קָא מַשְׁמַע לַן דִּבְהָא מוֹדֵי.
Par conséquent, le tanna nous enseigne que dans ce cas, Rabbi Yosei concède que si la poignée est prélevée avec l’intention de ne brûler que la poignée le lendemain, l’offrande devient piggul. En conséquence, Rabbi Yosei soutient qu’on rend une offrande piggul avec une intention qui ne concerne que la moitié de ses facteurs permissifs, et l’offrande ne devient pas piggul dans le cas de la clause finale pour une autre raison, comme la Guemara l’examinera plus loin.
לְהַקְטִיר לְבוֹנָתָהּ לְמָחָר, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: פָּסוּל וְאֵין בּוֹ כָּרֵת. אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: אוֹמֵר הָיָה רַבִּי יוֹסֵי, אֵין מַתִּיר מְפַגֵּל אֶת הַמַּתִּיר.
§ La michna enseigne que si quelqu’un a prélevé la poignée d’une offrande de farine avec l’intention de brûler son encens le lendemain, Rabbi Yossei dit que l’offrande de farine est invalide, mais le fait d’en consommer n’entraîne pas de responsabilité de recevoir le karet. À ce sujet, Reish Lakish dit : Rabbi Yossei dirait, c’est-à-dire que tel est le raisonnement de Rabbi Yossei : Un facteur permissif ne rend pas un autre facteur permissif piggul. En d’autres termes, si, lors de l’accomplissement des rites d’un facteur permissif, quelqu’un avait l’intention d’accomplir les rites d’un facteur permissif différent en dehors du temps qui lui est assigné, l’offrande ne devient pas piggul en raison de cette intention.
וְכֵן אַתָּה אוֹמֵר בִּשְׁנֵי בְּזִיכֵי לְבוֹנָה שֶׁל לֶחֶם הַפָּנִים, שֶׁאֵין מַתִּיר מְפַגֵּל אֶת הַמַּתִּיר.
Reish Lakish ajoute : Et toi tu dirais la même chose au sujet des deux bols d’encens du pain de proposition, à savoir qu’un facteur permissif ne rend pas un autre facteur permissif piggul, et par conséquent, si le prêtre a brûlé l’un des bols avec l’intention de brûler l’autre bol le lendemain, le pain de proposition ne devient pas piggul.
מַאי ״וְכֵן אַתָּה אוֹמֵר״? מַהוּ דְּתֵימָא טַעְמָא דְּרַבִּי יוֹסֵי בִּלְבוֹנָה – מִשּׁוּם דְּלָאו מִינַהּ דְּמִנְחָה הִיא, אֲבָל בִּשְׁנֵי בְּזִיכֵי לְבוֹנָה, דְּמִינַהּ דַּהֲדָדֵי נִינְהוּ – אֵימָא מְפַגְּלִי אַהֲדָדֵי, קָא מַשְׁמַע לַן.
La Guemara demande : Quel est le but de l’énoncé apparemment superflu : Et toi, tu dirais la même chose au sujet des deux bols d’encens ? Y a-t-il une raison de supposer que Rabbi Yosei soutiendrait que les pains de proposition deviennent piggul dans un tel cas ? La Guemara répond que cela est nécessaire, de peur que tu ne dises que la raison pour laquelle Rabbi Yosei soutient qu’il n’y a pas de piggul dans le cas de l’encens est parce qu’il n’est pas du même type qu’une offrande de farine. Mais en ce qui concerne les deux bols d’encens, qui sont du même type l’un que l’autre, on pourrait dire qu’ils rendent l’un l’autre piggul. Par conséquent, Reish Lakish nous enseigne que, dans les deux cas, un facteur permettant ne rend pas un autre facteur permettant piggul.
וּמִי מָצֵית אָמְרַתְּ טַעְמָא דְּרַבִּי יוֹסֵי בִּלְבוֹנָה לָאו מִשּׁוּם דְּלָאו מִינַהּ דְּמִנְחָה הִיא? וְהָא קָתָנֵי סֵיפָא: אָמְרוּ לוֹ: מָה שִׁינְּתָה מִן הַזֶּבַח? אָמַר לָהֶן: הַזֶּבַח דָּמוֹ וּבְשָׂרוֹ וְאֵימוּרָיו אֶחָד, וּלְבוֹנָה אֵינָהּ מִן הַמִּנְחָה.
La Guemara demande : Et peux-tu dire que la raison de l’opinion de Rabbi Yosei dans le cas de l’encens dans la michna n’est pas due au fait que l’encens n’est pas du même type qu’une offrande de farine ? Mais n’est-il pas enseigné dans la clause finale de la michna que les Sages dirent à Rabbi Yosei : En quoi l’encens diffère-t-il de une offrande animale, où, si on l’a abattue avec l’intention d’offrir le lendemain les parties consumées sur l’autel, elle est piggul ; et Rabbi Yosei dit aux Sages : Il y a une différence, car dans le cas d’une offrande animale, son sang, sa chair et ses parties consumées sur l’autel constituent tous une seule entité, mais l’encens ne fait pas partie de l’offrande de farine ? La michna indique que, selon Rabbi Yosei, la raison pour laquelle l’offrande de farine n’est pas piggul est que l’encens n’est pas du même type que l’offrande de farine.
מַאי ״אֵינָהּ מִן הַמִּנְחָה״? אֵינָהּ בְּעִיכּוּב מִנְחָה, דְּלָאו כִּי הֵיכִי דִּמְעַכֵּב לְהוּ קוֹמֶץ לְשִׁירַיִם, דְּכַמָּה דְּלָאו מִתְקַטַּר קוֹמֶץ לָא מִיתְאַכְלִי שִׁירַיִם, הָכִי נָמֵי מְעַכֵּב לַהּ לִלְבוֹנָה, אֶלָּא אִי בָּעֵי הַאי מַקְטַר בְּרֵישָׁא וְאִי בָּעֵי הַאי מַקְטַר בְּרֵישָׁא.
La Guemara explique : Que veut dire Rabbi Yossei lorsqu’il affirme que l’encens ne fait pas partie de l’offrande de farine ? Il veut dire qu’il ne fait pas partie de l’élément empêchant de l’offrande de farine. La Guemara développe : Cela signifie que la halakha n’est pas que, de même que la poignée empêche le reste, c’est-à-dire tant que la poignée n’est pas brûlée le reste ne peut pas être consommé, de même la poignée empêche l’encens d’être brûlé sur l’autel. Au contraire, si le prêtre veut, il brûle ceci d’abord, et s’il veut, il brûle cela d’abord, c’est-à-dire qu’il peut brûler l’encens avant ou après la combustion de la poignée. En conséquence, l’encens est un facteur permissif indépendant. Pour cette raison, l’intention concernant l’encens survenue pendant le prélèvement de la poignée ne rend pas une offrande de farine piggoul.
וְרַבָּנַן, כִּי אָמְרִינַן ״אֵין מַתִּיר מְפַגֵּל אֶת הַמַּתִּיר״ (גַּבֵּי שָׁחַט אֶחָד מִן הַכְּבָשִׂים לֶאֱכוֹל מֵחֲבֵירוֹ לְמָחָר, דְּאָמְרַתְּ שְׁנֵיהֶם כְּשֵׁרִים), הָנֵי מִילֵּי הֵיכָא דְּלָא אִיקְּבַעוּ בְּחַד מָנָא, אֲבָל הֵיכָא דְּאִיקְּבַעוּ בְּחַד מָנָא – כְּחַד דָּמֵי.
La Guemara demande : Et les Sages, qui disent que l’offrande de farine devient piggul dans un tel cas, quel est leur avis ? La Guemara répond : Ils soutiennent que lorsque nous disons qu’un facteur permettant ne rend pas un autre facteur permettant piggul, cela concerne le cas enseigné dans une michna (16a) au sujet de celui qui a abattu l’un des agneaux dont le sacrifice permet la consommation de l’offrande des deux pains apportée à Shavouot, avec l’intention de manger l’autre agneau le lendemain. La Guemara développe : Lorsque tu as dit dans la michna que les deux facteurs permettant sont valides, cette affirmation ne s’applique que lorsqu’ils n’ont pas été fixés dans un seul récipient. Mais dans une situation où ils ont été fixés dans un seul récipient, comme c’est le cas en ce qui concerne la poignée et l’encens, ils sont considérés comme un seul ensemble, et par conséquent ils se rendent l’un l’autre piggul.
אָמַר רַבִּי יַנַּאי: לִיקּוּט לְבוֹנָה בְּזָר – פָּסוּל. מַאי טַעְמָא? אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: מִשּׁוּם הוֹלָכָה נָגְעוּ בָּהּ, קָסָבַר הוֹלָכָה שֶׁלֹּא בָּרֶגֶל שְׁמָהּ הוֹלָכָה, וְהוֹלָכָה בְּזָר – פְּסוּלָה.
§ En ce qui concerne l’encens, Rabbi Yannai dit : La collecte de l’encens d’une offrande de farine, lorsqu’elle est effectuée par un non-prêtre, n’est pas valide et invalide l’offrande de farine. La Guemara demande : Quelle en est la raison ? Rabbi Yirmeya a dit : C’est parce que le rite du transport l’a touchée, c’est-à-dire que la collecte de l’encens est considérée comme faisant partie du rite consistant à transporter l’encens jusqu’à l’autel afin de le brûler. Même si le non-prêtre s’est simplement contenté de recueillir l’encens puis de le transférer à un prêtre, Rabbi Yannai soutient que le transport même sans bouger la jambe est appelé transport, et la halakha est que l’accomplissement du rite de transport par un non-prêtre n’est pas valide.
אָמַר רַב מָרִי: אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא, זֶה הַכְּלָל: כׇּל הַקּוֹמֵץ, וְנוֹתֵן בִּכְלִי, וְהַמּוֹלִיךְ, וְהַמַּקְטִיר.
Rav Mari a dit : Nous apprenons cette halakha également dans la michna en 12a, qui traite de ces rites sacrificiels d’une offrande de farine au cours desquels une intention impropre rend une offrande piggul. La michna enseigne : Voici le principe : Dans le cas de quiconque prélève la poignée, ou place la poignée dans le récipient, ou qui transporte le récipient contenant la poignée jusqu’à l’autel, ou qui brûle la poignée sur l’autel, avec l’intention de consommer un élément dont la manière habituelle est d’être consommé, ou de brûler un élément dont la manière habituelle est d’être brûlé sur l’autel, en dehors de l’endroit qui lui est assigné, l’offrande de farine est invalide, mais il n’y a pas de responsabilité de karet. Si son intention était d’accomplir l’une de ces actions au-delà du temps qui leur est assigné, l’offrande est piggul et l’on est passible de karet à son sujet, à condition que le facteur permissif, c’est-à-dire la poignée, ait été offert conformément à sa mitzva.
בִּשְׁלָמָא קוֹמֵץ הַיְינוּ שׁוֹחֵט, מוֹלִיךְ נָמֵי הַיְינוּ מוֹלִיךְ, מַקְטִיר הַיְינוּ זוֹרֵק, אֶלָּא נוֹתֵן בִּכְלִי מַאי קָא עָבֵיד?
Rav Mari analyse la première partie de cette michna : Soit, le prélèvement de la poignée d’une offrande de farine est la même chose que, c’est-à-dire équivalent à, l’abattage des offrandes animales. Le transport de la poignée vers l’autel afin de la brûler est aussi la même chose que le transport du sang d’une offrande abattue vers l’autel afin de l’asperger. De même, la combustion de la poignée et de l’encens d’une offrande de farine est comparable à l’aspersion du sang d’une offrande abattue sur l’autel. Mais, quant au fait de placer la poignée dans le récipient de service, quel rite accomplit-il qui soit comparable à un rite des offrandes abattues ?
אִילֵּימָא מִשּׁוּם דְּדָמֵי לְקַבָּלָה, מִי דָּמֵי? הָתָם מִמֵּילָא, הָכָא קָא שָׁקֵיל וְרָמֵי.
Si nous disons que l’offrande de farine est piggulparce que le fait de placer la poignée dans un récipient est comparable à la collecte du sang d’une offrande abattue dans un récipient de service, on peut demander : Ces rites sont-ils réellement comparables ? Là-bas, dans le cas des offrandes animales, le sang entre dans le récipient de lui-même, tandis qu’ici, le prêtre prend la poignée de l’offrande de farine et la jette dans le récipient.
אֶלָּא מִשּׁוּם דְּכֵיוָן דְּלָא סַגִּיא לֵיהּ דְּלָא עָבֵד לַהּ, עֲבוֹדָה חֲשׁוּבָה הִיא, עַל כֻּרְחָיךְ מְשַׁוֵּי לַהּ כְּקַבָּלָה. הָכָא נָמֵי, כֵּיוָן דְּלָא סַגִּיא לֵהּ דְּלָא עָבֵד לַהּ, עֲבוֹדָה חֲשׁוּבָה הִיא, עַל כֻּרְחָיךְ מְשַׁוֵּי לַהּ כִּי הוֹלָכָה.
Au contraire, cela doit être dû à la raison suivante : Puisqu’il n’est pas possible d’offrir la poignée sans d’abord accomplir l’acte de la placer dans un récipient, le placement de la poignée dans un récipient est considéré comme un rite significatif, et par conséquent ce facteur fait qu’il est considéré comme la collecte du sang. Ici aussi, en ce qui concerne la collecte de l’encens, puisqu’il n’est pas possible d’offrir l’encens sans d’abord accomplir l’acte de le recueillir du récipient, la collecte de l’encens est un rite significatif qui par conséquent fait qu’elle est considérée comme le rite de transport.
לָא, לְעוֹלָם דְּדָמֵי לְקַבָּלָה, וּדְקָא קַשְׁיָא לָךְ: הָתָם מִמֵּילָא, הָכָא קָא שָׁקֵיל וְרָמֵי –
La Guemara rejette cette suggestion : Non, ce n’est pas la raison, et on ne peut pas prouver à partir de la michna que la collecte de l’encens d’une offrande de farine effectuée par un non-prêtre n’est pas valide. En réalité, la raison pour laquelle l’intention pendant le placement de la poignée rend l’offrande piggul est bien parce qu’elle est comparable à la collecte du sang d’une offrande abattue. Quant à la difficulté que vous avez soulevée, à savoir que là-bas le sang entre dans le récipient de lui-même, tandis qu’ici il prend la poignée de l’offrande de farine et la jette dans le récipient, ce n’est pas une véritable difficulté.
מִכְּדֵי תַּרְוַיְיהוּ קְדוּשַּׁת כְּלִי הוּא, מָה לִי מִמֵּילָא, מָה לִי קָא שָׁקֵיל וְרָמֵי.
La Guemara explique : À présent, considère que tous deux, c’est-à-dire la collecte du sang et le dépôt de la poignée, impliquent la sainteté d’un ustensile, par laquelle un ustensile de service sanctifie un facteur permissif pour l’autel, qu’il s’agisse de la poignée ou du sang. Quelle différence cela fait-il pour moi si le facteur permissif entre dans l’ustensile de lui-même ou si quelqu’un prend l’élément et le jette dans l’ustensile ?
מַתְנִי׳ שָׁחַט שְׁנֵי כְּבָשִׂים לֶאֱכוֹל אַחַת מִן הַחַלּוֹת לְמָחָר, הִקְטִיר שְׁנֵי בָּזִיכִין לֶאֱכוֹל אֶחָד מִן הַסְּדָרִים לְמָחָר, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: אוֹתָהּ הַחַלָּה וְאוֹתוֹ הַסֵּדֶר שֶׁחִישֵּׁב עָלָיו – פִּיגּוּל וְחַיָּיבִין עָלָיו כָּרֵת, וְהַשֵּׁנִי פָּסוּל וְאֵין בּוֹ כָּרֵת. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: זֶה וָזֶה פִּיגּוּל וְחַיָּיבִין עָלָיו כָּרֵת.
MICHNA : Si quelqu’un a abattu les deux agneaux qui accompagnent les deux pains de l’offrande de farine sacrifiés à Chavouot avec l’intention de manger l’un des deux pains le lendemain, ou si quelqu’un a brûlé les deux coupes d’encens qui accompagnent le pain de proposition avec l’intention de manger l’une des dispositions du pain de proposition le lendemain, Rabbi Yossei dit : Ce pain et cette disposition au sujet desquels il avait l’intention de manger le lendemain sont piggoul et l’on est passible de karet pour leur consommation, et le second pain et la seconde disposition sont inaptes, mais il n’y a pas de responsabilité de karet pour leur consommation. Et les Sages disent : Ce pain et cette disposition et cet autre pain et cette disposition sont tous deux piggoul et l’on est passible de karet pour leur consommation.
גְּמָ׳ אָמַר רַב הוּנָא: אוֹמֵר הָיָה רַבִּי יוֹסֵי, פִּיגֵּל בַּיָּרֵךְ שֶׁל יָמִין – לֹא נִתְפַּגֵּל הַיָּרֵךְ שֶׁל שְׂמֹאל. מַאי טַעְמָא? אִיבָּעֵית אֵימָא סְבָרָא, וְאִיבָּעֵית אֵימָא קְרָא.
GUEMARA :Rav Houna dit : Rabbi Yossei dirait, conformément à son opinion selon laquelle l’intention de piggul à l’égard d’un pain ou d’un arrangement ne rend pas le second pain ou arrangement piggul, que si quelqu’un a eu l’intention de piggul à l’égard de la cuisse droite, c’est-à-dire qu’il a abattu une offrande avec l’intention de manger la cuisse droite le lendemain, alors la cuisse gauche n’est pas devenue piggul et l’on n’encourt pas le karet pour sa consommation. Quelle en est la raison ? Si vous le souhaitez, proposez un argument logique, et si vous le souhaitez, citez un verset.
אִיבָּעֵית אֵימָא סְבָרָא: לָא עֲדִיפָא מַחְשָׁבָה מִמַּעֲשֵׂה הַטּוּמְאָה, אִילּוּ אִיטַּמִּי חַד אֵבֶר מִי אִיטַּמִּי לֵיהּ כּוּלֵּיהּ? וְאִיבָּעֵית אֵימָא קְרָא: ״וְהַנֶּפֶשׁ הָאֹכֶלֶת מִמֶּנּוּ עֲוֹנָהּ תִּשָּׂא״ – מִמֶּנּוּ וְלֹא מֵחֲבֵירוֹ.
Rav Houna développe : Si vous le souhaitez, proposez un argument logique : l’intention disqualifiante n’est pas plus forte qu’un cas d’impureté rituelle, et, si un membre d’une offrande est devenu impur, l’offrande entière est-elle alors devenue impure ? En conséquence, un membre peut devenir piggul sans l’autre. Et si vous le souhaitez, citez un verset qui traite du piggul : « Et l’âme qui en mangera portera son iniquité » (Lévitique 7:18). Le verset indique que celui qui mange précisément « de cela », c’est-à-dire d’une partie, portera son iniquité, et non celui qui mange de l’autre partie de l’offrande.
אֵיתִיבֵיהּ רַב נַחְמָן לְרַב הוּנָא: וַחֲכָמִים אוֹמְרִים, לְעוֹלָם אֵין בּוֹ כָּרֵת עַד שֶׁיְּפַגֵּל בִּשְׁתֵּיהֶן בִּכְזַיִת. בִּשְׁתֵּיהֶן – אִין, בְּאַחַת מֵהֶן – לָא.
Rav Naḥman souleva une objection à Rav Houna à partir d’une baraita : Et les Sages disent qu’il n’y a jamais d’obligation d’encourir le karet pour avoir consommé les deux pains à moins d’avoir l’intention de piggul à l’égard d’un volume d’olive provenant des deux, c’est-à-dire que l’intention rend les deux pains piggul seulement s’il abat les agneaux avec l’intention de consommer une quantité équivalente à un volume d’olive provenant de la combinaison des deux pains en dehors du temps qui leur est prescrit. On peut en déduire que s’il avait l’intention à l’égard des deux, oui, les deux pains sont piggul. Mais si son intention portait sur seulement l’un d’eux, non, l’autre pain n’est pas piggul.
מַנִּי? אִילֵּימָא רַבָּנַן – אֲפִילּוּ בְּאַחַת מֵהֶן נָמֵי! אֶלָּא פְּשִׁיטָא רַבִּי יוֹסֵי. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא חַד גּוּפָא הוּא – מִשּׁוּם הָכִי מִצְטָרֵף,
Rav Naḥman poursuit : Selon l’opinion de qui est cette baraita ? Si nous disons qu’elle est conforme à l’opinion des Sages de la michna, alors même si son intention portait sur seulement l’un d’eux, les deux pains deviennent piggul. Au contraire, il est évident que la baraita est conforme à l’opinion de Rabbi Yosei. Or, à supposer que tu dises que selon Rabbi Yosei les cuisses gauche et droite d’une offrande sont considérées comme un seul corps, et que, par conséquent, une intention de piggul concernant une cuisse rend également l’autre cuisse piggul, alors pour cette raison il est compréhensible que, si l’intention de piggul portait sur une quantité égale à un volume total d’une olive provenant des deux pains, alors l’intention concernant chaque pain est combinée avec l’autre.