וְאִי נָמֵי כֹּל הֵיכִי דְּכִי מִיתְּלֵי בֵּיהּ בְּמִתְנָא אַתְיֵיהּ אַבָּתְרֵיהּ – חַדְתָּתָא, וְאִידָּךְ – עַתִּיקָתָא.
Autrement, dans tout cas où, si les phylactères sont suspendus par la lanière, le compartiment suit la lanière, c’est-à-dire reste attaché, ces phylactères sont considérés comme neufs ; et dans l’autre cas, où les phylactères tomberaient, ils sont considérés comme anciens.
אַבָּיֵי הֲוָה יָתֵיב קַמֵּיהּ דְּרַב יוֹסֵף, אִיפְּסִיק לֵיהּ רְצוּעָה דִּתְפִילֵּי, אֲמַר לֵיהּ: מַהוּ לְמִיקְטְרֵיהּ? אֲמַר לֵיהּ: ״וּקְשַׁרְתָּם״ כְּתִיב, שֶׁתְּהֵא קְשִׁירָה תַּמָּה.
§ La Guemara rapporte : Abaye était assis devant Rav Yosef lorsque la lanière de ses phylactères se déchira. Abaye dit à Rav Yosef : Quelle est la halakha quant à savoir s’il est permis de nouer la lanière ? Rav Yosef lui dit : Il est écrit au sujet des phylactères : « Et tu les attacheras [ukshartam] comme signe sur ton bras » (Deutéronome 6:8), ce qui enseigne que l’attache doit être complète [keshira tamma], entière et belle, ce qui ne serait pas le cas avec un nœud de fortune.
אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרַב יוֹסֵף לְרַב אָשֵׁי: מַהוּ לְמִיתְפְּרֵיהּ וְעַיֹּילֵיהּ לִתְפִירָה לְגָאו? אֲמַר: פּוֹק חֲזִי מָה עַמָּא דָּבַר.
Rav Aḥa, fils de Rav Yosef, dit à Rav Ashi : Quelle est la halakha quant à savoir s’il est permis de recoudre une lanière qui s’est déchirée et de faire passer la couture à l’intérieur, afin qu’elle ne soit pas visible de l’extérieur ? Rav Ashi lui dit : Sors et vois ce que font les gens. Si telle est la coutume générale, cela est permis.
אָמַר רַב פָּפָּא: גַּרְדּוּמֵּי רְצוּעוֹת כְּשֵׁירוֹת, וְלָאו מִילְּתָא הִיא, מִדְּאָמְרִי בְּנֵי רַבִּי חִיָּיא: גַּרְדּוּמֵּי תְכֵלֶת וְגַרְדּוּמֵּי אֵזוֹב כְּשֵׁירִין. הָתָם הוּא דְּתַשְׁמִישֵׁי מִצְוָה נִינְהוּ, אֲבָל הָכָא דְּתַשְׁמִישֵׁי קְדוּשָּׁה נִינְהוּ – לָא.
Rav Pappa dit : Les restes des lanières, c’est-à-dire ce qui demeure lorsqu’une partie de la lanière a été coupée, sont valides. La Guemara commente : Mais il n’en est pas ainsi, comme on peut le déduire du fait que les fils de Rabbi Ḥiyya disent : Les restes de la laine bleu azur des franges rituelles, lorsqu’il ne reste qu’un petit fil, ainsi que les restes de l’hysope, utilisé pour l’aspersion de l’eau de purification de la vache rousse, sont valides. Ils n’ont pas inclus dans cette halakha les restes des lanières des phylactères. La raison de cette différence est que là-bas les restes sont valides, car ce sont de simples objets utilisés dans l’accomplissement d’une mitzva ; mais ici, les phylactères sont des objets de sainteté, d’une sainteté plus élevée, et par conséquent leurs restes ne sont pas valides.
מִכְּלָל דְּאִית לְהוּ שִׁיעוּרָא, וְכַמָּה שִׁיעוּרַיְיהוּ? אָמַר רָמֵי בַּר חָמָא אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: עַד אֶצְבַּע צְרֵדָה. רַב כָּהֲנָא מַחְוֵי כָּפוּף, רַב אָשֵׁי מַחְוֵי פָּשׁוּט.
La Guemara déclare : De cette ligne d’analyse, on peut conclure par déduction que les lanières des phylactères ont une mesure minimale requise. Et quelle est leur mesure ? Rami bar Ḥama dit que Reish Lakish dit : C’est jusqu’à l’index. Pour expliquer cette dimension, Rav Kahana avait l’habitude de démontrer une mesure courbée, c’est-à-dire de l’extrémité du majeur jusqu’à l’extrémité de l’index, les doigts écartés. Rav Ashi avait l’habitude de démontrer une mesure droite, de l’extrémité du pouce jusqu’à l’extrémité de l’index, les doigts écartés.
רַבָּה קָטַר לְהוּ וּפָשֵׁיט וְשָׁדֵי לְהוּ, רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב קָטַר לְהוּ וּמְתַלֵּית לְהוּ, מָר בְּרֵיהּ דְּרַבְנָא עָבֵיד כְּדִידַן.
La Guemara rapporte : Rabba attachait les lanières, les relâchait et les laissait tomber derrière lui. Rav Aḥa bar Ya’akov les attachait et les tressait ensemble comme une tresse. Mar, fils de Rabbana, agissait comme nous, c’est-à-dire qu’il laissait les lanières tomber et pendre sur le devant de son corps.
אָמַר רַב יְהוּדָה בְּרֵיהּ דְּרַב שְׁמוּאֵל בַּר שִׁילַת מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: קֶשֶׁר שֶׁל תְּפִילִּין הֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי. אָמַר רַב נַחְמָן: וְנוֹיֵיהֶן לְבַר. רַב אָשֵׁי הֲוָה יָתֵיב קַמֵּיהּ דְּמָר זוּטְרָא, אִיתְהַפְכָא לֵיהּ רְצוּעָה דִתְפִילִּין. אֲמַר לֵיהּ: לָא סָבַר לַהּ מָר וְנוֹיֵיהֶן לְבַר? אֲמַר לֵיהּ: לָאו אַדַּעְתַּאי.
Rav Yehuda, fils de Rav Shmuel bar Sheilat, dit au nom de Rav : La forme du nœud des phylactères, c’est-à-dire qu’il doit y avoir la forme de la lettre dalet dans le nœud des phylactères de la tête et la lettre yod dans le nœud des phylactères du bras, est une halakha transmise à Moïse au Sinaï. Rav Naḥman dit : Et leur côté décoratif, le côté noir du nœud où la forme de la lettre est visible, doit être tourné vers l’extérieur. La Guemara raconte : Rav Ashi était assis devant Mar Zutra lorsque la lanière de ses phylactères s’est retournée. Mar Zutra lui dit : Le Maître ne tient-il pas conformément à la décision selon laquelle leur côté décoratif doit être tourné vers l’extérieur ? Rav Ashi lui dit : Cela ne m’est pas venu à l’esprit, c’est-à-dire que je ne l’ai pas remarqué.
״וְרָאוּ כׇּל עַמֵּי הָאָרֶץ כִּי שֵׁם ה׳ נִקְרָא עָלֶיךָ וְיָרְאוּ מִמֶּךָּ״, תַּנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הַגָּדוֹל אוֹמֵר: אֵלּוּ תְּפִילִּין שֶׁבָּרֹאשׁ. ״וַהֲסִרֹתִי אֶת כַּפִּי וְרָאִיתָ אֶת אֲחֹרָי״, אָמַר רַב חָנָא בַּר בִּיזְנָא אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן חֲסִידָא: מְלַמֵּד שֶׁהֶרְאָה לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְמֹשֶׁה קֶשֶׁר שֶׁל תְּפִילִּין.
Concernant le verset : « Et toutes les nations de la terre verront que le nom du Seigneur est invoqué sur toi, et elles te craindront » (Deutéronome 28:10), il est enseigné dans une baraita que Rabbi Eliezer le Grand dit : Cela fait référence aux phylactères de la tête, sur lesquels le nom de Dieu est écrit, car ils montrent à tous que le nom de Dieu est invoqué sur le peuple juif. Concernant la déclaration de Dieu à Moïse : « Et J’ôterai Ma main, et tu verras Mon dos » (Exode 33:23), Rav Ḥana bar Bizna dit que Rabbi Shimon Ḥasida dit : Cela enseigne que le Saint, béni soit-Il, montra à Moïse le nœud des phylactères de la tête.
אָמַר רַב יְהוּדָה: קֶשֶׁר שֶׁל תְּפִילִּין צָרִיךְ שֶׁיְּהֵא לְמַעְלָה, כְּדֵי שֶׁיְּהוּ יִשְׂרָאֵל לְמַעְלָה וְלֹא לְמַטָּה, וְצָרִיךְ שֶׁיְּהֵא כְּלַפֵּי פָּנִים, כְּדֵי שֶׁיְּהוּ יִשְׂרָאֵל לְפָנִים וְלֹא לְאָחוֹר.
Rav Yehuda dit : Le nœud des phylactères doit être au-dessus, c’est-à-dire qu’il doit reposer sur la tête et non sur la nuque, afin que le peuple juif soit au-dessus et non en dessous. Et de même il doit être placé vers l’avant [panim], c’est-à-dire non sur les côtés de la tête, afin que le peuple juif soit devant [lefanim] et non derrière.
אָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר בֵּידָרֵי אָמַר רַב, וְאָמְרִי לַהּ אָמַר רַבִּי אַחָא אֲרִיכָא אָמַר רַב הוּנָא, וְאָמְרִי לַהּ אָמַר רַב מְנַשְּׁיָא אָמַר שְׁמוּאֵל: תְּפִילִּין מֵאֵימָתַי מְבָרֵךְ עֲלֵיהֶן? מִשְּׁעַת הַנָּחָתָן. אִינִי? וְהָא אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: כׇּל הַמִּצְוֹת כּוּלָּן מְבָרֵךְ עֲלֵיהֶן עוֹבֵר לַעֲשִׂיָּיתָן! אַבָּיֵי וְרָבָא דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: מִשְּׁעַת הַנָּחָה וְעַד שְׁעַת קְשִׁירָה.
§ Rav Shmuel bar Bideri dit que Rav dit, et certains disent que Rabbi Aḥa Arikha, c’est-à-dire Rabbi Aḥa le Grand, dit que Rav Houna dit, et certains disent que Rav Menashya dit que Shmuel dit : En ce qui concerne les phylactères, à partir de quand récite-t-on une bénédiction sur eux ? À partir du moment où on les met sur le bras et au-delà. La Guemara soulève une difficulté : Est-ce bien ainsi ? Mais Rav Yehouda ne dit-il pas que Shmuel dit : En ce qui concerne toutes les mitzvot, on récite une bénédiction sur elles avant leur accomplissement ? Comment, dès lors, peut-on réciter une bénédiction sur les phylactères après les avoir mis ? Abaye et Rava disent tous deux : On récite la bénédiction depuis le moment où l’on met les phylactères jusqu’au moment où on les attache, car l’attache constitue l’accomplissement de la mitzva.