נַעֲשָׂה כּוֹמֶר לַעֲבוֹדָה זָרָה.
ainsi, en abattant intentionnellement l’offrande idolâtre, il est devenu un serviteur de l’idolâtrie.
אָמַר רַב נַחְמָן: מְנָא אָמֵינָא לַהּ? דְּתַנְיָא: כֹּהֵן שֶׁעָבַד עֲבוֹדָה זָרָה, וְשָׁב, קׇרְבָּנוֹ רֵיחַ נִיחוֹחַ.
Rav Naḥman a dit : D’où dis-je que même un prêtre qui abat intentionnellement une offrande idolâtre est néanmoins apte à servir dans le Temple s’il se repent ? Comme il est enseigné dans une baraita : En ce qui concerne un prêtre qui a servi dans l’idolâtrie et s’est repenti, son offrande dans le Temple est une odeur agréable au Seigneur et elle est acceptée.
בְּמַאי? אִילֵּימָא בְּשׁוֹגֵג – מַאי ״וְשָׁב״? שָׁב וְעוֹמֵד הוּא! אֶלָּא פְּשִׁיטָא בְּמֵזִיד, וְאִי בִּזְרִיקָה – כִּי שָׁב מַאי הָוֵי? הָא עֲבַד לֵהּ שֵׁירוּת! אֶלָּא לָאו בִּשְׁחִיטָה.
Rav Naḥman précise : De quelle manière a-t-il servi dans l’idolâtrie ? Si nous disons qu’il a servi dans l’idolâtrie sans le vouloir, que signifie la baraita lorsqu’elle dit : Et il s’est repenti ? Il est déjà repentant, puisqu’il n’avait jamais eu l’intention de fauter au départ. Au contraire, il est évident que la baraita fait référence à un cas d’idolâtrie intentionnelle. Et si la baraita fait référence à l’aspersion du sang d’une offrande idolâtre, lorsqu’il se repent, qu’est-ce que cela change ? N’a-t-il pas déjà accompli un service idolâtre, se disqualifiant ainsi de tout service dans le Temple en tout état de cause ? Au contraire, n’est-ce pas une référence à l’abattage d’une offrande idolâtre ? Il est donc évident que, même si le prêtre l’a abattue intentionnellement, une fois qu’il se repent, il est apte à servir dans le Temple.
וְרַב שֵׁשֶׁת אָמַר לָךְ, לְעוֹלָם בְּשׁוֹגֵג, וְהָכִי קָאָמַר: אִם שָׁב מֵעִיקָּרוֹ, דְּכִי עֲבַד בְּשׁוֹגֵג עֲבַד – קׇרְבָּנוֹ רֵיחַ נִיחוֹחַ, וְאִם לָאו – אֵין קׇרְבָּנוֹ רֵיחַ נִיחוֹחַ.
Et quant à Rav Sheshet, il aurait pu te dire que en réalité la baraita fait référence à un abattage involontaire. Et c'est ce que la baraitadit : Si le prêtre se repent dès le départ, comme lorsqu'il a servi dans l'idolâtrie il a servi involontairement, alors son offrande est une odeur agréable au Seigneur et elle est acceptée. Mais sinon, c'est-à-dire s'il a abattu une offrande idolâtre intentionnellement, son offrande ultérieure dans le Temple n'est pas une odeur agréable au Seigneur.
הִשְׁתַּחֲוָה לַעֲבוֹדָה זָרָה – רַב נַחְמָן אָמַר: קׇרְבָּנוֹ רֵיחַ נִיחוֹחַ, וְרַב שֵׁשֶׁת אָמַר: אֵין קׇרְבָּנוֹ רֵיחַ נִיחוֹחַ. הוֹדָה לַעֲבוֹדָה זָרָה – רַב נַחְמָן אָמַר: קׇרְבָּנוֹ רֵיחַ נִיחוֹחַ, וְרַב שֵׁשֶׁת אָמַר: אֵין קׇרְבָּנוֹ רֵיחַ נִיחוֹחַ.
§ La Guemara énumère d’autres désaccords similaires entre Rav Naḥman et Rav Sheshet. Dans un cas où un prêtre s’est prosterné devant un objet d’idolâtrie, Rav Naḥman dit : S’il se repent ensuite et sert dans le Temple, son offrande est une odeur agréable au Seigneur. Et Rav Sheshet dit : Son offrande n’est pas une odeur agréable au Seigneur. Dans un cas où un prêtre reconnaît un objet d’idolâtrie comme une divinité, Rav Naḥman dit : S’il se repent ensuite et sert dans le Temple, son offrande est une odeur agréable au Seigneur. Et Rav Sheshet dit : Son offrande n’est pas une odeur agréable au Seigneur.
וּצְרִיכָא, דְּאִי אַשְׁמְעִינַן הָךְ קַמַּיְיתָא – בְּהַהִיא קָאָמַר רַב שֵׁשֶׁת מִשּׁוּם דַּעֲבַד לֵיהּ שֵׁירוּת, אֲבָל שְׁחִיטָה דְּלָא עֲבַד לֵיהּ שֵׁירוּת – אֵימָא מוֹדֶה לֵיהּ לְרַב נַחְמָן.
Après avoir énuméré quatre différends similaires entre Rav Naḥman et Rav Sheshet, à savoir au sujet d’un prêtre qui a, sans le savoir, aspergé le sang d’une offrande idolâtre, d’un prêtre qui a intentionnellement abattu une offrande idolâtre, d’un prêtre qui s’est prosterné devant une idole, et d’un prêtre qui a reconnu une idole comme une divinité, la Guemara explique : Et il était nécessaire d’enseigner le différend à propos des quatre cas. Car, si les Sages nous avaient enseigné seulement ce premier cas, où un prêtre asperge sans le savoir le sang d’une offrande idolâtre, on aurait pu penser que ce n’est que dans ce cas que Rav Sheshet dit que le service ultérieur du prêtre dans le Temple est disqualifié, parce qu’il a accompli un service pour l’idolâtrie qui est considéré comme un rite sacrificiel dans le Temple. Mais dans un cas où le prêtre a simplement effectué l’abattage rituel, puisqu’il n’a pas accompli un service pour l’idolâtrie qui soit un rite sacrificiel dans le Temple, on peut dire que Rav Sheshet concède à l’opinion de Rav Naḥman.
וְאִי אַשְׁמְעִינַן שְׁחִיטָה, מִשּׁוּם דְּעָבֵד לֵיהּ עֲבוֹדָה, אֲבָל הִשְׁתַּחֲוָה דְּלָא עֲבַד לֵיהּ עֲבוֹדָה – אֵימָא לָא. צְרִיכָא.
Et si les Sages ne nous avaient enseigné que la controverse concernant un prêtre accomplissant intentionnellement l’abattage rituel pour une offrande idolâtre, on aurait pu penser que Rav Sheshet dit que le service ultérieur du prêtre dans le Temple est disqualifié parce qu’il a accompli un rite sacrificiel pour l’idolâtrie. Mais s’il s’est seulement prosterné devant l’idole, puisqu’il n’a pas accompli un rite sacrificiel pour l’idolâtrie, on pourrait dire que Rav Sheshet ne disqualifie pas le service ultérieur du prêtre dans le Temple. Il était donc nécessaire d’enseigner aussi ce cas.
וְאִי אַשְׁמְעִינַן הִשְׁתַּחֲוָאָה, מִשּׁוּם דְּעָבֵיד לֵיהּ מַעֲשֶׂה, אֲבָל הוֹדָה דְּדִיבּוּרָא בְּעָלְמָא – אֵימָא לָא. צְרִיכָא.
Et si les Sages ne nous avaient enseigné que le cas d’un prêtre se prosternant devant une idole, on aurait pu penser que, dans ce cas, Rav Sheshet dit que le service ultérieur du prêtre dans le Temple est disqualifié parce qu’il a accompli un acte pour l’idolâtrie. Mais, s’il a seulement reconnu l’idole comme une divinité, ce qui n’est qu’une parole, on pourrait dire que Rav Sheshet ne disqualifie pas le service ultérieur du prêtre dans le Temple. La Guemara conclut : Il était nécessaire d’enseigner également ce cas.
וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר דָּבָר אַחֵר [וְכוּ׳]. מִדְּקָאָמַר: אֵין צָרִיךְ לוֹמַר דָּבָר אַחֵר, מִכְּלָל דְּבֵית חוֹנְיוֹ לָאו עֲבוֹדָה זָרָה הוּא.
§ La michna enseigne : Et il va sans dire que, si des prêtres ont servi autre chose, euphémisme pour l’idolâtrie, ils sont disqualifiés du service dans le Temple. La Guemara commente : Du fait qu’il est dit : Et il va sans dire, s’ils ont servi autre chose, on en déduit que le temple d’Onias n’est pas un temple d’idolâtrie, mais plutôt un temple consacré au culte de Dieu.
תַּנְיָא כְּמַאן דְּאָמַר בֵּית חוֹנְיוֹ לָאו עֲבוֹדָה זָרָה הוּא, דְּתַנְיָא: אוֹתָהּ שָׁנָה שֶׁמֵּת שִׁמְעוֹן הַצַּדִּיק, אָמַר לָהֶן: שָׁנָה זוֹ הוּא מֵת, אָמְרוּ לוֹ: מִנַּיִן אַתָּה יוֹדֵעַ?
Il est enseigné dans une baraita comme celui qui dit que le temple d’Onias n’est pas un temple d’idolâtrie. Comme il est enseigné : Durant l’année où Shimon HaTzaddik mourut, il dit à ses compagnons : Cette année, il mourra, en se désignant lui-même par euphémisme. Ils lui dirent : D’où le sais-tu ?
אָמַר לָהֶן: כׇּל יוֹם הַכִּפּוּרִים נִזְדַּמֵּן לִי זָקֵן אֶחָד לָבוּשׁ לְבָנִים, וְנִתְעַטֵּף לְבָנִים, וְנִכְנַס עִמִּי וְיָצָא עִמִּי. שָׁנָה זוֹ נִזְדַּמֵּן לִי זָקֵן אֶחָד לָבוּשׁ שְׁחוֹרִים, וְנִתְעַטֵּף שְׁחוֹרִים, וְנִכְנַס עִמִּי וְלֹא יָצָא עִמִּי.
Shimon HaTzaddik leur dit : Les années précédentes, à chaque Yom Kippour, lorsque j’entrais dans le Saint des Saints, j’avais une vision prophétique dans laquelle je rencontrais un vieil homme qui était vêtu de blanc, et sa tête était enveloppée de blanc, et il entrait dans le Saint des Saints avec moi, et il sortait avec moi. Mais cette année, j’ai rencontré un vieil homme qui était vêtu de noir, et sa tête était enveloppée de noir, et il est entré dans le Saint des Saints avec moi, mais il n’est pas sorti avec moi. Shimon HaTzaddik comprit que c’était un signe que sa mort était imminente.
לְאַחַר הָרֶגֶל, חָלָה שִׁבְעַת יָמִים וָמֵת, וְנִמְנְעוּ אֶחָיו הַכֹּהֲנִים מִלְּבָרֵךְ בַּשֵּׁם.
En effet, après la fête de pèlerinage de Souccot, il fut malade pendant sept jours et mourut. Et ses confrères prêtres s'abstinrent de réciter la Bénédiction sacerdotale avec le nom ineffable de Dieu.
בִּשְׁעַת פְּטִירָתוֹ, אָמַר לָהֶם: חוֹנְיוֹ בְּנִי יְשַׁמֵּשׁ תַּחְתַּי. נִתְקַנֵּא בּוֹ שִׁמְעִי אָחִיו, שֶׁהָיָה גָּדוֹל מִמֶּנּוּ שְׁתֵּי שָׁנִים וּמֶחֱצָה. אָמַר לוֹ: בֹּא וַאֲלַמֶּדְךָ סֵדֶר עֲבוֹדָה. הִלְבִּישׁוֹ בְּאוּנְקְלִי, וַחֲגָרוֹ בְּצִילְצוֹל, (העמידו) [וְהֶעֱמִידוֹ] אֵצֶל הַמִּזְבֵּחַ. אָמַר לָהֶם לְאֶחָיו הַכֹּהֲנִים: רְאוּ מָה נָדַר זֶה וְקִיֵּים לַאֲהוּבָתוֹ: ״אוֹתוֹ הַיּוֹם שֶׁאֶשְׁתַּמֵּשׁ בִּכְהוּנָּה גְּדוֹלָה אֶלְבּוֹשׁ בְּאוּנְקְלִי שֶׁלִּיכִי וְאֶחְגּוֹר בְּצִילְצוֹל שֶׁלִּיכִי״.
Au moment de sa mort, il dit aux Sages : Onias, mon fils, servira comme Grand Prêtre à ma place. Shimi, le frère d’Onias, fut jaloux de lui, car Shimi avait deux ans et demi de plus qu’Onias. Shimi dit à Onias avec perfidie : Viens, et je t’enseignerai l’ordre du service du Grand Prêtre. Shimi revêtit Onias d’une tunique [be’unkeli] et le ceignit d’un ruban [betziltzul] en guise de ceinture, c’est-à-dire non des vêtements du Grand Prêtre, et le plaça à côté de l’autel. Shimi dit à ses confrères prêtres : Regardez ce que cet homme a voué et accompli pour sa bien-aimée, car il lui avait dit : Le jour où je servirai dans le Grand Sacerdoce, je porterai ta tunique et je me ceindrai de ton ruban.
בִּקְּשׁוּ אֶחָיו הַכֹּהֲנִים לְהׇרְגוֹ, רָץ מִפְּנֵיהֶם, וְרָצוּ אַחֲרָיו. הָלַךְ לַאֲלֶכְּסַנְדְּרִיָּא שֶׁל מִצְרַיִם, וּבָנָה שָׁם מִזְבֵּחַ, וְהֶעֱלָה עָלָיו לְשׁוּם עֲבוֹדָה זָרָה. וּכְשֶׁשָּׁמְעוּ חֲכָמִים בַּדָּבָר, אָמְרוּ: מָה זֶה שֶׁלֹּא יָרַד לָהּ – כָּךְ, הַיּוֹרֵד לָהּ – עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה. דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר.
Les prêtres collègues d'Onias voulaient le tuer parce qu'il avait déshonoré le service du Temple avec ses vêtements. Onias s'enfuit loin d'eux et ils coururent après lui. Il alla à Alexandrie en Égypte, y construisit un autel et y offrit des offrandes pour l'idolâtrie. Lorsque les Sages entendirent parler de l'affaire, ils dirent : Si cette personne, Shimi, qui n'est pas entré dans la fonction de Grand Prêtre, a agi avec une telle jalousie, à plus forte raison celui qui entre dans une position prestigieuse se rebellera si on la lui retire. Telle est la déclaration de Rabbi Meir. Selon Rabbi Meir, le temple d'Onias a été construit pour l'idolâtrie.
אָמַר לוֹ רַבִּי יְהוּדָה: לֹא כָּךְ הָיָה מַעֲשֶׂה, אֶלָּא לֹא קִיבֵּל עָלָיו חוֹנְיוֹ, שֶׁהָיָה שִׁמְעִי אָחִיו גָּדוֹל מִמֶּנּוּ שְׁתֵּי שָׁנִים וּמֶחֱצָה, וְאַף עַל פִּי כֵן נִתְקַנֵּא בּוֹ חוֹנְיוֹ בְּשִׁמְעִי אָחִיו. אָמַר לוֹ: בֹּא וַאֲלַמֶּדְךָ סֵדֶר עֲבוֹדָה, וְהִלְבִּישׁוֹ בְּאוּנְקְלִי, וַחֲגָרוֹ בְּצִילְצוֹל, וְהֶעֱמִידוֹ אֵצֶל הַמִּזְבֵּחַ. אָמַר לָהֶם לְאֶחָיו הַכֹּהֲנִים: רְאוּ מָה נָדַר זֶה וְקִיֵּים לַאֲהוּבָתוֹ ״אוֹתוֹ הַיּוֹם שֶׁיִּשְׁתַּמֵּשׁ בִּכְהוּנָּה גְּדוֹלָה אֶלְבּוֹשׁ בְּאוּנְקְלִי שֶׁלִּיכִי וְאֶחְגּוֹר בְּצִילְצוֹל שֶׁלִּיכִי״.
Rabbi Yehuda lui dit : L’incident ne s’est pas passé ainsi. Au contraire, Onias n’accepta pas la fonction de Grand Prêtre parce que son frère Shimi avait deux ans et demi de plus que lui, et Shimi fut donc nommé Grand Prêtre. Et malgré cela, bien qu’Onias lui-même ait offert la fonction à Shimi, Onias était jaloux de son frère Shimi. Onias dit à Shimi : Viens, et je t’enseignerai l’ordre du service du Grand Prêtre. Et Onias revêtit Shimi d’une tunique, le ceignit d’un ruban et le plaça à côté de l’autel. Onias dit à ses compagnons prêtres : Regardez ce que cet homme, Shimi, a voué et accompli pour sa bien-aimée, car il lui avait dit : Le jour où je servirai dans la grande prêtrise, je porterai ta tunique et me ceindrai de ton ruban.
בִּקְּשׁוּ אֶחָיו הַכֹּהֲנִים לְהׇרְגוֹ, סָח לָהֶם כׇּל הַמְאוֹרָע, בִּקְּשׁוּ לַהֲרוֹג אֶת חוֹנְיוֹ, רָץ מִפְּנֵיהֶם, וְרָצוּ אַחֲרָיו, רָץ לְבֵית הַמֶּלֶךְ, וְרָצוּ אַחֲרָיו, כׇּל הָרוֹאֶה אוֹתוֹ אוֹמֵר: זֶה הוּא, זֶה הוּא, הָלַךְ לַאֲלֶכְּסַנְדְּרִיָּא שֶׁל מִצְרַיִם, וּבָנָה שָׁם מִזְבֵּחַ, וְהֶעֱלָה עָלָיו לְשֵׁם שָׁמַיִם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״(וְהָיָה) בַּיּוֹם הַהוּא יִהְיֶה מִזְבֵּחַ לַה׳ בְּתוֹךְ אֶרֶץ מִצְרָיִם וּמַצֵּבָה אֵצֶל גְּבוּלָהּ לַה׳״.
Ses compagnons prêtres voulurent tuer Shimi. Shimi leur raconta alors tout l’incident, disant qu’il avait été trompé par son frère Onias, de sorte que les prêtres voulurent tuer Onias. Onias s’enfuit loin d’eux, et ils coururent après lui. Onias courut jusqu’au palais du roi, et ils coururent après lui. Quiconque le voyait disait : C’est lui, c’est lui, et il ne pouvait pas s’échapper sans être remarqué. Onias alla à Alexandrie en Égypte, y construisit un autel, et y offrit des offrandes pour l’amour du Ciel. Comme il est dit : « En ce jour-là, il y aura un autel au Seigneur au milieu du pays d’Égypte, et une stèle à sa frontière, au Seigneur » (Isaïe 19:19). Selon le rabbin Yehouda, le temple d’Onias était consacré au culte de Dieu.
וּכְשֶׁשָּׁמְעוּ חֲכָמִים בַּדָּבָר, אָמְרוּ: וּמָה זֶה שֶׁבָּרַח מִמֶּנָּה כָּךְ, הַמְבַקֵּשׁ לֵירֵד לָהּ – עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה.
Et lorsque les Sages entendirent parler de l'affaire, ils dirent : Si celui-ci, Onias, qui s'est enfui de la fonction de Grand Prêtre et l'a offerte à son frère, a néanmoins été saisi d'une telle jalousie au point d'essayer de faire tuer Shimi, à plus forte raison celui qui veut accéder à une position prestigieuse sera jaloux de celui qui occupe déjà cette position.
תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן פְּרַחְיָה: בַּתְּחִלָּה, כׇּל הָאוֹמֵר ״עֲלֵה לָהּ״ – אֲנִי כּוֹפְתוֹ וְנוֹתְנוֹ לִפְנֵי הָאֲרִי; עַתָּה, כׇּל הָאוֹמֵר לִי לֵירֵד מִמֶּנָּה – אֲנִי מֵטִיל עָלָיו קוּמְקוּם שֶׁל חַמִּין.
§ Comme corollaire à la déclaration des Sages au sujet de celui qui est jaloux et veut la position d’un autre, il est enseigné dans une baraita que Rabbi Yehoshua ben Peraḥya a dit : Au début, en réponse à quiconque me disait : Monte au poste de Nasi, je l’attachais et le plaçais devant un lion par colère face à sa suggestion. Maintenant que je suis devenu Nasi, en réponse à quiconque me dit de quitter le poste, je lui jetterais une bouilloire [kumkum] d’eau bouillante dessus par colère face à sa suggestion.
שֶׁהֲרֵי שָׁאוּל בָּרַח מִמֶּנָּה, וּכְשֶׁעָלָה בִּקֵּשׁ לַהֲרוֹג אֶת דָּוִד.
Il est dans la nature humaine qu’après avoir accédé à une position prestigieuse, on ne souhaite pas la perdre. Comme preuve de ce principe, Saül a d’abord fui la royauté, car il ne voulait pas être roi, comme il est dit dans le verset : « Lorsqu’on le chercha, on ne put le trouver… Voici, il s’était caché parmi les bagages » (I Samuel 10:21–22). Mais lorsqu’il monta à la royauté, il essaya de tuer David, qu’il pensait tenter d’usurper son autorité (voir I Samuel, chapitres 18–27).
אֲמַר לֵיהּ מָר קַשִּׁישָׁא בְּרֵיהּ דְּרַב חִסְדָּא לְאַבָּיֵי: רַבִּי מֵאִיר, הַאי קְרָא דְּרַבִּי יְהוּדָה מַאי עָבֵיד לֵיהּ?
§ Mar Kashisha, fils de Rav Ḥisda, dit à Abaye : Que fait Rabbi Meir de ce verset de Rabbi Yehuda ? Puisque Rabbi Meir soutient que le temple d’Onias était consacré à l’idolâtrie, comment explique-t-il ce verset dans Isaïe ?
לְכִדְתַנְיָא: לְאַחַר מַפַּלְתּוֹ שֶׁל סַנְחֵרִיב, יָצָא חִזְקִיָּה וּמָצָא בְּנֵי מְלָכִים שֶׁהָיוּ יוֹשְׁבִין בִּקְרוֹנוֹת שֶׁל זָהָב, הִדִּירָן שֶׁלֹּא לַעֲבוֹד עֲבוֹדָה זָרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בַּיּוֹם הַהוּא יִהְיוּ חָמֵשׁ עָרִים בְּאֶרֶץ מִצְרַיִם מְדַבְּרוֹת שְׂפַת כְּנַעַן
Abaye répondit à Mar Kashisha et dit que Rabbi Meir utilise ce verset pour ce qui est enseigné dans une baraita : Après la chute de Sennachérib, le roi d’Assyrie qui assiégea Jérusalem (voir II Rois, chapitres 18–19), le roi Ézéchias sortit de Jérusalem et trouva les princes gentils que Sennachérib avait amenés avec lui de ses autres conquêtes, assis dans des carrosses [bikronot] d’or. Il leur fit jurer qu’ils n’adoreraient pas les idoles, et ils tinrent leur serment, comme il est dit dans la prophétie d’Isaïe au sujet de l’Égypte : "En ce jour-là, il y aura cinq villes dans le pays d’Égypte qui parleront la langue de Canaan