מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן, דִּכְתִיב בֵּיהּ: ״וְשָׂמוֹ אֵצֶל הַמִּזְבֵּחַ״. מִזְבֵּחַ הַפְּנִימִי מְנָלַן?
que les cendres de l’autel extérieur sont sujettes à un usage impropre, comme il est écrit au sujet de ces cendres : « Et il le déposera à côté de l’autel » (Lévitique 6:3). Cela enseigne que ces cendres doivent être enterrées, malgré le fait que leur mitzva a déjà été accomplie par leur enlèvement, et qu’elles sont donc sujettes à un usage impropre. Mais d’où déduisons-nous que les cendres de l’autel intérieur sont elles aussi sujettes à un usage impropre ?
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: דְּאָמַר קְרָא: ״וְהֵסִיר אֶת מֻרְאָתוֹ בְּנֹצָתָהּ״ – אִם אֵינוֹ עִנְיָן לְמִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן, תְּנֵהוּ עִנְיָן לְמִזְבֵּחַ הַפְּנִימִי.
Rabbi Elazar dit en réponse : Cela est déduit du fait que le verset déclare au sujet d’un oiseau sacrifié en holocauste : « Il ôtera son jabot avec ses plumes, et le jettera à côté de l’autel, du côté est, à l’endroit des cendres » (Lévitique 1:16), en référence à l’endroit où déposer les cendres retirées. Si ce verset n’est pas nécessaire pour la question de l’autel extérieur, puisque cette halakha est déjà déduite de l’expression : « Et il les déposera à côté de l’autel » (Lévitique 6:3), applique-le à la question des cendres de l’autel intérieur, enseignant que ces cendres doivent elles aussi y être déposées.
אֵימָא: אִידֵּי וְאִידֵּי בְּמִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן, וְלִקְבּוֹעַ לוֹ מָקוֹם!
La Guemara remet en question cette conclusion : On peut dire que ceci et cela, c’est-à-dire les deux versets cités ci-dessus, sont dits au sujet de les cendres qui se trouvent sur l’autel extérieur, et le verset supplémentaire est nécessaire pour fixer son emplacement, c’est-à-dire qu’il doit être placé du côté est, ce qui n’est mentionné qu’en Lévitique 1:16. Si tel est le cas, il n’y a pas de source pour l’emplacement des cendres de l’autel intérieur.
אִם כֵּן, לֵימָא קְרָא: ״אֵצֶל הַמִּזְבֵּחַ״. מַאי ״הַדָּשֶׁן״? דַּאֲפִילּוּ מִזְבֵּחַ הַפְּנִימִי.
La Guemara répond : Si tel est le cas, que les deux versets se réfèrent à l’autel extérieur, et que le seul but de Lévitique 1:16 est d’en fixer l’emplacement, que ce verset se contente de dire : « Il enlèvera son jabot avec ses plumes et le jettera à côté de l’autel », et l’on comprendrait que les deux versets se réfèrent au même endroit, puisque l’expression identique « à côté de l’autel » apparaît dans l’autre verset. Quelle est la raison de l’expression supplémentaire « à l’endroit des cendres” ? Cela enseigne que même les cendres de l’autel intérieur y sont déposées.
מְנוֹרָה מְנָלַן? ״דָּשֶׁן״, ״הַדָּשֶׁן״.
La Guemara demande : D’où déduisons-nous que les cendres du Candélabre sont également déposées à l’est de l’autel ? La Guemara répond : Cela est déduit de l’article défini dans : « les cendres », car le verset aurait pu dire « cendres » et, au lieu de cela, il a dit « les cendres. » Cet ajout sert à inclure les cendres du Candélabre.
מַתְנִי׳ רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר תּוֹרִין שֶׁלֹּא הִגִּיעַ זְמַנָּן – מוֹעֲלִין בָּהֶן, בְּנֵי יוֹנָה שֶׁעָבַר זְמַנָּן – לֹא נֶהֱנִין וְלֹא מוֹעֲלִין בָּהֶן.
MICHNA : La michna précédente enseigne qu’on ne peut pas tirer profit de tourterelles dont le moment d’aptitude au sacrifice n’est pas encore arrivé, ni de pigeonneaux dont le moment d’aptitude au sacrifice est passé, mais celui qui en a tiré profit n’est pas responsable de leur usage fautif. Rabbi Shimon n’est pas d’accord avec cette décision et dit : En ce qui concerne les tourterelles dont le moment d’aptitude au sacrifice n’est pas encore arrivé, on est responsable de leur usage fautif. En ce qui concerne les pigeonneaux dont le moment d’aptitude au sacrifice est passé, on ne peut pas en tirer profit ab initio, mais si quelqu’un en a tiré profit, il n’est pas responsable de leur usage fautif.
גְּמָ׳ בִּשְׁלָמָא רַבִּי שִׁמְעוֹן, כִּדְקָתָנֵי טַעְמָא: שֶׁהָיָה רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר, כׇּל הָרָאוּי לְאַחַר זְמַן, וְהִקְדִּישׁוֹ בְּתוֹךְ זְמַנּוֹ – הֲרֵי הוּא בְּלֹא תַעֲשֶׂה, וְאֵין בּוֹ כָּרֵת.
GUEMARA : Cette michna et la michna précédente indiquent que les Sages et Rabbi Shimon sont en désaccord quant à savoir si des colombes dont le moment d’aptitude au sacrifice n’est pas encore arrivé sont sujettes à un usage abusif. La Guemara clarifie leurs opinions : Certes, on peut comprendre l’opinion de Rabbi Shimon, car il enseigne lui-même sa raison dans une michna (Zevaḥim 112b). Car Rabbi Shimon dirait : Dans le cas de tout animal sacrificiel apte à être sacrifié après l’écoulement du temps, par exemple des colombes qui seront aptes au sacrifice lorsqu’elles arriveront à maturité, si on l’a consacré avant son temps d’aptitude et qu’on l’a abattu hors de la cour du Temple, cette personne est en violation d’une interdiction, mais il n’y a pas de responsabilité d’encourir le karet pour cela.
אֶלָּא רַבָּנַן: מַאי שְׁנָא מִמְּחוּסַּר זְמַן?
Mais, selon l’opinion des Rabbins, qui soutiennent que des colombes dont le moment d’être aptes au sacrifice n’est pas encore arrivé ne sont pas soumises à un usage abusif, en quoi ce cas est-il différent de celui d’un animal dont le moment n’est pas encore arrivé, et qui pourtant peut être consacré ? Un animal dont le moment n’est pas encore arrivé entre dans l’enclos pour être dîmé avec les autres animaux (voir Bekhorot 56a). Pourquoi le cas des jeunes colombes est-il différent ?
אָמְרִי: מְחוּסַּר זְמַן – מִידֵּי דְּהָוֵה אַבַּעַל מוּם, דְּבַר פִּדְיוֹן הוּא. אֲבָל הָנֵי עוֹפוֹת, כֵּיוָן דְּאֵין מוּם פּוֹסֵל בְּעוֹפוֹת – אֵין לָעוֹפוֹת פִּדְיוֹן.
Les rabbins diraient en réponse que les cas ne sont pas comparables. Un animal dont le temps n'est pas encore arrivé peut en effet être consacré, tout comme l'est la halakha concernant un animal blemished, qui peut être consacré, bien que seulement dans la mesure où il est sujet au rachat. Mais dans le cas de ces oiseaux, puisqu'un défaut ne rend pas les oiseaux inaptes, il n'y a pas de possibilité de rachat pour des oiseaux défectueux. Par conséquent, on ne peut pas comparer le cas d'un animal, sujet au rachat, au cas d'un oiseau dont le temps n'est pas encore arrivé.
אָמַר עוּלָּא, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: קָדָשִׁים שֶׁמֵּתוּ, יָצְאוּ מִידֵי מְעִילָה דְּבַר תּוֹרָה.
§ Oulla dit que Rabbi Yoḥanan dit : Les animaux sacrificiels qui sont morts sans avoir été sacrifiés sont exclus des halakhot de mauvaise utilisation selon la loi de la Torah. Cela s’explique par le fait qu’ils ne sont plus aptes à être sacrifiés et ne relèvent donc plus de la catégorie : « Les choses sacrées du Seigneur » (Lévitique 5:15). Ils ne peuvent pas non plus être rachetés, car on ne peut pas racheter des animaux sacrificiels simplement pour les donner à manger aux chiens.
יָתֵיב עוּלָּא וְקָאָמַר לְהָא שְׁמַעְתָּא, אֲמַר לֵיהּ רַב חִסְדָּא: מַאן שָׁמַע לָךְ וּלְרַבִּי יוֹחָנָן רַבָּךְ?! וְכִי קְדוּשָּׁה שֶׁבָּהֶן לְהֵיכָן הָלְכָה?!
La Guemara rapporte que Oulla était assis dans la maison d’étude et il a récité cette halakha au nom de Rabbi Yoḥanan. Rav Ḥisda lui dit : Qui t’écoutera, toi et Rabbi Yoḥanan, ton maître, au sujet de cette opinion, selon laquelle de telles offrandes ne sont pas soumises aux halakhot de l’usage impropre selon la loi de la Torah ? Après tout, où est allée la sainteté qui était inhérente en elles jusqu’à ce qu’elles meurent ?
אֲמַר לֵיהּ: תִּיקְשֵׁי מַתְנִיתִין: ״תּוֹרִין שֶׁלֹּא הִגִּיעַ זְמַנָּן וּבְנֵי יוֹנָה שֶׁעָבַר זְמַנָּן – לֹא נֶהֱנִין וְלֹא מוֹעֲלִין״, הָכָא נָמֵי נֵימָא: קְדוּשָּׁה שֶׁבָּהֶן לְהֵיכָן הָלְכָה?!
Oulla dit à Rav Ḥisda : Selon ton raisonnement, la michna elle-même devrait présenter une difficulté, car elle enseigne : En ce qui concerne les tourterelles dont le temps d’aptitude au sacrifice n’est pas encore arrivé, puisqu’elles sont trop jeunes, et les pigeons dont le temps d’aptitude au sacrifice est passé, puisqu’ils sont trop vieux, on ne peut pas tirer profit d’eux a priori, mais si quelqu’un en a tiré profit, il n’est pas passible pour leur usage fautif. Ici aussi, on peut dire : Où est allée la sainteté qui était inhérente aux pigeons dont le temps d’aptitude au sacrifice est passé ? Pourquoi ne sont-ils plus soumis aux halakhot de l’usage fautif ?
אֲמַר לֵיהּ: מוֹדֵינָא לָךְ דְּאִיכָּא מְעִילָה מִדְּרַבָּנַן. וְקַשְׁיָא לִי: מִי אִיכָּא מִידֵּי דְּמֵעִיקָּרָא לָא אִית בֵּיהּ מְעִילָה, וּלְבַסּוֹף אִית בֵּיהּ מְעִילָה?
Rav Ḥisda dit à Oulla en réponse : Je suis d’accord pour dire que tant les animaux sacrificiels qui sont morts que les pigeons dont le moment d’aptitude au sacrifice est passé ne sont pas soumis aux halakhot de l’usage abusif selon la loi de la Torah. Je te concède aussi que, dans le cas des animaux sacrificiels qui sont morts et des colombes dont le moment d’aptitude au sacrifice n’est pas encore arrivé, il y a une interdiction d’usage abusif des biens consacrés par loi rabbinique. En conséquence, la question de savoir où est passée la sainteté ne me trouble plus. Mais il y a une autre question qui m’est difficile : Existe-t-il quelque chose où, au départ, lorsqu’elle a été consacrée, elle n’est pas soumise aux halakhot de l’usage abusif, et finalement elle est soumise aux halakhot de l’usage abusif par loi rabbinique, comme ces colombes dont le moment d’aptitude au sacrifice n’est pas encore arrivé ?
וְלָא? וְהָא אִיכָּא דָּם, דְּמֵעִיקָּרָא לֵית בַּהּ מְעִילָה, וּלְבַסּוֹף אִית בַּהּ מְעִילָה, דִּתְנַן: דָּם, בַּתְּחִלָּה – אֵין מוֹעֲלִין בּוֹ, יָצָא לְנַחַל קִדְרוֹן – מוֹעֲלִין בּוֹ!
La Guemara demande : Et est-ce vraiment le cas qu’il n’existe aucun exemple d’un objet qui, au départ, n’est pas soumis aux lois de l’usage fautif, et qui, à la fin, est soumis aux lois de l’usage fautif ? Mais il y a le cas du sang, qui au départ n’est pas soumis aux lois de l’usage fautif, et finalement y est soumis. Comme nous l’avons appris dans la michna (11a) : En ce qui concerne le sang, au début, avant qu’il ne soit aspergé sur l’autel, on n’est pas passible pour un usage fautif de celui-ci, mais une fois qu’il sort par le canal qui traverse le Temple vers la vallée du Cédron au pied du mont du Temple, on est passible pour un usage fautif de celui-ci.
אָמְרִי: הָתָם נָמֵי אִיכָּא מְעִילָה מֵעִיקָּרָא,
Les Sages disent en réponse : Ce n’est pas une preuve, car là aussi, dans le cas du sang, il est soumis aux halakhot de mauvais usage dès le départ.