לוֹד וְאוֹנוֹ וְגֵיא הַחֲרָשִׁים — מוּקָּפוֹת חוֹמָה מִימוֹת יְהוֹשֻׁעַ בִּן נוּן הֲווֹ.
Les villes Lod, Ono et Gei HeḤarashim sont des villes qui ont été entourées de murailles depuis les jours de Josué, fils de Nun.
וְהָנֵי יְהוֹשֻׁעַ בְּנַנְהִי? וְהָא אֶלְפַּעַל בְּנַנְהִי, דִּכְתִיב: ״[וּ]בְנֵי אֶלְפַּעַל עֵבֶר וּמִשְׁעָם וָשָׁמֶר הוּא בָּנָה אֶת אוֹנוֹ וְאֶת לוֹד וּבְנוֹתֶיהָ״! וּלְטַעְמָיךְ, אָסָא בְּנַנְהִי, דִּכְתִיב: ״וַיִּבֶן (אָסָא אֶת עָרֵי הַבְּצוּרוֹת אֲשֶׁר לִיהוּדָה)״.
La Guemara demande : Josué, fils de Noun, a-t-il vraiment construit ces villes ? N’est-ce pas Elpaal qui les a construites à une date ultérieure, comme il est écrit : « Et les fils d’Elpaal : Éber, Misham et Shémed, qui bâtit Ono et Lod avec leurs hameaux » (I Chroniques 8:12) ? La Guemara rétorque : Selon ton raisonnement, selon lequel ce verset prouve que ces villes ont été construites plus tard, on peut aussi dire qu’Asa, roi de Juda, les a construites, comme il est écrit : « Et lui, Asa, bâtit des villes fortifiées en Juda » (voir II Chroniques 14:5). Il est donc évident que ces villes ont été construites plus d’une fois.
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: הָנֵי מוּקָּפוֹת חוֹמָה מִימוֹת יְהוֹשֻׁעַ בִּן נוּן הֲווֹ. חֲרוּב בִּימֵי פִּילֶגֶשׁ בְּגִבְעָה, וַאֲתָא אֶלְפַּעַל בְּנַנְהִי. הֲדוּר אִינְּפוּל, אֲתָא אָסָא שַׁפְּצִינְהוּ.
Rabbi Elazar a dit : Ces villes étaient entourées d’une muraille depuis les jours de Josué, fils de Noun, et furent détruites aux jours de la concubine de Guivéa, car elles se trouvaient dans le territoire tribal de Benjamin, et dans cette guerre toutes les villes de Benjamin furent détruites (voir Juges, chapitres 19–21). Elpaal vint alors et les reconstruisit. Elles tombèrent ensuite dans les guerres entre Juda et Israël, et Asa vint et les restaura.
דַּיְקָא נָמֵי, דִּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר לִיהוּדָה נִבְנֶה אֶת הֶעָרִים הָאֵלֶּה״, מִכְּלָל דְּעָרִים הֲווֹ מֵעִיקָּרָא. שְׁמַע מִינַּהּ.
La Guemara commente : Le langage du verset est également précis selon cette explication, comme il est écrit au sujet d’Asa : « Et il dit à Juda : Construisons ces villes » (II Chroniques 14:6), ce qui prouve par inférence qu’elles étaient déjà des villes au départ, et qu’il n’a pas construit de nouvelles villes. La Guemara conclut : En effet, apprends de cela qu’il en est ainsi.
וְאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: נָשִׁים חַיָּיבוֹת בְּמִקְרָא מְגִילָּה, שֶׁאַף הֵן הָיוּ בְּאוֹתוֹ הַנֵּס. וְאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: פּוּרִים שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת, שׁוֹאֲלִין וְדוֹרְשִׁין בְּעִנְיָנוֹ שֶׁל יוֹם.
§ Et Rabbi Yehoshua ben Levi aussi a dit : Les femmes sont tenues à la lecture de la Méguila, car elles aussi ont été des participantes importantes à ce miracle. Et Rabbi Yehoshua ben Levi aussi a dit : Lorsque Pourim tombe un Chabbat, on pose des questions et on expose le sujet du jour.
מַאי אִרְיָא פּוּרִים? אֲפִילּוּ יוֹם טוֹב נָמֵי! דְּתַנְיָא: מֹשֶׁה תִּיקֵּן לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל שֶׁיְּהוּ שׁוֹאֲלִין וְדוֹרְשִׁין בְּעִנְיָנוֹ שֶׁל יוֹם: הִלְכוֹת פֶּסַח בַּפֶּסַח, הִלְכוֹת עֲצֶרֶת בָּעֲצֶרֶת, וְהִלְכוֹת חַג בֶּחָג!
La Guemara soulève une question au sujet de la dernière halakha : Pourquoi était-il nécessaire de préciser Pourim ? Le même principe s’applique aussi aux fêtes, comme il est enseigné dans une baraita : Moïse a institué pour le peuple juif qu’ils posent des questions sur et exposent le sujet du jour : Ils doivent s’occuper des halakhot de Pessa'h à Pessa'h, des halakhot de Chavouot à Chavouot, et des halakhot de la fête de Souccot pendant la fête de Souccot.
פּוּרִים אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ, מַהוּ דְּתֵימָא: נִגְזוֹר מִשּׁוּם דְּרַבָּה, קָא מַשְׁמַע לַן.
La Guemara répond : Il était nécessaire que Rabbi Yehoshua ben Levi mentionne Pourim, de peur que tu ne dises que, lorsque Pourim tombe un Chabbat, nous devrions décréter qu’il est interdit d’exposer les halakhot du jour en raison de la préoccupation de Rabba, qui a dit que la raison pour laquelle la Méguila n’est pas lue lors d’un Pourim qui tombe un Chabbat est due à la crainte que quelqu’un ne transporte la Méguila dans le domaine public. Rabbi Yehoshua ben Levi nous enseigne donc qu’exposer les halakhot du jour n’est pas interdit comme mesure préventive, de peur qu’on ne lise la Méguila le Chabbat.
וְאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: חַיָּיב אָדָם לִקְרוֹת אֶת הַמְּגִילָּה בַּלַּיְלָה וְלִשְׁנוֹתָהּ בַּיּוֹם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֱלֹהַי אֶקְרָא יוֹמָם וְלֹא תַעֲנֶה וְלַיְלָה וְלֹא דוּמִיָּה לִי״.
Et Rabbi Yehoshua ben Levi a en outre dit au sujet de Pourim : Une personne est tenue de lire la Méguila la nuit puis de la répéter [lishnota] pendant le jour, comme il est dit : « Ô mon Dieu, j’appelle le jour, mais Tu ne réponds pas ; et la nuit, et il n’y a pas de répit pour moi » (Psaumes 22:3), ce qui fait allusion à la lecture de la Méguila aussi bien de jour que de nuit.
סְבוּר מִינָּה לְמִקְרְיַיהּ בְּלֵילְיָא וּלְמִיתְנֵא מַתְנִיתִין דִּידַהּ בִּימָמָא. אֲמַר לְהוּ רַבִּי יִרְמְיָה: לְדִידִי מִיפָּרְשָׁא לִי מִינֵּיהּ דְּרַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא, כְּגוֹן דְּאָמְרִי אִינָשֵׁי: אֶעֱבוֹר פָּרַשְׁתָּא דָּא וְאֶתְנְיַיהּ.
Certains des étudiants qui ont entendu cette déclaration en ont compris que l’on est tenu de lire la Méguila la nuit et d’étudier son traité pertinent de Mishna le jour, puisque le terme lishnota peut être compris comme signifiant étudier la Mishna. Rabbi Yirmeya leur dit : Il m’a été expliqué personnellement par Rabbi Ḥiyya bar Abba lui-même que le terme lishnota a ici une connotation différente, par exemple, comme on dit : Je vais terminer cette section et la répéter, c’est-à-dire revoir mon étude. De même, la déclaration de Rabbi Yehoshua ben Levi signifie qu’il faut répéter la lecture de la Méguila le jour après l’avoir lue la nuit.
אִיתְּמַר נָמֵי, אָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ אָמַר עוּלָּא בִּירָאָה: חַיָּיב אָדָם לִקְרוֹת אֶת הַמְּגִילָּה בַּלַּיְלָה וְלִשְׁנוֹתָהּ בַּיּוֹם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לְמַעַן יְזַמֶּרְךָ כָבוֹד וְלֹא יִדּוֹם ה׳ אֱלֹהַי לְעוֹלָם אוֹדֶךָּ״.
La Guemara note que cette décision a également été énoncée par un autre amora, car Rabbi Ḥelbo a dit que Ulla Bira’a a dit : Une personne est tenue de lire la Meguila la nuit et ensuite de la répéter pendant la journée, comme il est dit : « Afin que ma gloire Te chante des louanges et ne se taise pas ; ô Seigneur, mon Dieu, je Te rendrai grâce pour toujours » (Psaumes 30:13). La double formulation du chant de louange et du fait de ne pas se taire fait allusion à la lecture de la Meguila à la fois la nuit et le jour.
אֶלָּא שֶׁהַכְּפָרִים מַקְדִּימִין לְיוֹם הַכְּנִיסָה. אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: חֲכָמִים הֵקֵילּוּ עַל הַכְּפָרִים לִהְיוֹת מַקְדִּימִין לְיוֹם הַכְּנִיסָה כְּדֵי שֶׁיְּסַפְּקוּ מַיִם וּמָזוֹן לַאֲחֵיהֶם שֶׁבַּכְּרַכִּין.
§ Nous avons appris dans la michna que les habitants des villes non fortifiées lisent la Méguila le quatorze adar ; cependant, les habitants des villages peuvent avancer leur lecture au jour d’assemblée, le lundi ou le jeudi précédant Pourim. Rabbi Ḥanina a dit : Les Sages ont été indulgents envers les villages et leur ont permis d’avancer leur lecture de la Méguila au jour d’assemblée, afin qu’ils soient libres de fournir de l’eau et de la nourriture à leurs frères dans les villes le jour de Pourim. Si tout le monde était occupé à lire la Méguila le quatorze, les habitants des villes n’auraient pas assez à manger.