אַשִּׁידָּה, דִּתְנַן: בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים נִמְדֶּדֶת מִבִּפְנִים, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים מִבַּחוּץ, וּמוֹדִים אֵלּוּ וְאֵלּוּ שֶׁאֵין עוֹבִי הָרַגְלַיִם וְעוֹבִי הַלְּבִזְבְּזִין נִמְדָּד.
que la déclaration de Rabbi Ḥanina concernait un coffre, comme nous l’avons appris dans une michna (Kelim 18:1) : Un coffre en bois assez grand pour contenir quarante se’a n’est pas susceptible de contracter l’impureté rituelle, puisqu’il n’est plus considéré comme un ustensile. Pour déterminer sa capacité, Beit Shammai disent qu’il est mesuré à l’intérieur, et Beit Hillel disent qu’il est mesuré à l’extérieur, de sorte que le volume des parois du coffre lui-même soit inclus dans la mesure. Et Beit Shammai et Beit Hillel conviennent que le volume des pieds et le volume des rebords [halevazbazin] ne sont pas mesurés.
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: מוֹדִים שֶׁעוֹבִי הָרַגְלַיִם וְעוֹבִי הַלְּבִזְבְּזִין נִמְדָּד, וּבֵינֵיהֶן אֵין נִמְדָּד. רַבִּי שִׁמְעוֹן שֵׁזוּרִי אוֹמֵר: אִם הָיוּ רַגְלַיִם גְּבוֹהוֹת טֶפַח – אֵין בֵּינֵיהֶן נִמְדָּד, וְאִם לָאו – בֵּינֵיהֶן נִמְדָּד.
Rabbi Yosei dit : Ils concèdent que le volume des pieds et le volume des rebords sont mesurés, mais l’espace délimité entre les rebords et les pieds n’est pas mesuré. Rabbi Shimon Shezuri dit : Si les pieds étaient hauts d’une paume, alors l’espace entre les pieds n’est pas mesuré, puisque cette zone a une importance indépendante, mais si l’espace n’est pas haut d’une paume, l’espace entre les pieds est mesuré comme faisant partie du coffre. C’est à propos de cette déclaration que Rabbi Ḥanina a dit que la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Shimon Shezuri.
רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר: אַיַּיִן, דִּתְנַן: רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: שֶׁמֶן תְּחִלָּה לְעוֹלָם, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אַף הַדְּבָשׁ, רַבִּי שִׁמְעוֹן שֵׁזוּרִי אוֹמֵר: אַף הַיָּיִן. מִכְּלָל דְּתַנָּא קַמָּא סָבַר יַיִן לָא? אֵימָא: רַבִּי שִׁמְעוֹן שֵׁזוּרִי אוֹמֵר: יָיִן.
Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit que la déclaration de Rabbi Ḥanina concernait le vin, comme nous l’avons appris dans une michna (Teharot 3:2) : Rabbi Meir dit : L’huile, un exemple de liquide, qui a contracté l’impureté, est toujours considérée comme ayant une impureté rituelle de premier degré, même si elle est entrée en contact avec un objet impur d’une impureté rituelle de second degré, ce qui, selon les halakhot habituelles de l’impureté rituelle, devrait entraîner une impureté rituelle de troisième degré. Et les Sages disent que telle est la halakhamême en ce qui concerne le miel. Rabbi Shimon Shezuri dit : Telle est la halakhamême en ce qui concerne le vin. La Guemara demande : Par déduction, cela veut-il dire que le premier tanna soutient que le vin n’est pas considéré comme un liquide ? Au contraire, dis ainsi : Rabbi Shimon Shezuri dit : Le vin est considéré comme un liquide, mais l’huile et le miel ne le sont pas.
תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן שֵׁזוּרִי: פַּעַם אַחַת נִתְעָרֵב לִי טֶבֶל בְּחוּלִּין, וּבָאתִי וְשָׁאַלְתִּי אֶת רַבִּי טַרְפוֹן, וְאָמַר לִי: לֵךְ קַח לְךָ מִן הַשּׁוּק וְעַשֵּׂר עָלָיו.
§ La Guemara rapporte une autre déclaration de Rabbi Shimon Shezuri : Il est enseigné dans une baraita que Rabbi Shimon Shezuri a dit : Une fois, mes produits dont les dîmes n’avaient pas été prélevées se sont mélangés avec une plus grande quantité de produits non sacrés, c’est-à-dire déjà soumis aux dîmes, et je suis allé demander à Rabbi Tarfon comment je devais prélever les dîmes sur les produits non dîmés qui s’étaient mélangés aux produits déjà dîmés. Et il m’a dit : Va et prends au marché des produits au statut de dîme douteux, qui exigent le prélèvement des dîmes par loi rabbinique, et prélève-en les dîmes pour le compte de les produits non dîmés qui sont mélangés aux produits déjà dîmés.
קָסָבַר דְּאוֹרָיְיתָא בְּרוּבָּא בָּטֵל, וְרוֹב עַמֵּי הָאָרֶץ מְעַשְּׂרִים הֵן, וְהָוֵה לֵיהּ כְּתוֹרֵם מִן הַפְּטוּר עַל הַפְּטוּר.
La Guemara explique : Rabbi Tarfon soutient que selon la loi de la Torah, la minorité de produits dont les dîmes n’ont pas été prélevées est annulée dans la majorité de produits déjà dîmés et est donc exemptée des dîmes ; ce n’est que selon la loi rabbinique qu’elle n’est pas annulée et que l’on est tenu d’en prélever les dîmes. Et, de plus, il soutient que la majorité de ceux qui ne sont pas fiables en matière de dîmes [amei ha’aretz] prélèvent malgré tout les dîmes, auquel cas, selon la loi de la Torah, on n’est pas tenu de prélever les dîmes sur des produits achetés au marché. Et par conséquent, si Rabbi Shimon Shezuri reçoit des produits d’un am ha’aretz, il est considéré, selon la loi de la Torah, comme prélevant les dîmes d’un produit exempt pour le compte d’un produit exempt, alors que l’ensemble est soumis aux dîmes selon la loi rabbinique.
וְלֵימָא לֵיהּ: ״לֵךְ קַח מִן הַגּוֹי״, קָסָבַר: אֵין קִנְיָן לְגוֹי בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל לְהַפְקִיעַ מִיַּד מַעֲשֵׂר, וְהָוֵה לֵיהּ מִן הַחִיּוּב עַל הַפְּטוּר.
La Guemara suggère : Mais que Rabbi Tarfon lui dise : Va prendre des produits chez un gentil. Puisqu’ils sont exemptés de la dîme selon la loi de la Torah mais requièrent la dîme selon la loi rabbinique, il pourrait alors prélever les dîmes de ces produits pour le compte des produits non prélevés qui sont annulés dans les produits déjà prélevés. La Guemara explique : Rabbi Tarfon soutient qu’un gentil n’a pas d’acquisition de terre en Eretz Yisrael pour annuler la sainteté de la terre, la soustrayant ainsi à l’obligation de prélever la dîme sur sa production. Et par conséquent, si Rabbi Shimon Shezuri prenait des produits chez un gentil, cela serait considéré comme le prélèvement des dîmes à partir de produits soumis à la dîme selon la loi de la Torah pour des produits exemptés, ce qu’on ne peut pas faire.
אִיכָּא דְאָמְרִי, אֲמַר לֵיהּ: ״לֵךְ קַח מִן הַגּוֹי״, קָסָבַר יֵשׁ קִנְיָן לְגוֹי בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל לְהַפְקִיעַ מִיַּד מַעֲשֵׂר, וְהָוֵה לֵיהּ מִן הַפְּטוּר עַל הַפְּטוּר.
Il y a ceux qui disent que Rabbi Tarfon lui a dit : Va et prends des produits d’un gentil et prélève-en les dîmes pour le produit non dîmé qui est mêlé à la majorité du produit déjà dîmé. En conséquence, Rabbi Tarfon soutient qu’un gentil a acquisition d’une terre en Eretz Yisrael pour annuler la sainteté de la terre, la soustrayant ainsi à l’obligation de dîmer sa production. Et donc, si Rabbi Shimon Shezuri prend des produits d’un gentil, il est considéré, selon la loi de la Torah, comme prélevant les dîmes de ce qui est exempt pour ce qui est exempt, alors que tout cela est soumis aux dîmes par la loi rabbinique.
וְלֵימָא לֵיהּ: ״קַח מֵהַשּׁוּק״, קָסָבַר: אֵין רוֹב עַמֵּי הָאָרֶץ מְעַשְּׂרִין.
La Guemara suggère : Mais que Rabbi Tarfon lui dise : Va et prends des produits chez un am ha’aretz au marché et prélève-en les dîmes pour le produit mélangé non dîmé. La Guemara explique : Rabbi Tarfon soutient que la majorité des amei ha’aretz ne prélèvent pas les dîmes, auquel cas il est considéré comme prélevant les dîmes d’un produit soumis aux dîmes selon la loi de la Torah pour un produit exempté.
שְׁלַח לֵיהּ רַב יֵימַר בַּר שֶׁלֶמְיָא לְרַב פָּפָּא: הָא דְּאָמַר רָבִין בַּר חִינָּנָא אָמַר עוּלָּא אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: הֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן שֵׁזוּרִי, וְלֹא עוֹד, אֶלָּא כׇּל מָקוֹם שֶׁשָּׁנָה רַבִּי שִׁמְעוֹן שֵׁזוּרִי הֲלָכָה כְּמוֹתוֹ, אַף בְּנִתְעָרֵב לֵיהּ טֶבֶל בְּחוּלִּין?
Rav Yeimar bar Shelamya envoya la question suivante à Rav Pappa : Ce que Ravin bar Ḥinnana a dit, à savoir que Ulla dit que Rabbi Ḥanina dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Shimon Shezuri, et de plus, partout où Rabbi Shimon Shezuri a enseigné une halakha, la halakha est conforme à son opinion, cela a-t-il été dit même à l’égard de le cas de quelqu’un dont le produit non prélevé s’est mélangé avec un produit profane, c’est-à-dire un produit prélevé, ou Rabbi Ḥanina faisait-il référence uniquement aux cas où Rabbi Shimon Shezuri a énoncé son opinion dans la Michna, mais non dans une baraita ?
אֲמַר לֵיהּ: אִין, אָמַר רַב אָשֵׁי: אֲמַר לִי מָר זוּטְרָא, קָשֵׁי בַּהּ רַבִּי חֲנִינָא מִסּוּרָא: פְּשִׁיטָא!
Rav Pappa lui dit : Oui, la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Shimon Shezuri même en ce qui concerne des produits non prélevés pour la dîme qui ont été mélangés avec des produits prélevés pour la dîme. Rav Ashi dit : Mar Zutra m’a dit : Rabbi Ḥanina de Soura a soulevé une difficulté à ce sujet : N’est-ce pas évident ?