כִּי זַכִּי לְהוּ רַחֲמָנָא – לְיִשְׂרָאֵל, דְּאִית לְהוּ לִשְׁכָּה. לְכֹהֲנִים, דְּלֵית לְהוּ לִשְׁכָּה – לָא זַכִּי לְהוּ רַחֲמָנָא, קָא מַשְׁמַע לַן.
lorsque le Miséricordieux a accordé au peuple juif le droit d’utiliser le sel en mangeant leurs offrandes, il l’a accordé aux Israélites, qui ont l’obligation de donner leurs demi-shekels à la chambre, car ce fonds fournit le sel appliqué aux offrandes. En ce qui concerne les prêtres, qui n’ont pas l’obligation de donner leurs demi-shekels à la chambre, le Miséricordieux ne leur a pas accordé le droit d’utiliser le sel. Pour contrebalancer cela, la michna du traité Shekalim nous enseigne que le tribunal a accordé aux prêtres le droit d’utiliser le sel en mangeant leurs offrandes.
וְעֵצִים, דִּפְשִׁיטָא לֵיהּ לְתַנָּא דְּמִשֶּׁל צִיבּוּר, מְנָלַן? דְּתַנְיָא: יָכוֹל הָאוֹמֵר ״הֲרֵי עָלַי עוֹלָה״ יָבִיא עֵצִים מִתּוֹךְ בֵּיתוֹ, כְּדֶרֶךְ שֶׁמֵּבִיא נְסָכִים מִתּוֹךְ בֵּיתוֹ? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״עַל הָעֵצִים אֲשֶׁר עַל הָאֵשׁ אֲשֶׁר עַל הַמִּזְבֵּחַ״ – מָה מִזְבֵּחַ מִשֶּׁל צִיבּוּר, אַף עֵצִים וָאֵשׁ מִשֶּׁל צִיבּוּר, דִּבְרֵי רַבִּי אֶלְעָזָר בַּר רַבִּי שִׁמְעוֹן.
La Guemara demande : Et en ce qui concerne le bois, au sujet duquel il est évident pour le tanna de la baraitaqu’il provient de fonds communautaires, d’où dérivons-nous cette halakha ? La Guemara répond : Comme il est enseigné dans une baraita : On aurait pu penser que celui qui dit : Il m’incombe d’apporter un holocauste, doit apporter du bois de chez lui sur lequel l’holocauste sera offert, de même qu’il apporte des libations de chez lui avec un holocauste (voir Nombres, chapitre 15). C’est pourquoi le verset déclare au sujet de l’holocauste : « Sur le bois qui est sur le feu qui est sur l’autel » (Lévitique 1:12) ; la Torah juxtapose le bois à l’autel, enseignant que de même que l’autel a été construit à partir de fonds communautaires, de même le bois et le feu proviennent de ressources communautaires. Telle est la déclaration de Rabbi Elazar bar Rabbi Shimon.
רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן שַׁמּוּעַ אוֹמֵר: מָה מִזְבֵּחַ – שֶׁלֹּא נִשְׁתַּמֵּשׁ בּוֹ הֶדְיוֹט, אַף עֵצִים וָאֵשׁ – שֶׁלֹּא נִשְׁתַּמֵּשׁ בָּהֶן הֶדְיוֹט. מַאי בֵּינַיְיהוּ? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ חַדְתֵי.
La baraita continue : Rabbi Elazar ben Shammua dit : De même que l’autel n’a pas été utilisé par une personne ordinaire, puisqu’il a été construit dans le but de servir d’autel à Dieu, de même le bois et le feu n’auraient pas dû avoir été utilisés auparavant par une personne ordinaire, et l’on n’apporte donc pas le bois de chez soi. La Guemara demande : Quelle est la différence entre les deux opinions ? La Guemara répond : La différence entre les deux est de savoir s’il existe une exigence selon laquelle le bois doit être neuf, c’est-à-dire n’avoir jamais été utilisé. Selon l’opinion de Rabbi Elazar bar Rabbi Shimon, le bois est valable à condition qu’il provienne des réserves communautaires, même s’il ne s’agit pas de bois neuf, tandis que selon Rabbi Elazar ben Shammua, il doit s’agir de bois neuf.
וְעַתִּיקֵי לָא? וְהָכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר אֲרַוְנָה אֶל דָּוִד יִקַּח וְיַעַל אֲדֹנִי הַמֶּלֶךְ הַטּוֹב בְּעֵינָיו רְאֵה הַבָּקָר לָעֹלָה וְהַמֹּרִגִּים וּכְלֵי הַבָּקָר לְעֵצִים״! הָכָא נָמֵי בְּחַדְתֵי.
La Guemara demande : Et est-ce en effet la halakha que le bois ancien, c’est-à-dire déjà utilisé auparavant, n’est pas apte à être brûlé sur l’autel ? Mais n’est-il pas écrit : « Et Arauna dit à David : Que mon seigneur le roi prenne et offre ce qui lui semble bon ; voici les bœufs pour l’holocauste, et les traîneaux de battage [morigim] et l’équipement des bœufs pour le bois » (II Samuel 24:22) ? Bien que les traîneaux de battage et l’équipement des bœufs aient déjà été utilisés auparavant, ils semblent néanmoins aptes à être employés pour offrir un holocauste. La Guemara répond : Ici aussi, le verset parle d’instruments et d’équipement neufs qui n’avaient pas été utilisés auparavant.
מַאי ״מוֹרִיגִּים״? אָמַר עוּלָּא: מִטָּה שֶׁל טַרְבֵּל. מַאי מִטָּה שֶׁל טַרְבֵּל? אָמַר רַב יְהוּדָה: עִיזָּא דְּקוּרְקְסָא דְּדָשׁוּ בַּהּ דִּשְׁתָּאֵי. אָמַר רַב יוֹסֵף: מַאי קְרָאָה? ״הִנֵּה שַׂמְתִּיךְ לְמוֹרַג חָרוּץ חָדָשׁ בַּעַל פִּיפִיּוֹת תָּדוּשׁ הָרִים״.
Incidemment, la Guemara demande : Quelle est la signification du terme morigim mentionné dans ce verset ? Oulla dit : C’est un lit turbal. Cette expression n’était pas connue en Babylonie, alors la Guemara demande : Qu’est-ce qu’un lit turbal ? Rav Yehouda dit : Il s’agit d’une planche dentelée [dekurkesa] que les batteurs utilisent pour battre le grain, qui est traînée sur le grain par un animal afin de séparer les grains des tiges. Rav Yossef dit : Quel est le verset d’où est dérivée la signification de morigim ? C’est le verset qui déclare : « Voici, Je t’ai fait comme un traîneau de battage [morag] neuf, muni de dents aiguës ; tu fouleras les montagnes » (Isaïe 41:15).
מַתְנִי׳ נִתְעָרֵב קוּמְצָהּ בְּקוֹמֶץ חֲבֶירְתָּהּ, בְּמִנְחַת כֹּהֲנִים, בְּמִנְחַת כֹּהֵן מָשִׁיחַ, בְּמִנְחַת נְסָכִים – כְּשֵׁרָה.
MICHNA : Si une poignée d’une offrande de farine, qui doit être brûlée sur l’autel, s’est mêlée à une poignée d’une autre offrande de farine, ou à l’offrande de farine des prêtres, ou à l’offrande de farine du prêtre oint, c’est-à-dire le Grand Prêtre, ou à l’offrande de farine des libations accompagnant les holocaustes et les sacrifices de paix, lesquelles sont toutes entièrement brûlées sur l’autel, elle est apte au sacrifice, et le mélange est brûlé sur l’autel.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בְּמִנְחַת כֹּהֵן מָשִׁיחַ, בְּמִנְחַת נְסָכִים – פְּסוּלָה, שֶׁזּוֹ בְּלִילָתָהּ עָבָה, וְזוֹ בְּלִילָתָהּ רַכָּה, וְהֵן בּוֹלְעוֹת זוֹ מִזּוֹ.
Rabbi Yehouda dit : Si la poignée s’est mélangée à l’offrande de farine du prêtre oint, ou à l’offrande de farine des libations, le mélange est invalide parce que, en ce qui concerne celle-ci, la poignée provenant de l’offrande de farine ordinaire, son mélange est épais, un log d’huile mélangé à un dixième d’épha de farine, tandis que, en ce qui concerne celle-là, l’offrande de farine du prêtre oint et l’offrande de farine des libations, son mélange est fluide, trois log d’huile mélangés à un dixième d’épha de farine. Et les mélanges, qui ne sont pas identiques, absorbent l’un de l’autre, augmentant la quantité d’huile dans la poignée et diminuant la quantité d’huile dans l’offrande de farine du prêtre oint ou dans l’offrande de farine des libations, invalidant ainsi les deux.
גְּמָ׳ תְּנַן הָתָם: דָּם שֶׁנִּתְעָרֵב בְּמַיִם, אִם יֵשׁ בּוֹ מַרְאִית דָּם – כָּשֵׁר. נִתְעָרֵב בְּיַיִן – רוֹאִין אוֹתוֹ כְּאִילּוּ הוּא מַיִם. נִתְעָרֵב בְּדַם בְּהֵמָה אוֹ בְּדַם חַיָּה – רוֹאִין אוֹתוֹ כְּאִילּוּ הוּא מַיִם. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵין דָּם מְבַטֵּל דָּם.
GUEMARA :Nous avons appris dans une michna là-bas (Zevaḥim 77b) : Dans le cas du sang d’une offrande propre au sacrifice qui a été mélangé à de l’eau, si le mélange a l’apparence du sang, il est apte à être présenté sur l’autel, même si la majeure partie du mélange est de l’eau. Si le sang a été mélangé à du vin rouge, on considère le vin comme s’il était de l’eau. Si cette quantité d’eau laisserait au mélange l’apparence du sang, il est apte à la présentation. De même, si le sang a été mélangé avec le sang d’un animal domestique non sacré ou avec le sang d’un animal sauvage non sacré, on considère le sang comme s’il était de l’eau. Rabbi Yehouda dit : Le sang n’annule pas le sang. Par conséquent, le prêtre présente le sang du mélange sur l’autel, quel que soit le rapport entre le sang sacré et le sang non sacré.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: וּשְׁנֵיהֶם מִקְרָא אֶחָד דָּרְשׁוּ, ״וְלָקַח מִדַּם הַפָּר וּמִדַּם הַשָּׂעִיר״. הַדָּבָר יָדוּעַ שֶׁדָּמוֹ שֶׁל פַּר מְרוּבֶּה מִדָּמוֹ שֶׁל שָׂעִיר. רַבָּנַן סָבְרִי:
Rabbi Yoḥanan dit : Et tous deux, le premier tanna et Rabbi Yehouda, ont tiré leurs opinions d’un seul verset. En ce qui concerne les rites sacrificiels accomplis par le Grand Prêtre à Yom Kippour, la Torah enseigne qu’après l’aspersion du sang du taureau et de celui du bouc séparément entre les barres de l’Arche et sur le Rideau, le sang des deux animaux est mélangé puis appliqué sur l’autel d’or à l’intérieur du Sanctuaire. Le verset déclare : « Il prendra du sang du taureau et du sang du bouc et le mettra sur les cornes de l’autel » (Lévitique 16:18). Il est bien connu que le sang du taureau est plus abondant que celui d’un bouc. Pourquoi donc le sang du bouc n’est-il pas annulé ? Rabbi Yoḥanan explique : Les Sages, c’est-à-dire le premier tanna, soutiennent :