אֶלָּא גַּוָּיְיתָא לְבָרַיְיתָא וּבָרַיְיתָא לְגַוָּיְיתָא, אֲבָל גַּוָּיְיתָא לְגַוָּיְיתָא וּבָרַיְיתָא לְבָרַיְיתָא – לֵית לַן בַּהּ.
à moins qu'il ne s'agisse d'un cas où l'on échange un passage intérieur contre un passage extérieur, par exemple, il a placé le passage d'Exode 13:11–16 à droite d'Exode 13:1–10, ou un passage extérieur contre un passage intérieur, par exemple, il a placé le passage de Deutéronome 11:13–21 à droite de Deutéronome 6:4–9. Mais si l'on échange un passage intérieur contre l'autre passage intérieur, c'est-à-dire qu'il échange Exode 13:11–16 avec Deutéronome 6:4–9, ou un passage extérieur contre l'autre passage extérieur, c'est-à-dire qu'il échange Exode 13:1–10 avec Deutéronome 11:13–21, nous n'avons aucun problème avec cela.
אֲמַר לֵיהּ רָבָא: מַאי שְׁנָא גַּוָּיְיתָא לְבָרַיְיתָא וּבָרַיְיתָא לְגַוָּיְיתָא דְּלָא, דְּהָךְ דְּבָעֵי לְמִיחְזֵי אַוֵּירָא לָא קָא חָזְיָיא, וְהָא דְּלָא קָא בָעֵי לְמִיחְזֵי אַוֵּירָא קָא חָזְיָיא? בָּרַיְיתָא לְבָרַיְיתָא וְגַוָּיְיתָא לְגַוָּיְיתָא נָמֵי – הָךְ דְּבָעֲיָא לְמִיחְזֵי אַוֵּירָא דְּיָמִין קָא חָזְיָא אַוֵּירָא דִּשְׂמֹאל, וְדִשְׂמֹאל קָא חָזְיָא אַוֵּירָא דְּיָמִין! אֶלָּא לָא שְׁנָא.
Rava dit à Abaye : Quelle différence y a-t-il dans les cas où l’on échange un passage intérieur contre un passage extérieur, et un passage extérieur contre un passage intérieur, pour que les phylactères ne soient pas valides ? La raison est que ce passage, qui doit voir l’air, c’est-à-dire être placé du côté extérieur, ne le voit pas, et que cet autre passage, qui n’a pas besoin de voir l’air, le voit. Mais dans un cas où l’on échange un passage extérieur contre l’autre extérieur ou un passage intérieur contre l’autre intérieur, cela devrait également être invalide , puisque ce passage, qui doit voir l’air du côté droit, voit l’air du côté gauche, et cet autre passage, qui doit voir l’air du côté gauche, voit l’air du côté droit. Au contraire, il n’y a pas de différence entre tous ces cas, et tout changement dans l’ordre rend les phylactères invalides.
וְאָמַר רַב חֲנַנְאֵל, אָמַר רַב: תִּיתּוּרָא דִּתְפִילִּין הֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי. אָמַר אַבָּיֵי: מַעְבַּרְתָּא דִּתְפִילִּין הֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי. וְאָמַר אַבָּיֵי: שִׁי״ן שֶׁל תְּפִילִּין הֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי.
§ Et Rav Ḥananel dit que Rav dit : L’exigence qu’il y ait la titora des phylactères, c’est-à-dire la base des phylactères sur laquelle reposent les compartiments, est une halakha transmise à Moïse au Sinaï. Abaye dit : L’exigence qu’il y ait la ma’ebarta des phylactères, c’est-à-dire le passage par lequel les lanières sont insérées, est une halakha transmise à Moïse au Sinaï. Et Abaye dit : L’exigence qu’une lettre shin fasse saillie sur les phylactères de la tête d’une personne, ce qui est obtenu en pressant le cuir dans la forme de cette lettre, est une halakha transmise à Moïse au Sinaï.
וְצָרִיךְ שֶׁיַּגִּיעַ חָרִיץ לִמְקוֹם הַתֶּפֶר, רַב דִּימִי מִנְּהַרְדְּעָא אָמַר: כֵּיוָן דְּמִנְּכַר, לָא צְרִיךְ.
Abaye ajoute encore : Et il y a une exigence selon laquelle le sillon entre chacun des compartiments des phylactères de la tête atteigne l’endroit des coutures, c’est-à-dire la titora, à laquelle les compartiments sont cousus. Rav Dimi de Neharde’a dit : Dès lors qu’il est perceptible qu’il y a un sillon entre chacun des compartiments, il n’est pas nécessaire qu’ils atteignent la titora.
וְאָמַר אַבָּיֵי: הַאי קִילְפָּא דִּתְפִילִּין צָרִיךְ לְמִיבְדְּקֵיהּ, דְּדִילְמָא אִית בַּהּ רֵיעוּתָא, וּבָעֵינָא כְּתִיבָה תַּמָּה וְלֵיכָּא. רַב דִּימִי מִנְּהַרְדְּעָא אָמַר: לָא צְרִיךְ, קוּלְמוֹסָא בָּדֵיק לַהּ.
Et Abaye dit : En ce qui concerne ce parchemin sur lequel on écrit les passages des phylactères, le scribe doit l’examiner avant d’écrire, car il a peut-être un défaut, c’est-à-dire une perforation, et une écriture complète est requise, et cette exigence ne serait pas remplie si une lettre était perforée. Rav Dimi de Neharde’a dit : Non, aucun examen préalable n’est requis ; au contraire, la plume l’examine pendant l’écriture, car toute perforation que l’encre recouvre est ignorée.
אָמַר רַבִּי יִצְחָק: רְצוּעוֹת שְׁחוֹרוֹת הֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי. מֵיתִיבִי: תְּפִילִּין אֵין קוֹשְׁרִין אוֹתָן אֶלָּא בְּמִינָן, בֵּין יְרוּקּוֹת בֵּין שְׁחוֹרוֹת בֵּין לְבָנוֹת, אֲדוּמּוֹת לֹא יַעֲשֶׂה, מִפְּנֵי גְּנַאי וְדָבָר אַחֵר.
Rabbi Yitzḥak dit : L’exigence selon laquelle les lanières des phylactères doivent être noires est une halakha transmise à Moïse au Sinaï. La Guemara soulève une objection à partir d’une baraita : On ne peut attacher des phylactères qu’avec des lanières du même type, c’est-à-dire que les lanières doivent être faites de cuir, et peu importe qu’elles soient vertes, noires ou blanches. Néanmoins, il ne faut pas faire de lanières rouges, parce que cela est dégradant pour lui, car on dirait qu’il a des blessures sur la tête, et aussi à cause de quelque chose d’autre, c’est-à-dire de peur que les gens ne le soupçonnent d’avoir eu des rapports sexuels avec une femme menstruée et que du sang se soit retrouvé sur les lanières.
אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: מַעֲשֶׂה בְּתַלְמִידוֹ שֶׁל רַבִּי עֲקִיבָא שֶׁהָיָה קוֹשֵׁר תְּפִילָּיו בִּלְשׁוֹנוֹת שֶׁל תְּכֵלֶת, וְלָא אָמַר לוֹ דָּבָר. אִיפְשָׁר אוֹתוֹ צַדִּיק רָאָה תַּלְמִידוֹ וְלֹא מִיחָה בּוֹ? אָמַר לוֹ: הֵן, לֹא רָאָה אוֹתוֹ, וְאִם רָאָה אוֹתוֹ לֹא הָיָה מַנִּיחוֹ.
La Guemara cite la suite de cette baraita. Rabbi Yehouda a dit : Il y eut un incident impliquant l’élève de Rabbi Akiva, qui attachait ses phylactères avec des lanières de laine bleu-azur au lieu de cuir, et Rabbi Akiva ne lui dit rien. Est-il possible que ce juste ait vu son élève faire quelque chose d’inapproprié sans s’opposer à sa conduite ? Un autre Sage dit à Rabbi Yehouda : Oui, il est possible que l’élève ait agi de manière inappropriée, car Rabbi Akiva ne l’a pas vu, et s’il l’avait vu, il ne le lui aurait pas permis.
מַעֲשֶׂה בְּהוּרְקָנוֹס בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן הוּרְקָנוֹס, שֶׁהָיָה קוֹשֵׁר תְּפִילָּיו בִּלְשׁוֹנוֹת שֶׁל אַרְגָּמָן, וְלֹא אָמַר לוֹ דָּבָר. אִיפְשָׁר אוֹתוֹ צַדִּיק רָאָה בְּנוֹ וְלֹא מִיחָה בּוֹ? אָמְרוּ לוֹ: הֵן, לֹא רָאָה אוֹתוֹ, וְאִם רָאָה אוֹתוֹ לֹא הָיָה מַנִּיחוֹ.
La baraita continue : Il y eut un incident impliquant Hyrcanus, le fils de Rabbi Eliezer ben Hyrcanus, qui attachait ses phylactères avec des bandes de laine pourpre, et son père ne lui dit rien. Est-il possible que ce juste ait vu son fils faire quelque chose d’inapproprié sans s’opposer à sa conduite ? Les Sages lui dirent : Oui, il est possible que son fils ait agi de manière inappropriée, car Rabbi Eliezer ne l’a pas vu, et s’il l’avait vu, il ne l’aurait pas laissé faire cela. Cela conclut la baraita.
קָתָנֵי מִיהָא, בֵּין יְרוּקּוֹת בֵּין שְׁחוֹרוֹת וּבֵין לְבָנוֹת. לָא קַשְׁיָא: כָּאן – מִבִּפְנִים, כָּאן – מִבַּחוּץ.
La Guemara explique l’objection tirée de la baraita : Quoi qu’il en soit, la baraitaenseigne que cela n’a pas d’importance que les lanières soient vertes, ou noires, ou blanches, tandis que Rabbi Yitzḥak soutient qu’il s’agit d’une halakha transmise à Moïse au Sinaï selon laquelle les lanières des phylactères doivent être noires. La Guemara répond que ce n’est pas difficile. Ici, la baraita fait référence à la face intérieure des lanières, qui touche le corps. Celles-ci peuvent être de n’importe quelle couleur sauf rouge. En revanche, là-bas, lorsque Rabbi Yitzḥak dit que les lanières des phylactères doivent être noires, il parle de la face extérieure des lanières.
אִי מִבִּפְנִים, מַאי גְּנַאי וְדָבָר אַחֵר אִיכָּא? זִימְנִין דְּמִתְהַפְכִין לֵיהּ.
La Guemara soulève une difficulté : Si la baraita traite de la face intérieure des lanières, quel problème dépréciatif ou de quelque autre chose y a-t-il avec des lanières rouges à l’intérieur ? Après tout, ce côté n’est pas visible. La Guemara répond : Parfois, ses lanières se retournent, et donc ces préoccupations s’appliquent.
תָּנָא: תְּפִילִּין מְרוּבָּעוֹת – הֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי. אָמַר רַב פָּפָּא: בְּתִפְרָן וּבַאֲלַכְסוֹנָן.
Il est enseigné dans une baraita : L’exigence selon laquelle les phylactères doivent être carrés est une halakha transmise à Moïse depuis le Sinaï. Rav Pappa dit à propos de cette halakha : Carré signifie le long de leurs coutures et de leurs diagonales, c’est-à-dire qu’ils doivent être parfaitement carrés à l’endroit où les compartiments sont cousus à la titora.
לֵימָא מְסַיַּיע לֵיהּ: הָעוֹשֶׂה תְּפִילָּתוֹ עֲגוּלָּה – סַכָּנָה וְאֵין בָּהּ מִצְוָה. אָמַר רַב פָּפָּא: מַתְנִיתִין דַּעֲבִידָא כִּי אַמְגּוּזָא.
La Guemara suggère : Disons qu’une michna appuie cette opinion (Megilla 24b) : Celui qui façonne ses phylactères en forme ronde s’expose au danger, et cela ne lui permet pas d’accomplir la mitsva des phylactères. Rav Pappa a dit : Ce n’est pas une preuve, car on peut dire que la michna parle de phylactères façonnés comme une noix, c’est-à-dire dont la face inférieure est arrondie, et qu’il y a donc un danger que, s’il se cogne la tête contre un mur, la face inférieure s’enfonce dans sa tête et le blesse. En revanche, si la face inférieure est plate, on aurait pu penser qu’ils sont valides bien qu’ils ne soient pas carrés. Par conséquent, la baraita enseigne que les phylactères doivent être carrés.
אָמַר רַב הוּנָא: תְּפִילִּין, כָּל זְמַן שֶׁפְּנֵי טַבְלָא קַיֶּימֶת – כְּשֵׁירוֹת. רַב חִסְדָּא אָמַר: נִפְסְקוּ שְׁתַּיִם – כְּשֵׁירוֹת, שָׁלֹשׁ – פְּסוּלוֹת.
§ Rav Houna dit : En ce qui concerne les phylactères de la tête, tant que la surface du cuir extérieur est intacte, c’est-à-dire qu’elle n’est pas déchirée, ils sont valides, même si le cuir entre les compartiments s’est déchiré. Rav Ḥisda dit : Si deux des cloisons entre les compartiments se sont déchirées, de tels phylactères sont valides, mais si trois de ces cloisons intérieures se sont déchirées, ils sont invalides.
אָמַר רָבָא: הָא דְּאָמְרַתְּ שְׁתַּיִם כְּשֵׁירוֹת, לָא אֲמַרַן אֶלָּא זֶה שֶׁלֹּא כְּנֶגֶד זֶה, אֲבָל זֶה כְּנֶגֶד זֶה – פְּסוּלוֹת. וְזֶה כְּנֶגֶד זֶה נָמֵי לָא אֲמַרַן אֶלָּא בְּחַדְתָּתָא, אֲבָל בְּעַתִּיקָתָא לֵית לַן בַּהּ.
Rava a dit : Concernant ce que tu as dit, à savoir que si deux des cloisons entre les compartiments se sont déchirées elles sont aptes, nous avons dit cela seulement si les cloisons intérieures qui se sont déchirées ne sont pas alignées l’une avec l’autre, c’est-à-dire qu’elles ne sont pas adjacentes l’une à l’autre. Mais si les cloisons déchirées sont alignées l’une avec l’autre, les phylactères sont inaptes. Et, de plus, même dans un cas où les cloisons déchirées sont alignées l’une avec l’autre, nous avons dit qu’ils sont inaptes seulement en ce qui concerne des phylactères neufs, car le cuir est certainement défectueux. Mais en ce qui concerne des phylactères anciens, nous n’avons aucun problème avec cela, car ils se sont déchirés en raison du vieillissement.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב יוֹסֵף: הֵיכִי דָּמְיָין חַדְתָּתָא, וְהֵיכִי דָּמְיָין עַתִּיקָתָא? אֲמַר לֵיהּ: כֹּל הֵיכָא כִּי מִיתְּלֵי בֵּיהּ בְּשִׁלְחָא וַהֲדַר חָלֵים – עַתִּיקָתָא, וְאִידַּךְ – חַדְתָּתָא.
Abaye dit à Rav Yosef : Quelles sont les circonstances de phylactères neufs, et quelles sont les circonstances de phylactères anciens ? Rav Yosef lui dit : Dans tout cas où, si l’on tient le cuir et qu’on le tire, il revient à sa place [ḥaleim], ces phylactères sont considérés comme anciens ; et dans l’autre cas, où le cuir qui a été tiré ne revient pas à sa place, ils sont considérés comme neufs.