אָמַר רָבָא: קָסָבַר רַבִּי יְהוּדָה, כׇּל שֶׁהוּא מִין בְּמִינוֹ וְדָבָר אַחֵר – סַלֵּק אֶת מִינוֹ כְּמִי שֶׁאֵינוֹ, וְשֶׁאֵינוֹ מִינוֹ רָבֶה עָלָיו וּמְבַטְּלוֹ.
Rava a dit : Rabbi Yehuda soutient que dans le cas de tout mélange composé d’une substance en contact avec le même type de substance ainsi qu’un autre type de substance, la halakha consiste à faire abstraction de la substance identique, en la considérant comme si elle n’était pas là, et, dans le cas où la substance d’un type différent est supérieure à la première substance, la substance différente annule la première substance. Dans le cas de la michna ici, la poignée de l’offrande de farine est mélangée à d’autres types d’offrandes de farine qui comportent de plus grandes quantités d’huile. L’huile de la poignée est écartée, et la farine de la poignée, qui est présente en quantité plus grande que l’huile de l’autre offrande de farine absorbée en elle, annule cette huile de l’autre offrande de farine. Cette huile est désormais considérée comme ne faisant qu’un avec l’huile de la poignée, et par conséquent l’huile de la poignée est augmentée, et la poignée est invalide.
אִיתְּמַר: קוֹמֶץ דְּמִנְחַת חוֹטֵא שֶׁשִּׁמְּנוֹ, רַבִּי יוֹחָנָן אוֹמֵר: פָּסוּל, וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: הוּא עַצְמוֹ מְשַׁכְשְׁכוֹ בִּשְׁיָרֵי הַלּוֹג וּמַעֲלֵהוּ.
§ Il a été déclaré que les amora’im étaient en désaccord au sujet de la halakha selon laquelle on a ajouté de l’huile à la poignée prélevée de l’offrande de farine d’un pécheur, qui ne comprend pas d’huile. Rabbi Yoḥanan dit : Elle est inapte, et Reish Lakish dit : La halakha de l’offrande de farine elle-même est de l’essuyer, a priori, dans le reste du log d’huile qui demeure dans les récipients utilisés auparavant pour d’autres offrandes de farine, puis le prêtre la fait monter et la brûle sur l’autel. Cela est fait afin que l’offrande de farine ne soit pas complètement sèche.
וְהָכְתִיב: ״לֹא יָשִׂים עָלֶיהָ שֶׁמֶן וְלֹא יִתֵּן עָלֶיהָ לְבוֹנָה״? הַהוּא שֶׁלֹּא יִקְבַּע לָהּ שֶׁמֶן כְּחַבְרוֹתֶיהָ.
La Guemara demande : Mais n’est-il pas écrit au sujet de l’offrande de farine d’un pécheur : « Il n’y versera pas d’huile et n’y mettra pas d’encens » (Lévitique 5:11) ? Comment, dès lors, peut-on y ajouter de l’huile ? La Guemara répond : Ce verset enseigne qu’on ne doit pas lui attribuer de l’huile comme on attribue de l’huile aux autres offrandes de farine, mais l’offrande de farine d’un pécheur n’est pas rendue impropre par l’ajout d’une petite quantité d’huile.
אֵיתִיבֵיהּ רַבִּי יוֹחָנָן לְרֵישׁ לָקִישׁ: חָרֵב שֶׁנִּתְעָרֵב בְּבָלוּל – יַקְרִיב, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: לֹא יַקְרִיב. מַאי לָאו, קוֹמֶץ דְּמִנְחַת חוֹטֵא דְּאִיעָרַב בְּקוֹמֶץ דְּמִנְחַת נְדָבָה?
Rabbi Yoḥanan souleva une objection à Reish Lakish à partir d’une baraita (Tosefta 4:4) : Dans le cas d’une offrande de farine sèche qui a été mélangée à une offrande de farine mélangée à l’huile, le prêtre l’offrira. Rabbi Yehuda dit : Le prêtre ne l’offrira pas. La baraita ne parle-t-elle pas d’une poignée de l’offrande de farine d’un pécheur qui a été mélangée à une poignée d’une offrande de farine volontaire, démontrant que l’huile invalide la poignée de l’offrande de farine d’un pécheur ?
לֹא, מִנְחַת פָּרִים וְאֵילִים בְּמִנְחַת כְּבָשִׂים.
Reish Lakish répondit : Non, la baraita fait référence à l’offrande de farine qui accompagne les libations apportées avec les offrandes de taureaux ou de béliers, pour lesquelles deux log d’huile sont mélangés à un dixième d’épha de farine, et qui s’est mêlée à l’offrande de farine qui accompagne les libations apportées avec l’offrande de brebis, pour lesquelles trois log d’huile sont mélangés à un dixième d’épha de farine, car la première est considérée comme sèche par rapport à la seconde.
וְהָא בְּהֶדְיָא קָתָנֵי לַהּ: מִנְחַת פָּרִים וְאֵילִים בְּמִנְחַת כְּבָשִׂים, וְחָרֵב שֶׁנִּתְעָרֵב בְּבָלוּל – יִקְרַב, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: לֹא יִקְרַב. פָּרוּשֵׁי קָמְפָרֵשׁ לַהּ.
Rabbi Yoḥanan objecta : Mais une autre baraita enseigne cela explicitement comme une halakha distincte : En ce qui concerne l’offrande de farine qui accompagne les offrandes de taureaux ou de béliers et qui s’est mélangée à l’offrande de farine qui accompagne l’offrande de brebis, ainsi qu’une offrande de farine sèche qui s’est mélangée à une offrande de farine qui était mélangée avec de l’huile, l’offrande de farine sera sacrifiée. Rabbi Yehuda dit : Elle ne sera pas sacrifiée. Par conséquent, le dernier cas doit faire référence à d’autres offrandes de farine. Reish Lakish répondit : La dernière clause explique la première clause de la baraita, enseignant que la raison pour laquelle on ne peut pas offrir une offrande de farine qui accompagne des taureaux et des béliers et qui s’est mélangée à l’offrande de farine qui accompagne des brebis est qu’on ne peut pas offrir une offrande sèche qui s’est mélangée à une offrande mélangée avec de l’huile.
בָּעֵי רָבָא: קוֹמֶץ שֶׁמִּיצָּה שַׁמְנוֹ עַל גַּבֵּי עֵצִים, מַהוּ? חִיבּוּרֵי עוֹלִין כְּעוֹלִין דָּמוּ, אוֹ לָאו כְּעוֹלִין דָּמוּ? אֲמַר לֵיהּ רָבִינָא לְרַב אָשֵׁי: לָאו הַיְינוּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן וְרֵישׁ לָקִישׁ?
§ Rava soulève un dilemme : Dans le cas d’une poignée dont l’huile le prêtre a pressée sur le bois et qu’ensuite seulement il a placé la poignée sur le bois pour être brûlée, quelle est la halakha ? Les substances qui sont contiguës à des éléments qui montent sur l’autel sont-elles considérées comme faisant partie des éléments qui montent sur l’autel, auquel cas l’huile absorbée dans le bois et contiguë à la poignée de l’offrande de farine est considérée comme faisant partie de la poignée ? Ou ne sont-elles pas considérées comme faisant partie des éléments qui montent sur l’autel, et l’huile n’est pas considérée comme faisant partie de la poignée, de sorte que la poignée manque d’huile ? Ravina dit à Rav Ashi : N’est-ce pas là la même divergence que le différend entre Rabbi Yoḥanan et Reish Lakish ?
דְּאִיתְּמַר: הַמַּעֲלֶה אֵבֶר שֶׁאֵין בּוֹ כְּזַיִת, וְעֶצֶם מַשְׁלִימוֹ לִכְזַיִת – רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: חַיָּיב, רֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: פָּטוּר.
Comme cela a été déclaré : En ce qui concerne celui qui offre, à l’extérieur de la cour du Temple, un membre contenant moins d’un volume d’olive de chair, mais l’os complète la mesure de l’offrande jusqu’à un volume d’olive, Rabbi Yoḥanan dit : il est passible, et Reish Lakish dit : il est exempt.
רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר חַיָּיב, חִיבּוּרֵי עוֹלִין כְּעוֹלִין דָּמוּ, וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמַר פָּטוּר, חִיבּוּרֵי עוֹלִין לָאו כְּעוֹלִין דָּמוּ.
Rabbi Yoḥanan dit que l’on est passible, car il soutient que les substances contiguës à des éléments qui montent sur l’autel sont considérées comme faisant partie des éléments qui montent sur l’autel. Par conséquent, la mesure de l’os s’ajoute à la mesure de la viande, ce qui donne une mesure totale d’un volume d’olive, qui est la mesure déterminant la responsabilité. Et Reish Lakish dit que l’on est exempt, car il soutient que les substances contiguës à des éléments qui montent sur l’autel ne sont pas considérées comme faisant partie des éléments qui montent sur l’autel. Puisque moins d’un volume d’olive de viande a été sacrifié, il n’est pas passible.
תִּיבְּעֵי לְרַבִּי יוֹחָנָן, וְתִיבְּעֵי לְרֵישׁ לָקִישׁ. תִּיבְּעֵי לְרַבִּי יוֹחָנָן: עַד כָּאן לָא קָא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הָתָם, אֶלָּא בְּעֶצֶם, דְּמִינָא דְּבָשָׂר הוּא, אֲבָל הַאי דְּלָאו דְּמִינָא דְּקוֹמֶץ הוּא – לָא.
Rav Ashi répondit : le dilemme de Rava peut être soulevé selon Rabbi Yoḥanan, et le dilemme de Rava peut être soulevé selon Reish Lakish. Les circonstances de leur différend ne sont pas les mêmes que dans le dilemme de Rava ; leurs avis dans ce cas peuvent donc ne pas être applicables à celui-ci. Rav Ashi développe : le dilemme peut être soulevé selon Rabbi Yoḥanan, bien qu’il soutienne que l’os est considéré comme faisant partie de la viande pour compléter la mesure d’un volume d’olive. Peut-être que Rabbi Yoḥanan énonce son avis seulement là, dans le cas d’un os, parce que l’os est du même type que la viande, c’est-à-dire qu’il provient du même animal, et qu’il est donc considéré comme faisant partie de la viande sacrificielle. Mais dans ce cas de l’huile, qui n’est pas du même type que la poignée, elle n’est pas considérée comme faisant partie de la poignée même si elle lui est contiguë.
אוֹ דִלְמָא, אֲפִילּוּ לְרֵישׁ לָקִישׁ לָא קָא אָמַר אֶלָּא בְּעֶצֶם, דְּבַר מִפְרַשׁ הוּא, וְאִי פָּרֵישׁ – לָאו מִצְוָה לְאַהְדּוֹרֵי, אֲבָל שֶׁמֶן דְּלָאו בַּר מִפְרַשׁ הוּא – לָא, אוֹ דִּלְמָא לָא שְׁנָא. תֵּיקוּ.
Ou peut-être, même selon Reish Lakish, il énonce sa décision uniquement dans le cas de l’os, enseignant qu’il ne s’ajoute pas à la quantité de viande. La raison est que l’os peut être séparé de la viande, et s’il a été séparé, il n’y a pas de mitsva de le remettre au feu. Par conséquent, il le considère comme distinct de la viande. Mais dans ce cas de l’huile, qui ne peut pas être séparée de la poignée de l’offrande de farine, puisqu’elle doit être brûlée avec la poignée, il ne soutiendra pas que l’huile est considérée comme séparée de la poignée. Ou peut-être n’y a-t-il pas de différence entre le cas de l’os et celui de l’huile, et Rabbi Yoḥanan et Reish Lakish auraient les mêmes opinions, respectivement, dans les deux cas. La Guemara commente : le dilemme reste sans résolution.
מַתְנִי׳ שְׁתֵּי מְנָחוֹת שֶׁלֹּא נִקְמְצוּ וְנִתְעָרְבוּ זוֹ בָּזוֹ, אִם יָכוֹל לִקְמוֹץ מִזּוֹ בִּפְנֵי עַצְמָהּ וּמִזּוֹ בִּפְנֵי עַצְמָהּ – כְּשֵׁירוֹת, וְאִם לָאו – פְּסוּלוֹת.
MICHNA : Dans le cas de deux offrandes de farine dont une poignée n’a pas été prélevée et qui se sont mélangées l’une à l’autre, si le prêtre peut prélever une poignée de celle-ci offrande de farine à elle seule et de celle-là offrande de farine à elle seule, elles sont valides comme offrandes de farine, mais sinon, elles sont invalides, car la poignée de chaque offrande de farine doit être prise de sa source d’origine.
קוֹמֶץ שֶׁנִּתְעָרֵב בְּמִנְחָה שֶׁלֹּא נִקְמְצָה – לֹא יַקְטִיר, וְאִם הִקְטִיר – זוֹ שֶׁנִּקְמְצָה עָלַת לַבְּעָלִים, וְזוֹ שֶׁלֹּא נִקְמְצָה לֹא עָלַת לַבְּעָלִים.
Dans le cas d’une poignée qui s’est mêlée à une offrande de farine dont une poignée n’a pas été prélevée, le prêtre ne doit pas brûler le mélange sur l’autel. Et s’il l’a brûlé, cette offrande de farine dont la poignée a été prélevée acquitte l’obligation du propriétaire, tandis que cette autre offrande de farine dont la poignée n’a pas été prélevée n’acquitte pas l’obligation du propriétaire.
נִתְעָרֵב קוּמְצָהּ בִּשְׁיָרֶיהָ, אוֹ בִּשְׁיָרֶיהָ שֶׁל חֲבֶירְתָּהּ – לֹא יַקְטִיר, וְאִם הִקְטִיר – עָלַת לַבְּעָלִים.
Si, après avoir été retirée, sa poignée s’est mêlée à son reste ou au reste d’une autre offrande de farine, le prêtre ne doit pas brûler le mélange sur l’autel, mais s’il l’a brûlé, cela satisfait à l’obligation du propriétaire.
גְּמָ׳ אָמַר רַב חִסְדָּא: נְבֵילָה בְּטֵילָה בִּשְׁחוּטָה, שֶׁאִי אֶפְשָׁר לִשְׁחוּטָה שֶׁתֵּעָשֶׂה נְבֵילָה.
GUEMARA :Rav Ḥisda dit : La viande de la carcasse d’un animal qui n’a pas été abattu rituellement est annulée dans une plus grande quantité de viande d’un animal abattu rituellement. Bien que la viande d’une carcasse transmette généralement l’impureté, si quelqu’un touche le mélange des deux viandes, il ne devient pas rituellement impur, car la viande de la carcasse est considérée comme un type de substance différent de la viande de l’animal abattu rituellement et est donc annulée. Cela n’est pas considéré comme un mélange comprenant une substance en contact avec le même type de substance, parce que la viande d’un animal abattu rituellement ne peut pas acquérir le statut de carcasse, et elle est donc considérée comme un type de substance différent.
וּשְׁחוּטָה אֵינָהּ בְּטֵילָה בִּנְבֵילָה, שֶׁאֶפְשָׁר לִנְבֵילָה שֶׁתֵּעָשֶׂה שְׁחוּטָה, דִּלְכִי מַסְרְחָה פָּרְחָה טוּמְאָתָהּ.
En revanche, si la viande d’un animal abattu s’est mêlée à une plus grande quantité de viande de charogne, la viande de l’animal abattu n’est pas annulée dans la plus grande quantité de viande de la charogne, car il est possible qu’une charogne acquière le statut d’un animal abattu en ce qui concerne les halakhot d’impureté rituelle, puisqu’elle peut perdre sa capacité à transmettre l’impureté rituelle. Cela est ainsi parce que lorsque une charogne pourrit au point de ne plus être comestible, elle perd son statut impur. La halakha selon laquelle la viande de charogne a la capacité d’acquérir le statut rituellement pur de la viande d’un animal abattu fait des deux viandes un même type de substance, et le mélange conserve son statut de mélange de viande de charogne et de viande d’un animal abattu.
וְרַבִּי חֲנִינָא אָמַר: כׇּל שֶׁאֶפְשָׁר לוֹ לִהְיוֹת כָּמוֹהוּ – אֵינוֹ בָּטֵל, וְכֹל שֶׁאִי אֶפְשָׁר לוֹ לִהְיוֹת כָּמוֹהוּ – בָּטֵל.
Et Rabbi Ḥanina dit le contraire : Toute petite quantité d’un élément qui peut éventuellement devenir comme l’élément présent en plus grande quantité n’est pas annulée lorsque les deux se mélangent, mais toute petite quantité d’un élément qui ne peut pas éventuellement devenir comme l’élément présent en plus grande quantité est annulée dans la plus grande quantité. En conséquence, une petite quantité de viande d’un animal abattu est annulée dans une plus grande quantité de viande de carcasse d’un animal non abattu, puisque la viande d’un animal abattu ne peut pas devenir comme la viande de carcasse ; mais une petite quantité de viande de carcasse n’est pas annulée dans une plus grande quantité de viande d’un animal abattu, puisqu’elle peut perdre son statut d’impureté et devenir semblable à la viande d’un animal abattu.
אַלִּיבָּא דְּמַאן? אִי אַלִּיבָּא דְּרַבָּנַן, הָא אָמְרִי: עוֹלִין הוּא דְּלָא מְבַטְּלִי אַהֲדָדֵי, אֲבָל מִין בְּמִינוֹ – בָּטֵל.
La Guemara demande : Conformément à l’opinion de qui Rabbi Ḥanina et Rav Ḥisda énoncent-ils leurs opinions ? Si leurs opinions sont conformes à l’opinion des Sages, cela pose une difficulté : Les Sages n’ont-ils pas dit que c’est dans le cas d’un mélange d’éléments qui montent sur l’autel que les différents composants du mélange ne s’annulent pas les uns les autres, mais autrement, une substance en contact avec la même sorte de substance est annulée ? Par conséquent, dans tout cas où la viande d’un animal abattu se mélange à la viande de carcasse d’un animal non abattu, la plus petite quantité est annulée dans la plus grande.
אִי אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה, וְהָא
Si leurs opinions sont conformes à l’opinion de Rabbi Yehouda, qui soutient que le sang d’une offrande n’est pas annulé dans le sang d’un animal non sacré parce que les deux sont du même type de substance, cela est difficile : Mais