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וְהָא קָתָנֵי: אִם אֲחֵרִים מֵבִיא לִידֵי פִּיגּוּל, הוּא עַצְמוֹ לֹא כׇּל שֶׁכֵּן!
Concernant la réponse de Rava à Rav Ashi, la Guemara objecte : Mais Ulla n’a-t-il pas enseigné pour justifier son opinion : Si la prise de cette poignée fait entrer d’autres éléments, c’est-à-dire le reste de l’offrande de farine, dans un statut de piggul, au moyen de l’intention de la consommer après le temps qui lui est imparti, en ce qui concerne la poignée elle-même, n’est-ce pas à plus forte raison qu’elle devrait être rendue piggul par cette intention ? Si tel est le cas, il devrait en aller de même dans le cas d’une offrande de moindre sainteté qui a été abattue avec l’intention de la consommer après le temps qui lui est imparti, c’est-à-dire qu’elle devrait être rendue piggul par cette seule intention, indépendamment de l’intention au moment de l’aspersion.
הָא נָמֵי, אִיסּוּרָא דְּמַיְיתֵי לִידֵי פִּיגּוּל.
La Guemara explique : Ce n’est pas difficile, car dans ce cas également, Oulla ne voulait pas dire qu’il s’agit d’un piggoul à part entière du fait de l’intention concernant uniquement la prise de la poignée. Il voulait plutôt dire qu’un acte interdit a été accompli sur cela, ce qui l’amène à un statut de piggoul, mais le statut complet de piggoul n’est atteint que s’il y a également une intention impropre au moment de l’offrande de la poignée.
אֲמַר לֵיהּ רָבִינָא לְרַב אָשֵׁי: וְהָאָמַר אִילְפָא: מַחֲלוֹקֶת בִּשְׁתֵּי עֲבוֹדוֹת,
Il y a une divergence dans une michna (Zevaḥim 29b) concernant deux intentions impropres consécutives. Rabbi Yehouda soutient que s’il y a d’abord eu l’intention de consommer une offrande ou de brûler les portions consumées sur l’autel au-delà du temps qui lui est imparti, ce qui la rend piggul et fait donc que celui qui en consomme serait passible de karet, puis qu’il y a eu l’intention d’accomplir cet acte en dehors de l’endroit qui lui est assigné, ce qui ne fait que disqualifier l’offrande, elle est piggul. Mais si l’ordre est inversé, elle est seulement disqualifiée. Les Sages statuent que, dans les deux cas, elle est seulement disqualifiée. En gardant cette michna à l’esprit, Ravina dit à Rav Achi : Mais Ilfa ne dit-il pas : Ce désaccord s’applique dans un cas où les différentes intentions se sont produites pendant l’accomplissement de deux différents rites sacrificiels ?
כְּגוֹן דְּאָמַר ״הֲרֵינִי שׁוֹחֵט סִימָן רִאשׁוֹן חוּץ לִזְמַנּוֹ, וְסִימָן שֵׁנִי חוּץ לִמְקוֹמוֹ״, אֲבָל בַּעֲבוֹדָה אַחַת – דְּכוּלֵּי עָלְמָא עֵירוּבֵי מַחְשָׁבוֹת הֲוַאי!
Ilfa a expliqué : Par exemple, si quelqu’un disait : Par la présente, j’abats le premier des organes qui doivent être sectionnés lors de l’abattage rituel, c’est-à-dire soit la trachée soit l’œsophage, avec l’intention de consommer l’offrande au-delà de son temps imparti ; et il abattit ensuite son deuxième organe avec l’intention de le consommer en dehors de sa zone impartie, alors ces halakhot s’appliquent. Mais si les deux intentions se sont produites au cours d’un seul rite, par exemple pendant l’abattage du même organe, alors tout le monde, y compris Rabbi Yehouda, convient que cela constitue un mélange d’intentions, et l’offrande ne devient pas piggul. Cet exemple indique que l’abattage seul, avec l’intention d’aller au-delà de son temps imparti, rend l’offrande piggul, contrairement à l’opinion de Rav Giddel.
הָכִי נָמֵי, לְכִי זָרֵיק תִּיגַּלֵּי מִילְּתָא. אִי בַּעֲבוֹדָה אַחַת, אִי בִּשְׁתֵּי עֲבוֹדוֹת.
Rav Ashi répondit à Ravina : En effet, Rav Giddel est d’accord avec cette décision. Bien qu’il soutienne que l’abattage seul ne rend pas une offrande piggul, il convient néanmoins que lorsque le sang est aspergé ensuite avec une intention de piggul, il sera révélé s’il y avait une intention de piggul au cours d’un rite ou de deux rites. Par conséquent, si les deux intentions se sont produites au cours d’un seul rite sacrificiel, tout le monde convient que l’offrande n’est pas piggul, malgré le fait que l’aspersion a été effectuée avec une intention de piggul. Mais si les deux intentions ont eu lieu au cours de deux rites sacrificiels différents, alors la question de savoir s’il s’agit de piggul ou simplement d’une offrande disqualifiée fait l’objet du différend entre Rabbi Yehuda et les Sages. Pourtant, l’offrande ne peut être établie comme piggul qu’après l’aspersion.
אִי הָכִי, גַּבֵּי תוֹדָה נָמֵי, עַד דְּזָרֵיק!
La Guemara soulève une difficulté : Mais si tel est le cas, en ce qui concerne une offrande de remerciement, où il est dit que si le prêtre l’a abattue avec l’intention d’en consommer ou de brûler les portions consommées sur l’autel au-delà du temps qui lui est imparti, alors les pains sont sanctifiés (voir 3b), l’intention au seul moment de l’abattage ne devrait pas non plus rendre l’offrande piggulavant que le sang ne soit aspergé. Puisque la michna fait apparemment référence à un cas ordinaire de piggul, elle doit parler d’une situation où l’aspersion aussi a été effectuée avec l’intention de piggul, comme Ilfa a expliqué la michna dans Zevaḥim 29b. Si tel est le cas, selon Rav Giddel, qui soutient que l’abattage avec l’intention de piggul ne fait pas entrer les offrandes de moindre sainteté dans le statut d’être soumises aux halakhot de l’usage impropre, comment les pains pourraient-ils être considérés comme sanctifiés ?
מַאי ״קָדַשׁ״ – לִיפָּסֵל, דְּבָעֵי שְׂרֵיפָה.
La Guemara explique : Que veut dire la michna lorsqu’elle dit que les pains sont considérés comme sanctifiés ? Cela ne signifie pas qu’ils sont sanctifiés au sens où ils sont soumis aux halakhot du mauvais usage. Cela signifie plutôt qu’ils sont sanctifiés au point d’avoir la possibilité d’être disqualifiés, au point qu’ils nécessitent d’être brûlés ensuite.
לֵימָא מְסַיַּיע לֵיהּ: הַפִּיגּוּל לְעוֹלָם מוֹעֲלִין בּוֹ. לָאו אַף עַל גַּב דְּאִיזְּרִיק דָּם, וּמְסַיַּיע לֵיהּ!
La Guemara suggère : Disons que la baraita suivante appuie l’opinion de Rav Giddel : En ce qui concerne une offrande qui est piggul, celui qui tire profit d’elle est toujours passible de détournement de propriété consacrée. Cela ne signifie-t-il pas que la viande d’une offrande du degré de sainteté le plus élevé est soumise aux halakhot de détournement même si son sang a été aspergé avec l’intention d’en manger ou de brûler les portions consumées sur l’autel au-delà du temps qui lui est imparti ? Et, si tel est le cas, cela appuie l’opinion de Rav Giddel.
לָא, דְּלֹא זָרַק הַדָּם. אִי דְּלֹא זָרַק הַדָּם, מַאי לְמֵימְרָא?
La Guemara rejette cette suggestion : Non, on ne peut pas citer une preuve à partir de cette baraita, car il est possible que la baraita fasse référence à un cas le prêtre n’a pas encore aspergé le sang, et c’est pourquoi l’offrande est soumise aux halakhot de l’usage abusif. Mais une fois que le sang a été aspergé avec une intention impropre, l’offrande n’est plus soumise aux halakhot de l’usage abusif. La Guemara demande : Si la baraita traite d’un cas le prêtre n’a pas encore aspergé le sang, quel est l’intérêt de le préciser ? Certes, avant que son sang ne soit aspergé, l’offrande est incluse dans la catégorie des « objets sacrés du Seigneur » et est soumise aux halakhot de l’usage abusif.
אֶלָּא: לְעוֹלָם דְּזָרֵיק, וְכִי תַּנְיָא הָהִיא, בְּעוֹלָה. אִי בְּעוֹלָה, פְּשִׁיטָא, דְּגָבוֹהַּ הִיא כּוּלַּהּ.
La Guemara propose une autre raison de rejeter la suggestion : Au contraire, la baraita se réfère en réalité à un cas le sang a été aspergé. Mais, malgré cela, elle ne soutient pas l’opinion de Rav Giddel, car lorsque cette baraita est enseignée, elle se réfère à un holocauste. Un holocauste est toujours soumis aux halakhot de l’usage abusif même après l’aspersion de son sang, car il n’est jamais permis aux prêtres d’en consommer. La Guemara soulève une difficulté : Si la règle de la baraita est énoncée au sujet d’un holocauste, alors il est évident qu’il reste soumis aux halakhot de l’usage abusif, puisqu’il appartient entièrement au Très-Haut, c’est-à-dire que l’offrande entière est brûlée sur l’autel et qu’aucune partie n’en est consommée par les propriétaires ou les prêtres.

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