוֹמֵר: מָצִינוּ יָמִין שֶׁנִּקְרָא יָד, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיַּרְא יוֹסֵף כִּי יָשִׁית אָבִיו יַד יְמִינוֹ״. וְאִידַּךְ – ״יַד יְמִינוֹ״ אִיקְּרִי, ״יָד״ סְתָמָא לָא אִיקְּרִי.
Rabbi Yosei HaḤorem dit : Ce n’est pas une preuve, car nous avons constaté que la main droite est aussi appelée yad, comme il est dit : « Et lorsque Joseph vit que son père posait sa main droite [yad yemino] » (Genèse 48:17). La Guemara demande : Et l’autre tanna, qui soutient que la main droite n’est pas appelée yad, comment répond-il à cette preuve ? Il soutient que la main droite est appelée « sa main droite [yad yemino] », mais elle n’est pas appelée yad sans autre précision.
רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: אֵינוֹ צָרִיךְ, הֲרֵי הוּא אוֹמֵר: ״וּקְשַׁרְתָּם״ ״וּכְתַבְתָּם״ – מָה כְּתִיבָה בְּיָמִין, אַף קְשִׁירָה בְּיָמִין, וְכֵיוָן דִּקְשִׁירָה בְּיָמִין – הַנָּחָה בִּשְׂמֹאל הִיא. וְרַבִּי יוֹסֵי הַחוֹרָם, הַנָּחָה דְּבִשְׂמֹאל מְנָא לֵיהּ? נָפְקָא לֵיהּ מֵהֵיכָא דְּנָפְקָא לֵיהּ לְרַבִּי נָתָן.
Rabbi Natan dit : Cette preuve n’est pas nécessaire, car il est dit : « Tu les attacheras comme un signe sur ton bras » (Deutéronome 6:8), puis il est dit : « Tu les écriras sur les montants de ta maison » (Deutéronome 6:9). Cela enseigne que, de même que l’écriture se fait avec la main droite, puisque la plupart des gens écrivent de la main droite, de même l’attache des phylactères doit être effectuée avec la main droite. Et puisque l’attache se fait avec la main droite, cela signifie que la mise se fait sur le bras gauche, car on ne peut pas attacher les phylactères avec la même main que celle sur laquelle on les met. La Guemara demande : Et d’où Rabbi Yosei HaḤorem, qui soutient que la main droite est aussi appelée yad dans la Torah, déduit-il que la mise des phylactères se fait sur le bras gauche ? La Guemara répond : Il le déduit du même endroit d’où Rabbi Natan le déduit.
רַב אָשֵׁי אָמַר: מִ״יָּדְכָה״ כְּתִיב, בְּהֵ״י כֵּהָה. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי אַבָּא לְרַב אָשֵׁי: וְאֵימָא ״יָדְךָ״ שֶׁבְּכֹחַ? אֲמַר לֵיהּ: מִי כְּתִיב בְּחֵי״ת?
Rav Ashi dit : L’exigence selon laquelle les phylactères doivent être mis sur le bras gauche est dérivée du verset : « Ce sera comme un signe sur ton bras [yadkha]” (Exode 13:16), qui est écrit avec une lettre heh à la fin. Cela est interprété comme s’il disait : Ton bras faible [keha]. Rabbi Abba dit à Rav Ashi : Mais on peut dire que yadkha doit être interprété comme yadko’aḥ, avec une lettre ḥet à la fin au lieu d’un heh. Si c’est le cas, cela signifierait : Ton bras qui est de force [shebeko’aḥ], c’est-à-dire le bras droit. Rav Ashi dit à Rabbi Abba : Ce mot s’écrit-il avec un ḥet ?
כְּתַנָּאֵי: ״יָדְכָה״ בְּהֵ״י – זוֹ שְׂמֹאל, אֲחֵרִים אוֹמְרִים: ״יָדְךָ״ לְרַבּוֹת אֶת הַגִּידֵּם. תַּנְיָא אִידַּךְ: אֵין לוֹ זְרוֹעַ – פָּטוּר מִן הַתְּפִילִּין, אֲחֵרִים אוֹמְרִים: ״יָדְכָה״ לְרַבּוֹת אֶת הַגִּידֵּם.
La Guemara note que l’opinion de Rav Ashi, selon laquelle la halakha voulant que les phylactères soient mis sur le bras gauche est dérivée du terme yadkha, est sujette à une controverse entre les tanna’im, comme cela est enseigné dans une baraita : Yadkha est écrit avec un heh, indiquant une faiblesse, et cela fait référence au bras gauche. D’autres disent : « Ton bras », c’est-à-dire yadkha, sert à inclure quelqu’un qui n’a pas un bras complet, c’est-à-dire quelqu’un dont le bras s’arrête au coude, dans l’obligation de mettre les phylactères, car la partie restante est également considérée comme un bras faible. Il est enseigné dans une autre baraita : Si quelqu’un n’a pas de bras gauche, c’est-à-dire même pas au-dessus du coude, il est exempté de la mitsva des phylactères. D’autres disent : Yadkha sert à inclure quelqu’un qui n’a pas de bras gauche même au-dessus du coude, enseignant qu’il doit mettre les phylactères sur son bras droit.
תָּנוּ רַבָּנַן: אִטֵּר מַנִּיחַ תְּפִילִּין בִּימִינוֹ, שֶׁהוּא שְׂמֹאלוֹ. וְהָתַנְיָא: מַנִּיחַ בִּשְׂמֹאלוֹ שֶׁהוּא שְׂמֹאלוֹ שֶׁל כׇּל אָדָם! אֲמַר אַבָּיֵי: כִּי תַּנְיָא הָהִיא בְּשׁוֹלֵט בִּשְׁתֵּי יָדָיו.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : une personne gauchère met les phylactères sur son bras droit, qui est l’équivalent de son bras gauche, c’est-à-dire son bras le plus faible. La Guemara soulève une difficulté : Mais n’a-t-il pas été enseigné dans une baraita qu’une personne gauchère met les phylactères sur son bras gauche, qui est le gauche de toute autre personne ? Abaye a dit : Lorsque cette baraita est enseignée, elle fait référence à quelqu’un qui a une maîtrise égale des deux mains, c’est-à-dire une personne ambidextre. Puisqu’une telle personne utilise aussi sa main droite, elle met les phylactères sur son bras gauche.
תָּנָא דְּבֵי מְנַשֶּׁה: ״עַל יָדְךָ״ – זוֹ קִיבּוֹרֶת, ״בֵּין עֵינֶיךָ״ – זוֹ קׇדְקֹד. הֵיכָא? אָמְרִי דְּבֵי רַבִּי יַנַּאי: מְקוֹם שֶׁמּוֹחוֹ שֶׁל תִּינוֹק רוֹפֵס.
L’école de Menashe a enseigné au sujet du verset : « Tu les attacheras comme un signe sur ton bras, et ils seront comme des fronteaux entre tes yeux » (Deutéronome 6:8) : « Sur ton bras » ; cela désigne le biceps. « Entre tes yeux » ; cela désigne le sommet de la tête. La Guemara demande : Où exactement sur le sommet de la tête place-t-on les phylactères ? L’école de Rabbi Yannai dit : Les phylactères sont placés à l’endroit où l’os au-dessus du cerveau du bébé est mou après la naissance.
בְּעָא מִינֵּיהּ פְּלֵימוֹ מֵרַבִּי: מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ שְׁנֵי רָאשִׁים, בְּאֵיזֶה מֵהֶן מַנִּיחַ תְּפִילִּין? אֲמַר לֵיהּ: אוֹ קוּם גְּלִי, אוֹ קַבֵּל עֲלָךְ שַׁמְתָּא. אַדְּהָכִי אֲתָא הָהוּא גַּבְרָא, אֲמַר לֵיהּ: אִיתְיְלִיד לִי יָנוֹקָא דְּאִית לֵיהּ תְּרֵי רֵישֵׁי, כַּמָּה בָּעֵינָא לְמִיתַּב לְכֹהֵן? אֲתָא הָהוּא סָבָא תְּנָא לֵיהּ: חַיָּיב לִיתֵּן לוֹ עֲשָׂרָה סְלָעִים.
§ Le sage Peleimu souleva un dilemme devant Rabbi Yehuda HaNasi : Dans le cas de quelqu’un qui a deux têtes, sur laquelle d’entre elles met-il les phylactères ? Rabbi Yehuda HaNasi lui dit : Soit lève-toi et exile-toi d’ici, soit accepte sur toi l’excommunication pour avoir posé une question aussi ridicule. Entre-temps, un certain homme arriva et dit à Rabbi Yehuda HaNasi : Il m’est né un fils premier-né qui a deux têtes. Combien d’argent dois-je donner au prêtre pour le rachat du premier-né ? Un certain ancien vint et lui enseigna : Tu es tenu de lui donner dix sela, les cinq requis pour chaque tête.
אִינִי? וְהָתָנֵי רָמֵי בַּר חָמָא: מִתּוֹךְ שֶׁנֶּאֱמַר ״פָּדֹה תִפְדֶּה אֵת בְּכוֹר הָאָדָם״, שׁוֹמֵעַ אֲנִי אֲפִילּוּ נִטְרַף בְּתוֹךְ שְׁלֹשִׁים, תַּלְמוּד לוֹמַר
La Guemara demande : Est-ce bien ainsi ? Mais Rami bar Ḥama enseigne : Puisqu’il est dit au sujet du rachat du premier-né : « Tu rachèteras le premier-né de l’homme » (Nombres 18:15), j’en déduirais que même s’il a été déchiré, par exemple par un animal, dans les trente jours suivant sa naissance, on doit le racheter. Pour écarter cela, le verset déclare :