Rav Pappa a dit encore une autre version de la question de Reish Lakish. Il a soulevé une contradiction entre la michna ici concernant des bourses et une autre michna se référant à une mesure de log. Comme nous l’avons appris dans une michna (Demai 7:4) : Dans le cas de quelqu’un qui achète du vin parmi les Samaritains [Kutim] et qu’il y a lieu de soupçonner que la terouma et les dîmes n’ont pas été prélevées, et qu’il ne peut pas les prélever avant le début du Chabbat, que doit-il faire ?
La michna explique qu’il procède de la manière suivante. Si, par exemple, il y a cent log de vin dans les tonneaux, il dit : Deux log que je séparerai plus tard sont la terouma, car la mesure moyenne établie de la terouma est d’un cinquantième ; dixlog sont la première dîme ; et un dixième du reste, soit neuflog, sont la seconde dîme. Et il désacralise la seconde dîme qu’il séparera plus tard, en transférant sa sainteté à de l’argent, et il peut boire le vin du tonneau immédiatement, en s’appuyant sur la séparation qu’il effectuera plus tard. Telle est la déclaration de Rabbi Meïr.
Rabbi Yehouda, Rabbi Yossei et Rabbi Chimon interdisent de faire cela. Ces trois Sages rejettent le principe de désignation rétroactive, sur lequel repose cette méthode, car au moment de la déclaration, l’identité des portions particulières de vin qui seront la terouma et les dîmes est inconnue. Même selon Rabbi Meïr, on ne peut se fier à la désignation rétroactive que dans un cas où il dit : Ce que je séparerai à l’avenir. Dans le cas de la michna ici, chaque perouta pourrait être celle qui est consacrée, et on ne peut pas se fier à la dernière. Rabbi Yoḥanan lui dit : La dernière clause de la michna traite d’une situation où quelqu’un a dit : Cette bourse ne sera pas exemptée de consécration, auquel cas on comprend qu’il fait référence à la dernière perouta restée dans la bourse.