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אֲמַר לֵיהּ: כִּי קָא מַקֵּישׁ רַחֲמָנָא – לְבַל תְּשַׁקְּצוּ, אֲבָל לְשִׁיעוּרִין – לָא.
Rava dit à Rav Adda bar Ahava : Lorsque le Miséricordieux juxtapose les animaux casher et non casher aux animaux rampants, cela fait référence à l’interdiction : « Vous ne rendrez pas vos âmes détestables » (Lévitique 20:25), enseignant qu’ils sont tous inclus dans cette interdiction. Mais en ce qui concerne les mesures, la Torah ne juxtapose pas ces animaux aux animaux rampants. Pour cette raison, il n’y a pas de différence entre la mesure d’impureté des carcasses d’animaux casher et non casher.
מַתְנִי׳ דַּם הַשֶּׁרֶץ וְהַבָּשָׂר – מִצְטָרְפִין זֶה עִם זֶה. כְּלָל אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: כֹּל שֶׁטּוּמְאָתוֹ וְשִׁיעוּרוֹ שָׁוִין – מִצְטָרְפִין.
MICHNA :Le sang de l’un des huit animaux rampants énumérés dans la Torah et leur chair s’associent pour constituer la mesure du volume d’une lentille afin de transmettre l’impureté. Rabbi Yehoshoua a énoncé un principe : En ce qui concerne tous les éléments dont l’impureté, en termes de degré et de durée, et la mesure pour transmettre l’impureté, sont égales, par exemple, deux moitiés du volume d’une olive provenant de deux cadavres ou de deux carcasses animales, ou deux moitiés du volume d’une lentille provenant de deux animaux rampants, ils s’associent pour constituer la mesure requise.
טוּמְאָתוֹ וְלֹא שִׁיעוּרוֹ, שִׁיעוּרוֹ וְלֹא טוּמְאָתוֹ, לֹא טוּמְאָתוֹ [וְלֹא] שִׁיעוּרוֹ – אֵין מִצְטָרְפִין.
Rabbi Yehoshua poursuivit : En revanche, en ce qui concerne des éléments dont l’impureté est égale mais dont la mesure n’est pas égale, par exemple un animal rampant et la carcasse d’un animal, chacun desquels rend impur jusqu’au soir, mais la mesure d’un animal rampant est de la taille d’une lentille, tandis que celle de la carcasse d’un animal est de la taille d’une olive ; ou des éléments dont la mesure est égale mais dont l’impureté n’est pas égale, par exemple un cadavre et la carcasse d’un animal, à l’égard desquels la mesure de chacun est de la taille d’une olive, mais la durée de l’impureté transmise par un cadavre est d’une semaine et la durée de l’impureté transmise par la carcasse d’un animal est jusqu’au soir ; ou des éléments qui ne sont égaux ni en termes de leur impureté ni en termes de leur mesure, ils ne s’associent pas pour constituer la mesure requise.
גְּמָ׳ אָמַר רַב חָנִין אָמַר רַב זְעֵירָא,
GUEMARA : La michna enseigne que le sang de l’un des huit animaux rampants énumérés dans la Torah et la chair de ces animaux s’unissent pour constituer la mesure du volume d’une lentille requise pour transmettre l’impureté. Rav Ḥanin dit que Rav Zeira dit : Le sang et la chair ne s’unissent que si le sang provient du même animal que la chair, mais non s’il provient d’un animal différent.
וְכֵן אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בַּר רַבִּי חֲנִינָא: ״הַטְּמֵאִין״ – מְלַמֵּד שֶׁהֵן מִצְטָרְפִין, וַאֲפִילּוּ שֶׁרֶץ וָשֶׁרֶץ, שֶׁרֶץ וָדָם, בֵּין מִשֵּׁם אֶחָד, בֵּין מִשְּׁנֵי שֵׁמוֹת!
De même, Rabbi Yosei bar Rabbi Ḥanina dit, en rejet de la déclaration de Rav Zeira : Il est enseigné dans une baraita : Le verset déclare : « Ce sont les impurs [hateme’in] pour vous parmi tout ce qui rampe ; quiconque les touche lorsqu’ils sont morts sera impur jusqu’au soir » (Lévitique 11:31). Cette forme plurielle de “hateme’inenseigne qu’ils s’associent pour transmettre l’impureté rituelle. Et cela s’applique même à la chair d’un animal rampant et à la chair d’un autre animal rampant, ou à la chair d’un animal rampant et au sang d’un autre animal rampant, qu’ils soient d’une seule catégorie, c’est-à-dire d’un seul type d’animal rampant, ou de deux catégories d’animal rampant.
אָמַר רַב יוֹסֵף: לָא קַשְׁיָא, כָּאן – בְּכוּלּוֹ. כָּאן – בְּמִקְצָתוֹ.
Rav Yosef dit : Ce n’est pas difficile. Ici, la baraita fait référence à un cas où la demi-mesure de chair et la demi-mesure de sang proviennent toutes deux d’un animal entier, et par conséquent les deux demi-mesures se combinent, en raison de l’importance d’un animal entier. Là-bas, dans la déclaration de Rav Zeira, il parle d’un cas où la demi-mesure de chair et la demi-mesure de sang proviennent chacune d’une partie d’animal.
וּמְנָא תֵּימְרָא? מִדְּתַנְיָא: נִשְׁפַּךְ עַל הָרִצְפָּה וְהָיָה מְקוֹמָהּ קָטַפְרֵס, אִיהֵל עַל מִקְצָתוֹ – טָהוֹר, אִיהֵל עַל כּוּלּוֹ – טָמֵא.
Et d'où dis-tu qu'il existe une distinction entre un cas où la chair et le sang proviennent d'un animal entier et un cas où ils proviennent d'une partie d'un animal ? De ce qui est enseigné dans une baraita : Dans un cas où un quart de log de sang provenant d'un cadavre a été répandu sur le sol, et l'endroit était en pente [ketafres], de sorte que le sang s'écoulait vers le bas, et quelqu'un s'est penché au-dessus de lui de sorte qu'il en couvrit une partie, il demeure rituellement pur. S'il le couvrit entièrement, il devient impur.
מַאי ״מִקְצָתוֹ״? אִילֵּימָא מִקְצָת דָּם, וְהָא אָמַר רַבִּי חֲנִינָא אָמַר רַבִּי: רְבִיעִית דָּם שֶׁהֵגִיס בָּהּ – טְהוֹרָה!
La Guemara clarifie la halakha : Que signifie l’expression : Une partie de cela, dans ce contexte ? Si nous disons qu’elle fait référence à une partie de ce quart de log de sang, alors que s’il s’agit d’un quart de log complet, il est impur, cela est difficile : Mais Rabbi Ḥanina ne dit-il pas que Rabbi Yehouda HaNassi dit : S’il y avait exactement un quart de log de sang dans un récipient que l’on a remué sans toucher le sang, il reste pur, malgré le fait que son corps a nécessairement fait ombre au-dessus de tout le sang à ce moment-là, et aurait donc eu le statut d’une tente au-dessus de lui. La raison est qu’une partie du sang a dû être absorbée dans la cuillère avec laquelle il a remué, et par conséquent il ne reste plus un quart de log entier et continu. Cela montre que le quart de log entier doit être réuni, comme une seule unité, afin de transmettre l’impureté.
אֶלָּא לָאו שְׁמַע מִינַּהּ: כָּאן – בְּכוּלּוֹ, כָּאן – בְּמִקְצָתוֹ? שְׁמַע מִינַּהּ.
Ne faut-il pas plutôt conclure de cette baraita qu’il existe une distinction entre un cas où le sang provient d’un cadavre entier et un cas où il provient d’une partie d’un cadavre ? En d’autres termes, si le sang provient d’un seul corps, il n’a pas besoin d’être réuni comme une seule unité, tandis que s’il provient de plus d’un corps, il doit être entièrement réuni, comme dans le cas mentionné par Rabbi Yehuda HaNasi. De même, en ce qui concerne les déclarations de Rav Zeira et la baraita, ici la baraita fait référence à une situation où la demi-mesure de chair et la demi-mesure de sang proviennent d’un animal entier, et en raison de l’importance d’un animal entier les deux demi-mesures se combinent. Là-bas, Rav Zeira fait référence à un cas où la demi-mesure de chair et la demi-mesure de sang proviennent d’une partie de l’animal. La Guemara note qu’il faut effectivement conclure de cela que telle est la distinction correcte.
שָׁאַל רַבִּי מַתְיָא בֶּן חָרָשׁ אֶת רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַאי בָּעִיר רוֹמִי: מִנַּיִן לְדַם שְׁרָצִים שֶׁהוּא טָמֵא? אֲמַר לֵיהּ: דְּאָמַר קְרָא: ״וְזֶה לָכֶם הַטָּמֵא״.
§ La Guemara rapporte que Rabbi Matya ben Ḥarash demanda à Rabbi Shimon ben Yoḥai dans la ville de Rome : D’où est-il déduit concernant le sang des animaux rampants qu’il est impur ? Rabbi Shimon ben Yoḥai lui dit : Cela est déduit du fait que le verset déclare : « Et ce sont ceux qui sont impurs pour vous parmi les animaux rampants » (Lévitique 11:29). Puisqu’une expression similaire apparaît déjà dans Lévitique 11:31, on en déduit d’ici que le sang des animaux rampants est impur.
אָמְרוּ לוֹ תַּלְמִידָיו: חֲכֵים לֵיהּ בֶּן יוֹחַאי. אָמַר לָהֶם: תַּלְמוּד עָרוּךְ בְּפִיו שֶׁל רַבִּי אֶלְעָזָר בַּר רַבִּי יוֹסֵי. שֶׁפַּעַם אַחַת גָּזְרָה הַמַּלְכוּת גְּזֵרָה שֶׁלֹּא יִשְׁמְרוּ אֶת הַשַּׁבָּת, וְשֶׁלֹּא יָמוּלוּ אֶת בְּנֵיהֶם, וְשֶׁיִּבְעֲלוּ אֶת נִדּוֹת.
Les élèves de Rabbi Matya ben Ḥarash lui dirent avec étonnement : Comme il est sage, Rabbi Shimon ben Yoḥai ! Rabbi Matya ben Ḥarash leur dit : Cette source n’est pas de lui, car c’est une tradition établie dans la bouche de Rabbi Elazar bar Rabbi Yosei, et Rabbi Shimon ben Yoḥai l’a apprise de lui. Rabbi Matya ben Ḥarash donna le contexte de cette affirmation. Car, à une occasion, la monarchie païenne publia un décret selon lequel le peuple juif ne peut pas observer le Shabbat, ne peut pas circoncire ses fils, et doit avoir des rapports sexuels avec leurs épouses lorsqu’elles sont menstruées.
הָלַךְ רַבִּי רְאוּבֵן בֶּן אִיסְטְרוֹבָּלִי, וְסִיפֵּר קוֹמֵי, וְהָלַךְ וְיָשַׁב עִמָּהֶם. אָמַר לָהֶם: מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ אוֹיֵב, יַעֲנִי אוֹ יַעֲשִׁיר? אָמְרוּ לוֹ: יַעֲנִי. אָמַר לָהֶם: אִם כֵּן, לֹא יַעֲשׂוּ מְלָאכָה בַּשַּׁבָּת, כְּדֵי שֶׁיַּעֲנוּ! אָמְרוּ: טָבֵית אָמַר, לִיבְטַל, וּבִטְּלוּהָ.
Rabbi Reuven ben Isterobeli alla se faire couper les cheveux en coiffure komei, qui n’était courante que parmi les gentils, et il alla s’asseoir avec les gentils lorsqu’ils discutaient de ces trois décrets. Il leur dit : Celui qui a un ennemi, veut-il que son ennemi devienne pauvre ou devienne riche ? Ils lui dirent : Il veut que son ennemi devienne pauvre. Rabbi Reuven ben Isterobeli leur dit : Si c’est le cas, concernant aussi le peuple juif, n’est-il pas préférable qu’ils ne fassent pas de travail pendant le Shabbat afin de devenir pauvres ? Les gentils dirent : C’est un argument bon qu’il a avancé ; annulons notre décret. Et ils l’annulèrent effectivement.
חָזַר וְאָמַר לָהֶם: מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ אוֹיֵב, יַכְחִישׁ אוֹ יַבְרִיא? אָמְרוּ לוֹ: יַכְחִישׁ. אָמַר לָהֶם: אִם כֵּן, יָמוּלוּ בְּנֵיהֶם לִשְׁמוֹנָה יָמִים וְיַכְחִישׁוּ. אָמְרוּ: טָבֵית אָמַר, וּבִטְּלוּהָ.
De nouveau le rabbin Reuven ben Isterobeli leur parla et dit : Quelqu’un qui a un ennemi, veut-il que son ennemi s’affaiblisse ou devienne en bonne santé ? Ils lui dirent : Il veut que son ennemi s’affaiblisse. Le rabbin Reuven ben Isterobeli leur dit : Si c’est le cas, en ce qui concerne aussi le peuple juif, n’est-il pas préférable qu’ils circoncisent leurs fils après huit jours et qu’ainsi ils les fassent s’affaiblir ? Les gentils dirent : C’est un bon argument qu’il a avancé, et ils annulèrent leur décret.
חָזַר וְאָמַר לָהֶם: מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ אוֹיֵב, יִרְבֶּה אוֹ יִתְמַעֵט? אָמְרוּ לוֹ: יִתְמַעֵט. אִם כֵּן, לֹא יִבְעֲלוּ נִדּוֹת. אָמְרוּ: טָבֵית אָמַר, וּבִטְּלוּהָ.
Une fois encore, le rabbin Reuven ben Isterobeli leur parla et dit : Celui qui a un ennemi, veut-il que son ennemi se multiplie ou diminue ? Ils lui dirent : Il veut que son ennemi diminue. Le rabbin Reuven ben Isterobeli leur dit : Si tel est le cas, concernant également le peuple juif, n’est-il pas préférable qu’ils n’aient pas de relations sexuelles avec leurs femmes lorsqu’elles sont menstruées ? Les gentils dirent : C’est un argument bon qu’il a avancé, et ils annulèrent leur décret.
הִכִּירוּ בּוֹ שֶׁהוּא יְהוּדִי, הֶחֱזִירוּם. אָמְרוּ: מִי יֵלֵךְ וִיבַטֵּל הַגְּזֵרוֹת?
Peu de temps après, ils reconnurent que le rabbin Reuven ben Isterobeli était juif, et ils comprirent qu’il les avait trompés au profit du peuple juif. Ils se levèrent donc et rétablirent tous leurs décrets. Alors les Sages dirent : Qui ira annuler ces décrets ?

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