״הַשֵּׁנִית״ וְאִיצְטְרִיךְ לְמִיכְתַּב ״בְּכׇל שָׁנָה וְשָׁנָה״. דְּאִי מִ״בְּכׇל שָׁנָה וְשָׁנָה״ הֲוָה אָמֵינָא כִּי קוּשְׁיַן, קָא מַשְׁמַע לַן ״הַשֵּׁנִית״. וְאִי אַשְׁמוֹעִינַן ״הַשֵּׁנִית״ הֲוָה אָמֵינָא בַּתְּחִילָּה בָּרִאשׁוֹן וּבַשֵּׁנִי, קָא מַשְׁמַע לַן ״בְּכׇל שָׁנָה וְשָׁנָה״.
le terme : Le second, et il était aussi nécessaire d’écrire l’expression : Chaque année et chaque année ; une preuve tirée de l’un des versets aurait été insuffisante. Car, si j’avais dérivé la halakha seulement de l’expression : Chaque année et chaque année, j’aurais dit ma conclusion selon notre question soulevée plus tôt : Pourquoi ne pas célébrer Pourim dans l’Adar adjacent à Chevat ? C’est pourquoi cela nous enseigne au moyen du terme : Le second. Et s’il nous avait enseigné seulement le terme : Le second, j’aurais dit que Pourim doit être célébré à la fois dans le premier Adar et dans le second Adar, a priori. C’est pourquoi cela nous enseigne : Chaque année et chaque année, indiquant que même dans une année embolismique, comme dans une année ordinaire, Pourim ne doit être célébré qu’une seule fois.
וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בְּרַבִּי יוֹסֵי הַאי ״הַשֵּׁנִית״ מַאי עָבֵיד לֵיהּ? מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְרַב שְׁמוּאֵל בַּר יְהוּדָה, דְּאָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר יְהוּדָה: בַּתְּחִילָּה קְבָעוּהָ בְּשׁוּשַׁן, וּלְבַסּוֹף בְּכׇל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ.
La Guemara demande : Et Rabbi Eliezer, fils de Rabbi Yossei, que fait-il de ce terme : Le second ? Puisqu’il soutient que la Meguila est lue au premier Adar, que déduit-il du verset ? La Guemara répond : Il a besoin du terme pour en déduire cette déclaration de Rav Shmuel bar Yehuda, car Rav Shmuel bar Yehuda a dit : Au début, ils ont établi l’observance de Pourim dans la ville de Shushan seulement, et finalement ils l’ont établie dans le monde entier, conformément à la seconde lettre de Pourim.
אָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר יְהוּדָה: שָׁלְחָה לָהֶם אֶסְתֵּר לַחֲכָמִים: קִבְעוּנִי לְדוֹרוֹת! שָׁלְחוּ לָהּ: קִנְאָה אַתְּ מְעוֹרֶרֶת עָלֵינוּ לְבֵין הָאוּמּוֹת. שָׁלְחָה לָהֶם: כְּבָר כְּתוּבָה אֲנִי עַל דִּבְרֵי הַיָּמִים לְמַלְכֵי מָדַי וּפָרָס.
À propos de la déclaration de Rav Shmuel bar Yehuda concernant l’établissement de la fête de Pourim, la Guemara cite une déclaration connexe. Rav Shmuel bar Yehuda a dit : Esther envoya aux Sages : Établissez-moi pour les générations futures. Esther demanda que l’observance de Pourim et la lecture de la Meguila soient instituées comme une ordonnance pour toutes les générations. Ils lui envoyèrent : Tu vas ainsi susciter la colère des nations contre nous, car la Meguila raconte la victoire des Juifs sur les gentils, et il vaut mieux ne pas rendre cette victoire publique. Elle envoya en retour à eux : Je suis déjà inscrite dans les chroniques des rois de Médie et de Perse, et ainsi la Meguila ne rendra public rien qui ne soit pas déjà connu dans le monde entier.
רַב וְרַב חֲנִינָא וְרַבִּי יוֹחָנָן וְרַב חֲבִיבָא מַתְנוּ. בְּכוּלֵּיהּ סֵדֶר מוֹעֵד כָּל כִּי הַאי זוּגָא חַלּוֹפֵי רַבִּי יוֹחָנָן וּמְעַיֵּיל רַבִּי יוֹנָתָן. שָׁלְחָה לָהֶם אֶסְתֵּר לַחֲכָמִים: כִּתְבוּנִי לְדוֹרוֹת. שָׁלְחוּ לָהּ: ״הֲלֹא כָתַבְתִּי לְךָ שָׁלִישִׁים״, שִׁלֵּישִׁים וְלֹא רִבֵּעִים,
Il a été rapporté que Rav, Rabbi Ḥanina, Rabbi Yoḥanan et Rav Ḥaviva ont enseigné l’énoncé cité ci-dessous. La Guemara commente : Tout au long de l’ordre de Moed, partout où cette dernière paire de Sages est mentionnée, remplacez Rabbi Yoḥanan et insérez Rabbi Yonatan à sa place. Ils ont dit : Esther envoya aux Sages : Écrivez-moi pour les générations futures et canonisez mon livre comme faisant partie de la Torah. Ils lui envoyèrent qu’il est écrit : « Ne t’ai-je pas écrit trois fois » (Proverbes 22:20), indiquant que la bataille d’Israël contre Amalek doit être mentionnée trois fois dans la Torah et non quatre fois ? Puisqu’elle est déjà mentionnée trois fois (Exode 17:8–16 ; Deutéronome 25:17–19 ; I Samuel 15), il n’est pas nécessaire d’ajouter une quatrième source.
עַד שֶׁמָּצְאוּ לוֹ מִקְרָא כָּתוּב בַּתּוֹרָה: ״כְּתֹב זֹאת זִכָּרוֹן בַּסֵּפֶר״. ״כְּתֹב זֹאת״ — מַה שֶּׁכָּתוּב כָּאן וּבְמִשְׁנֵה תוֹרָה. ״זִכָּרוֹן״ — מַה שֶּׁכָּתוּב בַּנְּבִיאִים, ״בַּסֵּפֶר״ — מַה שֶּׁכָּתוּב בַּמְּגִלָּה.
Les Sages n’accédèrent pas à la demande d’Esther jusqu’à ce qu’ils trouvent un verset écrit dans la Torah : « Écris ceci comme mémorial dans le livre, et répète-le aux oreilles de Josué : car j’effacerai entièrement le souvenir d’Amalek de dessous les cieux » (Exode 17:14). Les Sages interprétèrent le verset ainsi : « Écris ceci », ce qui est écrit dans la Torah ici dans l’Exode, et dans le Deutéronome ; « mémorial », ce qui est écrit dans les Prophètes, c’est-à-dire dans I Samuel, à ce sujet ; « dans le livre », ce qui est écrit dans la Meguila. La Meguila est la troisième mention d’Amalek et non la quatrième, puisque les deux mentions d’Amalek dans la Torah sont considérées comme une seule ; par conséquent, Esther serait la troisième source et non la quatrième.
כְּתַנָּאֵי: ״כְּתֹב זֹאת״ — מַה שֶּׁכָּתוּב כָּאן, ״זִכָּרוֹן״ — מַה שֶּׁכָּתוּב בְּמִשְׁנֵה תוֹרָה, ״בַּסֵּפֶר״ — מַה שֶּׁכָּתוּב בַּנְּבִיאִים. דִּבְרֵי רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ. רַבִּי אֶלְעָזָר הַמּוֹדָעִי אוֹמֵר: ״כְּתֹב זֹאת״ — מַה שֶּׁכָּתוּב כָּאן וּבְמִשְׁנֵה תוֹרָה, ״זִכָּרוֹן״ — מַה שֶּׁכָּתוּב בַּנְּבִיאִים, ״בְּסֵפֶר״ — מַה שֶּׁכָּתוּב בִּמְגִילָּה.
La Guemara commente : Cette question est parallèle à une controverse entre les tanna’im, comme cela a été enseigné dans une baraita : « Écris ceci », ce qui est écrit ici, dans le livre de l’Exode ; « en mémorial », ce qui est écrit dans le Deutéronome ; « dans le livre », ce qui est écrit dans les Prophètes ; telle est l’opinion de Rabbi Yehoshua. Rabbi Elazar HaModa’i n’est pas d’accord et dit : « Écris ceci », ce qui est écrit dans la Torah ici dans l’Exode, et dans le Deutéronome ; « en mémorial », ce qui est écrit dans les Prophètes à ce sujet ; « dans le livre », ce qui est écrit dans la Meguila. Ici aussi, les tanna’im étaient en désaccord sur la question de savoir si le livre d’Esther a ou non la même autorité et la même sainteté que les livres canonisés de la Torah.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: אֶסְתֵּר אֵינָהּ מְטַמְּאָה אֶת הַיָּדַיִם.
Rav Yehouda a dit que Shmouel a dit : Le livre d’Esther ne rend pas les mains rituellement impures. Bien que les Sages aient décrété que les rouleaux sacrés rendent les mains rituellement impures, le livre d’Esther n’a pas reçu la sainteté des rouleaux sacrés.
לְמֵימְרָא דְּסָבַר שְׁמוּאֵל אֶסְתֵּר לָאו בְּרוּחַ הַקּוֹדֶשׁ נֶאֶמְרָה? וְהָאָמַר שְׁמוּאֵל: אֶסְתֵּר בְּרוּחַ הַקּוֹדֶשׁ נֶאֶמְרָה! נֶאֶמְרָה לִקְרוֹת, וְלֹא נֶאֶמְרָה לִיכְתּוֹב.
La Guemara demande : Faut-il en déduire que Shmuel soutient que le livre d’Esther n’a pas été énoncé avec l’inspiration de l’Esprit divin ? Mais Shmuel n’a-t-il pas lui-même dit ailleurs que le livre d’Esther a été énoncé avec l’inspiration de l’Esprit divin ? La Guemara répond : Cela a été énoncé avec l’Esprit divin afin d’être lu en public ; cependant, cela n’a pas été énoncé afin d’être écrit. Par conséquent, le texte ne s’est pas vu accorder la sainteté des rouleaux sacrés.
מֵיתִיבִי, רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: קֹהֶלֶת אֵינוֹ מְטַמֵּא אֶת הַיָּדַיִם, וּמַחְלוֹקֶת בְּשִׁיר הַשִּׁירִים. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: שִׁיר הַשִּׁירִים מְטַמֵּא אֶת הַיָּדַיִם, וּמַחְלוֹקֶת בְּקֹהֶלֶת. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: קֹהֶלֶת מִקּוּלֵּי בֵּית שַׁמַּאי וּמֵחוּמְרֵי בֵּית הִלֵּל, אֲבָל רוּת וְשִׁיר הַשִּׁירִים וְאֶסְתֵּר מְטַמְּאִין אֶת הַיָּדַיִם! הוּא דְּאָמַר כְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ.
La Guemara soulève une objection à partir d’une baraita. Rabbi Meir dit : Le livre de l’Ecclésiaste ne rend pas les mains rituellement impures, car il ne s’est pas vu accorder la sainteté des rouleaux sacrés ; cependant, il existe une divergence concernant le point de savoir si le Cantique des Cantiques rend ou non les mains impures. Rabbi Yossei dit : Le Cantique des Cantiques rend les mains rituellement impures, mais il existe une divergence concernant le livre de l’Ecclésiaste. Rabbi Chimon dit : La décision concernant l’Ecclésiaste figure parmi les indulgences de Beit Chammaï et parmi les rigueurs de Beit Hillel, car selon Beit Hillel il rend les mains impures, et selon Beit Chammaï il ne les rend pas impures. Cependant, tous s’accordent à dire que les livres de Ruth, du Cantique des Cantiques et d’Esther rendent les mains rituellement impures, contrairement à l’opinion de Chmouel. La Guemara répond : C’est Chmouel qui a énoncé son opinion conformément à l’opinion de Rabbi Yehoshoua citée plus haut, selon laquelle le livre d’Esther ne s’était pas vu accorder la sainteté des rouleaux sacrés.
תַּנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן מְנַסְיָא אוֹמֵר: קֹהֶלֶת אֵינוֹ מְטַמֵּא אֶת הַיָּדַיִם, מִפְּנֵי שֶׁחׇכְמָתוֹ שֶׁל שְׁלֹמֹה הִיא. אָמְרוּ לוֹ: וְכִי זוֹ בִּלְבַד אָמַר? וַהֲלֹא כְּבָר נֶאֱמַר: ״וַיְדַבֵּר שְׁלֹשֶׁת אֲלָפִים מָשָׁל״, וְאוֹמֵר: ״אַל תּוֹסְףְּ עַל דְּבָרָיו״.
Il a été enseigné dans une baraita : Rabbi Shimon ben Menasya dit : Le livre de l’Ecclésiaste ne rend pas les mains rituellement impures, car il est la sagesse de Salomon, et non d’inspiration divine. Ils lui dirent : Il était certainement d’inspiration divine, et c’est pour cette raison que le livre de l’Ecclésiaste a été ajouté au canon ; est-ce seulement cela que Salomon a dit ? N’a-t-il pas déjà été déclaré : « Et il prononça trois mille proverbes, et ses cantiques furent au nombre de mille cinq » (I Rois 5:12) ? Salomon a prononcé de nombreux proverbes, mais seule une partie d’entre eux a été canonisée dans la Torah. Apparemment, ce qui est unique dans ceux de l’Ecclésiaste, c’est qu’ils étaient d’inspiration divine. Et il est dit : « N’ajoute pas à ses paroles » (Proverbes 30:6).
מַאי ״וְאוֹמֵר״? וְכִי תֵּימָא: מֵימָר טוּבָא אֲמַר, דְּאִי בָּעֵי — אִיכְּתִיב, וּדְאִי בָּעֵי — לָא אִיכְּתִיב. תָּא שְׁמַע: ״אַל תּוֹסְףְּ עַל דְּבָרָיו״.
La Guemara demande : Qu’est-ce qui est ajouté par la preuve introduite par l’expression : Et il dit ? Pourquoi la première preuve n’était-elle pas suffisante ? La Guemara répond : Et si tu disais que, quant à ce qu’il a dit, il en a dit énormément, au sujet de ce qui, s’il le souhaitait, a été écrit, et si, s’il le souhaitait, cela n’a pas été écrit ; alors c’est pourquoi toutes ses paroles n’ont pas été conservées. Par conséquent, viens et entends : N’ajoute pas à ses paroles. Apparemment, la raison pour laquelle il est interdit d’ajouter aux proverbes est que le livre de l’Ecclésiaste était d’inspiration divine.
תַּנְיָא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אֶסְתֵּר בְּרוּחַ הַקּוֹדֶשׁ נֶאֶמְרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיֹּאמֶר הָמָן בְּלִבּוֹ״. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: אֶסְתֵּר בְּרוּחַ הַקּוֹדֶשׁ נֶאֶמְרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַתְּהִי אֶסְתֵּר נֹשֵׂאת חֵן בְּעֵינֵי כׇּל רוֹאֶיהָ״.
Il est enseigné dans une baraita que Rabbi Eliezer dit : Le livre d’Esther a été dit avec l’inspiration de l’Esprit divin, comme il est dit : « Et Haman pensa dans son cœur » (Esther 6:6). Si le livre d’Esther n’avait pas été divinement inspiré, comment aurait-on su ce que Haman pensait dans son cœur ? Rabbi Akiva dit : Le livre d’Esther a été dit avec l’inspiration de l’Esprit divin, comme il est dit : « Et Esther obtint faveur aux yeux de tous ceux qui la regardaient » (Esther 2:15) ; cela n’aurait pu être connu que par inspiration divine.
רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: אֶסְתֵּר בְּרוּחַ הַקּוֹדֶשׁ נֶאֶמְרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּוָּדַע הַדָּבָר לְמׇרְדֳּכַי״. רַבִּי יוֹסֵי בֶּן דּוֹרְמַסְקִית אוֹמֵר: אֶסְתֵּר בְּרוּחַ הַקּוֹדֶשׁ נֶאֶמְרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבַבִּזָּה לֹא שָׁלְחוּ אֶת יָדָם״.
Rabbi Meir dit : Le livre d’Esther a été dit avec l’inspiration de l’Esprit divin, comme il est dit au sujet du complot de Bigtan et Teresh contre Assuérus : « Et la chose fut connue de Mardochée » (Esther 2:22). Cela aussi n’aurait pu être connu que par inspiration divine. Rabbi Yossei ben Durmaskit dit : Le livre d’Esther a été dit avec l’inspiration de l’Esprit divin, comme il est dit : « Mais ils ne portèrent pas la main sur le butin » (Esther 9:15). La seule manière dont cela aurait pu être affirmé avec certitude est par inspiration divine.
אָמַר שְׁמוּאֵל: אִי הֲוַאי הָתָם, הֲוָה אָמֵינָא מִלְּתָא דַּעֲדִיפָא מִכּוּלְּהוּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״קִיְּמוּ וְקִבְּלוּ״ — קִיְּמוּ לְמַעְלָה מַה שֶּׁקִּיבְּלוּ לְמַטָּה.
Shmuel a dit : Si j’avais été là parmi les tannaïm, j’aurais énoncé une idée supérieure à toutes les leurs, comme il est dit : « Ils confirmèrent et prirent sur eux » (Esther 9:27), ce qui fut interprété comme signifiant : Ils confirmèrent en haut dans les cieux ce qu’ils prirent sur eux en bas sur la terre. Il est clair que cela n’a pu être établi que par inspiration divine.
אָמַר רָבָא: לְכוּלְּהוּ אִית לְהוּ פִּירְכָא, לְבַר מִדִּשְׁמוּאֵל דְּלֵית לֵיהּ פִּירְכָא: דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר — סְבָרָא הוּא דְּלָא הֲוָה אִינִישׁ דַּחֲשִׁיב לְמַלְכָּא כְּווֹתֵיהּ, וְהַאי כִּי קָא מַפֵּישׁ טוּבָא וְאָמַר — אַדַּעְתֵּיהּ דְּנַפְשֵׁיהּ קָאָמַר.
Rava a dit : Il y a une réfutation pour toutes ces preuves, sauf pour la preuve citée par Shmuel, pour laquelle il n’y a pas de réfutation. La Guemara développe. Ce que Rabbi Eliezer a dit au sujet de la connaissance de ce que Haman pensait dans son cœur peut être réfuté, car cela repose sur un raisonnement logique permettant de conclure que telle était sa pensée. Il n’y avait pas d’autre personne aussi importante pour le roi que lui ; et le fait est que, lorsqu’il s’est longuement étendu et a dit : « Qu’on apporte le vêtement royal » (Esther 6:8), il l’a dit en pensant à lui-même.
דְּרַבִּי עֲקִיבָא — דִּלְמָא כְּרַבִּי אֶלְעָזָר, דְּאָמַר: מְלַמֵּד שֶׁכׇּל אֶחָד וְאֶחָד נִדְמְתָה לוֹ כְּאוּמָּתוֹ.
Ce qu’a dit Rabbi Akiva au sujet du fait qu’Esther trouva grâce aux yeux de tous, peut-être peut être compris et réfuté conformément à l’opinion de Rabbi Elazar, qui a dit : Cela enseigne qu’elle apparaissait à chacun et à tous comme étant de sa nation, et ils exprimaient ce sentiment à voix haute.
וְהָא דְּרַבִּי מֵאִיר — דִּלְמָא כְּרַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא, דְּאָמַר: בִּגְתָן וָתֶרֶשׁ שְׁנֵי טַרְשִׂיִּים הָיוּ.
Et ce que Rabbi Meir a dit, c’est-à-dire que l’inspiration divine du livre d’Esther ressort clairement du fait que Mardochée a dévoilé le complot contre Assuérus, peut-être cela peut-il être expliqué et réfuté conformément à l’opinion de Rabbi Ḥiyya bar Abba, qui a dit : Bigtan et Teresh étaient tous deux membres du peuple Tarsi et conversaient dans leur propre langue. Mardochée, qui était membre du Sanhédrin et donc versé dans de nombreuses langues, comprit ce qu’ils disaient.
וְהָא דְּרַבִּי יוֹסֵי בֶּן דּוֹרְמַסְקִית — דִּלְמָא פְּרִיסְתָּקֵי שַׁדּוּר. דִּשְׁמוּאֵל, וַדַּאי לֵית לֵיהּ פִּירְכָא. אָמַר רָבִינָא: הַיְינוּ דְּאָמְרִי אִינָשֵׁי: טָבָא חֲדָא פִּלְפַּלְתָּא חֲרִיפְתָּא מִמְּלֵי צַנֵּי קָרֵי.
Et ce que Rabbi Yosei ben Durmaskit a dit au sujet du fait de savoir qu’aucun butin n’a été pris, peut-être cela peut-il s’expliquer et être réfuté par le fait qu’ils ont envoyé des messagers qui les ont informés de la situation. Cependant, en ce qui concerne la preuve de Shmuel tirée du fait qu’ils ont confirmé en haut ce qu’ils ont accepté sur eux en bas, il n’y a certainement aucune réfutation. Ravina a dit : Cela explique le dicton populaire que les gens disent : Un seul piment fort vaut mieux qu’un panier plein de citrouilles, car la qualité du goût du piment est plus importante que la quantité des citrouilles.
רַב יוֹסֵף אָמַר מֵהָכָא: ״וִימֵי הַפּוּרִים הָאֵלֶּה לֹא יַעַבְרוּ מִתּוֹךְ הַיְּהוּדִים״. רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אוֹמֵר מֵהָכָא: ״וְזִכְרָם לֹא יָסוּף מִזַּרְעָם״.
Rav Yosef a dit : La preuve que le livre d’Esther a été inspiré divinement peut être citée d’ici : « Et ces jours de Pourim ne cesseront pas parmi les Juifs » (Esther 9:28), une affirmation qui n’aurait pu être faite que par inspiration divine. Rav Naḥman bar Yitzḥak dit : La preuve peut être citée d’ici, à la fin de ce verset : « Et leur souvenir ne périra pas de leur descendance » (Esther 9:28).
וּמַתָּנוֹת לָאֶבְיוֹנִים. תָּנֵי רַב יוֹסֵף: ״וּמִשְׁלוֹחַ מָנוֹת אִישׁ לְרֵעֵהוּ״ — שְׁתֵּי מָנוֹת לְאִישׁ אֶחָד. ״וּמַתָּנוֹת לָאֶבְיוֹנִים״ — שְׁתֵּי מַתָּנוֹת לִשְׁנֵי בְּנֵי אָדָם.
La michna mentionne : Et des dons distribués aux pauvres. Rav Yosef a enseigné une baraita selon laquelle le verset dit : « Et l’envoi de portions, chacun à son prochain » (Esther 9:22), indiquant deux portions à une seule personne. Le verset continue : « Et des dons aux pauvres » (Esther 9:22), indiquant deux dons à deux personnes.
רַבִּי יְהוּדָה נְשִׂיאָה שַׁדַּר לֵיהּ לְרַבִּי אוֹשַׁעְיָא אַטְמָא דְּעִיגְלָא תִּלְתָּא וְגַרְבָּא דְחַמְרָא, שְׁלַח לֵיהּ:
La Guemara raconte que, à Pourim, Rabbi Yehuda Nesia envoya à Rabbi Oshaya la patte d’un veau premier-né de troisième génération et une cruche de vin. Rabbi Oshaya lui envoya un message de gratitude: