דְּמִכְּלֵי שָׁרֵת לָא אַשְׁכְּחַן דְּמִיפְּרִיק.
On ne peut pas conclure que ces substances peuvent être rachetées, car nous ne trouvons pas de cas où un objet qui a été consacré dans un récipient de service est racheté.
וּבַעַל מוּם הֵיכָא אִיקְּרִי ״טָמֵא״? דְּתַנְיָא: ״וְאִם כׇּל בְּהֵמָה טְמֵאָה אֲשֶׁר לֹא יַקְרִיבוּ מִמֶּנָּה קׇרְבָּן לַה׳״ – בְּבַעֲלֵי מוּמִין שֶׁנִּפְדִּין הַכָּתוּב מְדַבֵּר.
La Guemara demande : Et où un animal porteur d’un défaut est-il appelé « impur » dans la Torah ? La Guemara répond : Comme il est enseigné dans une baraita au sujet du rachat d’une offrande, la Torah déclare : « Et si c’est quelque animal impur, dont on ne peut présenter une offrande au Seigneur, alors il placera l’animal devant le prêtre. Et le prêtre l’évaluera, qu’il soit bon ou mauvais ; selon ton estimation, ô prêtre, ainsi en sera-t-il. Mais s’il veut effectivement le racheter, il ajoutera alors un cinquième à ton estimation » (Lévitique 27:11–13). Le verset parle d’animaux porteurs d’un défaut qui sont rachetés, et ils sont qualifiés d’impurs parce qu’ils ne sont pas aptes à servir d’offrandes.
אַתָּה אוֹמֵר בְּבַעֲלֵי מוּמִין שֶׁנִּפְדּוּ, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא בִּבְהֵמָה טְמֵאָה מַמָּשׁ? כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״וְאִם בַּבְּהֵמָה הַטְּמֵאָה וּפָדָה בְעֶרְכֶּךָ״, הֲרֵי בְּהֵמָה טְמֵאָה אֲמוּרָה. הָא מָה אֲנִי מְקַיֵּים ״וְאִם כׇּל בְּהֵמָה טְמֵאָה״? בְּבַעֲלֵי מוּמִין שֶׁנִּפְדּוּ הַכָּתוּב מְדַבֵּר.
La Guemara précise : Dis-tu que le verset fait référence à des animaux blemis qui ont été rachetés, ou bien fait-il référence uniquement à un véritable animal non casher [tamei], comme l’indique le sens simple du verset ? La Guemara répond : Lorsque le verset déclare plus loin dans cette section : « Et si c’est d’un animal impur [tamei], alors il le rachètera selon ton estimation, et il y ajoutera un cinquième » (Lévitique 27:27), un véritable animal non casher est mentionné comme étant sujet au rachat. Comment dois-je comprendre le sens du verset : « Et si c’est quelque animal impur [tamei] » (Lévitique 27:11) ? Le verset parle d’animaux blemis qui ont été rachetés, c’est-à-dire qui ont la possibilité d’être rachetés.
יָכוֹל יִפָּדוּ עַל מוּם עוֹבֵר? תַּלְמוּד לוֹמַר ״אֲשֶׁר לֹא יַקְרִיבוּ מִמֶּנָּה קׇרְבָּן לַה׳״ – מִי שֶׁאֵינָהּ קְרֵיבָה לַה׳ כׇּל עִיקָּר, יָצְתָה זוֹ שֶׁאֵינָהּ קְרֵיבָה הַיּוֹם וּקְרֵיבָה לְמָחָר.
La Guemara continue de discuter cette halakha : On aurait pu penser que les offrandes sont rachetées même en raison de la présence d’un défaut temporaire. C’est pourquoi la suite du verset déclare : « Dont ils ne pourront pas apporter une offrande au Seigneur », ce qui fait référence à un animal qui n’est pas du tout sacrifié à Dieu. Le verset vient exclure cela, cet animal ayant un défaut temporaire, qui n’est pas sacrifié aujourd’hui, tant que le défaut demeure, mais qui est sacrifié demain, après la disparition du défaut.
מוֹתֵיב רַב הוּנָא בַּר מָנוֹחַ: הָעוֹפוֹת וְהָעֵצִים וְהַלְּבוֹנָה וּכְלֵי שָׁרֵת שֶׁנִּטְמְאוּ, אֵין לָהֶן פִּדְיוֹן, שֶׁלֹּא נֶאֱמַר פִּדְיוֹן אֶלָּא בִּבְהֵמָה. בִּשְׁלָמָא עוֹפוֹת – קְדוּשַּׁת הַגּוּף נִינְהוּ, וְלֹא נֶאֱמַר אֶלָּא בִּבְהֵמָה.
Rav Huna bar Manoaḥ soulève une objection à l’opinion de Shmuel selon laquelle même les offrandes de farine et les libations pures peuvent être rachetées si elles n’ont pas encore été consacrées dans un ustensile de service. La michna déclare : En ce qui concerne les oiseaux, le bois pour l’autel, l’encens et les ustensiles de service consacrés, une fois qu’ils sont devenus rituellement impurs, ils n’ont aucune possibilité de rachat, car le rachat des objets consacrés n’est énoncé qu’à l’égard d’un animal consacré pour l’autel qui est devenu défectueux. Soit, les oiseaux ne sont pas rachetés, puisqu’ils sont investis d’une sainteté inhérente, et la Torah a énoncé que ce n’est qu’à l’égard des animaux défectueux, et non des oiseaux, que le rachat est possible pour des objets dotés d’une sainteté inhérente.
אֶלָּא עֵצִים וּלְבוֹנָה וּכְלֵי שָׁרֵת – לִיפַּרְקוּ? אֶלָּא לָאו מִשּׁוּם דִּטְהוֹרִין בְּעָלְמָא אֵין נִפְדִּין.
Mais, en ce qui concerne le bois et l’encens qui ne sont pas consacrés d’une sainteté intrinsèque tant qu’ils ne sont pas placés dans un ustensile de service, et les ustensiles de service eux-mêmes qui sont devenus impurs, puisque rien de tout cela ne possède de sainteté intrinsèque, qu’ils soient rachetés. N’est-ce pas plutôt parce que ces éléments ne sont pas rachetés parce que, de manière générale, les éléments sacrificiels purs ne sont pas rachetés, même lorsqu’ils ne possèdent pas de sainteté intrinsèque ?
וְהָנֵי נָמֵי, אַף עַל גַּב דְּנִטְמְאוּ – כִּטְהוֹרִים דָּמוּ, דְּעֵצִים וּלְבוֹנָה לָאו בְּנֵי אַשְׁוֹיֵי אוּכְלָא נִינְהוּ, אֶלָּא חִיבַּת הַקּוֹדֶשׁ מַשְׁוֵה לְהוּ אוּכְלָא.
Et ces éléments aussi, c’est-à-dire le bois, l’encens et les ustensiles du service, même s’ils sont devenus impurs, sont traités comme s’ils étaient purs. Leur impureté est incomplète parce que le bois et l’encens ne peuvent pas devenir de la nourriture, et, par conséquent, ils ne devraient pas être susceptibles à l’impureté du tout. Au contraire, la considération pour la sainteté de la propriété sacrée transforme leur statut en celui de nourriture, ce qui les rend susceptibles à l’impureté rituelle.
דְּעֵצִים, כַּמָּה דְּלָא מְשַׁפֵּי לְהוּ לִגְזִירִין – לָא מִיתַּכְשְׁרִי. לְבוֹנָה נָמֵי, כַּמָּה דְּלָא קָידְשָׁה בִּכְלִי שָׁרֵת – לָא מִיתַּכְשְׁרָה. כְּלֵי שָׁרֵת נָמֵי, הוֹאִיל וְאִית לְהוּ טׇהֳרָה בְּמִקְוֶה.
En ce qui concerne le bois, tant que l’on ne le taille pas en bûches, il ne devient pas susceptible à l’impureté. En ce qui concerne l’encens également, tant qu’il n’est pas consacré dans un ustensile de service, il ne devient pas susceptible à l’impureté. En ce qui concerne les ustensiles de service également, puisqu’ils ont la capacité d’atteindre la pureté dans un bain rituel, leur impureté est révocable. Apparemment, la raison pour laquelle la michna enseigne que ces objets ne sont pas rachetés est qu’en un certain sens ils sont encore considérés comme purs, et les objets consacrés qui sont considérés comme rituellement purs ne sont pas rachetés, contrairement à l’opinion de Shmuel.
לָא, לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ: טְהוֹרִין בְּעָלְמָא נִפְדִּין, וְהָנֵי – מִשּׁוּם דְּלָא שְׁכִיחִי הוּא.
La Guemara répond : Non, en réalité, je te dirai que, de manière générale, les objets purs sont rachetés ; et ces objets ne sont pas rachetés, malgré le fait qu’ils ne soient pas investis d’une sainteté intrinsèque, parce qu’ils ne sont pas facilement disponibles. Si ces objets peuvent être rachetés lorsqu’ils sont purs, ils risquent alors de ne pas être disponibles pour le service du Temple.
בִּשְׁלָמָא לְבוֹנָה וּכְלֵי שָׁרֵת – לָא שְׁכִיחִי, אֶלָּא עֵצִים – מִישְׁכָּח שְׁכִיחִי! עֵצִים נָמֵי, כֵּיוָן דְּאָמַר מָר: כׇּל עֵץ שֶׁנִּמְצָא בּוֹ תּוֹלַעַת פָּסוּל לְגַבֵּי מִזְבֵּחַ, הִילְכָּךְ לָא שְׁכִיחִי.
La Guemara objecte : Certes, l’encens et les ustensiles du service ne sont pas facilement disponibles, mais le bois est facilement disponible. Pourquoi, alors, ne peut-il pas être racheté ? La Guemara répond : Le bois utilisable pour le service du Temple est également difficile à obtenir. Cela est évident puisque le Maître a dit que tout bois dans lequel on trouve un ver est inapte à l’usage sur l’autel. Par conséquent, le bois convenant à l’autel n’est pas facilement disponible.
אָמַר רַב פָּפָּא: אִי שְׁמִיעָא לֵיהּ לִשְׁמוּאֵל הָא דְּתַנְיָא, הַמַּתְפִּיס תְּמִימִים לְבֶדֶק הַבַּיִת – אֵין פּוֹדִין אוֹתָן אֶלָּא לַמִּזְבֵּחַ, שֶׁכׇּל הָרָאוּי לַמִּזְבֵּחַ אֵינוֹ יוֹצֵא מִידֵי מִזְבֵּחַ לְעוֹלָם, וְאַף עַל גַּב דִּקְדוּשַּׁת דָּמִים נִינְהוּ – אֵין נִפְדִּין הוֹאִיל וּטְהוֹרִים הֵם, הֲוָה הָדַר בֵּיהּ.
La Guemara continue de discuter l’opinion de Shmuel selon laquelle les libations et la farine destinée aux offrandes végétales sont rachetées même lorsqu’elles sont pures, tant qu’elles n’ont pas été consacrées dans un ustensile de service. Rav Pappa a dit que si Shmuel avait entendu ce qui est enseigné dans la baraita suivante, il aurait rétracté son opinion. La baraita enseigne : Dans le cas de quelqu’un qui consacre des animaux sans défaut pour l’entretien du Temple plutôt que pour l’autel, ils ne sont rachetés que pour un usage sur l’autel. Ils ne peuvent pas être rachetés pour un autre usage, conformément au principe selon lequel tout objet consacré apte à être offert sur l’autel ne peut jamais quitter l’autel. Et bien que ces animaux ne possèdent qu’une sainteté inhérente à leur valeur, ils ne sont pas rachetés, puisqu’ils sont rituellement purs et aptes pour l’autel. Si Shmuel avait connu cette baraita, il aurait rétracté son opinion.
וְלָא הִיא, שְׁמִיעָא לֵיהּ וְלָא הֲדַר בֵּיהּ. לָאו אָמְרַתְּ הָתָם: כֵּיוָן דְּלָא שְׁכִיחִי – לָא מִיפַּרְקִי.
La Guemara répond : Mais ce n’est pas le cas ; cette baraita a été entendue par lui, et malgré cela il ne s’est pas rétracté de son opinion. Au contraire, il l’a expliquée ainsi : N’as-tu pas dit là-bas, c’est-à-dire plus tôt dans la discussion de la michna, que la raison pour laquelle on ne peut pas racheter du bois, de l’encens et des ustensiles de service qui ont été consacrés pour l’entretien du Temple est que, puisqu’ils ne sont pas facilement disponibles, les Sages ont décrété qu’ils ne sont pas rachetés ?
הָכָא נָמֵי, כֵּיוָן דִּשְׁכִיחִי מוּמִין דְּפָסְלִי בִּבְהֵמָה, דַּאֲפִילּוּ בְּדוּקִּין שֶׁבָּעַיִן נָמֵי פָּסְלִי, הִילְכָּךְ לָא שְׁכִיחִי.
Ici aussi, en ce qui concerne un animal sans défaut qui a été consacré pour l’entretien du Temple, puisque les défauts qui disqualifient un animal comme offrande sont fréquents, car même un défaut aussi insignifiant que celui de la cornée de l’œil disqualifie également l’animal, par conséquent, les animaux sans défaut aptes à être sacrifiés sur l’autel ne sont pas facilement disponibles. C’est pourquoi les Sages ont décrété que les animaux sans défaut, même lorsqu’ils sont consacrés pour l’entretien du Temple, ne peuvent être rachetés que pour être utilisés comme offrande sur l’autel. En revanche, les offrandes de farine et les libations, qui faisaient l’objet de la déclaration de Shmuel, sont facilement disponibles et peuvent être rachetées même lorsqu’elles sont encore pures.
רַב כָּהֲנָא אָמַר: טְמֵאִין – נִפְדִּין, טְהוֹרִין – אֵין נִפְדִּין. וְכֵן אָמַר רַבִּי אוֹשַׁעְיָא: טְמֵאִין – נִפְדִּין, טְהוֹרִין – אֵין נִפְדִּין. אִיכָּא דְאָמְרִי אָמַר רַבִּי אוֹשַׁעְיָא: אֲפִילּוּ טְהוֹרִין – נִפְדִּין.
§ Après avoir analysé l’opinion de Shmuel permettant le rachat des offrandes de farine et des libations qui sont pures et n’ont pas encore été consacrées dans un ustensile de service, la Guemara cite à présent une opinion divergente : Rav Kahana a dit que seules les offrandes de farine et les libations qui sont impures sont rachetées, mais celles qui sont pures ne sont pas rachetées. Et Rabbi Oshaya a dit de même que ces offrandes de farine et libations qui sont impures sont rachetées, mais celles qui sont pures ne sont pas rachetées. Il y en a qui disent que Rabbi Oshaya dit : Même les pures sont rachetées.
רַבִּי אֶלְעָזָר אוֹמֵר: כּוּלָּן טְמֵאִין – נִפְדִּין, טְהוֹרִין – אֵין נִפְדִּין, חוּץ מֵעֲשִׂירִית הָאֵיפָה שֶׁל מִנְחַת חוֹטֵא.
Rabbi Elazar dit : En ce qui concerne toutes les offrandes de farine, si elles sont impures, elles sont rachetées, et si elles sont pures, elles ne sont pas rachetées, sauf le dixième d’un épha de fleur de farine d’une offrande de farine d’un pécheur, qui est rachetée même si elle est pure.
שֶׁהֲרֵי אָמְרָה תּוֹרָה: ״מֵחַטָּאתוֹ״ ״עַל חַטָּאתוֹ״.
La raison en est que la Torah a déclaré au sujet d’une personne extrêmement indigente qui apporte un dixième d’épha de fleur de farine : « Et le prêtre fera expiation pour lui pour son péché [meḥattato] qu’il a commis dans l’un de ces cas, et il lui sera pardonné » (Lévitique 5:13). En revanche, au sujet d’une personne riche qui apporte un agneau comme offrande à échelle variable, le verset déclare : « Et le prêtre fera expiation pour lui de son péché [al ḥattato] qu’il a commis » (Lévitique 5:6). Le mot « al », qui peut aussi signifier sur, indique que si une personne extrêmement indigente désigne un dixième d’épha pour son offrande de farine puis devient riche, elle rachète son offrande de farine et ajoute de l’argent à la somme initiale afin d’acheter une offrande appropriée à sa situation financière actuelle. Dans ce cas, l’offrande de farine est rachetée même si elle est pure.
אָמַר רַבִּי אוֹשַׁעְיָא: שָׁמַעְתִּי פִּיגֵּל בְּמִנְחָה לְרַבִּי שִׁמְעוֹן אֵינוֹ מְטַמֵּא טוּמְאַת אֳכָלִין, דִּתְנַן: הָעׇרְלָה וְכִלְאֵי הַכֶּרֶם
§ La Guemara cite une autre déclaration selon laquelle Rabbi Oshaya dit : J’ai entendu que selon Rabbi Shimon, lorsqu’on a rendu une offrande de farine piggul en la sacrifiant avec l’intention de la consommer au-delà du temps qui lui est imparti, elle n’est pas susceptible à l’impureté rituelle des aliments. Comme nous l’avons appris dans une baraita (Tosefta, Okatzin 3:12) : Orla, espèces diverses dans un vignoble,