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שֶׁשִּׁמְשַׁי מוֹחֵק וְגַבְרִיאֵל כּוֹתֵב. אָמַר רַבִּי אַסִּי, דָּרֵשׁ רַבִּי שֵׁילָא אִישׁ כְּפַר תְּמַרְתָּא: וּמָה כְּתָב שֶׁלְּמַטָּה שֶׁלִּזְכוּתָן שֶׁל יִשְׂרָאֵל — אֵינוֹ נִמְחָק, כְּתָב שֶׁלְמַעְלָה — לָא כׇּל שֶׁכֵּן.
que Shimshai, le scribe du roi qui haïssait les Juifs (voir Esdras 4:17), était en train d’effacer la description du sauvetage du roi par Mardochée, et l’ange Gavriel l’écrivait de nouveau. Par conséquent, cela était bien en train d’être écrit au présent. Rabbi Asi a dit : Rabbi Sheila, un homme du village de Timarta, a enseigné : Si quelque chose d’écrit en bas dans ce monde pour le bénéfice du peuple juif ne peut pas être effacé, à plus forte raison quelque chose d’écrit en haut dans le Ciel ne peut pas être effacé ?
״לֹא נַעֲשָׂה עִמּוֹ דָּבָר״. אָמַר רָבָא: לֹא מִפְּנֵי שֶׁאוֹהֲבִין אֶת מׇרְדֳּכַי, אֶלָּא מִפְּנֵי שֶׁשּׂוֹנְאִים אֶת הָמָן.
Le verset déclare qu’il fut dit à Assuérus au sujet de Mardochée : « Rien n’a été fait pour lui » (Esther 6:3). Rava a dit : ce n’est pas parce qu’ils aiment Mardochée que les serviteurs du roi ont dit cela, mais plutôt parce qu’ils détestent Haman.
״הֵכִין לוֹ״. תָּנָא: לוֹ הֵכִין.
Le verset déclare : « Or Haman était venu dans la cour extérieure de la maison du roi, pour parler au roi de faire pendre Mardochée à la potence qu’il avait préparée pour lui” (Esther 6:4). Un Sage a enseigné dans une baraita : Il faut comprendre cela ainsi : à la potence qu’il avait préparée pour lui-même.
״וַעֲשֵׂה כֵן לְמָרְדֳּכַי״. אֲמַר לֵיהּ: מַנּוּ מָרְדֳּכַי? אֲמַר לֵיהּ: ״הַיְּהוּדִי״. אֲמַר לֵיהּ: טוּבָא מָרְדְּכַי אִיכָּא בִּיהוּדָאֵי. אֲמַר לֵיהּ: ״הַיּוֹשֵׁב בְּשַׁעַר הַמֶּלֶךְ״.
Le verset rapporte qu’Assuérus ordonna à Haman de mettre en œuvre son idée de la manière appropriée d’honorer celui que le roi désire glorifier, en le faisant défiler sur le cheval du roi tout en portant les vêtements royaux : « Fais ainsi pour Mardochée le Juif, qui est assis à la porte du roi ; n’omets rien de tout ce que tu as dit » (Esther 6:10). La Guemara explique que lorsque Assuérus dit à Haman : « Fais ainsi pour Mardochée, » Haman lui dit, dans une tentative d’échapper à l’ordre : Qui est Mardochée ? Assuérus lui dit : « Le Juif. » Haman lui dit alors : Il y a plusieurs hommes nommés Mardochée parmi les Juifs. Assuérus lui dit alors : Je parle de celui « qui est assis à la porte du roi. »
אֲמַר לֵיהּ: סַגִּי לֵיהּ בְּחַד דִּיסְקַרְתָּא, אִי נָמֵי בְּחַד נַהֲרָא. אָמַר לֵיהּ: הָא נָמֵי הַב לֵיהּ, ״אַל תַּפֵּל דָּבָר מִכֹּל אֲשֶׁר דִּבַּרְתָּ״.
Haman lui dit : Pourquoi lui accorder un si grand honneur ? Il lui suffirait certainement de recevoir un village [disekarta] comme domaine, ou un fleuve pour la perception des impôts. Assuérus lui dit : Cela aussi, tu dois le lui donner. « Que rien ne manque de tout ce que tu as dit, » c’est-à-dire, fournis-lui tout ce que tu as proposé et dit, en plus de ce que j’avais dit.
״וַיִּקַּח הָמָן אֶת הַלְּבוּשׁ וְאֶת הַסּוּס״. אֲזַל אַשְׁכְּחֵיהּ דְּיָתְבִי רַבָּנַן קַמֵּיהּ וּמַחְוֵי לְהוּ הִלְכוֹת קְמִיצָה לְרַבָּנַן, כֵּיוָן דְּחַזְיֵיהּ מָרְדְּכַי דְּאַפֵּיק לְקִבְלֵיהּ וְסוּסְיָא מֵיחַד בִּידֵיהּ, מִירְתַת. אֲמַר לְהוּ לְרַבָּנַן: הַאי רַשִּׁיעָא לְמִיקְטַל נַפְשַׁי קָא אָתֵי זִילוּ מִקַּמֵּיהּ דִּי לָא תִּכָּווּ בְּגַחַלְתּוֹ. בְּהָהִיא שַׁעְתָּא נִתְעַטֵּף מָרְדְּכַי וְקָם לֵיהּ לִצְלוֹתָא, אֲתָא הָמָן וִיתֵיב לֵיהּ קַמַּיְיהוּ וְאוֹרֵיךְ עַד דְּסַלֵּיק מָרְדֳּכַי לִצְלוֹתֵיהּ.
La Guemara décrit ce qui se produisit lorsque Haman alla exécuter les ordres du roi, comme le dit le verset : « Alors Haman prit le vêtement et le cheval » (Esther 6:11). Lorsqu’il y alla, il trouva Mardochée alors que les Sages étaient assis devant lui, et il leur exposait les halakhot de la poignée, c’est-à-dire le prélèvement d’une poignée de farine de l’offrande végétale afin de la brûler sur l’autel. Lorsque Mardochée le vit venir vers lui avec les rênes de son cheval tenues dans ses mains, il prit peur, et dit aux Sages : Cet homme mauvais est venu pour me tuer. Éloignez-vous de lui afin que vous ne soyez pas brûlés par ses braises, c’est-à-dire afin que vous ne subissiez pas de mal, vous aussi. À ce moment-là, Mardochée s’enveloppa dans son châle de prière et se leva pour prier. Haman s’approcha de l’endroit où ils se trouvaient et s’assit devant eux et attendit jusqu’à ce que Mardochée ait terminé sa prière.
אֲמַר לְהוּ: בְּמַאי עָסְקִיתוּ? אֲמַרוּ לֵיהּ: בִּזְמַן שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַיָּים, מַאן דִּמְנַדֵּב מִנְחָה מַיְיתֵי מְלֵי קוּמְצֵיהּ דְּסוּלְתָּא וּמִתְכַּפַּר לֵיהּ. אֲמַר לְהוּ: אֲתָא מְלֵי קוּמְצֵי קִמְחָא דִּידְכוּ וְדָחֵי עַשְׂרָה אַלְפֵי כַּכְּרֵי כַסְפָּא דִּידִי. אֲמַר לֵיהּ: רָשָׁע, עֶבֶד שֶׁקָּנָה נְכָסִים, עֶבֶד לְמִי וּנְכָסִים לְמִי?
Entre-temps, pendant qu’il attendait, Haman dit aux autres Sages : À quoi étiez-vous occupés ? Ils lui dirent : Lorsque le Temple est debout, celui qui fait le vœu d’une offrande de farine apporte une poignée de fleur de farine et obtient l’expiation par cela. Il leur dit : Votre poignée de fleur de farine est venue et a écarté mes dix mille pièces d’argent, que j’avais promises pour la destruction du peuple juif. Lorsque Mardochée eut fini de prier, il dit à Haman : Homme méchant, quand un esclave achète un bien, à qui appartient l’esclave et à qui appartient le bien ? Puisque je t’ai autrefois acheté comme esclave, quel argent pourrait être à toi ?
אֲמַר לֵיהּ: קוּם לְבוֹשׁ הָנֵי מָאנֵי וּרְכוֹב הַאי סוּסְיָא, דְּבָעֵי לָךְ מַלְכָּא. אֲמַר לֵיהּ: לָא יָכֵילְנָא עַד דְּעָיֵילְנָא לְבֵי בָנֵי וְאֶשְׁקוֹל לְמַזְיָיא, דְּלָאו אוֹרַח אַרְעָא לְאִשְׁתַּמּוֹשֵׁי בְּמָאנֵי דְמַלְכָּא הָכִי.
Haman lui dit : Lève-toi, mets ces vêtements et monte sur ce cheval, car le roi veut que tu fasses ainsi. Mardochée lui dit : Je ne peux pas faire ainsi avant d’entrer au bain public [bei vanei] et de me couper les cheveux, car il ne convient pas d’utiliser les vêtements du roi dans cet état où je me trouve maintenant.
שַׁדַּרָה אֶסְתֵּר וַאֲסַרְתִּינְהוּ לְכוּלְּהוּ בֵּי בָנֵי וּלְכוּלְּהוּ אוּמָּנֵי. עַיְּילֵיהּ אִיהוּ לְבֵי בָנֵי וְאַסְחְיֵהּ, וַאֲזַל וְאַיְיתִי זוּזָא מִבֵּיתֵיהּ וְקָא שָׁקֵיל בֵּיהּ מַזְיֵיהּ. בַּהֲדֵי דְּקָא שָׁקֵיל לֵיהּ אִינְּגִיד וְאִיתְּנַח. אֲמַר לֵיהּ: אַמַּאי קָא מִיתְּנַחַתְּ? אֲמַר לֵיהּ: גַּבְרָא דַּהֲוָה חֲשִׁיב לֵיהּ לְמַלְכָּא מִכּוּלְּהוּ רַבְרְבָנוֹהִי, הַשְׁתָּא לִישַׁוְּיֵיהּ בַּלְנַאי וְסַפָּר? אֲמַר לֵיהּ: רָשָׁע, וְלָאו סַפָּר שֶׁל כְּפַר קַרְצוּם הָיִיתָ? תָּנָא: הָמָן, סַפָּר שֶׁל כְּפַר קַרְצוּם הָיָה עֶשְׂרִים וּשְׁתַּיִם שָׁנָה.
Entre-temps, Esther envoya des messagers et ferma tous les bains publics ainsi que toutes les boutiques des artisans, y compris les saigneurs et les barbiers. Lorsque Haman vit qu’il n’y avait personne d’autre pour faire le travail, il prit lui-même Mardochée au bain public et le lava, puis alla chercher des ciseaux [zuza] chez lui et lui coupa les cheveux. Pendant qu’il lui coupait les cheveux, il se blessa et soupira. Mardochée lui dit : Pourquoi soupires-tu ? Haman lui dit : L’homme que le roi avait autrefois placé au-dessus de tous ses autres ministres est maintenant devenu préposé au bain public [balanei] et barbier. Mardochée lui dit : Homme méchant, n’étais-tu pas autrefois le barbier du village de Kartzum ? Si oui, pourquoi soupires-tu ? Tu n’as fait que revenir au métier de ta jeunesse. Il a été enseigné dans une baraita : Haman fut le barbier du village de Kartzum pendant vingt-deux ans.
בָּתַר דְּשַׁקְלִינְהוּ לְמַזְיֵיהּ, לַבְשִׁינְהוּ לְמָאנֵיהּ, אֲמַר לֵיהּ: סַק וּרְכֹב. אֲמַר לֵיהּ: לָא יָכֵילְנָא, דִּכְחִישָׁא חֵילַאי מִימֵי תַּעֲנִיתָא. גְּחֵין וּסְלֵיק. כִּי סָלֵיק, בְּעַט בֵּיהּ. אֲמַר לֵיהּ: לָא כְּתִיב לְכוּ: ״בִּנְפֹל אוֹיִבְךָ אַל תִּשְׂמָח״? אֲמַר לֵיהּ: הָנֵי מִילֵּי בְּיִשְׂרָאֵל, אֲבָל בְּדִידְכוּ כְּתִיב: ״וְאַתָּה עַל בָּמוֹתֵימוֹ תִדְרוֹךְ״.
Après qu’Haman lui eut coupé les cheveux, Haman revêtit Mardochée des vêtements royaux. Haman lui dit alors : Monte sur le cheval et chevauche. Mardochée lui dit : Je ne peux pas, car mes forces ont décliné depuis les jours de jeûne que j’ai observés. Haman se baissa alors devant lui et Mardochée monta sur lui. Comme il montait sur le cheval, Mardochée donna à Haman un coup de pied. Haman lui dit : N’est-il pas écrit pour vous : « Ne te réjouis pas quand ton ennemi tombe » (Proverbes 24:17) ? Mardochée lui dit : Cette déclaration s’applique seulement aux Juifs, mais à ton sujet il est écrit : « Et tu fouleras leurs hauts lieux » (Deutéronome 33:29).
״וַיִּקְרָא לְפָנָיו כָּכָה יֵעָשֶׂה לְאִישׁ אֲשֶׁר הַמֶּלֶךְ חָפֵץ בִּיקָרוֹ״. כִּי הֲוָה נָקֵיט וְאָזֵיל בִּשְׁבִילָא דְּבֵי הָמָן, חֲזִיתֵיהּ בְּרַתֵּיה דְּקָיְימָא אַאִיגָּרָא, סְבַרָה הַאי דִּרְכִיב — אֲבוּהּ, וְהַאי דִּמְסַגֵּי קַמֵּיהּ — מָרְדֳּכַי. שְׁקַלָה עֲצִיצָא דְּבֵית הַכִּסֵּא וּשְׁדֵיתֵיהּ אַרֵישָׁא דַּאֲבוּהּ. דַּלִּי עֵינֵיהּ וַחֲזָת דַּאֲבוּהּ הוּא, נְפַלָה מֵאִיגָּרָא לְאַרְעָא וּמִתָה.
Le verset déclare : « Et l’on proclama devant lui : Ainsi sera fait à l’homme que le roi désire honorer » (Esther 6:11). Alors que Haman conduisait Mardochée dans la rue de la maison d’Haman, la fille d’Haman se tenait sur le toit et vit le spectacle. Elle pensa en elle-même que celui qui montait le cheval devait être son père, et celui qui marchait devant lui devait être Mardochée. Elle prit alors un pot de chambre rempli d’excréments et en jeta le contenu sur la tête de son père, qu’elle prit par erreur pour Mardochée. Quand Haman leva les yeux avec dégoût ensuite et regarda sa fille, elle vit que c’était son père. Dans sa détresse, elle tomba du toit jusqu’au sol et mourut.
וְהַיְינוּ דִּכְתִיב: ״וַיָּשׇׁב מׇרְדֳּכַי אֶל שַׁעַר הַמֶּלֶךְ״, אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: שֶׁשָּׁב לְשַׂקּוֹ וּלְתַעֲנִיתוֹ. ״וְהָמָן נִדְחַף אֶל בֵּיתוֹ אָבֵל וַחֲפוּי רֹאשׁ״, ״אָבֵל״ — עַל בִּתּוֹ, ״וַחֲפוּי רֹאשׁ״ — עַל שֶׁאֵירַע לוֹ.
Et c’est comme il est écrit : « Et Mardochée retourna à la porte du roi » (Esther 6:12). Rav Sheshet dit : Cela signifie qu’il retourna à son sac et à son jeûne à cause des malheurs du peuple juif. Simultanément, « mais Haman se hâta vers sa maison, en deuil et la tête couverte » (Esther 6:12). « En deuil » ; à cause de la mort de sa fille. « Et la tête couverte » ; en raison de ce qui lui était arrivé, car sa tête était pleine de saleté.
״וַיְסַפֵּר הָמָן לְזֶרֶשׁ אִשְׁתּוֹ וּלְכׇל אוֹהֲבָיו וְגוֹ׳״. קָרֵי לְהוּ ״אוֹהֲבָיו״ וְקָרֵי לְהוּ ״חֲכָמָיו״. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל הָאוֹמֵר דְּבַר חָכְמָה, אֲפִילּוּ בְּאוּמּוֹת הָעוֹלָם, נִקְרָא חָכָם.
Le verset suivant déclare : « Haman raconta à Zeresh, sa femme, et à tous ses amis tout ce qui lui était arrivé. Alors ses sages et Zeresh, sa femme, lui dirent : Si Mardochée, devant qui tu as commencé à tomber, est de la descendance des Juifs, tu ne prévaudras pas contre lui, mais tu tomberas certainement devant lui » (Esther 6:13). La Guemara commente : Au début du verset, il les appelle « ses amis », et dans la suite du verset il les appelle « ses sages ». Rabbi Yoḥanan a dit : Quiconque dit quelque chose de sage, même s’il est des nations du monde, est appelé sage.
״אִם מִזֶּרַע הַיְּהוּדִים מׇרְדֳּכַי וְגוֹ׳״. אֲמַרוּ לֵיהּ: אִי מִשְּׁאָר שְׁבָטִים קָאָתֵי — יָכְלַתְּ לֵיהּ, וְאִי מִשֵּׁבֶט יְהוּדָה וּבִנְיָמִין וְאֶפְרַיִם וּמְנַשֶּׁה — לָא יָכְלַתְּ לֵיהּ. יְהוּדָה, דִּכְתִיב: ״יָדְךָ בְּעֹרֶף אוֹיְבֶיךָ״, אִינָךְ, דִּכְתִיב בְּהוּ: ״לִפְנֵי אֶפְרַיִם וּבִנְיָמִין וּמְנַשֶּׁה עוֹרְרָה אֶת גְּבוּרָתֶךָ״.
La Guemara explique que leur remarque avisée, qui leur valut leur distinction, est contenue dans leur conseil : « Si Mardochée est de la descendance des Juifs [Yehudim], alors tu ne prévaudras pas contre lui » (Esther 6:13). Le mot Yehudim peut aussi désigner des personnes de la tribu de Juda. Ainsi, les sages d’Haman lui dirent : S’il descend des autres tribus, tu peux encore prévaloir contre lui, mais s’il descend de la tribu de Juda, Benjamin, Éphraïm ou Manassé, tu ne peux pas prévaloir contre lui. En ce qui concerne Juda, la preuve en est comme il est écrit : « Ta main sera sur la nuque de tes ennemis » (Genèse 49:8), ce qui indique que Juda sortira victorieux de ses ennemis. Et la preuve qu’Haman ne peut pas prévaloir contre les autres mentionnés est comme il est écrit à leur sujet : « Devant Éphraïm, Benjamin et Manassé, réveille Ta puissance » (Psaumes 80:3).
״כִּי נָפוֹל תִּפּוֹל לְפָנָיו״. דָּרֵשׁ רַבִּי יְהוּדָה בַּר אִלְעַאי: שְׁתֵּי נְפִילוֹת הַלָּלוּ, לָמָּה? אָמְרוּ לוֹ: אוּמָּה זוֹ, מְשׁוּלָה לְעָפָר וּמְשׁוּלָה לְכוֹכָבִים. כְּשֶׁהֵן יוֹרְדִין — יוֹרְדִין עַד עָפָר, וּכְשֶׁהֵן עוֹלִין — עוֹלִין עַד לַכּוֹכָבִים.
Les sages poursuivirent : « Mais tu tomberas [nafol tippol] devant lui » (Esther 6:13). Rabbi Yehuda bar Ilai interpréta un verset de manière homilétique : Pourquoi ces deux chutes, nafol et tippol, sont-elles mentionnées ici ? Les sages dirent à Haman : Cette nation juive est comparée dans la Torah à la poussière de la terre et elle est aussi comparée aux étoiles dans le ciel. Cela t’enseigne que lorsqu’ils descendent, ils descendent jusqu’à la poussière, et lorsqu’ils s’élèvent, ils s’élèvent jusqu’aux étoiles. En conséquence, lorsque Mardochée est en train de s’élever, tu seras totalement incapable de l’emporter sur lui.
״וְסָרִיסֵי הַמֶּלֶךְ הִגִּיעוּ וַיַּבְהִילוּ״. מְלַמֵּד שֶׁהֱבִיאוּהוּ בְּבֶהָלָה.
Le verset suivant déclare : « Les chambellans du roi vinrent et se hâtèrent [vayavhilu] d’amener Haman » (Esther 6:14). Cela enseigne qu’ils l’amenèrent en désarroi [behala], sans même lui donner la possibilité de se laver de la saleté.
״כִּי נִמְכַּרְנוּ אֲנִי וְעַמִּי וְגוֹ׳ כִּי אֵין הַצָּר שֹׁוֶה בְּנֵזֶק הַמֶּלֶךְ״. אָמְרָה לוֹ: צַר זֶה, אֵינוֹ שֹׁוֶה בְּנֵזֶק שֶׁל מֶלֶךְ. אִיקְּנִי בַּהּ בְּוַשְׁתִּי וְקַטְלַהּ, הַשְׁתָּא אִיקְּנִי בְּדִידִי וּ(מ)בָעֵי לְמִקְטְלִי.
Pendant le banquet, Esther dit à Assuérus : « Car nous avons été vendus, moi et mon peuple, pour être détruits, tués et anéantis. Mais si nous avions été vendus seulement comme esclaves et servantes, je me serais tue, car l’affliction [tzar] n’aurait pas valu [eino shoveh] le dommage causé au roi » (Esther 7:4). La Guemara explique que elle lui dit : Cet adversaire [tzar] ne se soucie pas [eino shoveh] du dommage qu’il cause constamment au roi. D’abord, il était jaloux de Vashti et l’a fait tuer, comme il a été expliqué que Memoucan, qui suggéra de tuer Vashti, était Haman ; maintenant, il est jaloux de moi et désire me tuer.
״וַיֹּאמֶר הַמֶּלֶךְ אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ וַיֹּאמֶר לְאֶסְתֵּר הַמַּלְכָּה״. ״וַיֹּאמֶר״ ״וַיֹּאמֶר״ לְמָה לִי? אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: בַּתְּחִלָּה עַל יְדֵי תּוּרְגְּמָן, כֵּיוָן דְּאָמְרָה לֵיהּ מִדְּבֵית שָׁאוּל קָאָתֵינָא, מִיָּד: ״וַיֹּאמֶר לְאֶסְתֵּר הַמַּלְכָּה״.
Le verset déclare : « Alors le roi Assuérus dit et dit à la reine Esther » (Esther 7:5). La Guemara demande : Pourquoi faut-il qu’il soit dit « dit » et de nouveau « dit » ? Rabbi Abbahou a dit : Au début il lui parlait par l’intermédiaire du traducteur, qui interprétait pour lui, parce qu’il pensait qu’elle était une femme ordinaire d’ascendance modeste. Dès qu’elle lui a dit qu’elle venait de la maison de Saül, immédiatement il est dit : « Et dit à la reine Esther. » Assuérus lui parla lui-même, comme si elle avait une lignée royale ; c’était une femme digne de son rang.
״וַתֹּאמֶר אֶסְתֵּר אִישׁ צַר וְאוֹיֵב הָמָן הָרָע הַזֶּה״. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מְלַמֵּד שֶׁהָיְתָה מַחְווֹה כְּלַפֵּי אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ, וּבָא מַלְאָךְ וְסָטַר יָדָהּ כְּלַפֵּי הָמָן.
Le verset suivant déclare : « Et Esther dit : Un adversaire et un ennemi, c’est ce méchant Haman » (Esther 7:6). Rabbi Elazar a dit : Cela enseigne qu’elle était en réalité en train de désigner Assuérus, indiquant qu’en fait c’était lui l’adversaire et l’ennemi, et un ange vint et poussa sa main vers Haman.
״וְהַמֶּלֶךְ קָם בַּחֲמָתוֹ וְגוֹ׳ וְהַמֶּלֶךְ שָׁב מִגִּנַּת הַבִּיתָן״. מַקֵּישׁ שִׁיבָה לְקִימָה: מָה קִימָה בְּחֵימָה, אַף שִׁיבָה בְּחֵימָה. דַּאֲזַל וְאַשְׁכַּח לְמַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת דְּאִידְּמוֹ לֵיהּ כְּגַבְרֵי, וְקָא עָקְרִי לְאִילָנֵי דְּבוּסְתָּנֵי, וַאֲמַר לְהוּ: מַאי עוֹבָדַיְיכוּ? אֲמַרוּ לֵיהּ: דְּפַקְּדִינַן הָמָן.
Le verset déclare : « Et le roi se leva du banquet du vin dans sa colère et alla au jardin du palais » (Esther 7:7), et le verset suivant déclare : « Puis le roi revint du jardin du palais au lieu où l’on buvait le vin » (Esther 7:8). La Guemara commente : Les versets ici comparent son retour à son lever : De même que son lever fut dans la colère, de même son retour fut dans la colère. Et pourquoi revint-il en colère ? Car lorsqu’il sortit, il trouva des anges serviteurs qui lui apparurent comme des hommes et qui déracinaient des arbres du jardin, et il leur dit : Que faites-vous ? Ils lui dirent : Haman nous a ordonné de faire cela.
אֲתָא לְבֵיתֵיהּ, ״וְהָמָן נוֹפֵל עַל הַמִּטָּה״, ״נוֹפֵל״ — ״נָפַל״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מְלַמֵּד שֶׁבָּא מַלְאָךְ וְהִפִּילוֹ עָלֶיהָ, אֲמַר: וַיי מִבֵּיתָא, וַיי מִבָּרָא. ״וַיֹּאמֶר הַמֶּלֶךְ הֲגַם לִכְבּוֹשׁ אֶת הַמַּלְכָּה עִמִּי בַּבָּיִת״.
Et quand il entra dans sa maison, il vit que « Haman tombait sur le lit » (Esther 7:8). La Guemara demande : Pourquoi est-il dit « tombait » [nofel] au présent, ce qui implique qu’il était en train de tomber à ce moment-là ? Il aurait dû dire « tomba » [nafal] au passé. Rabbi Elazar dit : Cela enseigne qu’un ange vint et le poussa dessus, et chaque fois qu’il essayait de se relever, l’ange le repoussait de nouveau. Assuérus dit : Malheur à moi dans la maison et malheur à moi dehors, comme le verset continue : « Alors le roi dit : Veut-il même contraindre la reine devant moi dans la maison ? » (Esther 7:8).
״וַיֹּאמֶר חַרְבוֹנָה וְגוֹ׳״. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: אַף חַרְבוֹנָה רָשָׁע — בְּאוֹתָהּ עֵצָה הָיָה, כֵּיוָן שֶׁרָאָה שֶׁלֹּא נִתְקַיְּימָה עֲצָתוֹ, מִיָּד בָּרַח. וְהַיְינוּ דִּכְתִיב: ״וְיַשְׁלֵךְ עָלָיו וְלֹא יַחְמוֹל מִיָּדוֹ בָּרוֹחַ יִבְרָח״.
« Et Harbona, l’un des chambellans, dit devant le roi : Voici aussi la potence haute de cinquante coudées, qu’Haman a faite pour Mardochée, qui avait parlé en bien pour le roi, se tient dans la maison d’Haman » (Esther 7:9). Rabbi Elazar dit : Harbona aussi était méchant et impliqué dans ce complot, car lui aussi voulait que Mardochée soit exécuté. Lorsqu’il vit que son complot n’avait pas réussi, il s’enfuit immédiatement et se joignit au parti de Mardochée. Et tel est le sens de ce qui est écrit : « Il se jette sur lui et n’épargne pas ; il voudrait fuir de sa main » (Job 27:22), indiquant que, lorsque Dieu envoie une calamité sur une personne méchante, ses amis s’enfuient immédiatement loin d’elle.
״וַחֲמַת הַמֶּלֶךְ שָׁכָכָה״. שְׁתֵּי שְׁכִיכוֹת הַלָּלוּ לָמָּה? אַחַת שֶׁל מַלְכּוֹ שֶׁל עוֹלָם וְאַחַת שֶׁל אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ. וְאָמְרִי לַהּ: אַחַת שֶׁל אֶסְתֵּר וְאַחַת שֶׁל וַשְׁתִּי.
Le verset déclare : « Alors la colère du roi s’apaisa [shakhakha] » (Esther 7:10). La Guemara demande : Pourquoi y a-t-il ici deux apaisements ? Le terme shakhakha est employé plutôt que shaka et indique une colère doublée. Il y eut un apaisement de la colère du Roi de l’univers, et un de la colère d’Assuérus. Et certains disent : La colère d’Assuérus brûlait en lui pour deux raisons ; l’une à cause de l’implication d’Haman avec Esther, et l’une à cause de son implication avec Vashti, et maintenant elles se sont toutes deux apaisées.
״לְכֻלָּם נָתַן לָאִישׁ חֲלִיפוֹת שְׂמָלוֹת וּלְבִנְיָמִן נָתַן חָמֵשׁ חֲלִיפוֹת״. אֶפְשָׁר דָּבָר שֶׁנִּצְטַעֵר בּוֹ אוֹתוֹ צַדִּיק —
Avant de poursuivre son interprétation midrashique du reste du livre d’Esther, la Guemara expose un verset concernant Joseph qui se rapporte à la Méguila : « À tous, il donna à chacun des vêtements de rechange, mais à Benjamin il donna trois cents pièces d’argent et cinq vêtements de rechange » (Genèse 45:22). La Guemara demande : Est-il possible que dans la chose même par laquelle ce juste Joseph avait souffert, puisque la marque de favoritisme de son père envers lui avait suscité l’hostilité de ses frères,

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