קַנְקַנְתּוֹם — חַרְתָּא דְאוּשְׁכָּפֵי. דִּיפְתְּרָא — דִּמְלִיחַ וּקְמִיחַ וְלָא עֲפִיץ. נְיָיר — מְחָקָא.
Kankantom est ce qu’on appelle en araméen ḥarta de’ushkafei, une teinture noire utilisée par les cordonniers. Diftera est une peau qui a été traitée avec du sel et de la farine, mais pas avec des noix de galle. Neyar est connu en araméen sous le nom de maḥaka, papier fabriqué à partir de roseaux.
עַד שֶׁתְּהֵא כְּתוּבָה אַשּׁוּרִית, דִּכְתִיב: ״כִּכְתָבָם וְכִזְמַנָּם״.
§ Il a été enseigné dans la michna : Il ne s’acquitte pas de son obligation à moins que la Méguila ne soit écrite en ashourit. La Guemara explique la raison de cela : Comme il est écrit au sujet de la Méguila : « Selon leur écriture et selon leur temps » (Esther 9:27), c’est-à-dire de la manière dont elle a été écrite à l’origine.
״עַל הַסֵּפֶר וּבִדְיוֹ וְכוּ׳״. מְנָלַן? אַתְיָא ״כְּתִיבָה״ ״כְּתִיבָה״. כְּתִיב הָכָא: ״וַתִּכְתֹּב אֶסְתֵּר הַמַּלְכָּה״, וּכְתִיב הָתָם: ״וַיֹּאמֶר לָהֶם בָּרוּךְ מִפִּיו יִקְרָא אֵלַי אֵת כׇּל הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה וַאֲנִי כּוֹתֵב עַל הַסֵּפֶר בַּדְּיוֹ״.
La michna conclut : Il ne s’acquitte pas de son obligation à moins que la Méguila ne soit écrite « sur parchemin et avec de l’encre. » La Guemara demande : D’où tirons-nous cela ? La Guemara répond : Cela est dérivé au moyen d’une analogie verbale entre une occurrence d’écriture et une autre occurrence d’écriture. Il est écrit ici dans le livre d’Esther : « Alors la reine Esther, fille d’Abihaïl, et Mardochée le Juif, écrivirent avec pleine autorité pour confirmer cette seconde lettre de Pourim » (Esther 9:29), et il est écrit là-bas : « Alors Baruch leur répondit : Il me dictait toutes ces paroles de sa bouche, et moi je les écrivais avec de l’encre sur le parchemin » (Jérémie 36:18). De même que là-bas l’écriture était à l’encre sur parchemin, de même ici une Méguila doit être écrite à l’encre sur parchemin.
מַתְנִי׳ בֶּן עִיר שֶׁהָלַךְ לִכְרַךְ וּבֶן כְּרַךְ שֶׁהָלַךְ לְעִיר, אִם עָתִיד לַחְזוֹר לִמְקוֹמוֹ — קוֹרֵא כִּמְקוֹמוֹ, וְאִם לָאו — קוֹרֵא עִמָּהֶן.
MICHNA : En ce qui concerne un habitant d’une ville non entourée de murailles qui est allé dans une ville entourée de murailles, où la Méguila est lue le quinze adar, et inversement, un habitant d’une ville entourée de murailles qui est allé dans une ville non entourée de murailles, où elle est lue le quatorze, la distinction suivante s’applique : S’il est destiné à retourner dans son lieu d’origine, il la lit conformément à la halakha régissant son propre lieu ; et sinon, c’est-à-dire s’il n’est pas destiné à retourner dans son lieu, il la lit avec eux, les habitants de son lieu actuel.
וּמֵהֵיכָן קוֹרֵא אָדָם אֶת הַמְּגִילָּה וְיוֹצֵא בָּהּ יְדֵי חוֹבָה? רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: כּוּלָּהּ. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: מֵ״אִישׁ יְהוּדִי״. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: מֵ״אַחַר הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה״.
À partir d’où une personne doit-elle lire la Méguila pour s’acquitter de son obligation ? Rabbi Meïr dit : Il doit lire la totalité. Rabbi Yehouda dit : Il n’a besoin de lire que depuis « Il y avait un certain Juif » (Esther 2:5). Rabbi Yossei dit : Depuis « Après ces choses » (Esther 3:1).
גְּמָ׳ אָמַר רָבָא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁעָתִיד לַחְזוֹר בְּלֵילֵי אַרְבָּעָה עָשָׂר, אֲבָל אֵין עָתִיד לַחְזוֹר בְּלֵילֵי אַרְבָּעָה עָשָׂר — קוֹרֵא עִמָּהֶן. אָמַר רָבָא: מְנָא אָמֵינָא לַהּ? דִּכְתִיב: ״עַל כֵּן הַיְּהוּדִים הַפְּרָזִים הַיּוֹשְׁבִים בְּעָרֵי הַפְּרָזוֹת״. מִכְּדֵי כְּתִיב: ״הַיְּהוּדִים הַפְּרָזִים״, לְמָה לִי לְמִיכְתַּב ״הַיּוֹשְׁבִים בְּעָרֵי הַפְּרָזוֹת״? הָא קָא מַשְׁמַע לַן, דְּפָרוּז בֶּן יוֹמוֹ נִקְרָא פָּרוּז.
GUEMARA :Rava a dit : Ils ont enseigné dans la michna que celui qui est destiné à retourner dans son propre lieu lit selon la halakha en vigueur dans son propre lieu seulement en ce qui concerne quelqu’un qui est destiné à retourner dans son propre lieu la nuit du quatorze adar. Mais s’il n’est pas destiné à retourner la nuit du quatorze, bien qu’il ait effectivement l’intention de retourner finalement dans son propre lieu, il lit avec les habitants de son lieu actuel. Rava a dit : D’où dis-je cela ? Comme il est écrit : « C’est pourquoi les Juifs des villes sans murailles, qui habitent dans les villes sans murailles, font du quatorzième jour du mois d’adar un jour de joie et de festin » (Esther 9:19). Puisqu’il est déjà écrit : « Les Juifs des villes sans murailles », pourquoi ai-je besoin qu’il soit écrit en plus, « qui habitent dans les villes sans murailles » ? Cela vient nous enseigner ceci : que celui qui se trouve dans une ville sans murailles même pour un jour est aussi appelé quelqu’un qui habite dans une ville sans murailles.
אַשְׁכְּחַן פָּרוּז, מוּקָּף מְנָא לַן? סְבָרָא הוּא: מִדְּפָרוּז בֶּן יוֹמוֹ קָרוּי פָּרוּז, מוּקָּף בֶּן יוֹמוֹ קָרוּי מוּקָּף.
La Guemara demande : Nous avons trouvé une preuve pour un habitant d’une ville fortifiée qui se trouve temporairement dans une ville non fortifiée. Mais d’où déduisons-nous le cas inverse, à savoir qu’une personne d’une ville non fortifiée qui se trouve temporairement dans une ville fortifiée est régie par une halakha similaire ? La Guemara répond : Cela repose sur un raisonnement logique : de même que celui qui se trouve dans une ville non fortifiée pendant un jour est appelé quelqu’un d’une ville non fortifiée, de même, inversement, celui qui se trouve dans une ville fortifiée pendant un jour est appelé quelqu’un d’une ville fortifiée.
וְאָמַר רָבָא: בֶּן כְּפָר שֶׁהָלַךְ לְעִיר — בֵּין כָּךְ וּבֵין כָּךְ קוֹרֵא עִמָּהֶן. מַאי טַעְמָא? הַאי כִּבְנֵי הָעִיר בָּעֵי לְמִקְרֵי, וְרַבָּנַן הוּא דַּאֲקִילּוּ עַל הַכְּפָרִים כְּדֵי שֶׁיְּסַפְּקוּ מַיִם וּמָזוֹן לַאֲחֵיהֶם שֶׁבַּכְּרַכִּין. הָנֵי מִילֵּי — כִּי אִיתֵיהּ בְּדוּכְתֵּיהּ, אֲבָל כִּי אִיתֵיהּ בְּעִיר — כִּבְנֵי עִיר בָּעֵי לְמִקְרֵי.
Et Rava dit en outre : Quelqu’un d’un village, où la Méguila est lue le lundi ou le jeudi précédant Pourim (2a), qui est allé dans une ville, lit la Méguila avec les habitants de la ville, même s’il l’a déjà lue dans son propre lieu. Il le fait en toutes circonstances, qu’il retourne ou non dans son propre village. La Guemara explique : Quelle est la raison de cette décision ? Ce villageois aurait dû en réalité lire au même moment que les habitants des villes, mais les Sages ont fait preuve d’indulgence envers les habitants des villages et leur ont permis d’avancer leur lecture de la Méguila au jour d’assemblée précédent afin qu’ils soient libres de fournir de l’eau et de la nourriture à leurs frères dans les villes le jour de Pourim. Cela, toutefois, s’applique seulement lorsque le villageois est dans son lieu, au village, mais lorsqu’il est dans une ville, il est tenu de lire comme les habitants de la ville, et non comme les villageois.
אֵיתִיבֵיהּ אַבָּיֵי: בֶּן כְּרַךְ שֶׁהָלַךְ לְעִיר — בֵּין כָּךְ וּבֵין כָּךְ קוֹרֵא כִּמְקוֹמוֹ. בֶּן כְּרַךְ סָלְקָא דַּעְתָּךְ?! בְּאִם עָתִיד לַחְזוֹר תַּלְיָא מִילְּתָא, אֶלָּא לָאו, בֶּן כְּפָר.
Abaye a soulevé une objection à Rava à partir d’une baraita : Un habitant d’une ville entourée de murailles qui est allé dans une ville non entourée de murailles, en toutes circonstances, qu’il retourne ou non dans sa propre ville, lit la Méguila selon la halakha régissant son lieu permanent. La Guemara remet d’abord en question le texte de la baraita tel qu’il est actuellement formulé : Peut-il vous venir à l’esprit que l’habitant d’une ville entourée de murailles lise toujours selon la halakha régissant son propre lieu, même s’il se trouve actuellement dans une ville non entourée de murailles ? Mais la question ne dépend-elle pas de savoir s’il retournera à Pourim dans sa ville d’origine, comme il est dit dans la michna ? Il est donc clair que la baraita doit être amendée. Au contraire, n’est-ce pas qu’il faut la modifier ainsi : Un habitant d’un village qui est allé dans une ville non entourée de murailles ? La baraita enseigne donc qu’un habitant d’un village en visite dans une ville doit lire la Méguila selon la halakha régissant son propre lieu, le village, contrairement à l’enseignement de Rava.
וְלָאו תָּרוֹצֵי מְתָרְצַתְּ? תְּנִי: קוֹרֵא עִמָּהֶן.
La Guemara rejette cela : Mais n’as-tu pas corrigé la lecture dans la baraita ? Puisque tu admets que la baraita nécessite de toute façon une révision, modifie-la davantage et enseigne : Il lit la Méguila avec les habitants de la ville. Cette formulation dans la baraita appuierait alors l’opinion de Rava.
מֵהֵיכָן קוֹרֵא אָדָם אֶת הַמְּגִילָּה וְכוּ׳. תַּנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַאי אוֹמֵר: מִ״בַּלַּיְלָה הַהוּא״.
§ La michna enseigne que trois Sages sont en désaccord sur la question : à partir de quel endroit une personne doit lire la Méguila afin de s’acquitter de son obligation ? Il est enseigné dans une baraita qu’il existe également un quatrième avis : Rabbi Shimon bar Yoḥai dit : Il faut commencer à lire à partir de « Cette nuit-là » (Esther 6:1).
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן, וְכוּלָּן מִקְרָא אֶחָד דָּרְשׁוּ: ״וַתִּכְתֹּב אֶסְתֵּר הַמַּלְכָּה וּמׇרְדֳּכַי הַיְּהוּדִי אֶת כׇּל תּוֹקֶף״, מַאן דְּאָמַר כּוּלָּהּ — תּוֹקְפּוֹ שֶׁל אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ.
Rabbi Yoḥanan a dit : Et tous ces tanna’im, en parvenant à leurs opinions respectives, interprétaient le même verset. Comme il est dit : « Alors la reine Esther, fille d’Abihaïl, et Mardochée le Juif écrivirent au sujet de tous les actes de puissance pour confirmer cette seconde lettre de Pourim » (Esther 9:29). Celui qui a dit que la Méguila doit être lue dans son intégralité interprète « actes de puissance » comme se référant à la puissance d’Assuérus, et ainsi la Méguila doit être lue depuis le début, où la puissance d’Assuérus est racontée.
וּמַאן דְּאָמַר מֵ״אִישׁ יְהוּדִי״ — תּוֹקְפּוֹ שֶׁל מָרְדֳּכַי, וּמַאן דְּאָמַר מֵ״אַחַר הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה״ — תּוֹקְפּוֹ שֶׁל הָמָן, וּמַאן דְּאָמַר מִ״בַּלַּיְלָה הַהוּא״ — תּוֹקְפּוֹ שֶׁל נֵס.
Et celui qui a dit qu’il faut la lire à partir de « Il y avait un certain Juif » explique que les « actes de puissance » font référence à la puissance de Mardochée. Et celui qui a dit qu’il faut la lire à partir de « Après ces choses » soutient que les « actes de puissance » font référence à la puissance d’Haman. Et celui qui a dit qu’il faut la lire à partir de « Cette nuit-là » comprend que l’expression fait référence à la puissance du miracle, qui commença cette nuit-là lorsque Assuérus ne parvenait pas à dormir, et il faut donc commencer la lecture de la Méguila à partir de là.
רַב הוּנָא אָמַר, מֵהָכָא: ״וּמָה רָאוּ עַל כָּכָה וּמָה הִגִּיעַ אֲלֵיהֶם״,
Rav Huna dit : Les quatre Sages ont tiré leurs opinions respectives d’ici : « C’est pourquoi, à cause de toutes les paroles de cette lettre, et de ce qu’ils virent au sujet de cette affaire, et de ce qui leur était arrivé, les Juifs décrétèrent... qu’ils observeraient ces deux jours » (Esther 9:26–27).
מַאן דְּאָמַר כּוּלָּהּ: ״מָה רָאָה״ — אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ שֶׁנִּשְׁתַּמֵּשׁ בְּכֵלִים שֶׁל בֵּית הַמִּקְדָּשׁ, ״עַל כָּכָה״ — מִשּׁוּם דְּחַשֵּׁיב שִׁבְעִים שְׁנִין וְלָא אִיפְּרוּק, ״וּמָה הִגִּיעַ אֲלֵיהֶם״ — דִּקְטַל וַשְׁתִּי.
Rav Houna poursuivit : Celui qui a dit que la Méguila doit être lue dans son intégralité explique le verset comme suit : « Ils virent » renvoie à ce qu’Assuérus vit, lorsqu’il utilisa les ustensiles du Temple. « Au sujet de cette affaire » était parce qu’il avait calculé soixante-dix ans depuis l’exil babylonien et les Juifs n’avaient toujours pas été rachetés, et il pensa par conséquent qu’ils ne connaîtraient jamais la délivrance. « Et ce qui leur était arrivé » renvoie au fait qu’il avait tué Vachti. Puisque la Méguila a été écrite et continue d’être lue afin d’informer les générations futures de tous ces événements et de ce qui était arrivé aux personnes impliquées, et que ceux-ci sont détaillés au début de la Méguila, elle doit être lue dans son intégralité.
וּמַאן דְּאָמַר מֵ״אִישׁ יְהוּדִי״: ״מָה רָאָה״ — מָרְדְּכַי דְּאִיקַּנִּי בְּהָמָן, ״עַל כָּכָה״ — דְּשַׁוִּי נַפְשֵׁיהּ עֲבוֹדָה זָרָה, ״וּמָה הִגִּיעַ אֲלֵיהֶם״ — דְּאִתְרְחִישׁ נִיסָּא.
Et celui qui a dit que la Meguila doit être lue à partir de « Il y avait un certain Juif » interprète ce verset de la manière suivante : Ce que Mordekhaï « vit », qui le conduisit à agir avec tant de zèle au sujet de Haman. « À cause de cela » était parce que Haman s’était fait lui-même un objet d’idolâtrie. « Et ce qui leur était arrivé » fait référence au fait qu’un miracle eut lieu. Il faut donc lire la Meguila à partir de « Il y avait un certain homme », où tout cela est raconté.
וּמַאן דְּאָמַר מֵ״אַחַר הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה״: ״מָה רָאָה״ — הָמָן שֶׁנִּתְקַנֵּא בְּכׇל הַיְּהוּדִים, ״עַל כָּכָה״ — מִשּׁוּם דְּמָרְדְּכַי ״לֹא יִכְרַע וְלֹא יִשְׁתַּחֲוֶה״, ״וּמָה הִגִּיעַ אֲלֵיהֶם״ — ״וְתָלוּ אוֹתוֹ וְאֶת בָּנָיו עַל הָעֵץ״.
Et celui qui a dit qu’elle doit être lue à partir de « Après ces choses » interprète le verset de cette manière : Ce que Haman « vit », et c’est pourquoi il s’emporta contre tous les Juifs. « À ce sujet » était parce que « Mardochée ne se prosternait pas et ne se courbait pas devant lui » (Esther 3:2). « Et ce qui leur était arrivé » fait référence au fait que « lui et ses fils furent pendus à la potence » (Esther 9:25). En conséquence, la Méguila doit être lue à partir de la première mention de Haman.
וּמַאן דְּאָמַר מִ״בַּלַּיְלָה הַהוּא״: ״מָה רָאָה״ — אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ לְהָבִיא אֶת סֵפֶר הַזִּכְרוֹנוֹת, ״עַל כָּכָה״ — דְּזַמֵּינְתֵּיהּ אֶסְתֵּר לְהָמָן בַּהֲדֵיהּ, ״וּמָה הִגִּיעַ אֲלֵיהֶם״ — דְּאִתְרְחִישׁ נִיסָּא.
Et celui qui a dit que la Méguila doit être lue à partir de « Cette nuit-là » donne l’explication suivante : Ce qu’Assuérus « vit », c’est qu’il ordonna d’apporter le livre des chroniques devant lui. « À ce sujet », c’était parce qu’Esther avait invité Haman avec lui au banquet qu’elle avait préparé. « Et ce qui leur était arrivé » fait référence au fait qu’un miracle eut lieu. Et par conséquent, il faut lire la Méguila à partir de « Cette nuit-là, le roi ne pouvait pas dormir et il ordonna d’apporter le livre des chroniques ».
אָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ אָמַר רַב חָמָא בַּר גּוּרְיָא אָמַר רַב: הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הָאוֹמֵר כּוּלָּהּ. וַאֲפִילּוּ לְמַאן דְּאָמַר מֵ״אִישׁ יְהוּדִי״ — צְרִיכָה שֶׁתְּהֵא כְּתוּבָה כּוּלָּהּ.
Rabbi Ḥelbo a dit que Rav Ḥama bar Gurya a dit que Rav a dit : La halakha est conforme à l’avis de celui qui dit que la Méguila doit être lue dans son intégralité. Et, de plus, même selon celui qui a dit qu’elle ne doit être lue qu’à partir de « Il y avait un certain Juif » et au-delà, la Méguila elle-même doit néanmoins être écrite dans son intégralité.
וְאָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ אָמַר רַב חָמָא בַּר גּוּרְיָא אָמַר רַב: מְגִילָּה נִקְרֵאת ״סֵפֶר״, וְנִקְרֵאת ״אִגֶּרֶת״. נִקְרֵאת ״סֵפֶר״ — שֶׁאִם תְּפָרָהּ בְּחוּטֵי פִשְׁתָּן פְּסוּלָה. וְנִקְרֵאת ״אִגֶּרֶת״ — שֶׁאִם הֵטִיל בָּהּ שְׁלֹשָׁה חוּטֵי גִידִין כְּשֵׁרָה. אָמַר רַב נַחְמָן: וּבִלְבַד שֶׁיְּהוּ מְשׁוּלָּשִׁין.
Et Rabbi Ḥelbo dit en outre que Rav Ḥama bar Gurya dit que Rav dit : La Meguila est appelée un « livre » (Esther 9:32), et elle est aussi appelée une « lettre » (Esther 9:29). Elle est appelée un livre, indiquant une comparaison avec le livre de la Torah, c’est-à-dire avec un rouleau de la Torah, pour nous enseigner que si quelqu’un a cousu ses feuilles de parchemin ensemble avec des fils de lin, la Meguila est invalide, tout comme un rouleau de la Torah cousu de cette manière est invalide. Et elle est appelée une lettre pour nous enseigner que si quelqu’un a cousu les feuilles de la Meguila ensemble avec seulement trois fils de tendon, à la manière d’une lettre, la Meguila est valide pour l’usage, car elle n’a pas besoin d’être entièrement cousue comme un rouleau de la Torah. Rav Naḥman dit : Cela est vrai à condition que les coutures soient faites en trois endroits.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: הַקּוֹרֵא בִּמְגִילָּה הַכְּתוּבָה בֵּין הַכְּתוּבִים — לֹא יָצָא. אָמַר רָבָא: לָא אֲמַרַן אֶלָּא דְּלָא מְחַסְּרָא וּמְיַיתְּרָא פּוּרְתָּא, אֲבָל מְחַסְּרָא וּמְיַיתְּרָא פּוּרְתָּא — לֵית לַן בַּהּ.
Rav Yehuda a dit que Shmuel a dit : Si quelqu’un lit dans une Méguila qui a été écrite avec le reste des Écrits, il ne s’est pas acquitté de son obligation, car il doit être évident qu’on lit précisément dans la Méguila et non qu’on lit simplement des passages ordinaires de la Torah. Rava a dit : Nous avons dit cela seulement dans un cas où le parchemin de la Méguila n’est pas un peu plus court ou plus long que le parchemin des autres livres bibliques du rouleau et, par conséquent, ils ne sont pas nettement discernables parmi eux. Mais s’il est un peu plus court ou plus long que les autres feuilles de parchemin des autres livres bibliques, nous n’avons pas de problème avec cela, et l’on peut lire d’un tel rouleau.
לֵוִי בַּר שְׁמוּאֵל הֲוָה קָא קָרֵי קַמֵּיהּ דְּרַב יְהוּדָה בִּמְגִילָּה
Il a été rapporté que Levi bar Shmuel était un jour en train de lire devant Rav Yehuda à partir d’une Meguila