וְלֹא בֵּרַכְתִּי לִפְנֵי כֹהֵן, וְלֹא אָכַלְתִּי מִבְּהֵמָה שֶׁלֹּא הוּרְמוּ מַתְּנוֹתֶיהָ.
Et je n’ai jamais récité la Grâce après les repas en présence d’un prêtre, mais je lui ai plutôt donné le privilège de diriger. Et je n’ai jamais mangé d’un animal dont les parts sacerdotales, c’est-à-dire l’épaule, la mâchoire et l’estomac, n’avaient pas déjà été mises à part.
דְּאָמַר רַבִּי יִצְחָק אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אָסוּר לֶאֱכוֹל מִבְּהֵמָה שֶׁלֹּא הוּרְמוּ מַתְּנוֹתֶיהָ. וְאָמַר רַבִּי יִצְחָק: כׇּל הָאוֹכֵל מִבְּהֵמָה שֶׁלֹּא הוּרְמוּ מַתְּנוֹתֶיהָ, כְּאִילּוּ אוֹכֵל טְבָלִים. וְלֵית הִלְכְתָא כְּווֹתֵיהּ.
Un autre exemple du comportement méticuleux de Rabbi Perida est fondé sur ce qu’a dit Rabbi Yitzḥak, à savoir que Rabbi Yoḥanan a dit : Il est interdit de manger de la viande provenant d’un animal dont les parts sacerdotales n’ont pas été prélevées. Et Rabbi Yitzḥak a dit : Quiconque mange de la viande provenant d’un animal dont les parts sacerdotales n’ont pas été prélevées est considéré comme s’il mangeait un produit non dîmé. La Guemara commente : Et la halakha n’est pas conforme à son avis. Au contraire, il est permis de manger la viande d’un tel animal. Néanmoins, Rabbi Perida a agi avec rigueur et n’en a pas mangé.
וְלֹא בֵּרַכְתִּי לִפְנֵי כֹהֵן,
La Guemara examine une autre des actions de Rabbi Perida : Il a dit : Et je n’ai jamais récité la Grâce après les repas en présence d’un prêtre, mais je lui ai plutôt donné le privilège de diriger.
לְמֵימְרָא דִּמְעַלְּיוּתָא הִיא? וְהָא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל תַּלְמִיד חָכָם שֶׁמְּבָרֵךְ לְפָנָיו, אֲפִילּוּ כֹּהֵן גָּדוֹל עַם הָאָרֶץ — אוֹתוֹ תַּלְמִיד חָכָם חַיָּיב מִיתָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כׇּל מְשַׂנְאַי אָהֲבוּ מָוֶת״. אַל תִּקְרֵי ״מְשַׂנְאַי״, אֶלָּא ״מַשְׂנִיאַי״.
Cela veut-il dire que faire ainsi est particulièrement vertueux ? Mais Rabbi Yoḥanan n’a-t-il pas dit : Tout érudit de la Torah qui permet à quelqu’un d’autre de réciter la bénédiction de Grâce après le repas en sa présence, c’est-à-dire de diriger pour lui, même si cette personne est un Grand Prêtre qui est un ignorant, alors cet érudit de la Torah est passible de la peine de mort pour avoir rabaissé son propre honneur ? C’est comme il est dit : « Tous ceux qui me haïssent aiment la mort » (Proverbes 8:36). Ne lis pas cela comme « ceux qui me haïssent [mesan’ai] », mais lis-le comme s’il était dit : Ceux qui me rendent haï [masni’ai]. L’honneur dû à un érudit de la Torah représente l’honneur de Dieu dans le monde. Par conséquent, en rabaissant son propre honneur, il amène les autres à manquer de respect envers Dieu, ce qui peut finalement se développer en haine. Si tel est le cas, pourquoi Rabbi Perida considérait-il son comportement comme si digne de louange ?
כִּי קָאָמַר אִיהוּ, בְּשָׁוִין.
La Guemara répond : Lorsque Rabbi Perida dit cela, il parlait de personnes de stature égale. Il veillait à n’honorer la prêtrise que lorsque le prêtre était aussi un érudit de la Torah.
שָׁאֲלוּ תַּלְמִידָיו אֶת רַבִּי נְחוּנְיָא בֶּן הַקָּנָה: בַּמֶּה הֶאֱרַכְתָּ יָמִים? אָמַר לָהֶם: מִיָּמַי לֹא נִתְכַּבַּדְתִּי בִּקְלוֹן חֲבֵרִי, וְלֹא עָלְתָה עַל מִטָּתִי קִלְלַת חֲבֵרִי, וּוַתְּרָן בְּמָמוֹנִי הָיִיתִי.
La Guemara traite du quatrième Sage qui fut béni d’une longue vie : Rabbi Neḥunya ben HaKana fut un jour interrogé par ses disciples : Par le mérite de quelle vertu avez-vous été béni de longévité ? Il leur dit : De tous mes jours, je n’ai jamais recherché les honneurs aux dépens de la dégradation de mon prochain. Et la malédiction de mon prochain n’est jamais montée avec moi sur mon lit. Si jamais j’offensais quelqu’un, je veillais à l’apaiser ce jour-là même. Ainsi, lorsque j’allais me coucher, je savais que personne n’avait de grief contre moi. Et j’étais toujours généreux de mon argent.
לֹא נִתְכַּבַּדְתִּי בִּקְלוֹן חֲבֵרִי — כִּי הָא דְּרַב הוּנָא דָּרֵי מָרָא אַכַּתְפֵּיהּ. אֲתָא רַב חָנָא בַּר חֲנִילַאי וְקָא דָרֵי מִינֵּיהּ. אֲמַר לֵיהּ: אִי רְגִילַתְּ דְּדָרֵית בְּמָאתָיךְ — דְּרִי, וְאִי לָא, אִתְיַיקּוֹרֵי אֲנָא בְּזִילוּתָא דִּידָךְ לָא נִיחָא לִי.
La Guemara clarifie le sens de sa déclaration : Rabbi Neḥunya a dit : Je n’ai jamais obtenu de vénération aux dépens du dénigrement de mon prochain. Cela fait référence à une conduite telle que celle de Rav Houna, qui portait une houe sur son épaule alors qu’il revenait de son travail. Rav Ḥana bar Ḥanilai vint et, par respect pour son maître, prit la houe de ses mains pour la porter à sa place. Rav Houna lui dit : Si tu as l’habitude de porter de tels objets dans ta propre ville, tu peux la porter ; mais sinon, alors il ne m’est pas agréable d’être honoré par ton humiliation.
וְלֹא עָלְתָה עַל מִטָּתִי קִלְלַת חֲבֵרִי — כִּי הָא דְּמַר זוּטְרָא כִּי הֲוָה סָלֵיק לְפוּרְיֵיהּ, אֲמַר: שְׁרֵי לֵיהּ לְכׇל מַאן דְּצַעֲרָן.
Rabbi Neḥunya a également dit : Et jamais je n’ai permis au ressentiment causé par la malédiction de mon prochain de monter avec moi sur mon lit. Cela fait référence à une conduite telle que celle de Mar Zutra. Lorsqu’il allait se coucher la nuit, il disait d’abord : Je pardonne à quiconque m’a contrarié.
וּוַתְּרָן בְּמָמוֹנִי הָיִיתִי — דְּאָמַר מָר: אִיּוֹב וַותְּרָן בְּמָמוֹנֵיהּ הֲוָה, שֶׁהָיָה מַנִּיחַ פְּרוּטָה לַחֶנְוָנִי מִמָּמוֹנֵיהּ.
Enfin, Rabbi Neḥunya dit : Et j’étais toujours généreux avec mon argent. Cela fait référence à une conduite telle que celle dont le Maître a parlé : Job était généreux avec son argent, car il toujours laissait au moins une perouta de son argent au commerçant. Il ne réclamait jamais la monnaie de ses transactions.
שָׁאַל רַבִּי עֲקִיבָא אֶת רַבִּי נְחוּנְיָא הַגָּדוֹל (אָמַר לוֹ): בַּמֶּה הֶאֱרַכְתָּ יָמִים? אֲתוֹ גַּוּוֹזֵי וְקָא מָחוּ לֵיהּ. סְלֵיק, יְתֵיב אַרֵישָׁא דְּדִיקְלָא. אֲמַר לֵיהּ, רַבִּי: אִם נֶאֱמַר ״כֶּבֶשׂ״ לָמָּה נֶאֱמַר ״אֶחָד״? אָמַר לְהוּ: צוּרְבָּא מִדְּרַבָּנַן הוּא, שִׁבְקוּהוּ.
En une occasion semblable, Rabbi Akiva demanda à Rabbi Neḥunya le Grand ; il lui dit : Par le mérite de quelle vertu as-tu été bénie de longévité ? Les serviteurs [gavzei] de Rabbi Neḥunya vinrent et se mirent à frapper Rabbi Akiva, car ils estimèrent qu’il agissait avec irrespect en soulignant le grand âge de Rabbi Neḥunya. Rabbi Akiva s’enfuit devant eux, et grimpa et s’assit au sommet d’un palmier-dattier. De là, il dit à Rabbi Neḥunya : Mon maître, j’ai une question au sujet du verset concernant l’offrande quotidienne qui dit « un agneau » (Nombres 28:4). S’il est dit « agneau » au singulier, pourquoi est-il aussi dit « un » ; cela n’est-il pas superflu ? En entendant la question érudite de Rabbi Akiva, Rabbi Neḥunya dit à ses serviteurs : C’est clairement un jeune érudit de Torah, laissez-le.
אֲמַר לֵיהּ: ״אֶחָד״ — מְיוּחָד שֶׁבְּעֶדְרוֹ.
Rabbi Neḥunya répondit alors aux questions de Rabbi Akiva. En ce qui concerne la deuxième question, il lui dit : Le mot « un » enseigne que l’agneau doit être l’unique de son troupeau, c’est-à-dire qu’il faut utiliser uniquement l’agneau de la meilleure qualité.
אֲמַר לֵיהּ: מִיָּמַי לֹא קִבַּלְתִּי מַתָּנוֹת, וְלֹא עָמַדְתִּי עַל מִדּוֹתַי, וּוַתְּרָן בְּמָמוֹנִי הָיִיתִי.
En ce qui concerne la question initiale, Rabbi Neḥunya lui dit : De tous mes jours, je n’ai jamais accepté de cadeaux. Je n’ai pas non plus été jamais inflexible en exigeant une mesure de rétribution contre ceux qui m’avaient offensé. Et j’ai été toujours généreux avec mon argent.
לֹא קִבַּלְתִּי מַתָּנוֹת, כִּי הָא דְּרַבִּי אֶלְעָזָר כִּי הֲווֹ מְשַׁדְּרִי לֵיהּ מַתָּנוֹת מִבֵּי נְשִׂיאָה — לָא הֲוָה שָׁקֵיל. כִּי הֲוָה מְזַמְּנִי לֵיהּ — לָא הֲוָה אָזֵיל, אֲמַר לְהוּ: לָא נִיחָא לְכוּ דְּאֶחְיֶה, דִּכְתִיב: ״שׂוֹנֵא מַתָּנוֹת יִחְיֶה״. רַבִּי זֵירָא כִּי הֲווֹ מְשַׁדְּרִי לֵיהּ מִבֵּי נְשִׂיאָה — לָא הֲוָה שָׁקֵיל. כִּי הֲוָה מְזַמְּנִי לֵיהּ — אָזֵיל. אֲמַר: אִתְיַיקּוֹרֵי דְּמִתְיַיקְּרִי בִּי.
La Guemara explique : Je n’ai jamais accepté de cadeaux ; cela fait référence à une conduite telle que celle de Rabbi Elazar. Lorsqu’on lui envoyait des cadeaux de la maison du Nasi, il ne les acceptait pas, et lorsqu’on l’invitait, il n’y allait pas, car il considérait l’hospitalité comme une forme de cadeau. Il leur disait : Ne vous est-il pas agréable que je vive, comme il est écrit : « Celui qui hait les cadeaux vivra » (Proverbes 15:27) ? En revanche, il a été rapporté au sujet de Rabbi Zeira que, lorsqu’on lui envoyait des cadeaux de la maison du Nasi, il ne les acceptait pas, mais lorsqu’on l’invitait, il y allait. Il a dit : Ils sont honorés par ma présence ; par conséquent, ma visite n’est pas considérée comme si je recevais un cadeau de leur part.
וְלֹא עָמַדְתִּי עַל מִדּוֹתַי — דְּאָמַר רָבָא: כׇּל הַמַּעֲבִיר עַל מִדּוֹתָיו — מַעֲבִירִין מִמֶּנּוּ כׇּל פְּשָׁעָיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״נוֹשֵׂא עָוֹן וְעוֹבֵר עַל פֶּשַׁע״. לְמִי נוֹשֵׂא עָוֹן — לְמִי שֶׁעוֹבֵר עַל פֶּשַׁע.
Il a aussi dit : Je n’ai jamais été inflexible en exigeant une mesure de rétribution contre ceux qui m’avaient fait du tort. Cela fait référence à une conduite telle que celle dont Rava a dit : Quiconque renonce à exiger une mesure de rétribution contre ceux qui lui ont fait du tort, toutes ses transgressions lui sont ôtées, comme il est dit : « Il pardonne l’iniquité et passe par-dessus la transgression » (Michée 7:18), ce qui se lit de manière homilétique comme disant : À qui pardonne-t-Il l’iniquité ? À celui qui passe par-dessus les transgressions que d’autres ont commises contre lui.
שָׁאַל רַבִּי אֶת רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה: בַּמָּה הֶאֱרַכְתָּ יָמִים? אָמַר לוֹ: קַצְתָּ בְּחַיַּי? אָמַר לוֹ: רַבִּי, תּוֹרָה הִיא וְלִלְמוֹד אֲנִי צָרִיךְ. אָמַר לוֹ: מִיָּמַי לֹא נִסְתַּכַּלְתִּי בִּדְמוּת אָדָם רָשָׁע. דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אָסוּר לְאָדָם לְהִסְתַּכֵּל בְּצֶלֶם דְּמוּת אָדָם רָשָׁע, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לוּלֵא פְּנֵי יְהוֹשָׁפָט מֶלֶךְ יְהוּדָה אֲנִי נוֹשֵׂא אִם אַבִּיט אֵלֶיךָ וְאִם אֶרְאֶךָּ״.
Dans un incident similaire, Rabbi Yehuda HaNasi a un jour demandé à Rabbi Yehoshua ben Korḥa : Par le mérite de quelle vertu as-tu été béni de longévité ? Il lui dit : Pourquoi me demandes-tu cela, es-tu lassé de ma longue vie ? Rabbi Yehuda HaNasi lui dit : Mon maître, c’est la Torah et donc je dois l’apprendre. Rabbi Yehoshua ben Korḥa lui dit : De tous mes jours, je n’ai jamais regardé le visage d’un homme méchant, comme Rabbi Yoḥanan l’a dit : Il est interdit à une personne de regarder l’image de la ressemblance d’un homme méchant, comme il est dit que le prophète Élisée dit à Joram, roi d’Israël : "N’était-ce que j’ai égard à la présence de Josaphat, roi de Juda, je ne te regarderais pas et je ne te verrais pas" (II Rois 3:14).
רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר: עֵינָיו כֵּהוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיְהִי כִּי זָקֵן יִצְחָק וַתִּכְהֶיןָ עֵינָיו מֵרְאוֹת״, מִשּׁוּם דְּאִסְתַּכַּל בְּעֵשָׂו הָרָשָׁע.
Rabbi Elazar a dit : Celui qui contemple l’apparence d’un homme mauvais, ses yeux s’obscurcissent, comme il est dit : « Et il arriva que, lorsque Isaac fut vieux, ses yeux s’obscurcirent au point qu’il ne pouvait plus voir » (Genèse 27:1). Cela arriva parce qu’il avait contemplé le méchant Ésaü.
וְהָא גְּרַמָא לֵיהּ? וְהָאָמַר רַבִּי יִצְחָק: לְעוֹלָם אַל תְּהִי קִלְלַת הֶדְיוֹט קַלָּה בְּעֵינֶיךָ, שֶׁהֲרֵי אֲבִימֶלֶךְ קִלֵּל אֶת שָׂרָה, וְנִתְקַיֵּים בְּזַרְעָהּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הִנֵּה הוּא לָךְ כְּסוּת עֵינַיִם״: אַל תִּקְרֵי ״כְּסוּת״, אֶלָּא ״כְּסִיַּית עֵינַיִם״!
La Guemara demande : Cela a-t-il causé la cécité d’Isaac ? Rabbi Yitzḥak n’a-t-il pas dit : La malédiction d’une personne ordinaire ne doit pas être tenue pour légère à tes yeux, car Abimélekh a maudit Sarah, et bien qu’il ne fût pas un homme juste, sa malédiction s’est néanmoins accomplie, quoique chez sa descendante. Comme il est dit qu’Abimélekh dit à Sarah au sujet du présent qu’il donna à Abraham : « Voici, c’est pour toi une couverture des yeux » (Genèse 20:16). Ne lis pas cela comme « une couverture [kesut] des yeux », mais plutôt lis-le ainsi : Une cécité [kesiat] des yeux. Les paroles d’Abimélekh étaient une malédiction voilée pour que Sarah souffre de cécité. Bien qu’elle-même n’en ait pas souffert, la malédiction s’est apparemment accomplie dans la cécité de son fils, Isaac.
הָא וְהָא גְּרַמָא לֵיהּ. רָבָא אָמַר, מֵהָכָא: ״שְׂאֵת פְּנֵי רָשָׁע לֹא טוֹב״.
Selon le rabbin Yitzḥak, la malédiction d’Abimélec fut la cause de la cécité d’Isaac, et non, comme l’a suggéré le rabbin Elazar, le fait qu’il ait regardé Ésaü. La Guemara explique : ceci et cela ont conjointement causé cela. Rava a dit : L’interdiction de regarder l’apparence d’une personne méchante est dérivée d’ici : « Il n’est pas bon de relever la face du méchant » (Proverbes 18:5).
בִּשְׁעַת פְּטִירָתוֹ, אָמַר לוֹ: [רַבִּי] בָּרְכֵנִי! אָמַר לוֹ: יְהִי רָצוֹן שֶׁתַּגִּיעַ לַחֲצִי יָמַי. וּלְכוּלְּהוּ לָא? אָמַר לוֹ: הַבָּאִים אַחֲרֶיךָ — בְּהֵמָה יִרְעוּ?!
Au moment du départ de Rabbi Yehoshua ben Korḥa de ce monde, Rabbi Yehuda HaNasi lui dit : Mon maître, bénis-moi. Il lui dit : Que ce soit la volonté de Dieu que tu vives jusqu’à atteindre la moitié de mes jours. Lorsque Rabbi Yehuda HaNasi entendit cela, il demanda avec étonnement : Es-tu en train de dire que je ne devrais pas atteindre la totalité de tes jours ? Pourquoi ? Rabbi Yehoshua ben Korḥa lui dit : Ceux qui viendront après toi ne feront-ils que garder le bétail ? Si tu vis aussi longtemps que moi, tes fils ne pourront jamais te succéder au poste de Nasi. Ainsi, ils n’atteindront jamais la grandeur dans la Torah, et ce sera comme s’ils n’avaient fait que garder le bétail toute leur vie. Il vaut donc mieux que ta vie ne se prolonge pas autant, afin qu’ils aient l’occasion de s’élever à l’éminence.
אֲבוּהּ בַּר אִיהִי וּמִנְיָמִן בַּר אִיהִי, חַד אָמַר: תֵּיתֵי לִי דְּלָא אִסְתַּכַּלִי בְּגוֹי, וְחַד אָמַר: תֵּיתֵי לִי דְּלָא עֲבַדִי שׁוּתָּפוּת בַּהֲדֵי גּוֹי.
Avuh bar Ihi et Minyamin bar Ihi parlèrent tous deux de ce sujet : L’un d’eux dit : Qu’une bénédiction vienne sur moi, car je n’ai jamais posé les yeux sur un gentil méchant. Et l’autre dit : Qu’une bénédiction vienne sur moi, car je n’ai jamais formé de partenariat avec un gentil méchant, afin de n’avoir aucune association avec une personne méchante.
שָׁאֲלוּ תַּלְמִידָיו אֶת רַבִּי זֵירָא: בַּמָּה הֶאֱרַכְתָּ יָמִים? אָמַר לָהֶם: מִיָּמַי לֹא הִקְפַּדְתִּי בְּתוֹךְ בֵּיתִי, וְלֹא צָעַדְתִּי בִּפְנֵי מִי שֶׁגָּדוֹל מִמֶּנִּי, וְלֹא הִרְהַרְתִּי בִּמְבוֹאוֹת הַמְטוּנָּפוֹת, וְלֹא הָלַכְתִּי אַרְבַּע אַמּוֹת בְּלֹא תּוֹרָה וּבְלֹא תְּפִילִּין, וְלֹא יָשַׁנְתִּי בְּבֵית הַמִּדְרָשׁ לֹא שֵׁינַת קֶבַע וְלֹא שֵׁינַת עֲרַאי, וְלֹא שַׂשְׂתִּי בְּתַקָּלַת חֲבֵירִי, וְלֹא קָרָאתִי לַחֲבֵירִי (בַּחֲנִיכָתוֹ), וְאָמְרִי לַהּ: (בַּחֲכִינָתוֹ).
La Guemara présente un incident similaire : Rabbi Zeira fut un jour interrogé par ses disciples : Par le mérite de quelle vertu as-tu été béni de longévité ? Il leur dit : Durant tous mes jours, je ne me suis jamais mis en colère dans ma maison contre les membres de mon foyer qui agissaient contre ma volonté. Je n’ai pas non plus jamais marché devant quelqu’un qui était un plus grand érudit en Torah que moi. Je n’ai pas non plus jamais médité sur des paroles de Torah dans des ruelles sales, car le faire est un affront à la Torah. Je n’ai pas non plus jamais parcouru quatre coudées sans méditer sur des paroles de Torah ou sans porter des phylactères. Je n’ai pas non plus jamais dormi dans une maison d’étude, ni d’un sommeil profond ni d’un bref somme. Je ne me suis pas non plus jamais réjoui lorsque mon prochain trébuchait. Je n’ai pas non plus jamais appelé mon prochain par son surnom péjoratif [ḥanikhato]. Et certains disent qu’il a dit : Je n’ai jamais appelé mon prochain par son surnom [ḥakhinato], c’est-à-dire même un surnom qui n’est pas péjoratif.
מַתְנִי׳ וְעוֹד אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: בֵּית הַכְּנֶסֶת שֶׁחָרַב — אֵין מַסְפִּידִין בְּתוֹכוֹ, וְאֵין מַפְשִׁילִין בְּתוֹכוֹ חֲבָלִים, וְאֵין פּוֹרְשִׂין לְתוֹכוֹ מְצוּדוֹת, וְאֵין שׁוֹטְחִין עַל גַּגּוֹ פֵּירוֹת, וְאֵין עוֹשִׂין אוֹתוֹ קַפֶּנְדַּרְיָא,
MICHNA :Et Rabbi Yehouda dit en outre : une synagogue tombée en ruine ne peut toujours pas être utilisée à des fins profanes. Par conséquent, on ne peut pas y prononcer d’éloges funèbres. Et on ne peut pas non plus y tendre et réparer des cordes. La vaste étendue de la synagogue s’y prêtait particulièrement. Et on ne peut pas non plus y installer des pièges pour animaux. Et on ne peut pas non plus étaler des produits sur son toit pour les faire sécher. Et on ne peut pas non plus en faire un raccourci.
שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַהֲשִׁמּוֹתִי אֶת מִקְדְּשֵׁיכֶם״ — קְדוּשָּׁתָן אַף כְּשֶׁהֵן שׁוֹמְמִין.
La halakha selon laquelle une synagogue en ruine ne peut toujours pas être utilisée à des fins profanes est dérivée d’un verset, comme il est dit : « Et je réduirai vos sanctuaires en désolation » (Lévitique 26:31). Le fait que le mot « sanctuaires » apparaisse après le mot « désolation » indique que leur sainteté demeure sur eux même lorsqu’ils sont désolés.
עָלוּ בּוֹ עֲשָׂבִים לֹא יִתְלוֹשׁ, מִפְּנֵי עׇגְמַת נֶפֶשׁ.
Cependant, si de l’herbe a poussé d’elle-même dans la synagogue en ruines, bien que cela ne convienne pas à sa sainteté, il ne faut pas l’arracher, en raison de la détresse que cela causera à ceux qui la verront. Cela leur rappellera l’état de délabrement de la synagogue et la nécessité de la reconstruire.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: בָּתֵּי כְנֵסִיּוֹת אֵין נוֹהֲגִין בָּהֶן קַלּוּת רֹאשׁ. אֵין אוֹכְלִין בָּהֶן, וְאֵין שׁוֹתִין בָּהֶן,
GEMARA :Les Sages ont enseigné dans une baraita : En ce qui concerne les synagogues : on ne doit pas s’y comporter avec frivolité. Par conséquent, on ne peut pas y manger ; ni y boire ;