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גֶּרְמַמְיָא שֶׁל אֱדוֹם, שֶׁאִלְמָלֵי הֵן יוֹצְאִין, מַחֲרִיבִין כָּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ.
Germamia d’Édom, c’est-à-dire l’Allemagne, qui est proche de la terre d’Édom, c’est-à-dire Rome. Comme si, si les Allemands sortaient, ils détruiraient le monde entier.
וְאָמַר רַבִּי חָמָא בַּר חֲנִינָא: תְּלָת מְאָה קְטִירֵי תָגָא אִיכָּא בְּגֶרְמַמְיָא שֶׁל אֱדוֹם, וּתְלָת מְאָה וְשִׁיתִּין וְחַמְשָׁה מַרְזְבָּנֵי אִיכָּא בְּרוֹמִי, וּבְכׇל יוֹמָא נָפְקִי הָנֵי לְאַפֵּי הָנֵי וּמִקְּטִיל חַד מִינַּיְיהוּ, וּמִיטַּרְדִי לְאוֹקֹמֵי מַלְכָּא.
Et Rabbi Ḥama bar Ḥanina a dit : Il y a trois cents jeunes princes avec des couronnes attachées à leurs têtes en Germamya d’Édom, et il y a trois cent soixante-cinq chefs [marzavnei] à Rome. Chaque jour, ceux-ci sortent au combat contre ceux-là, et l’un d’eux est tué, et ils sont occupés à nommer un nouveau roi à sa place. Puisqu’aucun des deux camps n’est uni, aucun des deux n’est capable d’obtenir une victoire décisive. Ce sont ces guerres entre Rome et les tribus germaniques qui servent de frein à Ésaü-Édom-Rome et l’empêchent de devenir trop puissant.
וְאָמַר רַבִּי יִצְחָק, אִם יֹאמַר לְךָ אָדָם: יָגַעְתִּי וְלֹא מָצָאתִי — אַל תַּאֲמֵן. לֹא יָגַעְתִּי וּמָצָאתִי — אַל תַּאֲמֵן. יָגַעְתִּי וּמָצָאתִי — תַּאֲמֵן.
§ Rabbi Yitzḥak a dit, dans le style d’un passage précédent : Si une personne te dit : J’ai peiné et je n’ai pas trouvé le succès, ne la crois pas. De même, si elle te dit : Je n’ai pas peiné mais, malgré cela, j’ai trouvé le succès, ne la crois pas. En revanche, si elle te dit : J’ai peiné et j’ai trouvé le succès, crois-la.
הָנֵי מִילֵּי בְּדִבְרֵי תוֹרָה, אֲבָל בְּמַשָּׂא וּמַתָּן — סִיַּיעְתָּא הוּא מִן שְׁמַיָּא. וּלְדִבְרֵי תוֹרָה לָא אֲמַרַן אֶלָּא לְחַדּוֹדֵי, אֲבָל לְאוֹקֹמֵי גִּירְסָא — סִיַּיעְתָּא מִן שְׁמַיָּא הִיא.
La Guemara commente : Cela s’applique seulement aux questions de Torah, car la réussite dans l’étude de la Torah est en fonction du labeur et des efforts investis. Mais en ce qui concerne la réussite dans les affaires, elle dépend entièrement de l’aide du Ciel, car il n’y a pas de corrélation entre la réussite et l’effort. Et même en ce qui concerne les questions de Torah, nous avons dit cela seulement en ce qui concerne l’affinement de la compréhension de la Torah, car plus on travaille, plus la compréhension de la matière acquise est profonde. Cependant, pour préserver ce que l’on a appris, cela dépend de l’aide du Ciel. Tout le monde n’y parvient pas, même avec beaucoup d’efforts.
וְאָמַר רַבִּי יִצְחָק: אִם רָאִיתָ רָשָׁע שֶׁהַשָּׁעָה מְשַׂחֶקֶת לוֹ — אַל תִּתְגָּרֶה בּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אַל תִּתְחַר בַּמְּרֵעִים״. וְלֹא עוֹד, אֶלָּא שֶׁדְּרָכָיו מַצְלִיחִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יָחִילוּ דְּרָכָיו בְּכׇל עֵת״. וְלֹא עוֹד, אֶלָּא שֶׁזּוֹכֶה בַּדִּין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מָרוֹם מִשְׁפָּטֶיךָ מִנֶּגְדּוֹ״. וְלֹא עוֹד, אֶלָּא שֶׁרוֹאֶה בְּשׂוֹנְאָיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כׇּל צוֹרְרָיו יָפִיחַ בָּהֶם״.
Et Rabbi Yitzḥak aussi a dit : Si tu vois un homme méchant à qui l’heure sourit, c’est-à-dire qui jouit d’une bonne fortune, ne le provoque pas, comme il est dit : “Ne conteste pas avec les malfaiteurs” (Psaumes 37:1). Et non seulement cela, mais si tu le provoques, ses entreprises réussiront, comme il est dit : “Ses voies prospèrent en tout temps” (Psaumes 10:5). Et non seulement cela, mais même s’il est traduit en justice, il sort victorieux au jugement, comme il est dit : “Tes jugements sont bien au-dessus de lui” (Psaumes 10:5), comme si le procès était loin de lui et ne l’affectait pas. Et non seulement cela, mais il verra ses ennemis tomber, comme il est dit : “Quant à tous ses ennemis, il siffle contre eux” (Psaumes 10:5).
אִינִי? וְהָאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי: מוּתָּר לְהִתְגָּרוֹת בָּרְשָׁעִים בָּעוֹלָם הַזֶּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״עוֹזְבֵי תוֹרָה יְהַלְלוּ רָשָׁע וְשׁוֹמְרֵי תוֹרָה יִתְגָּרוּ בָם״, וְתַנְיָא, רַבִּי דּוֹסְתַּאי בַּר מָתוּן אָמַר: מוּתָּר לְהִתְגָּרוֹת בָּרְשָׁעִים בָּעוֹלָם הַזֶּה, וְאִם לְחָשְׁךָ אָדָם לוֹמַר ״אַל תִּתְחַר בַּמְּרֵעִים וְאַל תְּקַנֵּא בְּעוֹשֵׂי עַוְלָה״ — מִי שֶׁלִּבּוֹ נוֹקְפוֹ אוֹמֵר כֵּן.
La Guemara demande : Est-ce bien ainsi ? Rabbi Yoḥanan n’a-t-il pas dit au nom de Rabbi Shimon ben Yoḥai : Il est permis de provoquer les méchants dans ce monde, comme il est dit : « Ceux qui abandonnent la Torah louent le méchant ; mais ceux qui gardent la Torah luttent contre eux » (Proverbes 28:4) ? Et, de plus, il est enseigné dans une baraita que Rabbi Dostai bar Matun a dit : Il est permis de provoquer les méchants dans ce monde, et si quelqu’un te souffle de dire qu’il n’en est pas ainsi, en s’appuyant sur le verset : « Ne rivalise pas avec les malfaiteurs et ne sois pas envieux de ceux qui commettent l’iniquité » (Psaumes 37:1), sache que seul celui dont le cœur le reprend avec des remords de conscience pour les fautes qu’il a commises dit cela.
אֶלָּא: ״אַל תִּתְחַר בַּמְּרֵעִים״ — לִהְיוֹת כַּמְּרֵעִים, ״וְאַל תְּקַנֵּא בְּעוֹשֵׂי עַוְלָה״ — לִהְיוֹת כְּעוֹשֵׂי עַוְלָה. וְאוֹמֵר: ״אַל יְקַנֵּא לִבְּךָ בַּחַטָּאִים וְגוֹ׳!
Au contraire, le véritable sens de ce verset est : « Ne rivalise pas avec les malfaiteurs, » pour devenir comme les malfaiteurs ; « et n’envie pas ceux qui commettent l’iniquité, » pour devenir comme ceux qui commettent l’iniquité. Et il est dit ailleurs : « Que ton cœur n’envie pas les pécheurs, mais demeure toute la journée dans la crainte du Seigneur » (Proverbes 23:17). Dans ce contexte, envier les pécheurs signifie désirer être comme eux. Rabbi Yoḥanan et Rabbi Dostai indiquent qu’il est permis de provoquer les méchants, contrairement à l’opinion de Rabbi Yitzḥak.
לָא קַשְׁיָא: הָא בְּמִילֵּי דִידֵיהּ, הָא בְּמִילֵּי דִשְׁמַיָּא.
La Guemara explique : Ce n’est pas difficile, car on peut comprendre que cela, la déclaration de Rabbi Yitzḥak selon laquelle on ne peut pas provoquer les méchants, se rapporte à ses affaires personnelles, tandis que cela, les déclarations de Rabbi Yoḥanan et de Rabbi Dostai selon lesquelles il est permis de les provoquer, se rapportent aux affaires du Ciel, c’est-à-dire à des questions religieuses.
וְאִיבָּעֵית אֵימָא: הָא וְהָא בְּמִילֵּי דִידֵיהּ. וְלָא קַשְׁיָא: הָא בְּצַדִּיק גָּמוּר, הָא בְּצַדִּיק שֶׁאֵינוֹ גָּמוּר. דְּאָמַר רַב הוּנָא, מַאי דִּכְתִיב: ״לָמָּה תַבִּיט בּוֹגְדִים תַּחֲרִישׁ בְּבַלַּע רָשָׁע צַדִּיק מִמֶּנּוּ״, צַדִּיק מִמֶּנּוּ — בּוֹלֵעַ, צַדִּיק גָּמוּר — אֵינוֹ בּוֹלֵעַ.
Et si tu le souhaites, dis : Cette affirmation-ci comme cette affirmation-là ont été énoncées au sujet de ses propres affaires, et malgré cela, ce n’est pas difficile. Cette affirmation, selon laquelle il est permis de provoquer les méchants, s’applique à un individu parfaitement juste ; cette autre affirmation, selon laquelle on ne peut pas les provoquer, s’applique à un individu qui n’est pas parfaitement juste. Comme l’a dit Rav Houna : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Pourquoi regardes-tu ceux qui agissent avec perfidie, et restes-tu silencieux quand le méchant dévore l’homme plus juste que lui » (Habacuc 1:13) ? Ce verset indique que le méchant dévore celui qui est plus juste que lui ; cependant, il ne dévore pas celui qui est parfaitement juste.
וְאִי בָּעֵית אֵימָא: שָׁעָה מְשַׂחֶקֶת לוֹ שָׁאנֵי.
Et si tu le souhaites, dis plutôt : Lorsque l’heure lui sourit, c’est-à-dire lorsque l’individu méchant jouit de la bonne fortune, c’est différent. Il reçoit une assistance divine, et même le parfaitement juste ne doit pas le provoquer.
אָמַר עוּלָּא: אִיטַלְיָא שֶׁל יָוָן, זֶה כְּרַךְ גָּדוֹל שֶׁל רוֹמִי. וְהָוְיָא תְּלָת מְאָה פַּרְסָה עַל תְּלָת מְאָה פַּרְסָה. וְיֵשׁ בָּהּ שְׁלוֹשׁ מֵאוֹת שִׁשִּׁים וַחֲמִשָּׁה שְׁווֹקִים, כְּמִנְיַן יְמוֹת הַחַמָּה. וְקָטָן שֶׁבְּכוּלָּם שֶׁל מוֹכְרֵי עוֹפוֹת, וְהָוְיָא שִׁשָּׁה עָשָׂר מִיל עַל שִׁשָּׁה עָשָׂר מִיל. וּמֶלֶךְ סוֹעֵד בְּכׇל יוֹם בְּאֶחָד מֵהֶן.
§ Ayant mentionné Rome, la Guemara cite ce que Ulla a dit. L’Italie grecque, c’est-à-dire le sud de l’Italie, est la grande ville de Rome, et elle mesure trois cents parasanges [parsa] sur trois cents parasanges. Elle possède trois cent soixante-cinq marchés, correspondant au nombre de jours de l’année solaire, et le plus petit de tous est le marché des vendeurs de volaille, qui mesure seize mil sur seize mil. Et le roi, c’est-à-dire l’empereur romain, dîne chaque jour dans l’un d’eux.
וְהַדָּר בָּהּ, אַף עַל פִּי שֶׁאֵינוֹ נוֹלָד בָּהּ — נוֹטֵל פְּרָס מִבֵּית הַמֶּלֶךְ. וְהַנּוֹלָד בָּהּ, אַף עַל פִּי שֶׁאֵינוֹ דָּר בָּהּ — נוֹטֵל פְּרָס מִבֵּית הַמֶּלֶךְ. וּשְׁלֹשֶׁת אֲלָפִים בֵּי בָנֵי יֵשׁ בּוֹ, וַחֲמֵשׁ מֵאוֹת חַלּוֹנוֹת מַעֲלִין עָשָׁן חוּץ לַחוֹמָה. צִדּוֹ אֶחָד יָם וְצִדּוֹ אֶחָד הָרִים וּגְבָעוֹת, צִדּוֹ אֶחָד מְחִיצָה שֶׁל בַּרְזֶל וְצִדּוֹ אֶחָד חוֹלְסִית וּמְצוּלָה.
Et celui qui réside dans la ville, même s’il n’y est pas né, reçoit une allocation pour ses frais de subsistance du palais du roi. Et celui qui y est né, même s’il n’y réside pas, reçoit aussi une allocation du palais du roi. Et il y a trois mille bains publics dans la ville, et cinq cents ouvertures qui laissent sortir la fumée des bains publics au-delà des murailles de manière à ne pas noircir les murailles elles-mêmes. Un côté de la ville est bordé par la mer, un côté par des montagnes et des collines, un côté par une barrière de fer et un côté par du gravier [ḥulsit] et un marécage.
מַתְנִי׳ קָרְאוּ אֶת הַמְּגִילָּה בַּאֲדָר הָרִאשׁוֹן וְנִתְעַבְּרָה הַשָּׁנָה — קוֹרִין אוֹתָהּ בַּאֲדָר שֵׁנִי. אֵין בֵּין אֲדָר הָרִאשׁוֹן לַאֲדָר הַשֵּׁנִי אֶלָּא קְרִיאַת הַמְּגִילָּה וּמַתָּנוֹת לָאֶבְיוֹנִים.
MICHNA : Si le peuple a lu la Méguila pendant le premier Adar et qu’ensuite l’année a été intercalée par le tribunal, et que désormais le mois suivant sera le second Adar, on lit de nouveau la Méguila pendant le second Adar. Les Sages ont formulé un principe : La différence entre le premier Adar et le second Adar en ce qui concerne les mitsvot accomplies pendant ces mois est seulement que la lecture de la Méguila et la distribution de dons aux pauvres sont accomplies au second Adar et non au premier Adar.
גְּמָ׳ הָא לְעִנְיַן סֵדֶר פָּרָשִׁיּוֹת, זֶה וָזֶה שָׁוִין.
GUEMARA : La Guemara déduit qu’en ce qui concerne la question de la séquence des portions de la Torah lues chaque année lors de deux Shabbatot avant Pourim, les portions de Shekalim et Zakhor, et lors de deux Shabbatot après Pourim, Para et HaḤodesh, celui-ci, le premier Adar, et celui-là, le second Adar, sont égaux, en ce sens que les lire pendant le premier Adar dispense de les lire pendant le second Adar.
מַנִּי מַתְנִיתִין? לָא תַּנָּא קַמָּא, וְלָא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בְּרַבִּי יוֹסֵי, וְלָא רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל. דְּתַנְיָא: קָרְאוּ אֶת הַמְּגִילָּה בַּאֲדָר הָרִאשׁוֹן וְנִתְעַבְּרָה הַשָּׁנָה — קוֹרִין אוֹתָהּ בַּאֲדָר הַשֵּׁנִי, שֶׁכׇּל מִצְוֹת שֶׁנּוֹהֲגוֹת בַּשֵּׁנִי נוֹהֲגוֹת בָּרִאשׁוֹן, חוּץ מִמִּקְרָא מְגִילָּה.
La Guemara demande : Si tel est le cas, de qui est l’opinion enseignée dans la michna ? Ce n’est ni l’opinion du premier tanna anonyme de la baraita suivante, ni celle de Rabbi Eliezer, fils de Rabbi Yossei, ni celle de Rabban Shimon ben Gamliel, comme cela est enseigné dans une baraita : S’ils ont lu la Meguila pendant le premier Adar et que l’année a été ensuite intercalée, ils la lisent pendant le second Adar, car toutes les mitzvot qui sont pratiquées pendant le second Adar sont pratiquées pendant le premier Adar, sauf la lecture de la Meguila.
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בְּרַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: אֵין קוֹרִין אוֹתָהּ בַּאֲדָר הַשֵּׁנִי, שֶׁכׇּל מִצְוֹת שֶׁנּוֹהֲגוֹת בַּשֵּׁנִי נוֹהֲגוֹת בָּרִאשׁוֹן.
Rabbi Eliezer, fils de Rabbi Yossei, dit : On ne la lit pas de nouveau pendant le second Adar, car toutes les mitzvot observées pendant le second Adar sont observées pendant le premier Adar. Une fois que la Méguila a été lue pendant le premier Adar, il n’est pas nécessaire de la relire pendant le second Adar.
רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי יוֹסֵי: אַף קוֹרִין אוֹתָהּ בַּאֲדָר הַשֵּׁנִי, שֶׁכׇּל מִצְוֹת שֶׁנּוֹהֲגוֹת בַּשֵּׁנִי אֵין נוֹהֲגוֹת בָּרִאשׁוֹן. וְשָׁוִין בְּהֶסְפֵּד וּבְתַעֲנִית שֶׁאֲסוּרִין בָּזֶה וּבָזֶה.
Rabban Shimon ben Gamliel dit au nom de Rabbi Yosei : Ils la lisent même de nouveau pendant le second Adar, car toutes les mitzvot qui sont pratiquées pendant le second Adar ne sont pas pratiquées pendant le premier Adar. Et tous sont d’accord en ce qui concerne l’éloge funèbre et le jeûne, qu’ils sont interdits le quatorzième et le quinzième jours de ce mois du premier Adar et de ce mois du second Adar.
רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל הַיְינוּ תַּנָּא קַמָּא? אָמַר רַב פָּפָּא: סֵדֶר פָּרָשִׁיּוֹת אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ, דְּתַנָּא קַמָּא סָבַר לְכַתְּחִילָּה בַּשֵּׁנִי, וְאִי עֲבוּד בָּרִאשׁוֹן — עֲבוּד. בַּר מִמִּקְרָא מְגִילָּה, דְּאַף עַל גַּב דְּקָרוּ בָּרִאשׁוֹן — קָרוּ בַּשֵּׁנִי.
La Guemara analyse la baraita. L’opinion de Rabban Shimon ben Gamliel est identique à celle du premier tanna. Quel élément nouveau introduit-il ? Rav Pappa a dit : Il y a une différence pratique entre eux concernant l’ordre des quatre portions de la Torah, car le premier tanna soutient : Ils doivent lire ces portions pendant le second Adar, ab initio. Cependant, s’ils l’ont fait pendant le premier Adar, ils l’ont fait ; et ils se sont acquittés de leur obligation et n’ont pas besoin de les relire pendant le second Adar, sauf pour la lecture de la Méguila, car bien qu’ils l’aient déjà lue pendant le premier Adar, ils la lisent de nouveau pendant le second Adar.
וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בְּרַבִּי יוֹסֵי סָבַר: אֲפִילּוּ מִקְרָא מְגִילָּה לְכַתְּחִילָּה בָּרִאשׁוֹן. וְרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל סָבַר: אֲפִילּוּ סֵדֶר פָּרָשִׁיּוֹת, אִי קָרוּ בָּרִאשׁוֹן קָרוּ בַּשֵּׁנִי.
Et Rabbi Eliezer, fils de Rabbi Yossei, soutient que même la lecture de la Méguila peut être effectuée pendant le premier Adar, a priori, et il n’est pas nécessaire de la relire pendant le second Adar. Et Rabban Shimon ben Gamliel soutient : Même en ce qui concerne l’ordre des quatre portions de la Torah, s’ils les ont lues pendant le premier Adar, ils les lisent de nouveau pendant le second Adar.
מַנִּי? אִי תַּנָּא קַמָּא — קַשְׁיָא מַתָּנוֹת, אִי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בְּרַבִּי יוֹסֵי — קַשְׁיָא נָמֵי מִקְרָא מְגִילָּה, אִי רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל — קַשְׁיָא סֵדֶר פָּרָשִׁיּוֹת!
Revenant à la question initiale, selon l’avis de qui la michna est-elle enseignée ? Si c’est l’avis du premier tanna, la halakha des dons aux pauvres est difficile. Le premier tanna ne mentionne pas ces dons, ce qui indique qu’il soutient que, si des dons ont été distribués pendant le premier Adar, il n’est pas nécessaire de distribuer des dons aux pauvres pendant le second Adar. Et si la michna a été enseignée selon l’avis de Rabbi Eliezer, fils de Rabbi Yossei, la lecture de la Méguila est aussi difficile. Et si c’est l’avis de Rabban Shimon ben Gamliel, la séquence des portions de la Torah est difficile.
לְעוֹלָם תַּנָּא קַמָּא, וּתְנָא מִקְרָא מְגִילָּה וְהוּא הַדִּין מַתָּנוֹת לָאֶבְיוֹנִים, דְּהָא בְּהָא תַּלְיָא.
La Guemara répond : En réalité, la michna suit l’opinion du premier tanna, et il a enseigné la halakha concernant la lecture de la Méguila, et il en va de même concernant les dons aux pauvres, car cette mitsva dépend de celle-là. La Guemara a déjà expliqué que les dons aux pauvres sont distribués le jour où la Méguila est lue.
וְאִיבָּעֵית אֵימָא: לְעוֹלָם רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל הִיא, וּמַתְנִיתִין חַסּוֹרֵי מִיחַסְּרָא וְהָכִי קָתָנֵי: אֵין בֵּין אַרְבָּעָה עָשָׂר שֶׁבַּאֲדָר הָרִאשׁוֹן לְאַרְבָּעָה עָשָׂר שֶׁבַּאֲדָר הַשֵּׁנִי אֶלָּא מִקְרָא מְגִילָּה וּמַתָּנוֹת. הָא לְעִנְיַן הֶסְפֵּד וְתַעֲנִית — זֶה וָזֶה שָׁוִין, וְאִילּוּ סֵדֶר פָּרָשִׁיּוֹת לָא מַיְירֵי.
Et si tu le souhaites, dis plutôt : En réalité, la michna est conforme à l’opinion de Rabban Shimon ben Gamliel, et la michna est incomplète et enseigne ce qui suit : La différence entre le quatorzième jour du premier Adar et le quatorzième jour du second Adar n’est que en ce qui concerne la lecture de la Meguila et la distribution de dons aux pauvres. La Guemara déduit que en ce qui concerne la question de l’éloge funèbre et du jeûne, celui-ci, le premier Adar, et celui-là, le second Adar, sont égaux, tandis que au sujet de l’ordre des portions de la Torah, la michna n’en parle pas du tout. La michna limite sa discussion aux halakhot de Pourim.
אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אָבִין אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הִלְכְתָא כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל שֶׁאָמַר מִשּׁוּם רַבִּי יוֹסֵי.
Rabbi Ḥiyya bar Avin a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabban Shimon ben Gamliel, qui l’a dit au nom de Rabbi Yosei.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן, וּשְׁנֵיהֶם מִקְרָא אֶחָד דָּרְשׁוּ: ״בְּכׇל שָׁנָה וְשָׁנָה״, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בְּרַבִּי יוֹסֵי סָבַר: ״בְּכׇל שָׁנָה וְשָׁנָה״, מָה כׇּל שָׁנָה וְשָׁנָה — אֲדָר הַסָּמוּךְ לִשְׁבָט, אַף כָּאן — אֲדָר הַסָּמוּךְ לִשְׁבָט.
Rabbi Yoḥanan a dit : Et tous deux, Rabban Shimon ben Gamliel et Rabbi Eliezer, fils de Rabbi Yosei, ont interprété le même verset différemment, ce qui les a conduits à leurs conclusions. Il est écrit : « Pour leur enjoindre d’observer le quatorzième jour du mois d’Adar et le quinzième du même mois, chaque année” (Esther 9:21). Rabbi Eliezer, fils de Rabbi Yosei, soutient : “Chaque année” enseigne que Pourim doit être célébré de la même manière chaque année, même lors d’une année embolismique : De même que chaque année Pourim est célébré en Adar adjacent à Shevat, de même ici dans une année embolismique, Pourim est célébré en Adar adjacent à Shevat.
וְרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל סָבַר: ״בְּכׇל שָׁנָה וְשָׁנָה״, מָה כָּל שָׁנָה וְשָׁנָה — אֲדָר הַסָּמוּךְ לְנִיסָן, אַף כָּאן — אֲדָר הַסָּמוּךְ לְנִיסָן.
Et Rabban Shimon ben Gamliel soutient : « Chaque année » enseigne que, de même que chaque année Pourim est célébré en Adar adjacent à Nisan, de même ici, dans une année embolismique, Pourim est célébré durant Adar adjacent à Nisan.
בִּשְׁלָמָא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בְּרַבִּי יוֹסֵי מִסְתַּבֵּר טַעְמָא, דְּאֵין מַעֲבִירִין עַל הַמִּצְוֹת. אֶלָּא רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל מַאי טַעְמָא?
La Guemara demande : Soit, selon Rabbi Eliezer, fils de Rabbi Yossei, la raison de son opinion est logique, fondée sur le principe selon lequel on ne laisse pas passer l’accomplissement des mitzvot ; au contraire, lorsqu’une occasion d’accomplir une mitzva se présente, il faut le faire immédiatement. Cependant, en ce qui concerne Rabban Shimon ben Gamliel, quelle est la raison de son opinion ?
אָמַר רַבִּי טָבִי: טַעְמָא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל, מִסְמָךְ גְּאוּלָּה לִגְאוּלָּה עָדִיף.
Rabbi Tavi a dit : La raison de l’opinion de Rabban Shimon ben Gamliel est que juxtaposer la célébration d’une rédemption, Pourim, à la célébration d’une autre rédemption, Pessa'h, est préférable.
רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר: טַעְמָא דְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל מֵהָכָא, דִּכְתִיב: ״לְקַיֵּים אֵת אִגֶּרֶת הַפּוּרִים הַזֹּאת הַשֵּׁנִית״.
Rabbi Elazar a dit : La raison de l’opinion de Rabban Shimon ben Gamliel est tirée d’ici, comme il est écrit : « Pour confirmer cette seconde lettre de Pourim » (Esther 9:29), indiquant qu’il existe des circonstances où la Meguila est lue une seconde fois (Talmud de Jérusalem), c’est-à-dire lorsque l’année a été intercalaire après que la Meguila a été lue au premier Adar.
וְאִיצְטְרִיךְ לְמִיכְתַּב
La Guemara commente : Et il était nécessaire d’écrire

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