מִי קָאָמַר בְּמִשְׁנָתֵינוּ? ״כׇּל מָקוֹם שֶׁשָּׁנָה״ קָאָמַר.
Rabbi Ḥanina dit-il que, partout où Rabbi Shimon Shezuri a enseigné une halakhadans notre Mishna, la halakha est conforme à son opinion ? Au contraire, il dit que, dans tout endroit où il a enseigné une halakha, la halakha est conforme à son opinion, et cela s’applique même aux baraitot.
אָמַר רַב זְעֵירָא, אָמַר רַב חֲנַנְאֵל, אָמַר רַב: קֶרַע הַבָּא בִּשְׁנֵי שִׁיטִין – יִתְפּוֹר, בְּשָׁלֹשׁ – אַל יִתְפּוֹר. אֲמַר לֵיהּ רַבָּה זוּטֵי לְרַב אָשֵׁי: הָכִי אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה מִדִּיפְתִּי מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא, הָא דְּאָמְרִינַן ״בְּשָׁלֹשׁ אַל יִתְפּוֹר״ – לָא אֲמַרַן אֶלָּא בְּעַתִּיקָתָא, אֲבָל חַדְתָּתָא – לֵית לַן בַּהּ.
§ Rav Ze’eira dit que Rav Ḥananel dit que Rav dit : Si une déchirure dans le parchemin d’un rouleau de la Torah s’étend sur deux lignes, on peut coudre le parchemin pour rendre le rouleau apte, mais si elle s’étend sur trois lignes, alors on ne peut pas coudre pour le rendre apte. Rabba Zuti dit à Rav Ashi : Ceci est ce que Rabbi Yirmeya de Difti a dit au nom de Rava : Ce que nous disons, à savoir que si la déchirure s’étend sur trois lignes, on ne peut pas coudre pour le rendre apte, nous le disons seulement à l’égard de feuilles de parchemin anciennes. Mais dans le cas de feuilles de parchemin neuves, nous n’avons pas de problème avec cela.
וְלָא עַתִּיקָתָא עַתִּיקָתָא מַמַּשׁ, וְלָא חַדְתָּתָא חַדְתָּתָא מַמַּשׁ, אֶלָּא הָא דְּלָא אֲפִיצָן, הָא דַּאֲפִיצָן, וְהָנֵי מִילֵּי בְּגִידִין, אֲבָל בִּגְרָדִין – לָא.
La Guemara ajoute : Et ancien ne signifie pas littéralement ancien, et nouveau ne signifie pas littéralement nouveau. Au contraire, ces feuilles de parchemin qui ne sont pas traitées avec de la noix de galle sont qualifiées d’anciennes et ne peuvent pas être cousues, tandis que celles feuilles de parchemin qui sont traitées avec de la noix de galle sont qualifiées de nouvelles et peuvent être cousues. Et cette déclaration, selon laquelle on peut coudre le parchemin et le rendre apte, s’applique au fait de le coudre avec du tendon ; mais si l’on coud le parchemin avec du fil [bigradin], il n’est pas rendu apte.
בָּעֵי רַב יְהוּדָה בַּר אַבָּא: בֵּין דַּף לְדַף, בֵּין שִׁיטָה לְשִׁיטָה, מַאי? תֵּיקוּ.
Rav Yehuda bar Abba demande : Si la déchirure s’est produite dans l’espace entre une colonne et une autre colonne, mais qu’elle avait une longueur telle que, si elle s’était produite à l’intérieur d’une colonne, elle se serait étendue sur plus de trois lignes, et de même, si la déchirure s’est produite entre une ligne et une autre ligne horizontalement, mais sans déchirer aucune lettre, quelle est la halakha ? Aucune réponse n’a été trouvée et, par conséquent, le dilemme demeurera sans résolution.
אָמַר רַבִּי זְעֵירִי, אָמַר רַב חֲנַנְאֵל, אָמַר רַב: מְזוּזָה שֶׁכְּתָבָהּ שְׁתַּיִם שְׁתַּיִם, כְּשֵׁרָה. אִיבַּעְיָא לְהוּ: שְׁתַּיִם וְשָׁלֹשׁ וְאַחַת, מַהוּ? אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: כׇּל שֶׁכֵּן שֶׁעֲשָׂאָהּ כְּשִׁירָה. מֵיתִיבִי: עֲשָׂאָהּ כְּשִׁירָה, אוֹ שִׁירָה כְּמוֹתָהּ – פְּסוּלָה! כִּי תַּנְיָא הָהִיא בְּסֵפֶר תּוֹרָה.
§ Rabbi Ze’eiri dit que Rav Ḥananel dit que Rav dit : Une mezouza que l’on a écrite deux par deux, c’est-à-dire deux mots sur chaque ligne, est valide. Un dilemme fut soulevé devant les Sages : si l’on a écrit deux mots sur une ligne, et trois mots sur la ligne suivante, et un mot sur la ligne d’après, quelle est la halakha ? Rav Naḥman bar Yitzḥak dit : À plus forte raison est-elle valide, car il l’a disposée comme on écrit un poème dans le rouleau de la Torah. Le chant entonné par le peuple juif à la mer après l’Exode est écrit en lignes dont la longueur n’est pas uniforme. La Guemara soulève une objection à partir d’une baraita : si on l’a écrite comme on écrit un poème dans la Torah, ou si l’on a écrit un poème dans la Torah comme on écrit cela, elle est invalide. La Guemara répond : Lorsque cettebaraitaest enseignée, elle se réfère à un rouleau de Torah, et non à une mezouza.
אִתְּמַר נָמֵי: אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן, וְאָמְרִי לַהּ אָמַר רַב אַחָא בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מְזוּזָה שֶׁעֲשָׂאָהּ שְׁתַּיִם וְשָׁלֹשׁ וְאַחַת – כְּשֵׁרָה, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יַעֲשֶׂנָּה כְּקוּבָּה, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יַעֲשֶׂנָּה כְּזָנָב.
Cela a également été déclaré par les amora’im : Rabba bar bar Ḥana dit que Rabbi Yoḥanan dit, et certains disent que c’était Rav Aḥa bar bar Ḥana qui dit que Rabbi Yoḥanan dit : En ce qui concerne une mezuza que l’on a préparée avec deux mots sur une ligne, et trois mots sur la ligne suivante, et un mot sur la ligne d’après, elle est valide, à condition qu’on ne la prépare pas comme la forme d’une tente, c’est-à-dire en élargissant progressivement les lignes, en commençant par une ligne d’un mot, puis une ligne de deux mots et une ligne de trois, et à condition qu’on ne la prépare pas comme la forme d’une queue, en raccourcissant progressivement les lignes, de trois mots à deux puis à un.
אָמַר רַב חִסְדָּא: ״עַל הָאָרֶץ״ בְּשִׁיטָה אַחֲרוֹנָה, אִיכָּא דְּאָמְרִי: בְּסוֹף שִׁיטָה, וְאִיכָּא דְּאָמְרִי: בִּתְחִלַּת שִׁיטָה.
§ Rav Ḥisda dit : On écrit les deux derniers mots d’une mezouza, al ha’aretz, signifiant « au-dessus de la terre » (Deutéronome 11:21), seuls sur la dernière ligne, sans le mot précédent. Les Sages ne s’accordaient pas sur la manière de procéder. Certains disent qu’on écrit cette expression à la fin de la dernière ligne, et certains disent qu’on l’écrit au début de la dernière ligne.
מַאן דְּאָמַר בְּסוֹף שִׁיטָה, כִ״גְבֹהַּ שָׁמַיִם עַל הָאָרֶץ״, וּמַאן דְּאָמַר בִּתְחִילַּת שִׁיטָה, כִּי הֵיכִי דִּמְרַחֲקָא שָׁמַיִם מֵאֶרֶץ.
La Guemara explique leur divergence : Celui qui dit qu’on l’écrit à la fin de la dernière ligne interprète le verset : « Afin que vos jours et les jours de vos enfants se multiplient sur la terre que le Seigneur a juré à vos pères de leur donner, comme les jours des cieux au-dessus de la terre », d’une manière semblable au verset : « Car comme les cieux sont élevés au-dessus de la terre » (Psaumes 103:11). Par conséquent, si l’on écrit « au-dessus de la terre » à la fin de la dernière ligne, cela se trouvera convenablement sous le terme « les cieux » à la fin de la ligne précédente. Et celui qui dit qu’on l’écrit au début de la dernière ligne explique l’expression « comme les jours des cieux au-dessus de la terre » comme signifiant : De même que le ciel est éloigné de la terre. Par conséquent, si l’on écrit « au-dessus de la terre » au début de la dernière ligne, cela est éloigné du terme « les cieux » à la fin de la ligne précédente.
אָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ: חֲזֵינָא לֵיהּ לְרַב הוּנָא דְּכָרֵיךְ לַהּ מֵ״אֶחָד״ כְּלַפֵּי ״שְׁמַע״, וְעוֹשֶׂה פָּרָשִׁיּוֹתֶיהָ סְתוּמוֹת.
Rabbi Ḥelbo a dit : J’ai vu Rav Huna enrouler une mezouza écrite du mot eḥad jusqu’au mot shema, c’est-à-dire en la roulant de gauche à droite, puisque le premier verset écrit dans une mezouza est : « Écoute [Shema], Israël, le Seigneur notre Dieu, le Seigneur est un [eḥad] » (Deutéronome 6:4). Et il prépara les deux passages de la mezouza de manière fermée, c’est-à-dire en commençant le second passage (Deutéronome 11:13–21) sur la même ligne où il avait terminé d’écrire le premier passage (Deutéronome 6:4–9).
מֵיתִיבִי: אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר: רַבִּי מֵאִיר הָיָה כּוֹתְבָהּ עַל דּוּכְסוּסְטוֹס כְּמִין דַּף,
La Guemara soulève une objection à partir d’une baraita : Rabbi Shimon ben Elazar a dit : Rabbi Meir écrivait une mezouza sur du dokhsostos, la couche interne de la peau animale, et non sur du parchemin, qui provient de la couche externe, et il la préparait comme une colonne d’un rouleau de la Torah, c’est-à-dire longue et étroite.