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אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ תְּרֵי גּוּפֵי נִינְהוּ – מִי מִיצְטָרְפִי?
Mais si tu dis que Rabbi Yosei soutient que les cuisses droite et gauche d’une offrande sont considérées comme deux corps distincts, et que, par conséquent, l’intention de piggul à l’égard de l’une ne rend pas l’autre piggul, alors, dans le cas des deux pains, les intentions concernant les deux pains se combineraient-elles pour les rendre tous deux piggul?
הָא מַנִּי? רַבִּי הִיא, דְּתַנְיָא: הַשּׁוֹחֵט אֶת הַכֶּבֶשׂ לֶאֱכוֹל חֲצִי זַיִת מֵחַלָּה זוֹ, וְכֵן חֲבֵירוֹ לֶאֱכוֹל חֲצִי זַיִת מֵחַלָּה זוֹ, רַבִּי אוֹמֵר: אוֹמֵר אֲנִי שֶׁזֶּה כָּשֵׁר.
Rav Houna répond : On ne peut rien déduire de cette baraita concernant l’opinion de Rabbi Yossei, car selon l’opinion de qui est cette baraita ? Elle est conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda HaNassi, comme il est enseigné dans une autre baraita : En ce qui concerne celui qui abat l’un des agneaux apportés comme sacrifices de paix à Shavouot avec l’intention de consommer une demi-olive en volume de ce pain le lendemain, et de même, il a abattu l’autre agneau avec l’intention de consommer une demi-olive en volume de cet autre pain le lendemain, Rabbi Yehouda HaNassi dit : Je dis que cette offrande est valide, car ses intentions ne se combinent pas.
טַעְמָא דְּאָמַר ״חֲצִי חֲצִי״, אֲבָל אָמַר ״כְּזַיִת מִשְּׁתֵּיהֶן״ – מִצְטָרֵף.
Rav Huna poursuit : On peut déduire que la raison pour laquelle les intentions du prêtre ne se combinent pas est que son intention a été énoncée à propos d’une moitié et d’une moitié, c’est-à-dire qu’il a abattu chacun des agneaux avec l’intention de consommer une demi-olive d’un pain le lendemain. Mais s’il a dit pendant l’abattage de chacun des agneaux qu’il l’abat avec l’intention de consommer une olive des deux, alors les moitiés se combinent pour rendre l’offrande piggul.
וְרַבִּי, אַלִּיבָּא דְּמַאן? אִי אַלִּיבָּא דְּרַבָּנַן – אֲפִילּוּ בְּאַחַת מֵהֶן נָמֵי! אִי אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יוֹסֵי – הָדַר קוּשְׁיַין לְדוּכְתֵּיהּ.
La Guemara demande : Et en ce qui concerne Rabbi Yehuda HaNasi, qui dit que les deux pains ne sont piggul que s’il a une intention portant sur une quantité équivalente au volume d’une olive provenant des deux ensemble, selon quelle opinion sa déclaration est-elle formulée ? Si c’est selon l’opinion des Sages de la michna, qui soutiennent qu’une intention de piggul concernant un pain rend les deux pains piggul, alors même si son intention portait sur seulement l’un d’eux, les deux pains devraient être piggul. Et si c’est selon l’opinion de Rabbi Yossei, qui soutient qu’une intention de piggul concernant un pain ne rend pas le second pain piggul, alors notre difficulté revient à sa place : Si Rabbi Yossei soutient que la cuisse droite et la cuisse gauche sont considérées comme deux corps distincts, comment des intentions portant sur deux moitiés du volume d’une olive peuvent-elles se combiner pour rendre les deux pains piggul ?
לְעוֹלָם אַלִּיבָּא דְּרַבָּנַן, וְלָא תֵּימָא ״עַד שֶׁיְּפַגֵּל בִּשְׁתֵּיהֶן״, אֶלָּא [אֵימָא] ״עַד שֶׁיְּפַגֵּל בִּשְׁנֵיהֶן״, וַאֲפִילּוּ בְּאַחַת מֵהֶן.
La Guemara répond : En réalité, la déclaration de Rabbi Yehuda HaNasi est conforme à l’opinion des Sages. Et ne dis pas que la baraita enseigne : Ce n’est pas du piggul à moins que l’on n’ait l’intention de piggul à l’égard des deux [bishteihen], au féminin, auquel cas la baraita ferait référence aux pains. Au contraire, la baraita enseigne : À l’égard des deux [bishneihen], au masculin, c’est-à-dire à moins qu’il n’abatte les deux agneaux avec une intention de piggul, et dans un tel cas, même si son intention ne portait que sur l’un des pains, l’offrande est du piggul.
וּלְאַפּוֹקֵי מִדְּרַבִּי מֵאִיר, דְּאָמַר: מְפַגְּלִין בַּחֲצִי מַתִּיר, קָא מַשְׁמַע לַן דְּלָא.
La Guemara ajoute : Et cette baraita sert à exclure l’opinion de Rabbi Meïr, qui dit dans la michna en 16a : On rend une offrande piggoul au moyen d’une intention pendant le sacrifice de la moitié d’un facteur permettant, par exemple, si l’on a abattu l’un des agneaux avec l’intention de consommer les deux pains le lendemain, les pains sont piggoul. Cette baraita nous enseigne que cela n’est pas la halakha.
אִי הָכִי, מַאי ״לְעוֹלָם״? אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא בִּשְׁתֵּיהֶן וּבִשְׁנֵיהֶן, וְרַבִּי יוֹסֵי הִיא, וּלְאַפּוֹקֵי מִדְּרַבִּי מֵאִיר וּמִדְּרַבָּנַן קָאָתֵי – הַיְינוּ דְּקָאָמַר ״לְעוֹלָם״.
La Guemara demande : Si c’est le cas, alors quel est le sens de l’insistance dans la baraita : Il n’y a jamais de responsabilité ? Certes, cette expression est compréhensible si vous dites que la baraita signifie que les pains ne sont pas piggul à moins qu’il n’ait l’intention à l’égard des deux pains et des deux agneaux, c’est-à-dire qu’ils ne sont piggul que s’il abat les deux agneaux avec l’intention de manger les deux pains le lendemain. Dans ce cas, la baraitaest conforme à l’opinion de Rabbi Yossei, et elle vient exclure les déclarations de Rabbi Meïr et des Sages, et c’est la raison pour laquelle la baraitadéclare : Il n’y a jamais de responsabilité, afin de souligner que Rabbi Yossei est en désaccord avec ces deux opinions.
אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ רַבָּנַן, וּלְאַפּוֹקֵי מִדְּרַבִּי מֵאִיר, מַאי ״לְעוֹלָם״?
Mais si tu dis que la baraita est conforme à l’opinion des Sages et qu’elle sert à exclure seulement l’opinion de Rabbi Meir, pour quelle raison la baraita souligne-t-elle : Il n’y a jamais de responsabilité ? Le tanna n’emploierait pas un tel mot pour exclure seulement une opinion. Il faut plutôt dire que la baraita est conforme à l’opinion de Rabbi Yosei. Si tel est le cas, alors la difficulté soulevée contre Rav Huna, qui dit que l’intention de piggul concernant la cuisse droite ne rend pas la gauche piggul, demeure sans résolution.
וְעוֹד, הָא אָמַר רַב אָשֵׁי: תָּא שְׁמַע, רַבִּי אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי יוֹסֵי: פִּיגֵּל בְּדָבָר הַנַּעֲשֶׂה בַּחוּץ – פִּיגֵּל, בְּדָבָר הַנַּעֲשֶׂה בִּפְנִים – לֹא פִּיגֵּל.
Et de plus, Rav Ashi n’a-t-il pas dit : Viens et entends une réfutation de l’opinion de Rav Houna à partir d’une baraita : Rabbi Yehouda HaNassi dit au nom de Rabbi Yossei que si, lors de l’accomplissement des rites sacrificiels pour les taureaux ou les boucs qui sont brûlés en offrande, le prêtre avait une intention pouvant rendre l’offrande piggoul à l’égard d’un acte accompli à l’extérieur du Sanctuaire, c’est-à-dire dans la cour du Temple, il a rendu l’offrande piggoul. Si son intention portait sur un acte accompli à l’intérieur du Sanctuaire ou du Saint des Saints, il n’a pas rendu l’offrande piggoul.
כֵּיצַד? הָיָה עוֹמֵד בַּחוּץ וְאָמַר: ״הֲרֵינִי שׁוֹחֵט עַל מְנָת לְהַזּוֹת מִדָּמוֹ לְמָחָר״ – לֹא פִּיגֵּל, שֶׁמַּחְשָׁבָה בַּחוּץ בְּדָבָר הַנַּעֲשֶׂה בְּפָנִים. הָיָה עוֹמֵד בִּפְנִים וְאָמַר: ״הֲרֵינִי מַזֶּה עַל מְנָת לְהַקְטִיר אֵימוּרִין לְמָחָר וְלִשְׁפּוֹךְ שִׁירַיִים לְמָחָר״ – לֹא פִּיגֵּל, שֶׁמַּחְשָׁבָה בִּפְנִים בְּדָבָר הַנַּעֲשֶׂה בַּחוּץ.
La baraita développe : Comment cela ? Si il se tenait à l’extérieur au moment d’abattre l’animal et disait : Par la présente, j’abats l’animal avec l’intention d’asperger son sang demain à l’intérieur du Sanctuaire, il n’a pas rendu l’offrande piggul. La raison est que, lorsqu’une personne a une intention à l’extérieur concernant une chose qui est accomplie à l’intérieur, elle n’a pas rendu l’offrande piggul. De même, s’il se tenait à l’intérieur au moment de l’aspersion, et disait : Par la présente, j’asperge le sang de l’offrande expiatoire afin de brûler ses parties sacrificielles sur l’autel extérieur demain et de verser son reste sur la base de l’autel demain, il n’a pas rendu l’offrande piggul, car il avait une intention à l’intérieur concernant une chose qui est accomplie à l’extérieur.
הָיָה עוֹמֵד בַּחוּץ, וְאָמַר: ״הֲרֵינִי שׁוֹחֵט עַל מְנָת לִשְׁפּוֹךְ שִׁירַיִים לְמָחָר וּלְהַקְטִיר אֵימוּרִין לְמָחָר״ – פִּיגֵּל, שֶׁמַּחְשָׁבָה בַּחוּץ בְּדָבָר הַנַּעֲשֶׂה בַּחוּץ.
Mais si il se tenait dehors et disait : Par la présente, j’abats l’animal avec l’intention de verser le reste de son sang demain, ou de brûler ses portions sacrificielles demain, il a rendu l’offrande piggul, car il avait une intention extérieure concernant une chose qui est accomplie à l’extérieur.
לִשְׁפּוֹךְ שִׁירַיִים, לְאִיפַּגּוֹלֵי מַאי? אִילֵימָא לְאִיפַּגּוֹלֵי דָּם – דָּם מִי מִיפַּגַּל? וְהָתְנַן: אֵלּוּ דְּבָרִים שֶׁאֵין חַיָּיבִין עֲלֵיהֶן מִשּׁוּם פִּיגּוּל: הַקּוֹמֶץ, וְהַלְּבוֹנָה, וְהַקְּטוֹרֶת, וּמִנְחַת כֹּהֲנִים, וּמִנְחַת נְסָכִים, וּמִנְחַת כֹּהֵן מָשִׁיחַ, וְהַדָּם!
La Guemara analyse cette baraita : En ce qui concerne le cas où quelqu’un a abattu l’offrande avec l’intention de verser le sang restant le lendemain, qu’est-ce qui pourrait devenir piggul ? Si nous disons que le sang pourrait devenir piggul, on peut demander : Le sang devient-il piggul ? Mais n’avons-nous pas appris dans une michna (Zevaḥim 42b) : Voici les éléments pour lesquels on n’est pas passible de kareten raison de l’interdiction de piggul : la poignée ; l’oliban ; l’encens ; l’offrande de farine des prêtres ; l’offrande de farine accompagnant les libations apportées avec une offrande animale ; l’offrande de farine du prêtre oint ; et le sang ?
אֶלָּא פְּשִׁיטָא לְאִפַּגּוֹלֵי בָּשָׂר, הַשְׁתָּא וּמָה הָתָם דְּלָא חַשֵּׁיב בֵּיהּ בְּבָשָׂר גּוּפֵיהּ, אָמַר רַבִּי יוֹסֵי מִיפַּגַּל, הָכָא דְּחַשֵּׁיב בֵּיהּ בְּזֶבַח גּוּפֵיהּ, לֹא כׇּל שֶׁכֵּן דְּפִיגֵּל בְּיֶרֶךְ יָמִין פִּיגֵּל בְּיֶרֶךְ שְׂמֹאל?
Au contraire, il est évident que la baraita veut dire que c’est la viande de l’offrande qui pourrait être rendue piggul. Maintenant considère : Et si là-bas, dans la baraita, où il n’avait pas d’intention concernant la viande elle-même, puisque son intention n’était pas de manger la viande le lendemain mais de verser le sang restant le lendemain, et pourtant Rabbi Yosei a dit que la viande est rendue piggul ; alors ici, où il a l’intention de manger la cuisse droite le lendemain, qui fait partie de l’offrande elle-même, n’est-ce pas à plus forte raison que, si son intention de piggul portait sur la cuisse droite, il a rendu aussi la cuisse gauche piggul ?
וְעוֹד, הָאָמַר רָבִינָא: תָּא שְׁמַע, הַקּוֹמֵץ אֶת הַמִּנְחָה לֶאֱכוֹל שְׁיָרֶיהָ אוֹ לְהַקְטִיר קוּמְצָהּ לְמָחָר, מוֹדֶה רַבִּי יוֹסֵי בָּזוֹ שֶׁפִּיגֵּל וְחַיָּיבִין עָלָיו כָּרֵת.
Et de plus, Ravina ne dit-il pas : Viens et entends une réfutation de la déclaration de Rav Houna tirée de la michna (13a) : Dans le cas de celui qui prélève une poignée de l’offrande de farine avec l’intention de consommer son reste ou de brûler sa poignée le lendemain, Rabbi Yossei concède dans ce cas qu’il a rendu l’offrande piggul et qu’il est passible de karet pour en avoir consommé elle.
לְהַקְטִיר קוּמְצָהּ, לְאִיפַּגּוֹלֵי מַאי? אִילֵימָא לְאִיפַּגּוֹלֵי קוֹמֶץ, קוֹמֶץ מִי מִיפַּגַּל? וְהָתְנַן: אֵלּוּ דְּבָרִים שֶׁאֵין חַיָּיבִין עֲלֵיהֶן מִשּׁוּם פִּיגּוּל: הַקּוֹמֶץ כּוּ׳! אֶלָּא פְּשִׁיטָא לְאִיפַּגּוֹלֵי שִׁירַיִים. הַשְׁתָּא וּמָה הָתָם, דְּלָא חַשֵּׁיב בְּהוּ בְּשִׁירַיִים גּוּפֵיהּ,
Ravina poursuit : Lorsqu’on retire la poignée avec l’intention de brûler sa poignée, qu’est-ce qui pourrait devenir piggoul ? Si nous disons que la poignée pourrait devenir piggoul, la poignée devient-elle piggoul ? Mais n’avons-nous pas appris dans une michna (Zevaḥim 42b) : Voici les éléments pour lesquels on n’est pas passible de karet en raison de l’interdiction de piggoul : la poignée, etc. Au contraire, il est évident que le reste pourrait devenir piggoul. Maintenant considère : Et si là-bas, dans la michna, où il n’avait pas l’intention concernant le reste lui-même, c’est-à-dire d’en manger le lendemain,

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