וְעוֹשֶׂה רֶיוַח מִלְּמַעְלָה וְרֶיוַח מִלְּמַטָּה, וְעוֹשֶׂה פָּרָשִׁיּוֹתֶיהָ פְּתוּחוֹת. אָמַרְתִּי לוֹ: רַבִּי, מָה טַעַם? אָמַר לִי: הוֹאִיל וְאֵין סְמוּכוֹת מִן הַתּוֹרָה.
Et il laissait un espace au-dessus et un espace au-dessous du texte et préparait les passages de la mezouza de manière ouverte, c’est-à-dire qu’il commençait le second passage sur la ligne suivant la fin du premier passage. Je lui ai dit : Mon maître, pour quelle raison prépares-tu les passages de manière ouverte, alors que dans un rouleau de la Torah ces mêmes passages sont écrits de manière fermée ? Il m’a dit : Puisque les passages ne sont pas adjacents l’un à l’autre dans la Torah, puisque le premier passage est Deutéronome 6:4–9 et le second est Deutéronome 11:13–21, je les prépare comme des passages ouverts.
וְאָמַר רַב חֲנַנְאֵל, אָמַר רַב: הֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר, מַאי לָאו אַפְּתוּחוֹת?
La Guemara continue : Et Rav Ḥananel dit que Rav dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Shimon ben Elazar. N’est-il pas exact que Rav a dit cela au sujet de l’opinion de Rabbi Shimon ben Elazar selon laquelle on prépare les passages de manière ouverte ? Cela présenterait une difficulté pour l’opinion de Rav Houna, l’élève de Rav, qui les a écrits de manière fermée.
לָא, אַרֶיוַח. וְכַמָּה רֶיוַח? אָמַר רַב מְנַשְּׁיָא בַּר יַעֲקֹב, וְאָמְרִי לַהּ אָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר יַעֲקֹב: כִּמְלֵא אַטְבָּא דְּסִיפְרֵי.
La Guemara répond : Non ; il voulait dire que la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Shimon ben Elazar en ce qui concerne l’espace qu’il faut laisser au-dessus et au-dessous du texte. La Guemara demande : Et combien d’espace faut-il laisser ? Rav Menashya bar Ya’akov dit, et certains disent que c’est Rav Shmuel bar Ya’akov qui dit : L’espace est celui d’une pince complète de scribe [atba], avec laquelle les feuilles de parchemin sont tenues.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב יוֹסֵף: וְאַתְּ לָא תִּסְבְּרָא דְּכִי אָמַר רַב אַרֶיוַח, וְהָא רַב אִית לֵיהּ מִנְהֲגָא, וְהָאִידָּנָא נְהוּג עָלְמָא בִּסְתוּמוֹת!
Abaye dit à Rav Yossef : Et toi, ne soutiens-tu pas que, lorsque Rav a dit que la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Shimon ben Elazar, il faisait référence à l’espace, et non à la manière d’écrire les passages ? Mais Rav est d’avis qu’une coutume établie doit être observée, et de nos jours la coutume générale est d’écrire les passages de la mezouza de manière fermée.
דְּאָמַר רַבָּה, אָמַר רַב כָּהֲנָא, אָמַר רַב: אִם יָבֹא אֵלִיָּהוּ וְיֹאמַר חוֹלְצִין בְּמִנְעָל – שׁוֹמְעִין לוֹ, אֵין חוֹלְצִין בְּסַנְדָּל – אֵין שׁוֹמְעִין לוֹ, שֶׁכְּבָר נָהֲגוּ הָעָם בְּסַנְדָּל.
La Guemara fournit la source selon laquelle, d’après Rav, il faut observer les coutumes établies. La ḥalitza est le rituel qui libère la veuve d’un homme mort sans enfant de l’obligation d’entrer dans un mariage léviratique avec le frère de son défunt mari. Cette cérémonie consiste pour la veuve à retirer du pied de son beau-frère sa sandale. Rabba a parlé de l’importance d’observer les coutumes dans ce contexte, comme Rabba dit que Rav Kahana dit que Rav dit : Si Élie vient et dit que l’on accomplit la ḥalitza avec une chaussure, les Sages l’écoutent. Mais s’il dit que l’on ne peut pas accomplir la ḥalitza avec une sandale, ils ne l’écoutent pas, car le peuple est déjà habitué à accomplir la ḥalitzaavec une sandale.
וְרַב יוֹסֵף אָמַר רַב כָּהֲנָא, אָמַר רַב: אִם יָבֹא אֵלִיָּהוּ וְיֹאמַר אֵין חוֹלְצִין בְּמִנְעָל – שׁוֹמְעִין לוֹ, אֵין חוֹלְצִין בְּסַנְדָּל – אֵין שׁוֹמְעִין לוֹ, שֶׁכְּבָר נָהֲגוּ הָעָם בְּסַנְדָּל.
La Guemara présente une autre version de la déclaration de Rav : Et Rav Yossef dit que Rav Kahana dit que Rav dit : Si Élie vient et dit qu’on ne peut pas accomplir la halitsa avec une chaussure, les Sages l’écoutent ; s’il dit qu’on ne peut pas accomplir la halitsa avec une sandale, ils ne l’écoutent pas, car le peuple est déjà habitué à accomplir la halitsaavec une sandale.
וְאָמְרִינַן: מַאי בֵּינַיְיהוּ? מִנְעָל לְכַתְּחִילָּה אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ, אֶלָּא לָאו שְׁמַע מִינַּהּ אַרֶיוַח? שְׁמַע מִינַּהּ.
Abaye poursuit : Et nous disons, en discutant ces versions de sa déclaration : Quelle est la différence entre ces deux versions de sa déclaration ? La différence est de savoir si l’on peut utiliser une chaussure ab initio. En tout cas, selon les deux déclarations, Rav soutient qu’une coutume doit être observée, et la coutume dans ce cas est d’écrire les passages de manière fermée. Plutôt, ne faut-il pas conclure de cela que, lorsque Rav dit que la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Shimon ben Elazar, il parlait de l’espace, et non de la manière de préparer les passages ? La Guemara confirme : Concluez-en que cela est correct.
רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר: מִצְוָה לַעֲשׂוֹתָן סְתוּמוֹת, וְאִי עַבְדִינְהוּ פְּתוּחוֹת – שַׁפִּיר דָּמֵי, וּמַאי פְּתוּחוֹת דְּקָאָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר – אַף פְּתוּחוֹת.
§ Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : C’est une mitsvaab initiode préparer les passages d’une mezouza de manière fermée, mais si on les a préparés de manière ouverte, il est permis d’utiliser la mezouza. Et que veut dire Rabbi Shimon ben Elazar lorsqu’il dit que Rabbi Meïr préparait les passages de manière ouverte ? Il veut dire qu’on peut les préparer même de manière ouverte.
לֵימָא מְסַיַּיע לֵיהּ, כַּיּוֹצֵא בּוֹ: סֵפֶר תּוֹרָה שֶׁבָּלָה וּתְפִילִּין שֶׁבָּלוּ – אֵין עוֹשִׂין מֵהֶן מְזוּזָה, לְפִי שֶׁאֵין מוֹרִידִין מִקְּדוּשָּׁה חֲמוּרָה לִקְדוּשָּׁה קַלָּה. הָא מוֹרִידִין – עוֹשִׂין.
La Guemara suggère : Disons qu’une baraitasoutient son opinion : De même, de même qu’on ne peut pas convertir des phylactères de la tête en phylactères du bras, en ce qui concerne un rouleau de la Torah qui s’est usé et le parchemin de phylactères qui s’est usé, on ne peut pas en faire une mezouza en découpant les passages pertinents, malgré le fait que les passages de la Torah d’une mezouza s’y trouvent. Cela est interdit parce qu’on ne rabaisse pas la sainteté d’un objet d’un niveau de sainteté supérieure, celui d’un rouleau de la Torah ou des phylactères, à un niveau de sainteté inférieure, celui d’une mezouza. La Guemara déduit de cette baraita : S’il était permis de rabaisser la sainteté d’un objet d’un niveau de sainteté supérieure à un niveau de sainteté inférieure, on pourrait faire une mezouza à partir d’un rouleau de la Torah.
אַמַּאי? הָכָא סְתוּמוֹת וְהָכָא פְּתוּחוֹת! דִּלְמָא לְהַשְׁלִים.
La Guemara explique la preuve : Mais pourquoi telle est la halakha, alors que ici, dans un rouleau de la Torah, les passages sont préparés de manière fermée, tandis que là-bas, dans une mezouza, les passages sont préparés de manière ouverte ? Il est donc évident qu’il est permis d’écrire une mezouza avec des passages préparés de manière fermée. La Guemara réfute cette preuve : Peut-être faut-il déduire de la baraita que, n’était le fait qu’il est interdit de diminuer la sainteté d’un objet d’un niveau de sainteté supérieur à un niveau de sainteté inférieur, il serait permis de compléter une ou deux lignes d’une mezouza en y cousant ces lignes provenant d’un rouleau de la Torah ou d’un parchemin de phylactères usés ; mais on ne peut pas fabriquer une mezouza entière à partir d’une feuille d’un rouleau de la Torah ou d’un parchemin de phylactères, car les passages dans un rouleau de la Torah et les phylactères sont préparés de manière fermée.
הָא מוֹרִידִין עוֹשִׂין? וְהָתַנְיָא: הֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי – תְּפִילִּין עַל הַקְּלָף, וּמְזוּזָה עַל דּוּכְסוּסְטוֹס; קְלָף בִּמְקוֹם בָּשָׂר, דּוּכְסוּסְטוֹס בִּמְקוֹם שֵׂעָר! לְמִצְוָה.
La Guemara pose une autre question : La baraita indique que, s’il était permis de réduire la sainteté d’un objet d’un niveau de sainteté supérieur à un niveau inférieur, on pourrait fabriquer une mezouza à partir de phylactères. Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita qu’il s’agit d’une halakha transmise à Moïse au Sinaï, selon laquelle les passages des phylactères sont écrits sur parchemin, la couche extérieure de la peau d’un animal, tandis que les passages d’une mezouza sont écrits sur dokhsostos, la couche intérieure, et que, lorsqu’on écrit sur parchemin, on écrit du côté de la peau qui faisait face à la chair ; lorsqu’on écrit sur dokhsostos, on écrit du côté de la peau où il y avait des poils ? Comment, dès lors, peut-on utiliser l’autre côté de la peau pour une mezouza ? La Guemara répond que cette exigence de dokhsostos pour une mezouza est énoncée comme une mitsva, mais n’est pas indispensable.
וְהָתַנְיָא: שִׁינָּה פָּסוּל בִּתְפִילִּין! וְהָתַנְיָא: שִׁינָּה בֵּין בָּזֶה וּבֵין בְּזֶה פָּסוּל! אִידֵּי וְאִידֵּי בִּתְפִילִּין, וְהָא דְּכַתְבִינְהוּ אַקְּלָף בִּמְקוֹם שֵׂעָר, וְהָא
La Guemara demande : Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita que si quelqu’un a changé entre parchemin et dokhsostos, l’objet est invalide ? La Guemara répond que cette baraita fait référence aux phylactères que l’on a écrits sur du dokhsostos à la manière d’une mezuza, et non à une mezuza que l’on a écrite sur parchemin. La Guemara soulève une difficulté supplémentaire : Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita que si quelqu’un a changé soit de cette manière soit de cette autre manière, c’est invalide ? La Guemara explique que cette baraita ne veut pas dire que l’on a changé soit dans le cas des phylactères, soit dans le cas d’une mezuza. Au contraire, cette manière comme cette autre manière se réfèrent aux phylactères, et ce cas est lorsqu’on les a écrits sur parchemin mais du côté de la peau où il y avait des poils, et non du côté tourné vers la chair, et cet autre