גֶּרֶשׂ וָשֶׁמֶן מְעַכְּבִין, וְאֵין דָּבָר אַחֵר מְעַכֵּב.
enseignant que le gruau et l’huile sont indispensables, et rien d’autre n’est indispensable, malgré le fait que le terme statut apparaît.
גּוּפָא, אָמַר רַב: כׇּל מָקוֹם שֶׁהֶחְזִיר לְךָ הַכָּתוּב בַּתּוֹרָה מִנְחָה, אֵינוֹ אֶלָּא לְעַכֵּב. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: גֶּרֶשׂ וָשֶׁמֶן מְעַכְּבִין, וְאֵין דָּבָר אַחֵר מְעַכֵּב. וְלִשְׁמוּאֵל, אַף עַל גַּב דִּתְנָא בֵּיהּ קְרָא לָא מְעַכְּבָא לֵיהּ?
§ La Guemara discute la question elle-même : Rav dit : En ce qui concerne tout rite sacrificiel de l’offrande de farine que le verset dans la Torah répète, il n’est répété que pour enseigner que l’omission de ce rite invalide l’offrande. Et Shmuel dit : Seuls la semoule et l’huile sont indispensables, et rien d’autre n’est indispensable. La Guemara demande : Et selon Shmuel, est-il vrai que même si un rite de l’offrande de farine est répété dans un autre verset, il ne le considère pas comme indispensable ?
אֶלָּא, כֹּל הֵיכָא דִּתְנָא בֵּיהּ קְרָא וַדַּאי מְעַכְּבָא, וְהָכָא בִּ״מְלֹא קוּמְצוֹ״ ״בְּקוּמְצוֹ״ קָא מִיפַּלְגִי, דְּתַנְיָא: ״מְלֹא קֻמְצוֹ״ ״בְּקֻמְצוֹ״ – שֶׁלֹּא יַעֲשֶׂה מִדָּה לַקּוֹמֶץ.
Au contraire, Shmuel doit convenir que partout où le verset répète un rite, cela est certainement compris comme indispensable ; et ici, Rav et Shmuel sont en désaccord au sujet des expressions « sa poignée » (Lévitique 2:2) et « avec sa main » (Lévitique 6:8). Comme il est enseigné dans une baraita : Le verset déclare : « Et il enlèvera sa poignée », et ailleurs il déclare : « Et il en prendra avec sa main. » Le changement de terminologie entre les deux versets enseigne que le prêtre ne doit pas utiliser un ustensile pour mesurer une quantité pour la poignée d’une offrande de farine, mais doit utiliser sa main.
רַב סָבַר: הָא נָמֵי תְּנָא בֵּיהּ קְרָא, דִּכְתִיב: ״וַיַּקְרֵב אֶת הַמִּנְחָה וַיְמַלֵּא כַפּוֹ מִמֶּנָּה״, וּשְׁמוּאֵל: דּוֹרוֹת מִשָּׁעָה לָא יָלְפִינַן.
Rav soutient que cettehalakha consistant à utiliser sa main et non un ustensile est également répétée dans un autre verset, comme il est écrit dans le contexte du service d’Aaron le huitième jour de la consécration du Tabernacle : « Et il présenta l’offrande végétale ; et il en remplit sa main » (Lévitique 9:17), démontrant que la poignée est prélevée à la main et non avec un ustensile. Et Shmuel soutient que nous ne dérivons pas la halakha pour toutes les générations d’une situation temporaire. Par conséquent, l’usage de la main n’est pas indispensable, puisque les exigences générales des rites de l’offrande végétale ne peuvent pas être dérivées d’un verset se rapportant à l’offrande végétale qui fut sacrifiée pendant la consécration du Tabernacle.
וְלָא יָלֵיף שְׁמוּאֵל דּוֹרוֹת מִשָּׁעָה? וְהָתְנַן: כְּלֵי הַלַּח מְקַדְּשִׁין אֶת הַלַּח, וּמִדֹּת יָבֵשׁ מְקַדְּשִׁין אֶת הַיָּבֵשׁ, וְאֵין כְּלֵי הַלַּח מְקַדְּשִׁין אֶת הַיָּבֵשׁ, וְלֹא מִדֹּת יָבֵשׁ מְקַדְּשִׁין אֶת הַלַּח.
La Guemara demande : Et Shmuel ne déduit-il pas la halakha pour toutes les générations à partir d’une situation temporaire ? Mais n’avons-nous pas appris dans une michna (Zevaḥim 88a) : Les ustensiles de service utilisés pour les liquides sanctifient seulement les liquides qui y sont placés, et les ustensiles de service utilisés pour mesurer des substances sèches sanctifient seulement les substances sèches qui y sont placées. Mais les ustensiles de service utilisés pour les liquides ne sanctifient pas les substances sèches qui y sont placées, et les ustensiles de service utilisés pour mesurer des substances sèches ne sanctifient pas les liquides qui y sont placés.
וְאָמַר שְׁמוּאֵל: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא מִדּוֹת, אֲבָל מִזְרָקוֹת מְקַדְּשִׁין, דִּכְתִיב ״שְׁנֵיהֶם מְלֵאִים סֹלֶת״!
Et Shmuel dit au sujet de cette michna : Ils ont enseigné que cette halakha s’applique uniquement aux ustensiles de service utilisés pour mesurer des liquides, par exemple du vin ou de l’huile. Mais les coupes, qui servent à recueillir le sang des offrandes, sanctifient également les substances sèches qu’on y place, comme il est écrit au sujet des offrandes des princes lors de l’inauguration du Tabernacle : « Une coupe d’argent de soixante-dix sicles, selon le sicle du Sanctuaire ; toutes deux pleines de fleur de farine mêlée d’huile pour une offrande végétale » (Nombres 7:13), ce qui indique que les coupes étaient aussi destinées à être utilisées avec de la farine, une substance sèche. Dans ce cas, Shmuel dérive bien la halakha générale d’une situation temporaire, en l’occurrence des offrandes des princes.
שָׁאנֵי הָתָם, דִּתְנָא בָּהּ קְרָא תְּרֵיסַר זִימְנִין.
La Guemara répond : Là-bas, en ce qui concerne l’offrande des princes, c’est différent, car le verset est répété douze fois, une fois pour chacun des princes. Par conséquent, Shmuel en déduit une halakha pour toutes les générations. Néanmoins, de manière générale, la halakha pour toutes les générations ne peut pas être déduite d’une situation temporaire.
אֲמַרוּ לֵיהּ רַב כָּהֲנָא וְרַב אַסִּי לְרַב: וַהֲרֵי הַגָּשָׁה, דִּתְנָא בָּהּ קְרָא, וְלָא מְעַכְּבָא! מַאן תְּנָא בֵּיהּ? דִּכְתִיב: ״זֹאת תּוֹרַת הַמִּנְחָה הַקְרֵב אוֹתָהּ בְּנֵי אַהֲרֹן לִפְנֵי ה׳״!
La Guemara revient à la discussion de la déclaration de Rav selon laquelle un rite est considéré comme indispensable s’il est répété dans les versets. Rav Kahana et Rav Asi dirent à Rav : Mais qu’en est-il du fait d’apporter l’offrande de farine au coin de l’autel, qui est répété dans le verset, comme il est dit : « Et il l’apportera à l’autel » (Lévitique 2:8) ; et pourtant cela n’est pas indispensable, comme indiqué dans la michna (18a) ? La Guemara développe : Où cela est-il répété ? Comme il est écrit : « Et voici la loi de l’offrande de farine : Les fils d’Aaron l’offriront devant le Seigneur, devant l’autel » (Lévitique 6:7).
הָהוּא לִקְבּוֹעַ לָהּ מָקוֹם הוּא דַּאֲתָא, דְּתַנְיָא: ״לִפְנֵי ה׳״ – יָכוֹל בַּמַּעֲרָב? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אֶל פְּנֵי הַמִּזְבֵּחַ״.
La Guemara répond : Ce verset n’est pas une répétition de la mitsva selon laquelle le prêtre doit apporter l’offrande de farine au coin de l’autel ; au contraire, il vient seulement établir l’endroit de l’offrande de farine et décrire où elle doit être apportée. Comme il est enseigné dans une baraita : Le verset déclare : « Et telle est la loi de l’offrande de farine. Les fils d’Aaron l’offriront devant le Seigneur, devant l’autel » (Lévitique 6:7). À partir de l’expression : « Devant le Seigneur, » on aurait pu penser que l’offrande de farine doit être apportée du côté ouest de l’autel, qui fait face au Sanctuaire et est donc « devant le Seigneur ». C’est pourquoi le verset déclare : « Devant l’autel, » c’est-à-dire son côté sud, où les prêtres montent par la rampe.
אִי ״אֶל פְּנֵי הַמִּזְבֵּחַ״ יָכוֹל בַּדָּרוֹם, תַּלְמוּד לוֹמַר ״לִפְנֵי ה׳״, הָא כֵּיצַד? מַגִּישָׁהּ בְּקֶרֶן דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית כְּנֶגֶד חוּדָּהּ שֶׁל קֶרֶן וְדַיּוֹ.
La baraita continue : Si le verset avait simplement déclaré : Devant l’autel, on aurait pu penser que l’offrande de farine n’est apportée que du côté sud de l’autel, comme cela vient d’être mentionné. C’est pourquoi le verset déclare : « Devant le Seigneur, » ce qui indique le côté ouest. Comment ces textes peuvent-ils être conciliés ? La baraita répond : Le prêtre l’approche à l’angle sud-ouest de l’autel, en face du bord de l’angle de l’autel, et cela lui suffira.
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: יָכוֹל יַגִּישֶׁנָּה לְמַעֲרָבָהּ שֶׁל קֶרֶן אוֹ לִדְרוֹמָהּ שֶׁל קֶרֶן? אָמַרְתָּ: כׇּל מָקוֹם שֶׁאַתָּה מוֹצֵא שְׁתֵּי מִקְרָאוֹת, אֶחָד מְקַיֵּים עַצְמוֹ וּמְקַיֵּים חֲבֵירוֹ, וְאֶחָד מְקַיֵּים עַצְמוֹ וּמְבַטֵּל אֶת חֲבֵירוֹ – מַנִּיחִין אֶת שֶׁמְּקַיֵּים עַצְמוֹ וּמְבַטֵּל חֲבֵירוֹ, וְתוֹפְשִׂין אֶת שֶׁמְּקַיֵּים עַצְמוֹ וּמְקַיֵּים חֲבֵירוֹ.
La baraita continue : Rabbi Eliezer dit : On aurait pu penser que le verset présente au prêtre l’option selon laquelle il peut l’apporter sur le côté ouest du coin ou sur le côté sud du coin. Tu énonces le principe suivant : Chaque fois que tu trouves deux versets, l’un desquels s’accomplit lui-même et accomplit l’autre, et l’un desquels s’accomplit lui-même et annule l’autre, nous écartons le verset qui s’accomplit lui-même et annule l’autre, et nous retenons le verset qui s’accomplit lui-même et accomplit l’autre.
שֶׁכְּשֶׁאַתָּה אוֹמֵר ״לִפְנֵי ה׳״ בַּמַּעֲרָב, בִּטַּלְתָּה ״אֶל פְּנֵי הַמִּזְבֵּחַ״ בַּדָּרוֹם, וּכְשֶׁאַתָּה אוֹמֵר ״אֶל פְּנֵי הַמִּזְבֵּחַ״ בַּדָּרוֹם, קִיַּימְתָּה ״לִפְנֵי ה׳״.
Il explique : Car, lorsque tu dis d’apporter l’offrande de farine « devant le Seigneur », ce qui indique qu’elle doit être apportée du côté ouest, tu as annulé l’autre partie du verset, qui dit de l’apporter « devant l’autel », lequel est du côté sud. Mais lorsque tu dis d’apporter l’offrande de farine « devant l’autel » et de l’offrir du côté sud, tu as aussi accompli l’autre partie du verset, qui dit de l’apporter « devant le Seigneur ».
וְהֵיכָא קִיַּימְתָּה? אָמַר רַב אָשֵׁי: קָסָבַר הַאי תַּנָּא כּוּלֵּיהּ מִזְבֵּחַ בְּצָפוֹן קָאֵי.
La Guemara demande : Mais si l’on a apporté l’offrande de farine du côté sud, où avez-vous accompli : « Devant le Seigneur » ? Rav Ashi a dit : Ce tanna, c’est-à-dire Rabbi Eliezer, soutient que tout l’autel se trouvait dans la partie nord de la cour du Temple. Le côté sud de l’autel était aligné avec le milieu de la cour du Temple, en face du Saint des Saints, directement devant le Seigneur. En tout cas, on peut voir dans cette baraita que le but du verset : « Les fils d’Aaron l’offriront devant le Seigneur, devant l’autel » est d’établir l’emplacement précis où l’offrande de farine est apportée, et il ne sert pas de répétition.
מַתְקֵיף לַהּ רַב הוּנָא: הֲרֵי מֶלַח, דְּלָא תְּנָא בֵּיהּ קְרָא, וּמְעַכְּבָא בֵּיהּ! דְּתַנְיָא: ״בְּרִית מֶלַח עוֹלָם הִוא״ – שֶׁתְּהֵא
La Guemara cite une autre objection à l’affirmation de Rav selon laquelle un rite de l’offrande de farine est considéré comme indispensable s’il est répété dans les versets. Rav Houna objecte à cela : Mais qu’en est-il du placement du sel sur la poignée de l’offrande de farine avant qu’elle ne soit brûlée, qui n’est pas répété dans le verset, et qui pourtant reste indispensable à son sacrifice ? Comme il est enseigné dans une baraita : Le verset déclare : « C’est une alliance éternelle de sel » (Nombres 18:19), enseignant qu’il y aura