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לְמֵימְרָא דְּתַקַּנְתָּא דִכְרַכִּין הָוֵי? וְהָתְנַן: חָל לִהְיוֹת בַּשֵּׁנִי — כְּפָרִים וַעֲיָירוֹת גְּדוֹלוֹת קוֹרִין בּוֹ בַיּוֹם. וְאִם אִיתָא, לַיקְדְּמוּ לְיוֹם הַכְּנִיסָה! הָווּ לְהוּ עֲשָׂרָה, וַעֲשָׂרָה לָא תַּקִּינוּ רַבָּנַן.
La Guemara demande : Cela veut-il dire que cette ordonnance est pour le bénéfice des villes ? N’avons-nous pas appris dans la michna que, si le quatorzième tombait un lundi, les habitants des villages et des grandes villes la lisent ce jour-là même ? Si tel est le cas, que l’ordonnance permettant aux villageois d’avancer parfois leur lecture de la Méguila est pour le bénéfice des villes, qu’ils fassent avancer leur lecture au précédent jour d’assemblée même lorsque le quatorzième tombe un lundi. La Guemara répond : Cela signifierait que la lecture de la Méguila pour eux aurait lieu le dix adar, et les Sages n’ont pas fixé le dix adar comme un jour approprié pour lire la Méguila.
תָּא שְׁמַע: חָל לִהְיוֹת בַּחֲמִישִׁי — כְּפָרִים וַעֲיָירוֹת גְּדוֹלוֹת קוֹרִין בּוֹ בַיּוֹם, וְאִם אִיתָא, לַיקְדְּמוּ לְיוֹם הַכְּנִיסָה דְּאַחַד עָשָׂר הוּא! מִיּוֹם הַכְּנִיסָה לְיוֹם הַכְּנִיסָה לָא דָּחֵינַן.
La Guemara continue : Viens et écoute une preuve tirée d’une formulation différente de la michna : si le quatorzième tombe un jeudi, les villages et les grandes villes lisent la Méguila ce jour-là, le quatorzième, et les villes entourées de murailles la lisent le lendemain, le quinzième. Si tel est le cas, que l’ordonnance est au bénéfice des villes, que les villageois avancent leur lecture de la Méguila au précédent jour d’assemblée, c’est-à-dire le lundi précédent, puisque c’est le onzième d’Adar. La Guemara répond : Nous ne reportons pas la lecture de la Méguila d’un jour d’assemblée à un autre jour d’assemblée.
תָּא שְׁמַע, אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: אֵימָתַי — בִּמְקוֹם שֶׁנִּכְנָסִים בַּשֵּׁנִי וּבַחֲמִישִׁי, אֲבָל מְקוֹם שֶׁאֵין נִכְנָסִים בַּשֵּׁנִי וּבַחֲמִישִׁי — אֵין קוֹרִין אוֹתָהּ אֶלָּא בִּזְמַנָּהּ. וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ תַּקַּנְתָּא דִכְרַכִּין הִיא — מִשּׁוּם דְּאֵין נִכְנָסִים בַּשֵּׁנִי וּבַחֲמִישִׁי מַפְסְדִי לְהוּ לִכְרַכִּין?
La Guemara continue : Viens et entends ce qui a été enseigné dans la michna suivante (5a) : Rabbi Yehouda a dit : Quand lit-on la Méguila à partir du onze adar et au-delà ? Dans un endroit où les villageois entrent généralement en ville le lundi et le jeudi. Cependant, dans un endroit où ils n'y entrent généralement pas le lundi et le jeudi, on peut lire la Méguila seulement à son moment fixé, temps, le quatorze adar. La Guemara déduit : S'il te vient à l'esprit de dire que l'ordonnance est pour le bénéfice des villes, serait-il raisonnable de suggérer que parce que les villageois n'entrent pas en ville le lundi et le jeudi, les habitants des villes devraient y perdre et ne pas recevoir de nourriture et d'eau ?
לָא תֵּימָא כְּדֵי שֶׁיְּסַפְּקוּ מַיִם וּמָזוֹן, אֶלָּא אֵימָא: מִפְּנֵי שֶׁמְּסַפְּקִים מַיִם וּמָזוֹן לַאֲחֵיהֶם שֶׁבַּכְּרַכִּין.
La Guemara accepte cet argument : Ne dis pas que les Sages ont permis aux villages d’avancer leur lecture de la Méguila au jour de l’assemblée afin qu’ils soient libres de fournir de l’eau et de la nourriture à leurs frères dans les villes le jour de Pourim. Dis plutôt que les Sages ont été indulgents envers eux parce que les villages fournissent de l’eau et de la nourriture à leurs frères dans les villes. Cette ordonnance a été établie pour le bénéfice des villageois, afin qu’ils n’aient pas à faire un voyage supplémentaire vers les villes pour entendre la lecture de la Méguila. Cependant, dans un endroit où les villages ne vont pas dans les villes, avancer leur lecture de la Méguila au jour de l’assemblée ne leur sera d’aucun bénéfice, et ils doivent donc lire le quatorzième.
כֵּיצַד? חָל לִהְיוֹת בַּשֵּׁנִי בַּשַּׁבָּת — כְּפָרִים וַעֲיָירוֹת גְּדוֹלוֹת קוֹרִין בּוֹ בַיּוֹם וְכוּ׳. מַאי שְׁנָא רֵישָׁא דְּנָקֵט סִידּוּרָא דְיַרְחָא, וּמַאי שְׁנָא סֵיפָא דְּנָקֵט סִידּוּרָא דְיוֹמֵי?
§ Nous avons appris dans la michna : Comment cela? Si le quatorze adar tombe un lundi, les villages et les grandes villes lisent la Méguila ce jour-là. La michna continue d’expliquer les jours où la Méguila est lue. La Guemara demande : Quelle est la différence dans la première clause de la michna, qui emploie l’ordre des dates du mois, c’est-à-dire le onze adar, et la clause suivante, qui emploie l’ordre des jours de la semaine, c’est-à-dire lundi ?
אַיְּידֵי דְּמִיתְהַפְכִי לֵיהּ נָקֵט סִידּוּרָא דְיוֹמֵי.
La Guemara répond : Puisque les jours de la semaine seraient inversés si la clause finale était organisée selon les dates du mois, car la michna devrait d’abord mentionner un cas où le quatorzième tombe un dimanche, puis un cas où il tombe un mercredi ou Chabbat, puis un cas où il tombe un vendredi ou un mardi, la michna a employé l’ordre des jours de la semaine afin d’éviter toute confusion.
חָל לִהְיוֹת בְּעֶרֶב שַׁבָּת וְכוּ׳. מַתְנִיתִין מַנִּי? אִי רַבִּי, אִי רַבִּי יוֹסֵי.
§ Nous avons appris dans la michna : si le quatorzième tombe la veille de Chabbat, vendredi, les villages avancent leur lecture au jour d’assemblée, c’est-à-dire jeudi, et les grandes villes ainsi que les villes entourées de murailles la lisent le vendredi, le quatorzième d’Adar. La Guemara demande : De qui est l’opinion exprimée dans la michna ? Cela peut être soit Rabbi Yehouda HaNassi soit Rabbi Yossei.
מַאי רַבִּי? דְּתַנְיָא: חָל לִהְיוֹת בְּעֶרֶב שַׁבָּת — כְּפָרִים וַעֲיָירוֹת גְּדוֹלוֹת מַקְדִּימִין לְיוֹם הַכְּנִיסָה, וּמוּקָּפִין חוֹמָה קוֹרִין בּוֹ בַיּוֹם. רַבִּי אוֹמֵר, אוֹמֵר אֲנִי: לֹא יִדָּחוּ עֲיָירוֹת מִמְּקוֹמָן, אֶלָּא אֵלּוּ וָאֵלּוּ קוֹרִין בּוֹ בַיּוֹם.
La Guemara explique : Quelle est l’opinion de Rabbi Yehouda HaNassi ? Comme il est enseigné dans une baraita : Si le quatorzième tombe la veille de Chabbat, les villages et les grandes villes avancent leur lecture au jour d’assemblée, c’est-à-dire jeudi, et les villes fortifiées la lisent le jour de Pourim, vendredi. Rabbi Yehouda HaNassi n’est pas d’accord et dit : Je dis que les lectures dans les grandes villes ne doivent pas être reportées de leur date habituelle, c’est-à-dire le quatorze adar. Au contraire, toutes deux, les grandes villes et celles-là, les villes fortifiées, lisent la Méguila le jour de Pourim.
מַאי טַעְמָא דְּתַנָּא קַמָּא? דִּכְתִיב: ״בְּכׇל שָׁנָה וְשָׁנָה״. מָה כׇּל שָׁנָה וְשָׁנָה עֲיָירוֹת קוֹדְמוֹת לַמּוּקָּפִין, אַף כָּאן עֲיָירוֹת קוֹדְמוֹת לַמּוּקָּפִין.
La Guemara demande : Quelle est la raison du premier tanna ? La Guemara explique que c’est comme il est écrit : « Afin d’observer ces deux jours selon ce qui en est écrit et selon leur temps, chaque année » (Esther 9:27), ce qui indique que Pourim doit être célébré chaque année de manière semblable. De même que dans chaque autre année les grandes villes ouvertes précèdent les villes fortifiées d’un jour, de même ici les grandes villes ouvertes précèdent les villes fortifiées d’un jour. Par conséquent, puisque les villes fortifiées ne peuvent pas lire la Méguila le Chabbat et qu’elles doivent avancer la lecture au vendredi, les grandes villes ouvertes doivent elles aussi avancer leur lecture d’un jour, au jeudi.
וְאֵימָא: ״בְּכׇל שָׁנָה וְשָׁנָה״, מָה כׇּל שָׁנָה וְשָׁנָה אֵין נִדְחִין עֲיָירוֹת מִמְּקוֹמָן — אַף כָּאן לֹא יִדָּחוּ עֲיָירוֹת מִמְּקוֹמָן! שָׁאנֵי הָכָא דְּלָא אֶפְשָׁר.
La Guemara soulève une objection : Dis que les mots « chaque année » indiquent que, de même que lors de chaque autre année, les lectures de la Meguila dans les grandes villes ne sont pas reportées de leur date habituelle et qu’elles lisent la Meguila le quatorze, de même ici, les lectures de la Meguila dans les grandes villes ne devraient pas être reportées de leur date habituelle, et elles aussi devraient lire le quatorze. La Guemara répond : Ici, c’est différent, car ce n’est pas possible pour les grandes villes de remplir toutes les conditions en même temps, c’est-à-dire lire le quatorze et lire un jour avant les villes entourées de murailles.
וְרַבִּי, מַאי טַעְמֵיהּ? ״בְּכׇל שָׁנָה וְשָׁנָה״, מָה כׇּל שָׁנָה וְשָׁנָה אֵין עֲיָירוֹת נִדְחִין מִמְּקוֹמָן — אַף כָּאן לֹא יִדָּחוּ עֲיָירוֹת מִמְּקוֹמָן.
La Guemara demande : Et Rabbi Yehuda HaNasi, quelle est sa raison ? La Guemara explique que cela aussi est fondé sur les mots « chaque année » ; de même que lors de chaque autre année, les lectures dans les grandes villes ne sont pas repoussées de leur date habituelle et elles lisent le quatorze, de même ici, les lectures dans les grandes villes ne sont pas repoussées de leur date habituelle, mais elles lisent le quatorze.
וְאֵימָא: ״בְּכׇל שָׁנָה וְשָׁנָה״, מָה כׇּל שָׁנָה וְשָׁנָה עֲיָירוֹת קוֹדְמוֹת לַמּוּקָּפִין — אַף כָּאן נָמֵי עֲיָירוֹת קוֹדְמוֹת לַמּוּקָּפִין! שָׁאנֵי הָכָא דְּלָא אֶפְשָׁר.
La Guemara soulève une objection : Dis que les mots « chaque année » indiquent que, de même que chaque année les grandes villes précèdent les villes entourées de murailles d’un jour et lisent le quatorzième, de même ici les grandes villes précèdent les villes entourées de murailles d’un jour et lisent le treizième. La Guemara répond : Ici, c’est différent, car il n’est pas possible de remplir toutes les conditions en même temps, c’est-à-dire lire le quatorzième et lire un jour avant les villes entourées de murailles.
מַאי רַבִּי יוֹסֵי? דְּתַנְיָא: חָל לִהְיוֹת בְּעֶרֶב שַׁבָּת — מוּקָּפִין וּכְפָרִים מַקְדִּימִין לְיוֹם הַכְּנִיסָה, וַעֲיָירוֹת גְּדוֹלוֹת קוֹרִין בּוֹ בַיּוֹם. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: אֵין מוּקָּפִין קוֹדְמִין לַעֲיָירוֹת, אֶלָּא אֵלּוּ וָאֵלּוּ קוֹרִין בּוֹ בַיּוֹם.
La Guemara demande : Quel est l’avis de Rabbi Yossei ? Comme il est enseigné dans une baraita : Si le quatorzième tombe la veille de Chabbat, les villes fortifiées et les villages avancent leur lecture de la Méguila au jour d’assemblée, et les grandes villes lisent celle-ci le jour de Pourim lui-même. Rabbi Yossei dit : Les villes fortifiées ne précèdent jamais les grandes villes ; au contraire, celles-ci, les grandes villes, et celles-là, les villes fortifiées, lisent ce jour-là, c’est-à-dire le vendredi, le quatorze adar.
מַאי טַעְמָא דְּתַנָּא קַמָּא? דִּכְתִיב: ״בְּכׇל שָׁנָה וְשָׁנָה״, מָה כׇּל שָׁנָה וְשָׁנָה עֲיָירוֹת בְּאַרְבָּעָה עָשָׂר, וּזְמַנּוֹ שֶׁל זֶה לֹא זְמַנּוֹ שֶׁל זֶה — אַף כָּאן עֲיָירוֹת בְּאַרְבָּעָה עָשָׂר, וּזְמַנּוֹ שֶׁל זֶה לֹא זְמַנּוֹ שֶׁל זֶה.
La Guemara demande : Quelle est la raison du premier tanna ? Comme il est écrit : « Chaque année » ; de même que dans chaque autre année, les grandes villes lisent la Méguila le quatorze, et le moment pour ce type d’agglomération de lire la Méguila n’est pas le moment pour cet autre type d’agglomération de lire la Méguila, puisque les grandes villes et les villes fortifiées ne lisent jamais la Méguila le même jour, de même ici, les grandes villes lisent la Méguila le quatorze, et le moment pour ce type d’agglomération de lire la Méguila n’est pas le moment pour cet autre type d’agglomération de lire la Méguila. Par conséquent, les villes fortifiées doivent avancer leur lecture de la Méguila de deux jours jusqu’au jour de l’assemblée, jeudi.
וְאֵימָא: ״בְּכׇל שָׁנָה וְשָׁנָה״, מָה כׇּל שָׁנָה וְשָׁנָה אֵין מוּקָּפִין קוֹדְמִין לָעֲיָירוֹת, אַף כָּאן אֵין מוּקָּפִין קוֹדְמִין לָעֲיָירוֹת! שָׁאנֵי הָכָא דְּלָא אֶפְשָׁר.
La Guemara soulève une objection : Dis que les mots « chaque année » indiquent que, de même que dans chaque autre année les villes entourées de murailles ne précèdent pas les grandes villes, de même ici, les villes entourées de murailles ne précèdent pas les grandes villes. La Guemara répond : Ici, c’est différent, car il n’est pas possible de remplir toutes les conditions en même temps, c’est-à-dire que les grandes villes lisent le quatorze, que les grandes villes et les villes entourées de murailles lisent à des jours différents, et que les villes entourées de murailles ne précèdent pas les grandes villes.
מַאי טַעְמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹסֵי? ״בְּכׇל שָׁנָה וְשָׁנָה״, מָה כׇּל שָׁנָה וְשָׁנָה אֵין מוּקָּפִין קוֹדְמִין לָעֲיָירוֹת — אַף כָּאן אֵין מוּקָּפִין קוֹדְמִין לָעֲיָירוֹת.
Quelle est la raison de Rabbi Yossei ? Elle se fonde sur les mots « chaque année » ; de même que dans chaque autre année les villes entourées de murailles ne précèdent pas les grandes villes, de même ici, les villes entourées de murailles ne précèdent pas les grandes villes.
וְאֵימָא: ״בְּכׇל שָׁנָה וְשָׁנָה״, מָה כׇּל שָׁנָה וְשָׁנָה זְמַנּוֹ שֶׁל זֶה לֹא זְמַנּוֹ שֶׁל זֶה — אַף כָּאן זְמַנּוֹ שֶׁל זֶה לֹא זְמַנּוֹ שֶׁל זֶה! שָׁאנֵי הָכָא דְּלָא אֶפְשָׁר.
La Guemara soulève une difficulté : Dis que les mots « chaque année » indiquent que, de même que dans chaque autre année, le moment pour ce type d’agglomération de lire la Méguila n’est pas le moment pour cet autre type d’agglomération de lire la Méguila, de même ici, le moment pour ce type d’agglomération de lire la Méguila n’est pas le moment pour cet autre type d’agglomération de lire la Méguila. Par conséquent, puisque les grandes villes lisent le quatorzième, les villes entourées de murailles lisent le treizième. La Guemara répond : Ici, c’est différent, car il n’est pas possible de remplir toutes les conditions. Il ressort clairement de ces baraitot que le tanna de la michna peut être soit Rabbi Yehouda HaNassi soit Rabbi Yossei, mais non l’un des deux tanna’im anonymes.
וְסָבַר רַבִּי עֲיָירוֹת לָא דָּחִינַן לְיוֹם הַכְּנִיסָה? וְהָתַנְיָא: חָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת — כְּפָרִים מַקְדִּימִין לְיוֹם הַכְּנִיסָה, וַעֲיָירוֹת גְּדוֹלוֹת קוֹרִין בָּעֶרֶב שַׁבָּת, וּמוּקָּפוֹת חוֹמָה לְמָחָר. רַבִּי אוֹמֵר, אוֹמֵר אֲנִי: הוֹאִיל וְנִדְחוּ עֲיָירוֹת מִמְּקוֹמָן — יִדָּחוּ לְיוֹם הַכְּנִיסָה.
La Guemara demande : Rabbi Yehuda HaNasi soutient-il vraiment qu’on ne reporte pas la lecture de la Meguila dans les grandes villes au jour d’assemblée ? N’est-il pas enseigné dans une baraita : Si le quatorze tombe un Chabbat, les villages avancent leur lecture de la Meguila au jour d’assemblée, les grandes villes lisent celle-ci la veille de Chabbat, et les villes fortifiées la lisent le lendemain, c’est-à-dire le dimanche. Rabbi Yehuda HaNasi dit : Je dis que, puisque les lectures dans les grandes villes ont déjà été reportées de leur date habituelle, c’est-à-dire le quatorze, elles sont reportées au jour d’assemblée, c’est-à-dire au jeudi. Par conséquent, même Rabbi Yehuda HaNasi convient que la lecture dans les grandes villes peut être déplacée au jour d’assemblée. Pourquoi ne soutient-il pas aussi que les grandes villes lisent la Meguila au jour d’assemblée lorsque le quatorze tombe un vendredi ?
הָכִי הַשְׁתָּא? הָתָם זְמַנָּם שַׁבָּת הִיא, וְהוֹאִיל דְּנִדְחוּ — יִדָּחוּ. וְהָכָא, זְמַנָּם עֶרֶב שַׁבָּת!
La Guemara répond : Comment peut-on comparer ces cas ? Là-bas, dans la seconde baraita, le moment désigné pour eux pour lire la Méguila est le Chabbat, mais la Méguila n’est pas lue le Chabbat, et ils doivent donc la lire un autre jour. Par conséquent, puisque les lectures dans les grandes villes ont été reportées, elles sont reportées d’un jour supplémentaire et ont lieu le jeudi, le jour d’assemblée, en même temps que les lectures dans les villages. Ici, leur moment désigné est la veille de Chabbat, et il n’y a aucune raison de déplacer la lecture de ce jour-là.
כְּמַאן אָזְלָא הָא דְּאָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ אָמַר רַב הוּנָא: פּוּרִים שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת — הַכֹּל נִדְחִין לְיוֹם הַכְּנִיסָה. הַכֹּל נִדְחִין סָלְקָא דַּעְתָּךְ?! וְהָא אִיכָּא מוּקָּפִין דְּעָבְדִי לִמְחַר! אֶלָּא: כׇּל הַנִּדְחֶה יִדָּחֶה לְיוֹם הַכְּנִיסָה. כְּמַאן — כְּרַבִּי.
La Guemara demande : Conformément à l’opinion de qui est ce qu’a dit Rabbi Ḥelbo selon quoi Rav Houna a dit : lorsque Pourim tombe un Chabbat, la lecture de la Méguila dans tous les endroits est reportée au jour de l’assemblée ? La Guemara corrige la formulation de la déclaration de Rav Houna : Peut-il te venir à l’esprit de dire que la lecture de la Méguila dans tous les endroits est reportée au jour de l’assemblée ? N’y a-t-il pas des villes entourées de murailles qui accomplissent cette cérémonie le lendemain, c’est-à-dire le dimanche ? Plutôt, la déclaration de Rav Houna doit être formulée ainsi : Toutes les lectures qui sont reportées sont reportées au jour de l’assemblée. Conformément à l’opinion de qui cela a-t-il été dit ? C’est conformément à l’opinion de Rabbi Yehouda HaNassi.
דְּכוּלֵּי עָלְמָא מִיהָא מְגִילָּה בְּשַׁבָּת לָא קָרִינַן. מַאי טַעְמָא? אָמַר רַבָּה: הַכֹּל חַיָּיבִין בִּקְרִיאַת מְגִילָּה (וּבִתְקִיעַת שׁוֹפָר), וְאֵין הַכֹּל בְּקִיאִין בְּמִקְרָא מְגִילָּה. גְּזֵירָה שֶׁמָּא יִטְּלֶנָּה בְּיָדוֹ וְיֵלֵךְ אֵצֶל בָּקִי לִלְמוֹד, וְיַעֲבִירֶנָּה אַרְבַּע אַמּוֹת בִּרְשׁוּת הָרַבִּים.
Quoi qu’il en soit, il ressort de la michna et des baraitot que tout le monde est d’accord pour dire qu’on ne lit pas la Méguila le Chabbat. Quelle en est la raison ? Rabba a dit : Tout le monde est tenu de participer à la lecture de la Méguila à Pourim et à la sonnerie du shofar à Roch Hachana, et tout le monde ne maîtrise pas la lecture de la Méguila. C’est pourquoi les Sages ont promulgué un décret rabbinique selon lequel la Méguila n’est pas lue le Chabbat, de peur que quelqu’un ne prenne la Méguila dans sa main et n’aille voir un expert pour apprendre à la lire ou pour entendre l’expert la lire, et, en raison de sa préoccupation, il la transporte sur quatre coudées dans le domaine public, profanant ainsi le Chabbat.
וְהַיְינוּ טַעְמָא דְשׁוֹפָר. וְהַיְינוּ טַעְמָא דְלוּלָב.
La Guemara commente : Et cette même préoccupation pour la sainteté du Chabbat est la raison pour laquelle les Sages ont décrété que le shofar n’est pas sonné lorsque Roch Hachana tombe un Chabbat. Et cette même préoccupation est la raison pour laquelle les Sages ont décrété qu’on ne peut pas prendre le loulav le Chabbat.
רַב יוֹסֵף אָמַר: מִפְּנֵי שֶׁעֵינֵיהֶן שֶׁל עֲנִיִּים נְשׂוּאוֹת בְּמִקְרָא מְגִילָּה. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: אַף עַל פִּי שֶׁאָמְרוּ כְּפָרִים מַקְדִּימִין לְיוֹם הַכְּנִיסָה — גּוֹבִין בּוֹ בַיּוֹם, וּמְחַלְּקִין בּוֹ בַיּוֹם.
Rav Yossef a dit qu’il y a une autre raison pour laquelle la Méguila n’est pas lue pendant Chabbat : Parce que les yeux des pauvres sont tournés vers la lecture de la Méguila. Les pauvres attendent le jour où la Méguila est lue, car ce jour-là des dons sont distribués aux pauvres. Si la Méguila est lue pendant Chabbat, il ne sera pas possible de distribuer des dons aux pauvres, qui seront profondément déçus. La Guemara note que cela est également enseigné dans une baraita : Bien que les Sages aient dit que les villages avancent leur lecture de la Méguila au jour de l’assemblée, ils recueillent aussi les dons pour les pauvres ce jour-là, et les distribuent aux pauvres ce jour-là.
אַף עַל פִּי שֶׁאָמְרוּ? אַדְּרַבָּה, מִשּׁוּם דְּאָמְרוּ הוּא! אֶלָּא: הוֹאִיל וְאָמְרוּ שֶׁכְּפָרִים מַקְדִּימִין לְיוֹם הַכְּנִיסָה — גּוֹבִין בּוֹ בַיּוֹם, וּמְחַלְּקִין בּוֹ בַיּוֹם, מִפְּנֵי שֶׁעֵינֵיהֶם שֶׁל עֲנִיִּים נְשׂוּאוֹת בְּמִקְרָא מְגִילָּה. אֲבָל
La Guemara est troublée par la formulation de cette baraita. La baraita dit-elle : Bien que les Sages aient dit ? Au contraire, c’est parce qu’ils ont dit que les villages avancent leur lecture au jour de l’assemblée que les dons doivent être recueillis et distribués aux pauvres ce jour-là même. Plutôt, la baraita doit être lue ainsi : Puisque les Sages ont dit que les villages avancent leur lecture de la Méguila au jour de l’assemblée, ils recueillent les dons pour les pauvres ce jour-là et les distribuent ce jour-là, parce que les yeux des pauvres sont tournés vers la lecture de la Méguila, et ils ne doivent pas être déçus. Cependant,

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