אֲבָל יְתֵרוֹת לֵית לַן בַּהּ.
Mais s’il y a des lettres superflues, nous n’avons aucun problème avec cela, et on peut les effacer. C’est la première halakha qu’a énoncée Rav, laquelle est réfutée dans une baraita.
אִידַּךְ, דְּאָמַר רַב: הַכּוֹתֵב סֵפֶר תּוֹרָה וּבָא לִגְמוֹר – גּוֹמֵר, וַאֲפִילּוּ בְּאֶמְצַע הַדַּף. מֵיתִיבִי: הַכּוֹתֵב סֵפֶר תּוֹרָה, בָּא לוֹ לִגְמוֹר – לֹא יִגְמוֹר בָּאֶמְצַע הַדַּף כְּדֶרֶךְ שֶׁגּוֹמֵר בַּחוּמָּשִׁין, אֶלָּא מְקַצֵּר וְהוֹלֵךְ עַד סוֹף הַדַּף! כִּי קָא אָמַר רַב – בְּחוּמָּשִׁין.
L’autre, c’est ce que dit Rav : Celui qui écrit un rouleau de la Torah et arrive à l’achever peut achever son écriture n’importe où dans la colonne, et telle est la halakhamême en ce qui concerne le fait de l’achever au milieu de la colonne. La Guemara soulève une objection à partir d’une baraita : Celui qui écrit un rouleau de la Torah et arrive à l’achever ne peut pas achever son écriture au milieu de la colonne de la manière dont on achève l’écriture de l’un des cinq livres de la Torah écrits comme un rouleau indépendant. Au contraire, il doit raccourcir progressivement la largeur des lignes jusqu’à ce qu’il termine le rouleau à la fin de la colonne. La Guemara répond : Lorsque Rav dit qu’on peut achever l’écriture même au milieu d’une colonne, il faisait référence à l’un des cinq livres de la Torah.
וְהָא סֵפֶר תּוֹרָה קָאָמַר? בְּחוּמָּשִׁין שֶׁל סֵפֶר תּוֹרָה. אִינִי? וְהָאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בַּר אַבָּא אָמַר רַב גִּידֵּל אָמַר רַב: ״לְעֵינֵי כׇּל יִשְׂרָאֵל״ בְּאֶמְצַע הַדַּף? הָהִיא בְּאֶמְצַע שִׁיטָה אִיתְּמַר.
La Guemara demande : Mais Rav ne dit-il pas sa déclaration au sujet d’un rouleau de la Torah ? La Guemara répond : Il faisait référence à l’un des cinq livres qui constituent un rouleau de la Torah. Rav voulait dire que, lorsqu’on écrit un rouleau de la Torah, on peut terminer d’écrire n’importe lequel des quatre premiers livres au milieu d’une colonne. La Guemara demande : Est-ce bien ainsi ? Mais Rabbi Yehoshua bar Abba ne dit-il pas que Rav Giddel dit que Rav dit : Les mots : « Aux yeux de tout Israël » (Deutéronome 34:12), qui concluent la Torah, peuvent être écrits même au milieu de la colonne ? La Guemara répond : Cette décision qui a été énoncée concerne le fait de terminer le rouleau de la Torah au milieu de la ligne, c’est-à-dire au milieu de la largeur de la colonne.
רַבָּנַן אָמְרִי: אַף בְּאֶמְצַע שִׁיטָה, רַב אָשֵׁי אָמַר: בְּאֶמְצַע שִׁיטָה דַּוְוקָא, וְהִלְכְתָא: בְּאֶמְצַע שִׁיטָה דַּוְוקָא.
La Guemara cite un autre avis : Les Sages disent qu’on peut achever l’écriture d’un rouleau de la Torah même au milieu de la ligne, mais on peut aussi l’achever à la fin de la ligne. Rav Ashi dit qu’il faut achever l’écriture du rouleau de la Torah précisément au milieu de la ligne. Et la halakha est qu’il doit être achevé précisément au milieu de la ligne.
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בַּר אַבָּא, אָמַר רַב גִּידֵּל, אָמַר רַב: שְׁמֹנָה פְּסוּקִים שֶׁבַּתּוֹרָה, יָחִיד קוֹרֵא אוֹתָן בְּבֵית הַכְּנֶסֶת. כְּמַאן? דְּלָא כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן.
§ Rabbi Yehoshua bar Abba dit que Rav Giddel dit que Rav dit : En ce qui concerne les huit derniers versets de la Torah (Deutéronome 32:5–12), un seul individu les lit à la synagogue, car cette section ne peut pas être divisée entre deux lecteurs. La Guemara demande : Conformément à l’opinion de qui cela est-il dit ? Cela n’est pas conforme à l’opinion de Rabbi Shimon.
דְּתַנְיָא: ״וַיָּמׇת שָׁם מֹשֶׁה עֶבֶד ה׳״, אֶפְשָׁר מֹשֶׁה חַי וְכָתַב ״וַיָּמׇת שָׁם מֹשֶׁה״? אֶלָּא עַד כָּאן כָּתַב מֹשֶׁה, מִכָּאן וְאֵילָךְ כָּתַב יְהוֹשֻׁעַ בִּן נוּן, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה, וְאָמְרִי לַהּ רַבִּי נְחֶמְיָה.
Comme il est enseigné dans une baraita : Le verset déclare : « Et Moïse, serviteur du Seigneur, mourut là » (Deutéronome 34:5). Est-il possible qu’après que Moïse est mort, il ait lui-même écrit : « Et Moïse mourut là » ? Au contraire, Moïse a écrit toute la Torah jusqu’à ce point, et Josué bin Nun a écrit à partir de ce point et au-delà ; telle est la déclaration de Rabbi Yehuda. Et certains disent que Rabbi Neḥemya a exprimé cette opinion.
אָמַר לוֹ רַבִּי שִׁמְעוֹן: אֶפְשָׁר סֵפֶר תּוֹרָה חָסֵר אוֹת אַחַת? וּכְתִיב ״לָקֹחַ אֵת סֵפֶר הַתּוֹרָה הַזֶּה וְשַׂמְתֶּם אֹתוֹ וְגוֹ׳״.
Rabbi Shimon lui dit : Est-il possible que le rouleau de la Torah manque d’une seule lettre ? Pourtant, il est écrit que Dieu a ordonné à Moïse : « Prenez ce rouleau de la Torah et placez-le à côté de l’Arche de l’Alliance » (Deutéronome 31:26), ce qui indique que la Torah était complète telle quelle et que rien de plus n’y serait ajouté.
אֶלָּא, עַד כָּאן – הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אוֹמֵר וּמֹשֶׁה כּוֹתֵב וְאוֹמֵר, מִכָּאן וְאֵילָךְ – הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אוֹמֵר וּמֹשֶׁה כּוֹתֵב בְּדֶמַע, כְּמָה שֶׁנֶּאֱמַר לְהַלָּן: ״וַיֹּאמֶר לָהֶם בָּרוּךְ מִפִּיו יִקְרָא אֵלַי אֵת כׇּל הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה וַאֲנִי כֹּתֵב עַל הַסֵּפֶר בַּדְּיוֹ״.
Rabbi Shimon explique : Au contraire, jusqu’à ce point, c’est-à-dire le verset décrivant la mort de Moïse, le Saint, béni soit-Il, dictait et Moïse écrivait le texte et répétait après Lui. À partir de ce point et désormais, en ce qui concerne la mort de Moïse, le Saint, béni soit-Il, dictait et Moïse écrivait avec des larmes sans répéter les mots, en raison de sa grande tristesse. Comme il est dit là-bas au sujet de la dictée par Jérémie à Baruch ben Néria de la prophétie de la destruction du Temple : « Et Baruch leur dit : Il me dictait toutes ces paroles, et je les écrivais avec de l’encre dans le rouleau » (Jérémie 36:18), mais il ne répétait pas les paroles après Jérémie.
לֵימָא דְּלָא כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן? אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבִּי שִׁמְעוֹן, הוֹאִיל וְאִישְׁתַּנִּי – אִישְׁתַּנִּי.
La Guemara énonce maintenant son inférence : Dirons-nous que la décision de Rav, selon laquelle les derniers versets de la Torah sont lus par un seul lecteur, n’est pas conforme à l’opinion de Rabbi Shimon, puisque, selon Rabbi Shimon, ces versets sont semblables à tous les autres versets de la Torah, puisqu’ils ont tous été écrits par Moïse ? La Guemara répond : Vous pouvez même dire que la décision de Rav a été énoncée conformément à l’opinion de Rabbi Shimon ; puisqu’ils diffèrent du reste de la Torah d’une manière, en ce que Moïse les a écrits sans répéter les mots, ils diffèrent du reste de la Torah de cette manière également, et ils ne peuvent pas être partagés entre deux lecteurs.
וְאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בַּר אַבָּא, אָמַר רַב גִּידֵּל, אָמַר רַב: הַלּוֹקֵחַ סֵפֶר תּוֹרָה מִן הַשּׁוּק – כְּחוֹטֵף מִצְוָה מִן הַשּׁוּק, כְּתָבוֹ – מַעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִילּוּ קִיבְּלוֹ מֵהַר סִינַי. אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: אִם הִגִּיהַּ אֲפִילּוּ אוֹת אַחַת – מַעֲלֶה עָלָיו כְּאִילּוּ כְּתָבוֹ.
Et Rabbi Yehoshua bar Abba dit que Rav Giddel dit que Rav dit : Celui qui achète un rouleau de la Torah au marché est semblable à quelqu’un qui arrache une mitsva au marché, car la manière appropriée d’accomplir la mitsva d’écrire un rouleau de la Torah est d’en écrire un pour lui-même. Et s’il écrit lui-même un rouleau de la Torah, le verset lui attribue du mérite comme s’il l’avait reçu au mont Sinaï. Rav Sheshet dit : S’il a corrigé ne serait-ce qu’une seule lettre du rouleau de la Torah, l’achevant ainsi, le verset lui attribue du mérite comme s’il l’avait écrit en entier.
(סִימָן סגל״ם) תָּנוּ רַבָּנַן: עוֹשֶׂה אָדָם יְרִיעָה מִבַּת שָׁלֹשׁ דַּפִּין וְעַד בַּת שְׁמֹנָה דַּפִּין, פָּחוֹת מִיכֵּן וְיָתֵר עַל כֵּן לֹא יַעֲשֶׂה.
§ Avant de poursuivre sa discussion des halakhot de l’écriture d’un rouleau de la Torah, la Guemara présente un moyen mnémotechnique pour les prochaines halakhot : Samekh, gimmel, lamed, mem. Les Sages ont enseigné : Une personne peut préparer pour un rouleau de la Torah une feuille de parchemin de n’importe quelle taille de trois colonnes jusqu’à huit colonnes, mais on ne peut pas préparer une feuille de parchemin qui comporte moins de trois ou plus de huit colonnes.
וְלֹא יַרְבֶּה בְּדַפִּין, מִפְּנֵי שֶׁנִּרְאֶה אִגֶּרֶת, וְלֹא יְמַעֵט בְּדַפִּין, מִפְּנֵי שֶׁעֵינָיו מְשׁוֹטְטוֹת, אֶלָּא כְּגוֹן ״לְמִשְׁפְּחוֹתֵיכֶם לְמִשְׁפְּחוֹתֵיכֶם לְמִשְׁפְּחוֹתֵיכֶם״ שָׁלֹשׁ פְּעָמִים.
Et il ne peut pas augmenter le nombre de colonnes, par exemple en écrivant huit colonnes sur une feuille étroite de parchemin, car alors chaque colonne a l’apparence d’une missive en raison de ses lignes étroites. Et il ne peut pas diminuer le nombre de colonnes, par exemple en écrivant trois colonnes sur une large feuille de parchemin, car alors les lignes seront si larges que les yeux du lecteur erreront, car il sera difficile de trouver le début d’une ligne. Au contraire, la largeur idéale d’une ligne est, par exemple, celle où l’on peut écrire « lemishpeḥoteikhem », « lemishpeḥoteikhem », « lemishpeḥoteikhem » pour un total de trois fois.
נִזְדַּמְּנָה לוֹ יְרִיעָה בַּת תֵּשַׁע דַּפִּים, לֹא יַחְלוֹק שָׁלֹשׁ לְכָאן וְשֵׁשׁ לְכָאן, אֶלָּא אַרְבַּע לְכָאן וְחָמֵשׁ לְכָאן.
Si quelqu’un venait à acquérir une feuille de parchemin qui a de la place pour neuf colonnes, dépassant la limite de huit colonnes, il ne doit pas la diviser en deux feuilles de parchemin avec trois colonnes ici et six colonnes là; mais plutôt, il doit la diviser en deux feuilles de parchemin avec quatre colonnes ici et cinq colonnes là, afin que les deux feuilles soient semblables en largeur.
בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים? בִּתְחִלַּת הַסֵּפֶר, אֲבָל בְּסוֹף הַסֵּפֶר – אֲפִילּוּ פָּסוּק אֶחָד וַאֲפִילּוּ דַּף אֶחָד. פָּסוּק אֶחָד סָלְקָא דַּעְתָּךְ? אֶלָּא אֵימָא: פָּסוּק אֶחָד בְּדַף אֶחָד.
Dans quel cas cette affirmation selon laquelle la feuille doit contenir au minimum trois colonnes est-elle dite ? Elle est dite au sujet des feuilles au début et au milieu du rouleau. Mais à la fin du rouleau, une feuille peut être composée même d’un seul verset, et même d’une seule colonne. La Guemara demande : Peut-il te venir à l’esprit de dire qu’une feuille peut contenir un seul verset ? Plutôt, dis qu’elle peut être composée même d’un seul verset sur une seule colonne.
שִׁיעוּר גִּלָּיוֹן מִלְּמַטָּה – טֶפַח, מִלְּמַעְלָה – שָׁלֹשׁ אֶצְבָּעוֹת, וּבֵין דַּף לְדַף – כִּמְלֹא רֶיוַח רוֹחַב שְׁתֵּי אֶצְבָּעוֹת, וּבַחוּמָּשִׁין מִלְּמַטָּה – שָׁלֹשׁ אֶצְבָּעוֹת, מִלְּמַעְלָה – שְׁתֵּי אֶצְבָּעוֹת, וּבֵין דַּף לְדַף – כִּמְלֹא רֶיוַח רוֹחַב גּוּדָל.
La mesure de la marge d’un rouleau de la Torah est la suivante : la taille de la marge inférieure est de une paume [tefaḥ]. Une grande marge y est requise, afin qu’un lecteur ne pose pas par inadvertance son bras sur l’écriture. La taille de la marge supérieure, qui est moins sujette à cela, est de trois doigts [etzba’ot], et l’espace entre chaque colonne est égal à la largeur totale de deux doigts. Quant à l’un des cinq livres de la Torah écrit comme un rouleau indépendant, la taille de la marge inférieure est de trois doigts, la taille de la marge supérieure est de deux doigts, et l’espace entre chaque colonne est égal à la largeur totale d’un pouce [gudal].
וּבֵין שִׁיטָה לְשִׁיטָה כִּמְלֹא שִׁיטָה, וּבֵין תֵּיבָה לְתֵיבָה כִּמְלֹא אוֹת קְטַנָּה, וּבֵין אוֹת לְאוֹת כִּמְלֹא חוּט הַשַּׂעֲרָה.
Et l’espace entre une ligne d’un rouleau de la Torah et la ligne suivante doit être égal à l’espace d’une ligne entière, et l’espace entre un mot et le mot suivant doit être égal à une petite lettre entière, et quant à l’espace entre une lettre et la lettre suivante, il suffit qu’il soit égal à l’épaisseur d’un cheveu.
אַל יְמַעֵט אָדָם אֶת הַכְּתָב, לֹא מִפְּנֵי רֶיוַח שֶׁל מַטָּה, וְלֹא מִפְּנֵי רֶיוַח שֶׁל מַעְלָה, וְלֹא מִפְּנֵי רֶיוַח שֶׁבֵּין שִׁיטָה לְשִׁיטָה, וְלֹא מִפְּנֵי רֶיוַח שֶׁבֵּין פָּרָשָׁה לְפָרָשָׁה.
Nonobstant les halakhot des marges, une personne ne peut pas réduire la taille de l’écriture de sorte que la taille de l’écriture ne soit pas uniforme, non pour assurer la quantité correcte d’espace pour la marge inférieure, ni pour assurer la quantité correcte d’espace pour la marge supérieure, ni pour assurer la quantité correcte d’espace entre une ligne et la ligne suivante, ni pour assurer la quantité correcte d’espace entre un passage et le passage suivant, car cela n’est pas esthétique.
נִזְדַּמְּנָה לוֹ תֵּיבָה בַּת חָמֵשׁ אוֹתִיּוֹת – לֹא יִכְתּוֹב שְׁתַּיִם בְּתוֹךְ הַדַּף וְשָׁלֹשׁ חוּץ לַדַּף,
Si quelqu’un rencontre un mot composé de cinq lettres et qu’il ne peut pas être écrit en entier dans la colonne, il ne peut pas écrire deux lettres dans la colonne et trois en dehors de la colonne, dans la marge.