וְהָא ״בֵּין בֵּין״ קָתָנֵי! קַשְׁיָא.
La Guemara soulève une difficulté contre l’interprétation de Rav Ashi : Mais la baraitaenseigne : Que ce soit lors de la première présentation ou que ce soit lors de la seconde, ce qui indique que les Sages sont en désaccord avec Rabbi Meir même dans un cas où le prêtre avait une intention de piggul lors de l’une quelconque des présentations. La Guemara note : En effet, cela pose une difficulté.
אָמַר מָר: רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר פִּגּוּל, וְחַיָּיבִין עָלָיו כָּרֵת. מִכְּדֵי, כָּרֵת לָא מִיחַיַּיב עַד שֶׁיִּקְרְבוּ כׇּל הַמַּתִּירִין.
§ La Guemara revient à la discussion de la baraita elle-même. Le Maître a dit ci-dessus : Si le prêtre avait l’intention de piggul, que ce soit dans la première série de présentations, dans la deuxième série, ou dans la troisième série, Rabbi Meir dit : L’offrande est piggul et l’on est passible de recevoir karet pour sa consommation, malgré le fait qu’il ait accompli le reste du rite en silence. La Guemara demande : Or, considérez que l’on n’est passible de recevoir karet que si tous les facteurs permissifs de l’offrande ont été sacrifiés, c’est-à-dire si tout le service est achevé, y compris la présentation du sang.
דְּאָמַר מָר: ״יֵרָצֶה״ – כְּהַרְצָאַת כָּשֵׁר, כָּךְ הַרְצָאַת פָּסוּל; מָה הַרְצָאַת כָּשֵׁר עַד שֶׁיִּקְרְבוּ כׇּל הַמַּתִּירִין, אַף הַרְצָאַת פָּסוּל עַד שֶׁיִּקְרְבוּ כׇּל הַמַּתִּירִין.
La Guemara fournit la source de cette affirmation. Comme le Maître l’a dit, le verset déclare au sujet de piggul : « Il ne sera pas agréé » (Lévitique 7:18), ce qui indique que l’acceptation d’une offrande disqualifiée est comme l’acceptation d’une offrande valide, au sujet de laquelle le verset dit : « Elle sera agréée » (Lévitique 22:27), et de même que il n’y a pas d’acceptation d’une offrande valide à moins que tous ses facteurs permissifs n’aient été sacrifiés, de même il n’y a pas absence d’acceptation d’une offrande disqualifiée, c’est-à-dire qu’elle ne devient pas piggul, à moins que tous ses facteurs permissifs n’aient été sacrifiés. Autrement dit, en l’absence de l’un de ses facteurs permissifs, elle ne devient pas piggul.
וְהַאי, כֵּיוָן דְּחַשֵּׁיב בֵּהּ בִּפְנִים – פַּסְלֵיהּ, כִּי מַדֵּי בְּהֵיכַל – מַיָּא בְּעָלְמָא הוּא דְּקָא מַדֵּי.
En conséquence, la Guemara objecte : Et en ce qui concerne ce cas, du sang du taureau et du bouc apportés à Yom Kippour, puisqu’il avait l’intention de piggul à son égard lorsqu’il présentait le sang à l’intérieur du Saint des Saints, il l’a disqualifié. Si tel est le cas, lorsqu’il asperge de nouveau le sang plus tard dans le Sanctuaire, sur le Rideau et l’autel intérieur, c’est comme s’il ne faisait qu’asperger de l’eau, et non le sang de l’offrande. Par conséquent, les éléments permissifs de l’offrande n’ont pas été sacrifiés, et l’offrande ne devrait donc pas devenir piggul.
אָמַר רַבָּה: מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ בְּאַרְבָּעָה פָּרִים וְאַרְבָּעָה שְׂעִירִים.
Rabba dit : Tu trouves cela possible dans un cas où il y avait quatre taureaux et quatre boucs, c’est-à-dire dans un cas où, après que le Grand Prêtre eut présenté le sang à l’intérieur du Saint des Saints avec une intention de pigul, le sang restant se répandit. Par conséquent, il fut tenu d’apporter un autre taureau et un autre bouc afin de présenter leur sang sur le Rideau séparant le Sanctuaire et le Saint des Saints. Au cours de cette présentation, il eut une intention de pigul, après quoi le sang restant se répandit, l’obligeant à apporter un autre taureau et un autre bouc afin de présenter leur sang sur les coins de l’autel d’or. De nouveau, il eut une intention de pigul au cours de cette présentation, puis le sang se répandit, ce qui signifia qu’il devait apporter encore un autre taureau et un autre bouc afin de présenter leur sang sur l’autel d’or lui-même.
רָבָא אָמַר: אֲפִילּוּ תֵּימָא פַּר אֶחָד וְשָׂעִיר אֶחָד, לְפַגּוֹלֵי מְרַצֵּי.
Rava a dit : Tu peux même dire que la baraita fait référence à un cas d’un seul taureau et d’un seul bouc, et que le sang restant a effectivement été disqualifié. Néanmoins, en ce qui concerne le fait de rendre une offrande piggul, les aspersions effectuées avec le sang disqualifié produisent l’agrément, comme si tout le facteur permettant avait été accompli correctement. En d’autres termes, bien que le Grand Prêtre ait aspergé le sang à l’intérieur du Saint des Saints avec une intention impropre, disqualifiant ainsi l’offrande, néanmoins, puisqu’il a achevé le service, il est considéré comme ayant sacrifié tous les facteurs permettant en ce qui concerne le piggul.
אַרְבָּעִים וְשָׁלֹשׁ, וְהָתַנְיָא: אַרְבָּעִים וָשֶׁבַע! לָא קַשְׁיָא, הָא כְּמַאן דְּאָמַר: מְעָרְבִין לִקְרָנוֹת, וְהָא כְּמַאן דְּאָמַר: אֵין מְעָרְבִין.
§ La baraita a mentionné qu’il y a quarante-trois aspersions du sang du taureau et du bouc sacrifiés à Yom Kippour. La Guemara demande : Mais n’est-il pas enseigné autrement dans une autre baraita, qui affirme qu’il y a quarante-sept aspersions de ce sang ? La Guemara répond : Cela n’est pas difficile. Cette affirmation, selon laquelle il y a quarante-trois aspersions, est conforme à l’opinion de celui qui dit que le Grand Prêtre mélange le sang du taureau et du bouc avant de le placer sur les cornes de l’autel intérieur, plutôt que de placer le sang de chacun séparément. Et cette autre affirmation, selon laquelle il y a quarante-sept aspersions, est conforme à l’opinion de celui qui dit que le Grand Prêtre ne mélange pas les deux types de sang avant de les placer sur les cornes, mais asperge quatre fois du sang du taureau et encore quatre fois du sang du bouc, et ce n’est qu’ensuite qu’il mélange le sang des deux animaux pour le placer sur le dessus de l’autel.
וְהָתַנְיָא: אַרְבָּעִים וּשְׁמוֹנָה! לָא קַשְׁיָא, הָא כְּמַאן דְּאָמַר: שִׁירַיִם מְעַכְּבִין, הָא כְּמַאן דְּאָמַר: שִׁירַיִם לֹא מְעַכְּבִין.
La Guemara soulève une autre difficulté : Mais n’est-il pas enseigné dans une autre baraita qu’il y a quarante-huit aspersions ? La Guemara répond : Cela n’est pas difficile. Cette affirmation, selon laquelle il y a quarante-huit aspersions, est conforme à l’opinion de celui qui dit que le versement du reste du sang sur la base de l’autel extérieur est indispensable, et donc cet acte est ajouté au total. Cette autre affirmation, selon laquelle il n’y a que quarante-sept aspersions, est conforme à l’opinion de celui qui dit que le versement du reste du sang n’est pas indispensable.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: פִּיגֵּל בְּהוֹלָכָה, מַהוּ?
§ La michna enseigne : si quelqu’un a eu l’intention de piggoul pendant le sacrifice d’une partie בלבד des éléments permissifs, par exemple pendant la combustion de la poignée mais non pendant la combustion de l’encens, les Sages statuent que l’offrande n’est pas piggoul. À ce sujet, un dilemme fut soulevé devant les Sages : si quelqu’un a eu l’intention de piggoul pendant le transport de la poignée vers l’autel mais non pendant le transport de l’encens, quelle est la halakha ?
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הוֹלָכָה כִּקְמִיצָה, וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: הוֹלָכָה כְּהַקְטָרָה.
Rabbi Yoḥanan dit : La halakha concernant le transport de la poignée est comme celle du prélèvement de la poignée. De même que l’intention de piggul concernant le seul prélèvement de la poignée rend l’offrande piggul, puisque c’est le seul facteur permissif par lequel le rite du prélèvement est accompli, il en va de même pour le transport de la poignée. Et Reish Lakish dit : Le transport de la poignée est comme sa combustion. De même que l’intention de piggul est requise pendant la combustion de la poignée et de l’encens pour que l’offrande soit rendue piggul, puisque tous deux sont brûlés sur l’autel, la même halakha s’applique au transport.
בִּשְׁלָמָא לְרֵישׁ לָקִישׁ, אִיכָּא נָמֵי הוֹלָכָה דִּלְבוֹנָה, אֶלָּא לְרַבִּי יוֹחָנָן מַאי טַעְמָא?
La Guemara demande : Soit, on peut comprendre la décision de Reish Lakish, car le transport de la poignée ne constitue qu’une partie des éléments qui permettent l’offrande, puisqu’il y a aussi le transport de l’encens. Mais, en ce qui concerne la décision de Rabbi Yoḥanan, quelle en est la raison pour laquelle une intention de piggul pendant le transport de la seule poignée rend l’offrande piggul ? Après tout, il n’a pas eu l’intention de piggul pendant le transport de tous les éléments qui permettent l’offrande.
אָמַר רָבָא, קָסָבַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל עֲבוֹדָה שֶׁאֵינָהּ מַתֶּרֶת, עֲבוֹדָה חֲשׁוּבָה הִיא לְפַגֵּל עָלֶיהָ בִּפְנֵי עַצְמָהּ.
Rava a dit : Rabbi Yoḥanan soutient que si l’on a accompli n’importe quel rite sacrificiel qui ne permet pas l’offrande, par exemple le transport, même si on ne l’a accompli qu’avec un seul des facteurs permissifs, comme avec la poignée et non avec l’encens, cela est considéré comme un rite significatif en ce qui concerne le fait de rendre l’offrande piggul à cause de lui, à lui seul. Cela n’est pas comparable à un cas d’intention de piggul pendant le sacrifice de seulement une partie des facteurs permissifs, car ce rite de transport ne rend pas l’offrande permise.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: הֲרֵי שְׁחִיטַת אֶחָד מִן הַכְּבָשִׂים, דַּעֲבוֹדָה שֶׁאֵינָהּ מַתִּירָתָהּ, וּפְלִיגִי.
Abaye dit à Rava : Mais qu’en est-il de l’abattage de l’un des agneaux apportés avec les deux pains à Shavouot, qui est un rite qui ne permet pas l’offrande, puisque ni l’offrande de ses parties destinées à être brûlées sur l’autel ni la consommation de la viande de l’offrande et des deux pains ne sont permises par cet abattage, et pourtant les Sages sont en désaccord avec Rabbi Meir dans ce cas ?
דִּתְנַן: שָׁחַט אֶחָד מִן הַכְּבָשִׂים לֶאֱכוֹל שְׁתֵּי חַלּוֹת לְמָחָר, הִקְטִיר אֶחָד מִן הַבָּזִיכִין לֶאֱכוֹל שְׁנֵי סְדָרִים לְמָחָר, רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: פִּגּוּל וְחַיָּיבִין עָלָיו כָּרֵת, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵין בּוֹ כָּרֵת עַד שֶׁיְּפַגֵּל בְּכׇל הַמַּתִּיר.
Comme nous l’avons appris dans la michna : Si quelqu’un a abattu l’un des deux agneaux avec l’intention de manger les deux pains le lendemain, ou si quelqu’un a brûlé l’un des bols d’encens avec l’intention de manger les deux rangées de pains de proposition le lendemain, Rabbi Meïr dit : L’offrande de farine est piggoul et l’on est passible de karet pour sa consommation, et les Sages disent : Il n’y a pas de responsabilité de karet à moins qu’il n’ait eu une intention de piggoul pendant le sacrifice de l’ensemble du facteur permettant. Bien que l’abattage de l’un des agneaux soit un rite qui ne rend pas une offrande permise, les Sages soutiennent néanmoins qu’il n’est pas considéré comme un rite significatif quant au fait de rendre l’offrande piggoul à lui seul.
אֲמַר לֵיהּ: מִי סָבְרַתְּ לֶחֶם בְּתַנּוּר קָדוֹשׁ? שְׁחִיטַת כְּבָשִׂים מְקַדְּשָׁא לֵיהּ, וְהַבָּא לְקַדֵּשׁ כְּבָא לְהַתִּיר דָּמֵי.
Rava dit à Abaye : Soutiens-tu que les deux pains de pain sont déjà sanctifiés dès lors qu’ils sont dans le four, et qu’ils n’ont besoin que de l’aspersion du sang pour être rendus permis à la consommation ? En réalité, l’abattage des agneaux sanctifie les pains, et un acte qui vient sanctifier est considéré comme ce qui vient permettre. Puisque l’abattage des deux agneaux sanctifie les pains, l’abattage de chaque agneau est considéré comme la moitié d’un facteur permissif ; l’abattage de chaque agneau, à lui seul, ne peut pas rendre les pains piggul.
מֵתִיב רַב שִׁימִי בַּר אָשֵׁי: אֲחֵרִים אוֹמְרִים: הִקְדִּים מוּלִים לַעֲרֵלִים – כָּשֵׁר, הִקְדִּים עֲרֵלִים לְמוּלִים – פָּסוּל.
Rav Shimi bar Ashi soulève une objection à partir d’une baraita qui traite de l’abattage de l’offrande pascale. Le premier tanna statue que, si celui qui abat l’offrande pascale avait l’intention qu’elle soit consommée à la fois par des personnes disqualifiées, par exemple des hommes incirconcis, et par des personnes aptes, par exemple des hommes circoncis, l’offrande n’est pas disqualifiée. Aḥerim disent : Dans un cas où quelqu’un a abattu une offrande pascale et a sectionné l’un des deux organes de l’abattage rituel avec une intention disqualifiante, et a sectionné l’autre organe avec une intention valide, alors, si son intention concernant les hommes circoncis a précédé l’intention concernant les hommes incirconcis, l’offrande est valide. Mais si l’intention concernant les hommes incirconcis a précédé l’intention concernant les hommes circoncis, elle est disqualifiée.
וְקַיְימָא לַן, דְּבַחֲצִי מַתִּיר פְּלִיגִי. אֲמַר לֵיהּ: מִי סָבְרַתְּ דָּם בְּצַוַּאר בְּהֵמָה קָדוֹשׁ? דַּם – סַכִּין מְקַדְּשָׁא לֵיהּ, וְהַבָּא לְקַדֵּשׁ כְּבָא לְהַתִּיר דָּמֵי.
Rav Shimi bar Ashi poursuit : Et nous soutenons que le premier tanna et Aḥerim sont en désaccord quant à savoir si le sacrifice de la moitié d’un facteur permissif avec une intention disqualifiante disqualifie toute l’offrande. Dans ce cas, bien que cet abattage ne sanctifie rien, la section de l’un des organes est considérée comme la moitié d’un facteur permissif. Rava dit à Rav Shimi bar Ashi : Soutiens-tu que le sang est déjà sanctifié alors qu’il est à l’intérieur du cou de l’animal ? En réalité, le couteau sanctifie le sang, et ce qui vient sanctifier est considéré comme ce qui vient permettre. Par conséquent, l’abattage de l’animal est un facteur permissif, et la section de l’un de ses organes est la moitié d’un facteur permissif.
תָּא שְׁמַע: בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים – בִּקְמִיצָה, וּבְמַתַּן כְּלִי, וּבְהִילּוּךְ.
La Guemara suggère : Viens et entends une preuve tirée d’une baraita : Dans quel cas cette déclaration est-elle dite, à savoir que l’intention de piggul concernant seulement la poignée rend l’offrande de farine piggul, est-elle dite ? Elle est dite dans un cas où l’on avait une telle intention pendant le prélèvement de la poignée, ou pendant le placement de la poignée dans un récipient de service, ou pendant le transport.
מַאי לָאו הִילּוּךְ דְּהַקְטָרָה? לָא, הִילּוּךְ דְּמַתַּן כְּלִי.
La Guemara clarifie la preuve : Quoi, n'est-il pas correct de dire que la baraita fait référence au transport de la poignée pour être brûlée sur l'autel, auquel cas elle enseigne qu'une intention de piggul concernant la poignée pendant son transport rend l'offrande piggul ? La Guemara répond : Non ; la baraita fait référence au transport de la poignée avant son placement dans le récipient de service qui la sanctifie. Puisque l'encens n'est pas placé dans un récipient, dans ce cas le transport de la poignée seul est considéré comme l'accomplissement de tout le rite.
אִי הָכִי, בְּמַתַּן כְּלִי וּבְהִילּוּךְ? בְּהִילּוּךְ וּבְמַתַּן כְּלִי מִיבְּעֵי לֵיהּ! הָא לָא קַשְׁיָא, תָּנֵי הָכִי.
La Guemara demande : Si tel est le cas, pourquoi la baraita déclare-t-elle : Pendant le placement de la poignée dans un récipient ou pendant le transport ? Cela indique qu’elle fait référence à un acte de transport qui a lieu après le placement. Elle aurait dû dire : Pendant le transport ou pendant le placement de la poignée dans un récipient. La Guemara répond : Cela n’est pas difficile, car il faut corriger la baraita et l’enseigner dans cet ordre, c’est-à-dire avec le transport avant le placement.
בָּא לוֹ לְהַקְטָרָה? בָּא לוֹ לְהוֹלָכָה מִיבְּעֵי לֵיהּ! הָא לָא קַשְׁיָא, כֵּיוָן דְּהוֹלָכָה צוֹרֶךְ דְּהַקְטָרָה הִיא, קָרֵי לַהּ הַקְטָרָה.
La Guemara soulève une autre objection à partir de la clause suivante de la même baraita : Une fois qu’il en vient à accomplir la combustion de la poignée, il n’y a pas de responsabilité d’encourir le karet à moins qu’il n’ait également une intention de piggul pendant le sacrifice de l’encens. La Guemara demande : Selon Reish Lakish, la baraita aurait dû dire : Une fois qu’il en vient à accomplir le transport et à accomplir la combustion. Reish Lakish soutient que le transport mentionné précédemment dans la baraita a lieu plus tôt, avant sa mise dans un ustensile de service, ce qui signifie qu’il y a un autre acte de transport. La Guemara répond : Cela n’est pas difficile ; puisque ce transport est en vue de la combustion, il est appelé combustion dans la baraita.
אֶלָּא, נָתַן אֶת הַקּוֹמֶץ בִּשְׁתִיקָה – הוֹלִיךְ מִיבְּעֵי לֵיהּ! קַשְׁיָא.
La Guemara soulève en outre une objection : Mais la baraita déclare également : S’il a placé la poignée sur l’autel en silence, et qu’il a placé l’encens avec une intention de piggul. Selon Reish Lakish, il aurait fallu également enseigner : S’il a transporté la poignée en silence, et l’encens avec une intention de piggul, car selon Reish Lakish, c’est l’acte de transport qu’il accomplit à ce stade. La Guemara répond : En effet, c’est une difficulté.
הִקְטִיר שׁוּמְשׁוּם לֶאֱכוֹל שׁוּמְשׁוּם, עַד שֶׁכָּלָה קוֹמֶץ כּוּלּוֹ – רַב חִסְדָּא וְרַב הַמְנוּנָא וְרַב שֵׁשֶׁת: חַד אָמַר: פִּיגּוּל, וְחַד אָמַר: פָּסוּל, וְחַד אָמַר: כָּשֵׁר.
§ La Guemara poursuit sa discussion sur l’intention de piggul survenue pendant le sacrifice d’une partie d’un facteur permissif. Si quelqu’un a brûlé une quantité de la taille d’une graine de sésame de la poignée et de l’encens avec l’intention de consommer une quantité de la taille d’une graine de sésame du reste le lendemain, et qu’il a répété la même action avec l’intention correspondante jusqu’à ce qu’il ait brûlé la mesure entière de la poignée et de l’encens, la halakha en ce cas fait l’objet d’un différend entre Rav Ḥisda, Rav Hamnuna et Rav Sheshet. L’un dit que toute l’offrande de farine est piggul, et l’un dit que l’offrande est disqualifiée mais n’est pas piggul, et l’un dit que l’offrande demeure valide.
לֵימָא: מַאן דְּאָמַר פִּיגּוּל – כְּרַבִּי מֵאִיר, וּמַאן דְּאָמַר פָּסוּל – כְּרַבָּנַן, וּמַאן דְּאָמַר כָּשֵׁר – כְּרַבִּי.
La Guemara suggère : Disons que celui qui dit que l’offrande de farine est piggoul est conforme à l’opinion de Rabbi Meïr, qui dit qu’une offrande devient piggoul en raison d’une intention de piggoul pendant le sacrifice même d’une partie de ses facteurs permissifs. Et celui qui dit que l’offrande est disqualifiée est conforme à l’opinion des Sages, qui disent qu’une telle intention disqualifie une offrande mais ne la rend pas piggoul. Et, enfin, celui qui dit que l’offrande est apte est conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda HaNassi, qui dit (14a) que si l’on abat chacun des deux agneaux apportés à Chavouot avec les deux pains, en ayant chaque fois l’intention de consommer une demi-olive provenant d’un pain différent le lendemain, l’offrande est apte, car les moitiés ne se combinent pas pour rendre l’offrande piggoul.
מִמַּאי? דִּלְמָא עַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי מֵאִיר הָתָם, אֶלָּא דְּחִישֵּׁב בְּשִׁיעוּרוֹ, אֲבָל הָכָא דְּלֹא חִישֵּׁב בְּשִׁיעוּרוֹ – לָא.
La Guemara rejette cette suggestion : D’où cette conclusion est-elle tirée ? Peut-être Rabbi Meir soutient-il qu’une offrande devient piggoul en raison d’une intention de piggoul pendant le sacrifice d’une partie des éléments permissifs seulement là-bas, où il avait l’intention concernant sa mesure entière. Mais ici, où il n’avait pas l’intention concernant sa mesure entière, mais avait au contraire une série d’intentions concernant une mesure équivalente à une graine de sésame, il est possible que Rabbi Meir ne rende pas l’offrande piggoul.
וְעַד כָּאן לָא קָא אָמְרִי רַבָּנַן הָתָם, אֶלָּא דְּלָא חַשֵּׁב בֵּיהּ בְּכוּלֵּיהּ מַתִּיר, אֲבָל הָכָא דְּחַשֵּׁב בֵּיהּ בְּכוּלֵּיהּ מַתִּיר – הָכִי נָמֵי דְּפַגֵּיל.
Et de plus, peut-être que les Sages disent qu’on ne rend pas une offrande piggul à moins d’avoir une intention de piggul pendant le sacrifice de tout le facteur permissif, seulement là-bas, où il n’a pas eu d’intention à son sujet pendant tout le facteur permissif, mais seulement pendant la combustion de la poignée. Mais ici, où il a eu l’intention pendant tout le facteur permissif, c’est-à-dire pendant la combustion à la fois de la poignée et de l’encens, il a bien rendu l’offrande piggul, malgré le fait que chaque intention ne portait que sur une petite partie de la mesure entière.
וְעַד כָּאן לָא קָא אָמַר רַבִּי הָתָם, אֶלָּא דְּלָא הֲדַר מַלְּיֵיהּ מֵאוֹתָהּ עֲבוֹדָה, אֲבָל הָכָא דַּהֲדַר מַלְּיֵיהּ מֵאוֹתָהּ עֲבוֹדָה – הָכִי נָמֵי דְּפָסֵיל.
Et peut-être que Rabbi Yehuda HaNasi déclare que l’offrande est valide si l’on a eu l’intention de piggul à l’égard d’une demi-olive de chaque pain seulement là-bas, où il n’a pas ensuite complété son intention jusqu’à une mesure complète dans le cadre du même rite sacrificiel, puisqu’il avait une intention de piggul à l’égard d’une demi-olive lors de l’abattage de chaque agneau séparément. Mais ici, où il a ensuite complété son intention jusqu’à une mesure complète dans le cadre du même rite, peut-être a-t-il effectivement invalidé l’offrande.
אֶלָּא, מַאן דְּאָמַר פִּיגּוּל – דִּבְרֵי הַכֹּל, מַאן דְּאָמַר פָּסוּל – דִּבְרֵי הַכֹּל, מַאן דְּאָמַר כָּשֵׁר – דִּבְרֵי הַכֹּל.
Au contraire, celui qui dit qu’une offrande est piggul lorsqu’on brûle à plusieurs reprises une quantité de la taille d’une graine de sésame de la poignée et de l’encens avec l’intention de consommer une quantité de la taille d’une graine de sésame du reste le lendemain, soutiendrait que tous les tanna’imsont d’accord pour dire qu’elle est piggul. De même, celui qui dit qu’elle est disqualifiée soutiendrait que tous sont d’accord pour dire qu’elle est disqualifiée, et celui qui dit qu’elle est valide soutiendrait que tous sont d’accord pour dire qu’elle est valide.
מַאן דְּאָמַר פִּיגּוּל דִּבְרֵי הַכֹּל, קָסָבַר: דֶּרֶךְ אֲכִילָה בְּכָךְ, וְדֶרֶךְ הַקְטָרָה בְּכָךְ. וּמַאן דְּאָמַר פָּסוּל דִּבְרֵי הַכֹּל, קָסָבַר: אֵין דֶּרֶךְ אֲכִילָה בְּכָךְ, וְאֵין דֶּרֶךְ הַקְטָרָה בְּכָךְ, וְהָוְיָא לָהּ כְּמִנְחָה שֶׁלֹּא הוּקְטְרָה. וּמַאן דְּאָמַר כָּשֵׁר דִּבְרֵי הַכֹּל, קָסָבַר: דֶּרֶךְ הַקְטָרָה בְּכָךְ, וְאֵין דֶּרֶךְ אֲכִילָה בְּכָךְ.
La Guemara explique : Celui qui dit que tous s’accordent à dire que c’est du piggul soutient que la manière de sa consommation est de cette manière, c’est-à-dire en petites portions, et de même la manière de sa combustion est aussi de cette manière. Et celui qui dit que tous s’accordent à dire que c’est disqualifié soutient que la manière de sa consommation n’est pas de cette manière. En conséquence, ce type d’intention de piggul ne rend pas l’offrande piggul. Et la manière de sa combustion n’est pas non plus de cette manière, et par conséquent c’est comme une offrande de farine dont la poignée n’a pas été brûlée correctement, et elle est donc disqualifiée. Et, enfin, celui qui dit que tous s’accordent à dire que c’est apte soutient que la manière de sa combustion est de cette manière, et donc la combustion a été effectuée correctement, mais la manière de sa consommation n’est pas de cette manière, ce qui signifie que l’intention de piggul est sans conséquence.