וְהָלַךְ וְהֵבִיא לוֹ בִּשְׁלֹשָׁה חָלוּק וּבִשְׁלֹשָׁה טַלִּית – שְׁנֵיהֶם מָעֲלוּ. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בַּעַל הַבַּיִת לֹא מָעַל, שֶׁהוּא אוֹמֵר לוֹ: חָלוּק גָּדוֹל הָיִיתִי מְבַקֵּשׁ, וְהֵבֵאתָ לִי קָטָן וְרַע.
et l’agent alla et lui apporta une tunique pour troissela et un manteau pour troissela, tous deux sont responsables d’un usage abusif. Le propriétaire est responsable, car son mandat a été exécuté par l’achat de la tunique pour trois sela, et l’agent est responsable, car il s’est écarté des instructions du propriétaire en achetant le manteau. Rabbi Yehouda dit : Le propriétaire n’est pas responsable d’un usage abusif, car il peut dire à l’agent : Je cherchais une grande tunique valant un dinar d’or, et tu m’as apporté une petite tunique inférieure valant trois sela, c’est-à-dire douze dinars d’argent.
גְּמָ׳ שָׁמְעַתְּ מִינַּהּ, מַאן דְּאָמַר לִשְׁלוּחוֹ: ״זִיל זְבֵן לִי כּוֹרָא דְאַרְעָא״, וַאֲזַל וּזְבַן לֵיהּ לִיתְכָּא – קָנֵי לוֹקֵחַ!
GUEMARA : La Guemara note : On peut apprendre de la michna la résolution d’un dilemme non résolu dans le traité Ketubot (98b), à savoir que dans le cas de quelqu’un qui a dit à son mandataire : Va et vends en mon nom un kor de terre, et il est allé et lui en a vendu un demi-kor, l’acheteur acquiert le demi-kor de terre qu’il a acheté. Bien que le mandataire n’ait pas entièrement exécuté sa mission, la partie qu’il a accomplie est valide.
אָמְרִי: הָכָא הֵיכִי דָּמֵי – כְּגוֹן דְּאַיְיתִי לֵיהּ שָׁוֶה שֵׁשׁ בְּשָׁלֹשׁ.
Certains Sages disent qu’on ne peut pas déduire cette résolution de la michna. Quelles sont les circonstances de la michna ici ? Il s’agit d’un cas où l’agent lui a apporté une robe d’une valeur de sixsela, c’est-à-dire la valeur du dinar d’or que le propriétaire lui a donné, qu’il a acquise pour troissela. Si tel est le cas, le propriétaire a reçu exactement ce qu’il voulait et l’agent ne s’est pas écarté de sa mission, sauf qu’il a aussi acheté un manteau sans avoir reçu instruction de le faire. Cela diffère du cas d’un agent qui vend un demi-kor de terre.
אֵימָא סֵיפָא: רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בַּעַל הַבַּיִת לֹא מָעַל, שֶׁהוּא יָכוֹל לוֹמַר לוֹ: ״חָלוּק גָּדוֹל הָיִיתִי מְבַקֵּשׁ, וְהֵבֵאתָ לִי חָלוּק קָטָן וְרַע״!
La Guemara soulève une difficulté : si tel est le cas de la michna, dis la clause finale : Rabbi Yehouda dit : Le propriétaire n’est pas responsable d’usage abusif, car il peut dire à l’agent : Je cherchais une grande robe valant un dinar d’or, et tu m’as apporté une petite robe inférieure valant trois sela. Il ressort clairement de la michna que le propriétaire n’a pas reçu exactement ce qu’il voulait, mais plutôt une robe inférieure.
דְּאָמַר לֵיהּ: אִי יָהֲבַתְּ דִּינָר כּוּלֵּיהּ, אַיְיתֵית לִי שָׁוֶה שְׁנֵי דִינָרִין.
La Guemara explique que Rabbi Yehouda veut dire que le propriétaire aurait pu dire à l’agent : Puisque tu es tombé sur un marchand qui a réduit ses prix à ce point, si tu avais donné le dinar entier comme je l’ai demandé, tu aurais pu m’apporter une robe bien plus fine, d’une valeur d’au moins deux dinars.
הָכִי נָמֵי מִסְתַּבְּרָא, דְּקָתָנֵי סֵיפָא: מוֹדֶה רַבִּי יְהוּדָה בְּקִטְנִית שֶׁשְּׁנֵיהֶם מָעֲלוּ, שֶׁהַקִּטְנִית בִּפְרוּטָה וְקִטְנִית בְּדִינָר.
La Guemara ajoute : Cela aussi est logique, que c’est l’interprétation correcte de la michna, comme elle l’enseigne dans la clause finale, c’est-à-dire que cela est enseigné dans la Tosefta (2:4) : Rabbi Yehouda concède dans un cas où l’agent n’a acheté qu’une partie des légumineuses que celui qui l’a mandaté lui avait demandées, que tous deux sont passibles de l’usage abusif d’un bien consacré. La raison de cette décision est que une petite quantité de légumineuses est toujours vendue pour une perouta et une plus grande quantité de légumineuses est invariablement vendue pour un dinar. On peut déduire de la déclaration de Rabbi Yehouda que, dans le cas d’un autre article, par exemple une robe, acheter une robe de qualité supérieure à un prix plus élevé apporterait un bénéfice supplémentaire au propriétaire.
הֵיכִי דָמֵי? אִי בְּאַתְרָא דְּזָבְנִי בְּשׁוּמָא – גַּבֵּי קִטְנִית נָמֵי, דְּיָהֵב סֶלַע מוֹזְלִי לֵיהּ טְפֵי! אָמַר רַב פָּפָּא: בְּדוּכְתָּא דִּמְזַבְּנִי בְּכַנֵּי כַּנֵּי, כַּנָּא כַּנָּא בִּפְרוּטָה, דְּהָתָם פְּסִיק מִילְּתַיְיהוּ.
La Guemara analyse la baraita : Quelles sont les circonstances ? Si cela fait référence à une ville où l’on vend des légumineuses selon une estimation de la valeur d’un article, alors concernant ces légumineuses également, l’achat d’une plus grande quantité devrait réduire le prix, ce qui signifierait que si quelqu’un donnait un sela, le prix des légumineuses deviendrait moins cher. Rav Pappa a dit : La Tosefta fait référence à une ville où l’on vend et où l’on fixe le prix par récipients, et chaque récipient a le même prix : Chaque récipient sans exception est vendu pour une peruta. La signification de cela est que là, la chose est fixe, c’est-à-dire que chaque récipient de légumineuses est vendu au même prix, quelle que soit la quantité de légumineuses achetée ; il n’y a pas de réduction pour un achat en gros.
מַתְנִי׳ הַמַּפְקִיד מָעוֹת אֵצֶל שׁוּלְחָנִי, אִם צְרוּרִין – לֹא יִשְׁתַּמֵּשׁ בָּהֶן. לְפִיכָךְ, אִם הוֹצִיא – מָעַל. אִם מוּתָּרִין – יִשְׁתַּמֵּשׁ בָּהֶן. לְפִיכָךְ, אִם הוֹצִיא – לֹא מָעַל. אֵצֶל בַּעַל הַבַּיִת – בֵּין כָּךְ וּבֵין כָּךְ לֹא יִשְׁתַּמֵּשׁ בָּהֶן. לְפִיכָךְ, אִם הוֹצִיא – מָעַל. הַחֶנְווֹנִי – כְּבַעַל הַבַּיִת, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כְּשׁוּלְחָנִי.
MICHNA : En ce qui concerne celui qui dépose de l’argent consacré chez un changeur, si l’argent est lié, le changeur ne peut pas l’utiliser. Par conséquent, si le changeur a dépensé l’argent, il est responsable de son usage abusif. Si l’argent n’est pas lié, il peut l’utiliser, et par conséquent, si le changeur a dépensé l’argent, il n’est pas responsable de son usage abusif. En revanche, si quelqu’un a déposé de l’argent chez un propriétaire, que l’argent soit lié ou qu’il ne le soit pas, celui chez qui il a été déposé ne peut pas l’utiliser, et par conséquent, s’il a dépensé l’argent, il est responsable d’usage abusif. À cet égard, le statut halakhique d’un commerçant est comme celui d’un propriétaire ; telle est la déclaration de Rabbi Meir. Rabbi Yehouda dit : le statut halakhique d’un commerçant est comme celui d’un changeur.
נָפְלָה פְּרוּטָה שֶׁל הֶקְדֵּשׁ בְּתוֹךְ כִּיסוֹ, אוֹ שֶׁאָמַר ״פְּרוּטָה בְּכִיס זֶה הֶקְדֵּשׁ״, כֵּיוָן שֶׁהוֹצִיא אֶת הָרִאשׁוֹנָה – מָעַל, דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: עַד שֶׁיּוֹצִיא אֶת כָּל הַכִּיס.
Si une peruta consacrée est tombée dans la bourse de quelqu’un, dans laquelle il y avait des perutot non consacrées, ou dans un cas où quelqu’un a dit : Une peruta dans cette bourse est consacrée, dès qu’il a dépensé la première peruta de la bourse à des fins profanes, il est passible pour sa mauvaise utilisation. Telle est l’opinion de Rabbi Akiva. Et les Sages disent : Il n’est pas passible pour mauvaise utilisation tant qu’il n’a pas dépensé toutes les perutot de toute la bourse, car ce n’est qu’alors qu’il est certain qu’il a dépensé la peruta consacrée.
וּמוֹדֶה רַבִּי עֲקִיבָא לַחֲכָמִים בְּאוֹמֵר ״פְּרוּטָה מִן כִּיס זֶה הֶקְדֵּשׁ״, שֶׁהוּא מוֹצִיא וְהוֹלֵךְ עַד שֶׁיּוֹצִיא אֶת כָּל הַכִּיס.
Et Rabbi Akiva concède aux Sages dans un cas où quelqu’un dit : Une perouta parmi les pièces de cette bourse est consacrée, qu’il peut continuer à dépenser les peroutot de la bourse à des fins profanes, et n’est passible d’usage abusif que lorsqu’il dépense toutes les peroutot de toute la bourse. Sa formulation indique que son intention était que la dernière perouta restant dans la bourse soit consacrée, et par conséquent on n’est passible d’usage abusif que lorsqu’on dépense cette perouta.
גְּמָ׳ כִּי אֲתָא רַב דִּימִי, אֲמַר: רָמֵי לֵיהּ רֵישׁ לָקִישׁ לְרַבִּי יוֹחָנָן: מַאי שְׁנָא רֵישָׁא וּמַאי שְׁנָא סֵיפָא?
GUEMARA : La michna enseigne que Rabbi Akiva concède aux Sages dans un cas où quelqu’un dit : Une perouta parmi les pièces de cette bourse est consacrée, qu’il peut continuer à dépenser les peroutot de la bourse à des fins non sacrées et qu’il n’est passible d’un usage fautif qu’une fois qu’il a dépensé toutes les peroutot de toute la bourse. À propos de ce cas, la Guemara rapporte que, lorsque Rav Dimi vint d’Eretz Israël en Babylonie, il dit que Reish Lakish souleva une contradiction à Rabbi Yoḥanan : Qu’est-ce qui est différent dans la première clause, qui traite d’une situation où quelqu’un dit : Une perouta dans cette bourse est consacrée, auquel cas Rabbi Akiva est en désaccord avec les Sages, et qu’est-ce qui est différent dans la dernière clause, où il est d’accord avec eux ?
אֲמַר לֵיהּ: סֵיפָא בְּאוֹמֵר ״לֹא יִפָּטֵור כִּיס זֶה מִן הַהֶקְדֵּשׁ״.
Rabbi Yoḥanan dit à Reish Lakish : La clause finale de la michna fait référence à un cas où quelqu’un a dit : Cette bourse ne sera pas exemptée de consécration. En d’autres termes, son intention était de ne pas dépenser toutes les perutot de la bourse sans en consacrer une au Temple. Par conséquent, il n’est responsable d’un usage abusif que lorsqu’il utilise la dernière pièce de la bourse à des fins non sacrées et n’en laisse aucune à consacrer.
כִּי אֲתָא רָבִין אֲמַר: כִּיסִין אַשְּׁווֹרִים רְמָא לֵיהּ, דִּתְנַן: הָאוֹמֵר ״אֶחָד מִשְּׁווֹרַיי הֶקְדֵּשׁ״ – הָיוּ לוֹ שְׁנַיִם, הַגָּדוֹל שֶׁבָּהֶן הֶקְדֵּשׁ! אֲמַר לֵיהּ: סֵיפָא בְּאוֹמֵר ״לֹא יִפָּטֵור כִּיס זֶה מִן הַהֶקְדֵּשׁ״.
La Guemara rapporte en outre que lorsque Ravin arriva d’Eretz Yisrael en Babylonie, il dit que Reish Lakish souleva une contradiction à Rabbi Yoḥanan entre la michna ici, qui traite des bourses, et une autre michna, qui traite des taureaux. Comme nous l’avons appris dans une michna (Menaḥot 108b) : En ce qui concerne quelqu’un qui dit : L’un de mes taureaux est consacré, s’il en avait deux, alors le plus grand d’entre eux est consacré. La raison en est qu’on présume qu’une personne consacre généreusement, et qu’elle aurait donc eu à l’esprit le plus grand des deux taureaux. Si tel est le cas, dans le cas des bourses, pourquoi la michna ne statue-t-elle pas que son intention portait sur la meilleure, c’est-à-dire la moins usée, des perutot ? Rabbi Yoḥanan lui dit : La dernière clause de la michna fait référence à un cas où quelqu’un a dit : Cette bourse ne sera pas exemptée de consécration. En d’autres termes, il n’avait pas à l’esprit la meilleure des perutot, mais la dernière des pièces.